Dimanche 19 octobre 2014

Je ne veux voir que Jésus Crucifié. Entrer dans l’Amour infini de Dieu.

Je ne veux voir que Jésus Crucifié. Pour entrer dans la contemplation de notre Rédemption, Saint Ignace de Loyola propose, dans les exercices spirituels, de regarder le mystère de la Sainte Trinité qui vient à notre secours. Cette méditation nous ouvre des perspectives de compréhension dans notre combat quotidien pour la charité. Nous pouvons imaginer le Père prenant la décision d’envoyer le Fils sauver l’humanité du péché et de la mort. Le Verbe de Dieu fait chair, Jésus, dans la surabondance d’Amour de son cœur, s’offre au Père pour nous sauver. Toute la réalité de notre salut est contenue dans cet acte d’amour. ’Il grandissait en sagesse et en âge’.

Ce que Jésus connaitra de sa Passion douloureuse est contenu dans cette offrande. Le Père sait, l’Esprit Saint soutient Jésus. La Parole de Dieu se réalise : « Voici l’Agneau de Dieu qui enlève le péché du monde ». (Jn.1.29.) Le péché des hommes entraîne Jésus dans des zones d’ombres, d’agonie, de souffrances et de mort incroyables. « Qui aurait cru ce que nous avons vu ! » (Is.53, 1,) Il vient nous rejoindre au lieu même où nous nous sommes coupés de Dieu par notre péché. « Il a été fait péché pour nous, lui qui n’a pas péché ». (2Co 5.21). Non seulement Il va nous rejoindre mais Il pourra nous infuser cette liberté de revenir qui nous faisait défaut. Comme Jésus, qui répond au Père dans un acte de liberté totale, nous allons pouvoir nous mettre à l’école de Jésus. Le Père veille, le Saint Esprit nous enveloppe. La bienveillance du Père s’exerce sur la mission de Jésus, particulièrement aux moments plus difficiles. Jésus, au milieu des pécheurs va descendre dans le Jourdain qui symbolise la profondeur du mystère d’iniquité qu’Il devra traverser. La voix du Père se fait entendre : ’Tu es mon Fils, le bien-aimé qui a toute ma faveur (Mt. 3.17). Ce Fils unique du Père est le fils de Marie : « Comment cela se fera-t-il ? » avait-elle dit à l’ange avant la conception de Jésus. L’Esprit Saint, qui nous est donné à contempler au baptême de Jésus sous la forme d’une colombe, est entré en action. Ainsi s’est fait connaitre le Dieu Amour, Dieu Père aux entrailles de miséricorde. Il engendre de toute éternité le Fils dans l’Amour pour le faire et nous faire demeurer dans cet amour. Ainsi, à la Paternité divine correspond dans l’humain, la maternité de la femme, spirituelle, virginale. Nous sommes émerveillés devant l’Esprit Saint, force de Dieu, le « Sein » du Père, qui rejoint le « sein » de la Femme : « L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très Haut te couvrira de son ombre, c’est pourquoi l’enfant sera saint, il sera appelé Fils de Dieu ». Cette maternité divine de Marie va se prolonger dans l’Eglise qui est le Corps du Christ. C’est toujours le même Esprit Saint qui sera à l’œuvre dans l’humanité sauvée par Jésus, sanctifiée par l’Esprit, pour la gloire du Père, c’est à dire l’épanouissement de son amour en humanité. Cette « Trinité » d’amour va se retrouver ’à l’œuvre’ dans nos plus humbles expériences. Quand nous rencontrons sur le chemin les « duo » de compassion : la mère et son enfant ; le vieillard et celui qui l’accompagne ; l’handicapé et son assistant, nous contemplons à l’œuvre le même Esprit Saint. Certes, l’un et l’autre avance dans la confiance, mais soutenu par un Troisième Invisible : l’Amour qui les unit. En chacun, selon sa grâce, quelque chose de la Passion de Jésus se reproduit. L’Amour infini de Dieu est désormais en action. L’un sait ou l’on va, ce qu’il faut faire, l’autre obéit, confiant et abandonné. C’est ainsi, appuyé sur sa propre expérience que Jésus dit : « Regardez les lys des champs et les oiseaux du ciel, ils ne tissent ni ne moissonnent et votre Père céleste les nourrit »( Mt.6.28). Ou encore : « Les cheveux de votre tête sont tous comptés » (Mt.10.30).

Pour comprendre cette nouvelle liberté dans l’épreuve, il est une expérience importante : Blessé par un frère dans une situation difficile, nous sommes « bloqué », incapable de faire un pas vers lui. La rencontre d’une personne aimée, qui nous rejoint plus profondément que notre meurtrissure, va, dans l’Amour expérimenté, nous redonner la liberté soit de pardonner, soit de revenir. L’Esprit Saint est à l’œuvre dans une telle libération. C’est Lui qui se joint à notre esprit dit l’Apôtre, Il est à l’œuvre dans toute libération opérée par la Passion et la Résurrection de Jésus. Contempler la Sainte Trinité qui nous sauve est source d’une joie immense. Par Jésus venu dans notre humanité, l’Esprit Saint est à l’œuvre dans notre vie sauvée par Jésus. Il continue à crier : Père je te bénis d’avoir révélé ce mystère aux petits.