Samedi 8 septembre 2018 — Dernier ajout mercredi 4 juillet 2018

23e dimanche du temps ordinaire, année B

Les yeux levés au ciel, Jésus soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! »

Is. 35, 4-7 Ps. 145 Jc. 2, 1-5 Mc. 7, 31-37

  • Le dimanche 9 septembre 2018 iCal
    Semaine 21 à 30 : 23e dimanche du temps ordinaire, année B

Jésus quitta la région de Tyr ; passant par Sidon, il prit la direction du lac de Galilée et alla en plein territoire de la Décapole.

On lui amène un sourd-muet, et on le prie de poser la main sur lui. L’Évangile nous manifeste comment Jésus guérit chacun de nous. Il va sortir ce sourd muet de l’enfermement dans lequel il se trouve. Des doigts, des oreilles, de la salive, une langue touchée. Jésus s’approche du corps de manière discrète, avec pudeur, mais aussi de manière directe, intime, tactile. La foule a amené cet homme. Jésus se laisse toucher par sa misère, il l’emmène à l’écart dans l’intimité. Il met la main sur le mal et établit avec lui une relation personnelle, loin de la foule et des cris. Une communion s’établit avec cet homme qui est déjà régénéré. Ce pauvre est reconnu, enfin quelqu’un le comprend. Jésus est cette espérance qui renaît dans son cœur. Le regard de Dieu sur l’humanité, son plan d’amour pour son peuple est étonnant. Déjà le prophète Isaïe l’avait annoncé. Dieu, dans sa tendresse miséricordieuse, ne supporte pas la "maladie" de son peuple. « Alors, s’ouvriront les yeux des aveugles et les oreilles des sourds. Alors, le boiteux bondira comme un cerf, la bouche du muet criera de joie. » Jésus manifeste la libération de son peuple, c’est le cœur de Dieu qui se révèle dans tout ce qui est pauvre, faible, petit, découragé. Là se trouve une véritable révolution.

Jésus l’emmena à l’écart, loin de la foule, lui mit les doigts dans les oreilles, et, prenant de la salive, lui toucha la langue. Puis, les yeux levés au ciel, il soupira et lui dit : « Effata ! », c’est-à-dire : « Ouvre-toi ! » Ses oreilles s’ouvrirent, aussitôt sa langue se délia, et il parlait correctement. Jésus regarde vers le ciel et prie pour cet homme. Il a reçu du Père tout pouvoir mais il regarde vers son Père, "les yeux levés au ciel", il soupire devant cet homme qui a tellement soupirer dans sa vie. Jésus souligne qu’au commencement, il y a la rencontre personnelle, le face à face avec lui. On pourrait dire que cet homme sourd, qui parle difficilement, Jésus l’enlève à la foule. Il le lui arrache, le temps de le rencontrer, d’agir pour lui, de lui parler. Jésus est le Verbe, il apporte la parole du Père : il va redonner à cet homme la parole perdue, il lui redonne la faculté d’entendre : « Ouvre-toi. » Les oreilles de cet homme s’ouvrent, il entend le bourdonnement d’une abeille, le chant d’un oiseau… Il entend ! Il peut s’exprimer, dire merci, il peut rendre grâce.

Alors Jésus leur recommanda de n’en rien dire à personne ; mais plus il le leur recommandait, plus ils le proclamaient. Très vivement frappés, ils disaient : « Tout ce qu’il fait est admirable : il fait entendre les sourds et parler les muets. » Cet homme rendu à la foule peut dire ce qu’il veut. Il peut dire les gestes et les paroles de Jésus. Dieu veut nous guérir de tous nos enfermements. Il veut nous remettre debout. Jésus manifeste que Dieu est près du plus petit et du pauvre. Un changement de perspective s’opère, une pacification s’établit dans notre famille, dans la communauté. Ce passage de Dieu nous rend proche du plus petit et du pauvre. Jésus dans sa propre chair a pris sur lui le mur de haine qui séparait les hommes. Nous pouvons désormais regarder comme Dieu regarde, agir comme il agit. Nos yeux s’ouvrent sur notre famille, notre village. Notre vie devient alors un regard d’amour compatissant. "Les pauvres, vous les aurez toujours, moi, vous ne m’aurez pas toujours avec vous" a dit Jésus. C’est dans la compassion de Jésus nous voulons vivre désormais.

Nous demandons la grâce d’entrer dans le mystère de l’amour guérissant de Jésus pour la communauté.