Dimanche 8 mai 2016

1805a. Mardi de la 18e semaine, année paire

Mt. 15, 1-2, 10-14 année A

Alors des pharisiens et des scribes venus de Jérusalem s’approchent de Jésus et lui disent : « Pourquoi tes disciples transgressent-ils la tradition des anciens ? En effet, ils ne se lavent pas les mains avant de manger. »

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L’impureté ne vient pas du dehors mais elle rode dans notre cœur ! « Il n’est rien d’extérieur à l’homme qui, pénétrant en lui, puisse le souiller, mais ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme. Si quelqu’un a des oreilles pour entendre, qu’il entende ! » dit Jésus. Il nous faut renouveler notre regard pour retrouver ce regard intérieur à l’homme créé à l’image et à la ressemblance de Dieu. Nous avons besoin de revenir à l’origine de l’amour infini de Dieu de qui vient toute chose pour sortir de l’enfermement. C’est le remède proposé par Jésus pour nous sortir d’un repli mortifère qui s’exprime par un ritualisme aliénant. Ce ritualisme aliénant est combattu par Jésus parce qu’il avilit l’homme. Jésus nous redonne ainsi notre liberté pour que nous contemplons la merveille que nous sommes et que nous chantions la gloire de Dieu. Nous retrouvons alors en nous la capacité étonnante de resplendir l’amour infini de Dieu ! Jean Scot Érigène nous dit : « Saint Jean, d’abord tu as appelé le Fils de Dieu « Verbe », la Parole de Dieu ; ensuite tu l’appelles « vie » et « lumière » (1,1.4). C’est à juste titre que tu as changé ses noms, pour nous faire comprendre des significations différentes. Tu l’as nommé « Verbe », car c’est par lui que le Père a dit toutes choses, lorsqu’il a parlé et qu’aussitôt tout a été fait (Ps 33,9). Tu l’as nommé « lumière et vie » parce que le Fils est aussi la lumière et la vie de toutes les choses qui ont été faites par lui. Qu’est-ce qu’il illumine ? Rien d’autre que lui-même et son Père… : il s’illumine lui-même, il se fait connaître au monde, il se manifeste à ceux qui ne le connaissent pas. Cette lumière de la connaissance de Dieu avait quitté le monde, lorsque l’homme a abandonné Dieu. »

Jésus appela la foule et lui dit : « Écoutez et comprenez bien ! Ce n’est pas ce qui entre dans la bouche qui rend l’homme impur ; mais ce qui sort de la bouche, voilà ce qui rend l’homme impur. » « Ce qui sort de l’homme, voilà ce qui souille l’homme. Car c’est du dedans, du cœur des hommes, que sortent les desseins pervers : débauches, vols, meurtres, adultères, cupidités, méchancetés, ruse, impudicité, envie, diffamation, orgueil, déraison. Toutes ces mauvaises choses sortent du dedans et souillent l’homme. » Dieu prend véritablement soin de nous ! Au commencement, dans le jardin de la Création, le Seigneur Dieu donne à l’homme la nourriture et la parole qui lui convient. Dieu dit aussi ce vers quoi il ne faut pas aller, sinon il pourrait nous arriver du mal. C’est « l’interdit » qui nous permet de nous structurer psychologiquement. Dans la confiance, Dieu nous donne de nous situer, faire confiance en Celui dont nous dépendons totalement parce qu’il est Amour pur et totalement désintéressé. Parce qu’il connaît toutes les possibilités de son enfant, Dieu lui propose de travailler le jardin de la Création, de le garder dans un lien de filiation, le lien d’amour avec le Créateur. « La lumière éternelle se révèle au monde de deux façons, par l’Écriture et par la création (Ps 18 ; Rm 1,20). La connaissance de Dieu ne se renouvelle en nous que par les textes de l’Écriture sainte et la vue de la création. Étudiez les paroles de Dieu et recueillez dans votre cœur ce qu’elles signifient : vous apprendrez à connaître le Verbe. Percevez par vos sens corporels les formes magnifiques des choses accessibles à nos sens, et vous reconnaîtrez en elles Dieu le Verbe. En toutes ces choses, la vérité ne vous révélera rien d’autre que le Verbe lui-même, qui a tout fait (Jn 1,3) ; en-dehors de lui vous ne pouvez rien contempler, parce qu’il est lui-même toutes choses. Il est en toute chose qui existe, quelle qu’elle soit, nous dit encore Jean Scot Érigène »

Alors les disciples s’approchèrent et lui dirent : « Sais-tu que les pharisiens ont été scandalisés en entendant cette parole ? » Il répondit : « Toute plante que mon Père du ciel n’a pas plantée sera arrachée. Laissez-les ! Ce sont des aveugles qui guident des aveugles. Si un aveugle guide un aveugle, tous les deux tomberont dans un trou. » Jésus nous propose d’entrer dans l’émerveillement et dans l’action de grâce. Avec le Don de Dieu manifesté en Jésus, nous rendons grâce à Dieu pour tout ce qu’il a fait. « Tout cela était très bon. » Jésus nous propose d’entrer dans l’émerveillement pour que nous évitions le « retour » sur soi qui est dévastateur pour notre personne. Cultiver l’action de grâce, c’est sortir d’un ritualisme désintégrant et pervers. Notre liberté est là en acte, elle dit l’enjeu de notre vie qui est dans le choix de Dieu, dans la relation d’amour avec notre Créateur, dans la filiation avec lui et la fraternité avec notre prochain. Dépendre amoureusement de Dieu, c’est garder la beauté de notre être de créature. Le souhait de Dieu devant son enfant bien-aimé, c’est qu’il demeure dans ce lien d’amour qui le fait exister pour sorti d’un ritualisme désintégrant qui est un culte rendu aux idoles. Revenir au Dieu de l’origine qu’il faut aimer plus que ses don est le remède aujourd’hui à tant de maux.