Dimanche 21 juin 2015

12e dimanche du temps ordinaire, année B

Le soir venu, Jésus dit à ses disciples : Passons sur l’autre rive.

Jb. 38, 1.8-11 Ps. 106 2 Co. 5, 14-17 Mc. 4, 35-41

  • Le dimanche 21 juin 2015 iCal
    semaine 11 à 20 : 12e dimanche du temps ordinaire, année B

Quittant la foule, ils emmenèrent Jésus, comme il était, dans la barque, et d’autres barques l’accompagnaient.

Survient une violente tempête. Les vagues se jetaient sur la barque, si bien que déjà elle se remplissait. Les disciples découvrent Jésus, mais bien des années plus tard, ils devront abandonner la manière humaine de connaître Jésus, pour poser l’acte de foi en celui qui vient nous sauver. Aujourd’hui, ils s’interrogent sur la personnalité de Jésus qu’ils voient fatigué comme un homme, ils vivent quotidiennement avec lui, ils le considèrent comme un Maître et ils lui voient faire de nombreux miracles. Jésus dort dans la barque. Face à la mer agitée, les Apôtres crient, ils ont peur. L’aventure de suivre Jésus est pleine d’émotions, elle touche toute histoire humaine. Lorsque vient la tempête, la foi est mise à rude épreuve, Dieu se sert des événements pour nous faire passer à la confiance. Il s’agit de passer en s’appuyant sur Jésus qui donne la paix de Dieu. C’est une toute autre image de Dieu qui s’énonce, en même temps qu’est annoncée une autre image de l’homme. C’est la foi qui nous fait comprendre de l’intérieur la personne de Jésus, comme c’est l’amour qui permet de comprendre véritablement un être humain. Et cette foi naîtra de la résurrection qui, comme elle illumine le corps de Jésus, illumine aussi sa vie et nous permet de comprendre la vérité et la justesse des actes qu’il a posés. Les disciples pourront alors passer d’une compréhension extérieure des actes de Jésus à une compréhension intérieure du Sauveur.

« Lui dormait sur le coussin à l’arrière. Les disciples le réveillent et lui disent : « Maître, nous sommes perdus ; cela ne te fait rien ? » Réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence, tais-toi ! » Le vent tomba, et il se fit un grand calme. Jésus commande aux éléments, au vent et à la mer, il adresse à la mer une parole d’autorité : "Silence, tais-toi," et le calme survient. S’ils ne peuvent pas poser encore un jugement définitif sur Jésus, ils sont dans l’interrogation, les disciples essayent de comprendre. Se limiter aux gestes extérieurs de Jésus, au Jésus de l’histoire, peut empêcher de poser le véritable acte de foi quand la tentation est grande de réduire Jésus, le fils de Dieu, à un simple Jésus historique, à un homme pur, un Jésus possible et compréhensible d’après nos paramètres de connaissance. Jésus dit à ses disciples : Passons sur l’autre rive. Nous voulons être de ce monde nouveau. Même si nous passons par des orages la confiance en l’Église, cette communauté de pauvres qui doit toujours se convertir est désormais en chacun de ses membres. Le Jésus faible, fatigué et dormant sur le coussin est le Jésus fort qui calme la tempête c’est la même personne, l’unique Jésus, vrai Dieu est vrai homme. Notre méditation peut nous conduire à nous arrêter plus à l’un ou l’autre aspect, mais notre foi nous fait tenir les deux, dans l’unique personne de Jésus, le Verbe incarné. Et c’est de cette foi dont Jésus veut nous parler dans cet Évangile de façon à nous en donner le véritable sens. Cette foi qui est capable de faire le saut entre le Jésus de l’histoire et le Christ Sauveur.

Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous si craintifs ? N’avez-vous pas encore la foi ? » Saisis d’une grande crainte, ils se disaient entre eux : « Qui est-il donc, celui-ci, pour que même le vent et la mer lui obéissent ? » Jésus oppose à la foi quelque chose d’inattendu : la lâcheté, la peur, le manque de courage. Et cela peut s’entendre de deux manières, la foi devrait donner du courage, et d’autre part, la foi demande du courage. La foi en tant qu’elle est un acte de confiance, et non une simple adhésion intellectuelle qui renforce notre courage. Face aux difficultés, la foi, comme Alliance de l’homme et de Dieu, est l’ouverture à une présence qui marche à nos côtés. Si la foi peut donner du courage, il n’est pas moins vrai qu’elle en réclame. La confiance, par définition, va au-delà des évidences, des preuves. Il peut même arriver qu’elle demande de faire des choix, là, où le rationnel est insuffisant. Elle demande le plus souvent de risquer sa vie sur la parole, sur l’invitation du Seigneur Jésus. La foi, que les compagnons de Jésus n’ont pas encore, demande de poser des actes. Le courage du saut de la foi pour risquer sa vie, personne ne pourra nous en dispenser dans notre cheminement spirituel. « N’ayez pas peur » dit Jésus, c’est le fil rouge de l’évangile. Si nous avions un peu de courage, nous saurions faire confiance ; et si nous sachions faire confiance, nous trouverions le courage de demeurer au côté de Jésus dans la barque de l’Eglise sans le réveiller, avec Thérèse. Comme il nous est bon de prendre conscience du mystère de l’Église comme expression de l’Amour infini de Dieu. Jésus peut dormir dans la barque de l’Eglise, notre joie est d’être dans l’Amour infini de Dieu. Il est présent dans chaque visage qui rayonne l’Amour de Jésus, joyeux de suivre son appel.

Nous demandons la grâce de répondre à l’amour de Jésus en aimant nos frères dans le Christ.

Vos témoignages

  • Iona 21 juin 2015 15:24

    « N’ayons pas peur » …de la Croix où Jésus nous tend inlassablement ses bras. Refuge d’amour que nul grondement d’orage ne peut effrayer ; barque que nulle bourrasque ne peut violenter ; repos que nulle crainte ne peut tourmenter sinon celle de ne pas vous aimer assez, ô Jésus… Merci pour Père Gilbert !

  • Iona 21 juin 2015 14:10

    « N’ayons pas peur » …de la Croix où Jésus nous tend inlassablement ses bras ! Havre de paix où ruissellent des flots de tendresse ; la Croix est mon refuge où nul grondement d’orage ne peut effrayer ; ma barque que nulle bourrasque ne peut violenter ; mon repos que nulle crainte ne peut troubler, sinon celle de ne pas vous aimer assez ô Jésus… Merci pour Père Gilbert !