Samedi 13 août 2016

20e dimanche du temps ordinaire, année C

Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé !

Jr. 38, 4-10
Ps. 39
He. 12, 1-4
Lc. 12, 49-53

  • Le dimanche 14 août 2016 iCal
    Semaine 11 à 20 : 20e dimanche du temps ordinaire, année C

Pensez-vous que je sois venu mettre la paix dans le monde ? Non, je vous le dis, mais plutôt la division. Je dois être baptisé d’un baptême, et comme je suis oppressé jusqu’à ce que tout soit achevé

Jésus envisage sa mission en faisant appel à l’image du feu. Jean le Baptiste l’avait annoncé, « il vous baptisera dans l’Esprit Saint et le feu. » A la Pentecôte, Jésus ressuscité envoie sur les disciples rassemblés des langues de feu, alors ils se mirent à parler d’autres langues. L’incendie de Jésus dans le monde, c’est le feu de l’Esprit Saint gagnant chacun de proche en proche, purifiant tout, embrasant tout, illuminant toute l’humanité. La plongée que Jésus va subir, son baptême, est une immersion dans la souffrance, il sent venir la Passion, il sait que les grandes eaux de la mort vont l’engloutir, lui, le Juste, pour que soit purifié le genre humain. Jésus a hâte que ce baptême soit accompli parce que cette plongée dans l’Amour va lui permettre d’accomplir l’œuvre du Père. La mort du Fils de Dieu va donner la vie à tous les hommes, et à travers cette mort, il va passer à la gloire du Père. La parole de Dieu nous donne de marcher dans la Lumière, quelques soient les difficultés que nous rencontrons. Bâtir la civilisation de l’amour nécessite un grand combat qui passe à l’intérieur de nos propres vies. C’est dans ce combat spirituel de chaque jour que nous voulons marcher dans la lumière ! Jésus qui a pris chair de la Vierge Marie pour que notre condition humaine soit pacifiée, révèle ainsi le chemin de la Paix qui vient de lui, c’est son grand désir. A sa suite, nous voulons rayonner son amour en toute circonstance. C’est le désir de l’Esprit Saint que la communauté chrétienne soit lumineuse, c’est aussi notre désir habité par le désir de Jésus qui nous porte.

Car désormais cinq personnes de la même famille seront divisées : trois contre deux et deux contre trois ; ils se diviseront : le père contre le fils et le fils contre le père, la mère contre la fille et la fille contre la mère, la belle-mère contre la belle-fille et la belle-fille contre la belle-mère. » Jésus passe du feu à l’image de l’eau d’une manière paradoxale. Il a porté dans sa Passion d’amour toutes les épreuves de la famille humaine ! Il a ouvert un chemin devant nous. Ce baptême dans la mort pour le salut du monde lui était une idée familière, lorsque, Jacques et Jean revendiqueront les deux places d’honneur dans son Royaume, Jésus leur demandera : « Pouvez-vous boire la coupe que je vais boire ou être baptisé du baptême dont je vais être baptisé ? » Jésus est conscient que pour allumer le feu de l’Esprit Saint sur la terre, il doit passer lui-même par le baptême des souffrances. Nous, ses témoins, nous aurons aussi notre part d’épreuves. Nous donnerons notre vie pour la cause de Jésus, nous aurons à nous compromettre pour lui, jusqu’au sein de notre propre famille. Suivre Jésus dans son chemin d’amour est la joie de notre vie quotidienne. La ligne de séparation de la lumière et des ténèbres passe en chacun de nous.

« Je suis venu apporter un feu sur la terre, et comme je voudrais qu’il soit déjà allumé. » Jésus a proclamé : « Heureux les artisans de paix. » Lui qui est apparu « pour guider nos pas sur une route de paix, » lui « qui est notre paix, » nous dit que la fidélité à son Évangile amènera ses disciples à être incompris. Etre rejetés, parfois même de ceux qui leur sont les plus chers. La Parole de Jésus à l’œuvre dans notre cœur nous conduira à poser des choix pour notre conversion, à contre-pente de certains conforts de vie ou de pensée de notre groupe. A l’engagement de Jésus jusqu’à la Croix pour le salut du monde devra répondre le courage des baptisés pour témoigner de lui jusque dans la vie familiale. La victoire sera d’apporter la paix de Jésus dans une famille divisée par l’épreuve. Quelle souffrance pour Jésus d’attendre que ce baptême, qui exprime d’abord sa Passion et sa Résurrection, soit accompli en nous. C’est une douleur angoissée que nous pouvons comprendre car il nous faut consentir au salut apporté par Jésus. Nous vivons dans l’angoisse devant les ténèbres qui nous habitent avant de prendre le chemin de la Paix. Nous voulons nous mettre à l’école de Jésus, attendant de Dieu la patience dans la nuit de la foi. Nous expérimentons que notre vie est habitée par un feu d’amour qui nous attire vers Dieu : « Viens vers le Père. »

Nous demandons à Jésus la grâce d’être dociles à l’Esprit Saint pour vivre de l’amour infini de Dieu.