Dans l’Esprit-Saint je peux crier vers le Père : « Abba ».

Dimanche 19 octobre 2014

Dans l’Esprit-Saint je peux crier vers le Père : "Abba". Dans l’Espérance nouvelle qui nous est donnée, nous pouvons “reconnaître” le Père Éternel de qui vient tout Don parfait. C’est en Jésus, dans le Verbe de Dieu fait chair et en Marie qu’Il nous est révélé. L’Esprit-Saint nous est donné. Nous reconnaissons alors la “merveille que je suis”. La nouvelle créature prend corps en moi grâce aux sacrements de I’Église. Le Verbe de Dieu fait chair et l’Esprit-Saint réalisent en moi l’enfant de Dieu. Dieu me donne d’entrer dans son mystère d’Amour. “Voyez comme il est grand l’Amour dont Dieu vous a aimés”[149]. "Montre-nous le Père et cela nous suffit" disait l’Apôtre Philippe. C’est la fécondité de la vie des pauvres de nous intoduire dans ce mystère. Cette fécondité s’origine dans le cri de Jésus sur la Croix : “Mon Dieu, Mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ?” [150]. C’est là que se retrouvent tous les abandonnés, les rejetés, les pauvres de l’univers de tous les temps.

En Jésus abandonné, l’humanité entière se retrouve. Là Il nous invite : “Venez à moi, dit-Il, vous tous qui peinés sous le poids du fardeau, et moi je vous donnerai le repos. Prenez sur vous mon joug et mettez vous à mon école, car je suis doux et humble de cœur, et vous trouverez le repos de vos âmes. Oui, mon joug est facile à porter et mon fardeau léger” [151]. Jésus vient rejoindre l’homme dans l’extrême rejet qu’il subit, dans l’abandon le plus total. Le silence des pauvres crie vers Dieu, et Dieu prend leur défense. Marie et Jean sont auprès de Jésus sur la Croix. Ils sont liés à Lui dans son mystère d’opprobre et de dénuement, quand il touche au plus profond de la misère humaine. Jésus qui « les aima jusqu’à la fin » [152]. leur donne le Paraclet, « l’Esprit-Saint de vérité ». Il est Un dans l’Amour sans mesure du Père, II est devenu Un avec l’humanité dans sa plus grande affliction. Apparaît alors la promesse d’un monde nouveau, de la civilisation de l’Amour toujours possible.

“Ils regarderont vers Celui qu’ils ont transpercé” [153]. La fécondité des pauvres s’origine dans le mystère de la Croix. C’est le mystère du plus grand Amour. Dans le service des pauvres, Dieu nous prépare à ce Don comme Il a préparé Marie. Quand Jésus à douze ans laissera Marie dans l’angoisse, l’Évangéliste note que “Marie gardait soigneusement toutes ces choses et les méditait dans son cœur” [154]. Marie laisse l’Esprit-Saint réaliser en elle l’œuvre de Rédemption de Jésus. II semble nécessaire de prendre le chemin de pauvreté que Dieu a réalisé en Marie pour accueillir le « Don de Dieu ». L’Esprit-Saint nous est donné à la Croix quand l’humanité sainte de Jésus Crucifié est reçue par le Père. Dans son Immense Amour Dieu répand sur la Femme, mère de la nouvelle humanité, son Esprit-Saint. II lui donne, lui le “Sein du Père”, d’être ce sein maternel d’où naîtrons les enfants de Dieu.

« Je te bénis Père d’avoir caché ce mystère aux sages et aux savants et de l’avoir révélé aux tout-petits… Personne ne connaît le Père sinon le Fils et personne ne connaît le Fils sinon le Père et Celui à qui le Père veut bien le révéler… » [141]. En Eglise de Pentecôte nous reprenons le texte des actes des Apôtres : « Ils montèrent à la chambre haute où ils séjournaient…Tous ceux-là, d’un commun accord, étaient assidus à la prière, avec quelques femmes dont Marie, la mère de Jésus, et avec ses frères » [146]. L’Eglise naissante reprend les traces de Jésus. Elle se réunit, "tous ensemble d’un même cœur avec Marie la mère de Jésus" qui continue son œuvre d’enfantement. Avec Marie, avec tous les Saints, l’Eglise s’achemine sans cesse à la rencontre du Bien Aimé. « Bien tard je t’ai aimée, Beauté si antique et si nouvelle, tard je t’ai aimée, et pourtant tu étais dedans, c’est moi qui étais dehors, où je te cherchais en me ruant sans beauté vers ces beautés que tu as faites. Tu étais avec moi, c’est moi qui n’étais pas avec moi » [St Augustin.]