Jeudi 2 juin 2016

10e dimanche du temps ordinaire, année C

Jésus s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et il dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. »

1 R. 17, 17-24 Ps. 29 Ga. 1, 11-19 Lc. 7, 11-17

  • Le dimanche 5 juin 2016 iCal
    Semaine 1 à 10 : 10e dimanche du temps ordinaire, année C

« Jésus se rendait dans une ville appelée Naïm. Ses disciples faisaient route avec lui, ainsi qu’une grande foule.

Il arriva près de la porte de la ville au moment où l’on transportait un mort pour l’enterrer ; c’était un fils unique, et sa mère était veuve. Une foule considérable accompagnait cette femme. En la voyant, le Seigneur fut saisi de pitié pour elle, et lui dit : « Ne pleure pas. » Rencontrant une veuve dont le fils unique vient de mourir, Jésus s’ouvre à cette situation limite. Il éprouve de la pitié pour cette femme, elle n’est pas loin de la situation que Marie sa propre mère va devoir vivre. Elle révèle la Mort, cette réalité qui nous paralyse tous, qui rompt notre capacité d’action, qui nous rend inertes. En voyant cette femme, Jésus dit : « Ne pleure pas. » Les amis, autour de Jésus, sont dans la joie, c’est une foule heureuse ! Mais il y a cette autre foule, considérable, qui exprime sa douleur. La mort est là, à nouveau, pour cette femme veuve qui avait déjà vécu la mort de son mari. Dans notre vie, nous sommes en permanence situés entre ces deux réalités, cette foule qui fait route avec Jésus, elle est heureuse parce que Jésus est là, Il est vivant. Jésus est au cœur de sa Mission. Dans ses relations avec son peuple et ses disciples, il réalise des merveilles. Il manifeste quelque chose de son être, de sa vocation, de la nouveauté qu’il apporte. Et dans le monde, une « autre grande foule » malheureuse ! Dans ces deux foules, Jésus est présent, et nous vivons avec lui dans la foi, dans la charité et dans l’espérance !

Jésus s’avança et toucha la civière ; les porteurs s’arrêtèrent, et Jésus dit : « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Alors le mort se redressa, s’assit et se mit à parler. Et Jésus le rendit à sa mère. Jésus est présent à la vie de cette veuve, il est ouvert à ce qui est devant lui, il n’esquive pas, il ressent. La première chose qu’il demande à la mère, c’est de ne pas se laisser submerger, ne pas se laisser enfoncer dans la détresse, le néant, le vide. Jésus donne un ordre qui s’impose à lui, il commande aux porteurs et enfin au jeune homme même. « Jeune homme, je te l’ordonne, lève-toi. » Le mort se redresse. Toute la foule est retournée. Tous ceux qui venaient en pleurant font maintenant partie d’une seule foule autour de Jésus qui a redonné la vie à cet homme. Il en est de même pour nous ! Nous pouvons, nous aussi, être paralysé par la maladie ou cloué dans un fauteuil et en même temps être debout intérieurement, si Jésus est là ! Mais nous pouvons aussi être debout physiquement, et déjà « mort » intérieurement, par une mort intérieure qui nous mine ! Cet amour de Jésus qui nous ressuscite nous est offert sans cesse pour assumer les épreuves de notre vie.

« La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins. La crainte s’empara de tous, et ils rendaient gloire à Dieu : « Un grand prophète s’est levé parmi nous, et Dieu a visité son peuple. » Et cette parole se répandit dans toute la Judée et dans les pays voisins. » Le mort est rendu à la vie, rendu à sa mère, c’est un grand signe. Mais ce n’est qu’un signe, le signe que la mort peut être traversée, qu’elle doit être traversée, dépassée. Jésus doit faire le premier pas, il passera par la mort, pour faire mourir la mort. Marie sa mère, connaîtra l’épreuve de cette traversée elle aussi, pour pouvoir porter nos propres morts et être avec nous dans l’épreuve. Ce signe unifie les deux foules, en un peuple, une bonne nouvelle se répand encore plus loin, « dans toute la Judée et dans les pays voisins. » Dans la nuit de nos cœurs et dans la nuit du monde il y a désormais une espérance ! Nous marchons dans foi avec Jésus qui est le don du Dieu vivant. Entrer dans l’espérance c’est croire dans l’amour nouveau qui nous habite et ne demande qu’à grandir. La tempête de notre vie n’est pas loin, la nuit est déjà là, il fait froid, les épreuves ne manquent pas, mais Jésus est vivant. Cette veuve dont le fils unique mort est rendu à la vie, nous fait contempler Marie dont le Fils unique Jésus a traversé la mort. Cette foule c’est l’humanité qui avance progressivement vers Jésus ressuscité.

Nous demandons la grâce d’être debout parce que Jésus est vivant au milieu de nous.