Lundi 24 août 2015 — Dernier ajout samedi 22 août 2015

21e dimanche du temps ordinaire, année B

Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu.

Jo 24, 1…18 Ps 33 Ep 5, 21-32 Jn 6, 60-69

  • Le dimanche 23 août 2015 iCal
    Semaine 21 à 30 : 21e dimanche du temps ordinaire, année B

Beaucoup de ses disciples, qui avaient entendu, déclarèrent : « Cette parole est rude ! Qui peut l’entendre ? »

Jésus savait en lui-même que ses disciples récriminaient à son sujet. Il leur dit : « Cela vous scandalise ? Et quand vous verrez le Fils de l’homme monter là où il était auparavant ! C’est l’esprit qui fait vivre, la chair n’est capable de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et elles sont vie. Mais il y en a parmi vous qui ne croient pas. » Jésus savait en effet depuis le commencement quels étaient ceux qui ne croyaient pas, et qui était celui qui le livrerait. Jésus nous fait participer à cette prise de conscience, et c’est douloureux pour nous, mais elle ne peut être éludée. Jésus ne cherche à retenir personne, il ne force aucune liberté pour entrer dans notre vie chrétienne, avec lui. Au contraire, ses plus proches disciples, il les délie de tout ce qui aurait pu, à leur insu, les river à sa personne. Devant l’absurdité d’un point de vue anthropophagique, Jésus nous ramène dans la perspective de nous donner entièrement. Il pose la question de la fidélité pour que les disciples s’engagent en toute liberté, sur ce chemin du don de soi : « Seigneur, vers qui pouvons-nous aller ? Tu as les paroles de la vie éternelle. » Pour entrer et durer sur ce chemin de l’amour offert et reçu, nous devons découvrir que ce chemin d’Amour est pour nous le vrai chemin de la vie, de la vie en plénitude. Qu’en fin de compte, que ce qui nous paraît difficile, soit pour nous le chemin de l’apprentissage de l’amour véritable. Le véritable amour se donne dans la toute petitesse et la grande pauvreté. Le défi de notre vie est de demeurer dans cet amour qui nous régénère sans cesse. Déjà le livre de Josué nous prépare à ce choix ; « Moi et les miens, nous voulons servir le Seigneur » et encore : « Plutôt mourir que d’abandonner le Seigneur pour suivre d’autres dieux. »

Jésus ajouta : « Voilà pourquoi je vous ai dit que personne ne peut venir à moi si cela ne lui est pas donné par le Père. » À partir de ce moment, beaucoup de ses disciples s’en retournèrent et cessèrent de l’accompagner. Dans cet Évangile, Jésus nous redit encore : C’est moi qui vous ai choisis et établis dans cet amour de Dieu. Nous découvrons alors ce cadeau de Dieu en nous, avec la capacité en nous, d’aimer et d’être aimé. Nous avons été choisi pour participer librement à l’amour de Dieu. Cette capacité nous rend plus heureux, quand nous la mettons en œuvre. C’est ainsi que l’amour peut-être un commandement. Car le Christ nous demande de mettre en œuvre ce qu’il nous a déjà donné, de pouvoir faire et être ce qui nous rend heureux. Mais parce que nous en avons la capacité, même si c’est difficile, et parce que c’est bon pour nous, Jésus nous donne le commandement de l’amour, il est la voie de notre réussite humaine. Nous aimons et cela nous réussit, nous sommes plus heureux en aimant, nous portons du fruit et un fruit qui demeure toujours. Croire que Dieu est à l’origine de notre vie ; Qu’il est Celui qui nous attire sans cesse dans son amour ; Qui veut que nous soyons heureux de cet amour, n’est pas toujours évident. Par notre attitude de respect et d’amour, d’accueil et de bienveillance pour les autres, nos frères en humanité, va dépendre notre attitude vis-à-vis de Dieu, ce lien donne vie.

Alors Jésus dit aux Douze : « Voulez-vous partir, vous aussi ? » Simon-Pierre lui répondit : « Seigneur, à qui irions-nous ? Tu as les paroles de la vie éternelle. Quant à nous, nous croyons, et nous savons que tu es le Saint de Dieu. » Quand aimer devient difficile, il nous faut nous tourner vers Jésus : « À qui irions-nous, Seigneur, tu as les paroles de la vie éternelle ! » Les crises, dans notre vie, mettent en lumière l’origine divine de l’amour et non l’impossibilité de l’amour. Entrer dans l’amour, à la suite de Jésus, c’est d’abord se laisser dépouiller des fausses images de Dieu, de soi, et des autres. L’épée de Pierre, c’est sa violence, qui est encore une idole. Dans le regard d’amour de Jésus, après son reniement, Pierre comprend que l’amour de Jésus est tout différent. Jésus avait dit, avant l’agonie du jardin des oliviers en prenant le pain : « Ceci est mon corps livré pour vous » et en prenant la coupe de vin : « Ceci est mon sang, le sang de la nouvelle Alliance, qui sera versé pour vous et pour la multitude en rémission des péchés. » Il nous donne une nouvelle vie, progressivement, Pierre prend conscience que le véritable amour se donne dans la toute petitesse et la grande pauvreté. Le don de la chair et du sang de Jésus répond à l’amour de Marie qui l’a reçu en lui donnant son corps comme abri et son sang comme nourriture. C’est en croyant à l’amour infini de Dieu pour elle, en écoutant sa Parole, en s’abandonnant à sa volonté d’amour sur elle qu’elle a pu accomplir ce don d’elle-même. Ainsi chacun est amené à reconnaître en son propre fond ce qu’il a reçu de Dieu, ou ce qu’il ne veut pas recevoir.

Aujourd’hui, Jésus nous dit encore : « Voulez-vous partir, vous aussi ? Nous répondons encore : « Seigneur, vers qui nous pourrions aller ? Tu as les Paroles de la vie éternelle . »