Dimanche 17 janvier 2016

2e dimanche du temps ordinaire, année C

« "Femme que me veux-tu, mon heure serait-elle déjà venue ?"

Is. 62, 1-5 Ps. 95 1Co. 12, 4-11 Jn. 2, 1-11

  • Le dimanche 17 janvier 2016 iCal
    Semaine 1 à 10 : 2e dimanche du temps ordinaire, année C

Le troisième jour, il y eut des noces à Cana de Galilée, et la mère de Jésus y était.

Jésus aussi fut invité à ces noces, ainsi que ses disciples. Or il n’y avait plus de vin, car le vin des noces était épuisé. La mère de Jésus lui dit : « Ils n’ont pas de vin. » Jésus lui dit : « Que me veux-tu, femme ? Mon heure n’est pas encore arrivée. » Dans ce premier miracle de Jésus, la Vierge Marie établit une relation unique avec son fils, elle lui dit : « Ils n’ont pas de vin, » elle mobilise les serviteurs, et elle s’efface dans la contemplation de Jésus qui se met à « sauver » son Peuple. Marie perçoit la difficulté qui surgit, et dans l’Esprit Saint, elle saisit que c’est pour Jésus l’occasion d’entrer dans sa vie publique en posant un signe. Alors elle lui dit simplement la situation, ensuite elle se retire, il n’est plus parlé d’elle. L’action est enclenchée, il n’y a plus rien à faire pour elle, si ce n’est d’être présente, de contempler ce qui se réalise. Marie, la mère de Jésus, est nommée la première dans cette invitation, elle va exercer une fonction d’aide, car par son initiative, elle surprend le maître du repas. Jésus, en fournissant le vin, se substitue à l’époux après avoir dit à Marie : « Femme, qu’y a-t-il entre toi et moi ? Mon heure serait-elle déjà venue ». La réponse de Jésus surprend ! Quelle est la signification de cette allusion à son « heure » ? Marie se laisse toucher par ce qui surgit, elle contemple la gloire qui se manifeste. Jésus est venu dans notre humanité pour la sauver. Marie comme à l’Annonciation, s’en remet à la surabondance de l’Amour infini de Dieu. Là, elle est introduite dans la relation d’amour de Jésus avec l’humanité dans le manque, elle le porte dans son cœur à Jésus, son Fils Sauveur, le remède pour l’humanité blessée !

Sa mère dit aux servants : « Tout ce qu’il vous dira, faites-le. » Or il y avait six jarres de pierre, destinées aux purifications des Juifs, et contenant chacune deux ou trois mesures. Jésus leur dit : « Remplissez d’eau ces jarres. » Ils les remplirent jusqu’au bord. Il leur dit : « Puisez maintenant et portez-en au maître du repas. » Ils lui en portèrent. Jésus aussi était invité au repas de noces. La contribution de Marie est si forte dans ce miracle qu’elle force pratiquement la main à Jésus en appelant les serviteurs, et en contribuant à son action. Ce mystère de Marie nous autorise à l’audace, dans toutes les actions d’aide, toutes les modalités d’assistance que nous pouvons rencontrer. Marie devance l’heure des noces, son désir ardent devance l’heure ou Jésus va nous sauver sur sa croix : « Ils n’ont plus de vin, lui dit-elle, » et la réponse de Jésus est surprenante : Jésus va transformer l’eau en vin, c’est l’annonce d’une autre transformation, celle du vin en son sang ! Jésus annonce l’au-delà de l’amour infini de son Père, dans la surabondance : « Remplissez d’eau ces cuves ! » dit-il. La présence de Marie est une présence d’intériorité, de délicatesse et d’attention, le manque résonne dans son cœur : « Ils n’ont plus de vin, » a dit Marie à Jésus, ils n’ont plus cette joie telle que Dieu le veut comme le dira le Cantique.

Lorsque le maître du repas eut goûté l’eau changée en vin - et il ne savait pas d’où il venait, tandis que les servants le savaient, eux qui avaient puisé l’eau - le maître du repas appelle le marié et lui dit : « Tout homme sert d’abord le bon vin et, quand les gens sont ivres, le moins bon. Toi, tu as gardé le bon vin jusqu’à présent ! » Tel fut le premier des signes de Jésus, il l’accomplit à Cana de Galilée et il manifesta sa gloire et ses disciples crurent en lui. La « glorification » de Jésus n’est nullement la manifestation de ses dons, de sa puissance d’opérer des miracles, mais la manifestation de sa « gloire », de sa résurrection. Jésus partage la gloire de Dieu. L’heure de la croix est l’heure de la glorification de Jésus : « mort-résurrection-don de l’Esprit ». La foi est un thème qui court devant Jésus, il nous faut prendre position : les uns croient en lui, les autres non. Dans nos vies, l’attitude juste réside dans la souplesse et la mobilité qui donne pleine possibilité à l’action de l’Esprit Saint d’initier, de corriger, d’ajuster. Nous voulons demeurer référé à la Parole vivante de Dieu, comme Marie tout au long de sa vie. Marie sait rendre grâce à Dieu avec Jésus qui partage la condition humaine. C’est là se que se vit la réalité de l’amour infini de Dieu qui jaillit dans l’Évangile, Jésus manifeste combien Dieu veut notre joie et notre bonheur.

Nous demandons la grâce de suivre Jésus avec un cœur généreux, surabondant d’amour.

Vos témoignages

  • 17 janvier 2016 07:11

    Merci pour cette méditation, Père Gilbert, de la manière dont vous l’abordez dans le mystère de Marie. Merci de montrer combien Elle peut devenir modèle pour nous dans nos relations d ’aide. Merci !