Vendredi 19 août 2016 — Dernier ajout dimanche 21 août 2016

211 Le pauvre révélateur de Jésus dans son Mystère.

Le pauvre révélateur de Jésus dans son Mystère.

La Communauté Chrétienne se nourrit des multiples manières dont le Christ se donne à elle. Apres la Parole et l’Eucharistie qui lui donne sens, le ’pauvre’ est un Révélateur privilégié du mystère du Christ en son Église : "Les pauvres vous les aurez toujours avec vous," dit Jésus. Le contact avec les pauvres est un chemin d’Evangile, de bonne nouvelle qui nous fait entrer dans la civilisation de l’amour. Les pauvres sont des ’témoins’ vivant dans la simplicité de Dieu et qui nous le manifestent. Dans le visage de Bernardo se reflète le visage de Jésus, dans les douleurs de sa Passion. C’est aussi la joie de la Résurrection qui le fait éclater en cris de joie.
Ainsi en rencontrant Jésus dans son mystère, je peux mieux admirer le visage du pauvre.
En découvrant Bernardo, je contemple aussi le visage de Jésus.

Bernardo un amour et une agonie.
Que t’importe, Bernardo que tu sois là seul, abandonné, ou que l’on soit à côté de toi pour trouver près de toi le réconfort.
Toi tu sais petit frère de Jésus que ton Dieu est ton Créateur et qu’il est là.
Je l’ai vu dans tes yeux, dans ton regard que tu veux toujours gai.
Par ta présence tu attires la présence du Dieu vivant.

II prend soin de toi ton Dieu, pas un cheveu de ta tête ne tombe sans sa permission.
Tu ne peux pas faire de grandes choses.
Mais chaque jour, à chaque moment, tu peux recevoir l’amour de ton Dieu,
cet Amour créateur qui te fait être.

Par ta présence, tu révèles le Dieu vivant.
Tu ne peux pas faire grand-chose, Bernardo !
Tout juste répéter ce qu’on te dit, ce qu’on te fait faire, mais dans ta vie tu peux répéter Jésus-Christ.
Tu peux dire son nom : “Jésus”, tu peux mieux encore : dire sa vie,
Tu peux vivre sa vie, rien ne t’en empêche, il est là, il vit en toi.

L’amour de Dieu brûle dans ton cœur, Bernardo, sa flamme passe par tes yeux. …
II est gratuit.
Tout à fait gratuit, cet amour, il vient directement de Dieu, tu n’as rien fait pour cela, et tu n’as rien à faire, qu’à l’accepter.
Et tu sais manifester cet amour, à ceux qui sont près de toi, tu sais prendre leur main, tu les reconnais chacun, même si tu ne te souviens plus de leur nom.

Il est vrai que parfois tu manques de courage, c’est difficile de sortir du lit le matin…
Mais tu sais que tu peux faire comme si tu avais du courage et c’est Jésus alors qui vit en toi.
Parfois Bernardo tu es angoissé, ça se voit… tu as mal au ventre…
Quand on est angoissé On a mal au ventre !
Alors, tu te penches en avant, comme pour avoir moins mal

Tu regardes tes doigts, pour ne plus voir ton mal.
Et à côté de toi quelqu’un sait, quelqu’un t’accompagne.
Il y a une présence, comme à la croix il y avait une présence.
“Près de la Croix de Jésus se tenait sa mère…”.

Ta faiblesse, Bernardo, fait vivre en toi Jésus crucifié.
Dans ton cœur Il peut vivre son angoisse.
Et l’Esprit Saint est là, si quelqu’un est là pour te le témoigner.
“Vous n’avez pu veiller une heure avec moi ?”

Et s’il n’y a personne pour veiller avec toi,
Marie est là, et c’est elle qui veille le soir, quand plus personne ne veille.
N’es-tu pas son fils, son petit enfant ?
Elle qui était au pied de la Croix, elle sait que Jésus a versé son sang pour toi.
Elle t’aime comme elle aime Jésus et véritablement tu peux dire “Maman Marie”.

Tu ne juges personne, Bernardo,
Tu laisses cela aux grands.
Ainsi tu peux garder ta paix,
Cette paix du Christ que l’on te donne et que tu donnes à la chapelIe.
Parce qu’on aime t’amener à la chapelle : On a compris Qu’il y a entre toi et Jésus Christ une alliance d’amour.

Quand on est seul Dieu vient toujours à nous.
Mais tu as appris que Dieu veut que tu l’aimes.
Alors ton cœur a bondi d’allégresse, et ton sourire lui a répondu oui,
“Les pauvres sont évangélisés”

Mais tu es triste, Bernardo, quand on oublie de t’amener à la chapelle.
Là, tu puises aux sources vives, tu peux aimer ton Dieu, tu peux lui donner tout ce que tu es.
Et tu peux le recevoir, car tu l’as reconnu dans le Pain de Vie.
Ce pain qui nourrit ton cœur.
Cette source mystérieuse de vie qui fait de toi, encore plus : Le Corps du Christ.

Certains disent que tu ne comprends pas ! Mais eux, qu’ont-ils compris ?
Tu as vu la grande croix à l’église.
Et tu as répété : « Jésus ».
Et quand tu le rencontres, dans la souffrance, tu le laisses faire.

Il t’arrive de pleurer, Bernardo.
Mais à nouveau ton sourire est là et dans la faiblesse.
De ta vie le Puissant fait de grandes choses.
La paix de Dieu t’est donnée quand tu restes pauvre, petit, sans force.

Pour les grands c’est difficile à comprendre, que Dieu puisse être là, dans ta petitesse.
Pourtant tu sais qu’il veut bien être dans une petite hostie, un morceau de pain.
Alors, pourquoi pas en toi, Bernardo.
Dans ta petitesse… II t’arrive même, de te sentir comme abandonné.
Comme si Dieu oubliait de te montrer sa présence.

Tu ne sais peut-être pas qu’il est parti, grâce à toi, consoler un de tes frères.
Mais tu ne t’inquiètes pas…
Tu sais bien, Bernardo, que tu as des défauts.
D’ailleurs les autres se chargent de te le dire.
Tu sais bien que tu ne peux pas t’appuyer sur tes propres Forces, mais comme tu sais rester petit, Jésus est là, tout près de toi.

Tu ne te chagrines pas, Bernardo, s’il t’arrive quelque misère.
Tu sais que toujours Jésus pardonne, et que chacun de tes regards, posés sur lui, rencontre son divin regard, et qu’à chaque fois que tu tombes, tu es dans ses bras.
Tu n’auras pas beaucoup d’œuvres à offrir à Jésus quand il reviendra dans sa gloire !
Mais tu t’offriras, toi, tout pauvre.
Alors Jésus sera ta richesse.

C’est parce que tu seras vide qu’il pourra t’enrichir.
Lui, sera ta récompense, pour toujours.
II ne te donnera pas selon tes mérites.
Mais il se donnera lui-même.
N’a-t-il pas revécu en toi sa petitesse ?
N’a-t-il pas revécu en toi son agonie, sa croix ?
En tout cela autant de signes de son amour pour toi !

II savait que tu le reconnaîtrais, comme il te connaît.
Tu sais que c’est Jésus qui te conduit et cela te suffit.
Et tu continues à sourire, et Jésus se repose dans ton sourire.
“Le Bon Pasteur connaît ses brebis et ses brebis le connaissent”

Oh miracle des miracles
La résurrection est en toi, Bernardo !
Déjà dans ton sourire, déjà dans ton regard, se vit quelque chose d’éternel.
Ton regard contemple l’Éternel Enfant, l’éternelle beauté de Dieu.

Oui, dans ton regard Jésus est ressuscité.
S’il a vécu avec toi son agonie, Il veut vivre sa résurrection
Ce n’est pas encore le Ciel !
Mais c’est déjà quelque chose du Ciel…
Alors tu peux te mettre à courir…
Et nous ne comprenons pas.

Bernardo, Maman Marie, maman, répétais-tu souvent,
Ta maman était partie depuis longtemps rejoindre ses ancêtres,
Bernardo, toi que ta maman appelait Maciak,
Maintenant, c’était ton tour !
C’est comme un beau fils de Marie que tu es parti,
En bel enfant de la Pologne que tu as quitté cette terre.

Tu es parti comme tu as vécu, Maciak,
Doucement, sans bruit.
Simplement un dernier combat, une dernière agonie.
Qui saura révéler ce qui est si bien caché, le mystère de ta vie ?
Est-ce nécessaire ?
Il ne sera connu qu’à ceux qui sont cachés comme toi !
"Je te bénis Père, Seigneur du ciel et de la terre, d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout petits".
Tu as fait du bien à beaucoup de personnes Bernardo.
Il était temps de te laisser accompagner plus loin.
C’est Ferouz, qui vient du Liban, que Marie avait choisi pour toi.
Coïncidence, avec son pays si souffrant !
Elle pouvait comprendre ce que tu vivais,
Elle l’a si bien compris.

Ta souffrance ne te laissait que peu de répits
En ces dernières heures de ton pèlerinage.
Tu as reçu tous les secours que l’Eglise Ta Mère, a pu te les donner.
C’était si important pour toi.
Apparemment, comme toujours on aurait pu croire que tu ne comprenais rien.
En fait, ton cœur s’apaisait à la prière du prêtre,
Tu savais reconnaître l’action de Jésus pour toi,
Sa Paix et son amour parvenait à ton cœur souffrant
Comme un baume précieux.
Progressivement, tu comprenais
Que tu pouvais partir !
Le voulais-tu ?

L’inconnu t’a toujours bousculé !
Te souviens-tu dans l’avion qui t’emmenait au loin,
Tu avais si peur que tu t’es réfugié dans ma veste,
Tu en es ressorti que quand l’avion était au port
Quand le dernier moment fut arrivé,
Ferouz a appelé Marie, ta maman du ciel.
En elle, dans son manteau, elle t’a rendu cette confiance
Si nécessaire pour le dernier passage.
« Maintenant, et à l’heure de notre mort » !
Tu es parti

Vos témoignages