Dimanche 19 octobre 2014

Françoise : une vie expressive !

Françoise : une vie expressive ! Que cherchait Emmanuel Mounier dans sa petite Françoise, dont une encéphalite avait atteint la raison. Elle n’avait plus que le visage de l’absence, parfois habitée d’une « présence » celle qui luit au cœur du silence, (dès que nous cessons de faire du bruit avec nous-même). Elle avait pour lui, comme pour Ie petit Pauvre, le visage de la divine Pauvreté. "Quel sens aurait tout cela si notre petite fille n’était qu’un morceau de chair abîmée, un peu de vie accidentée et non pas cette blanche hostie qui nous dépasse tous, une infinité de mystère et d’amour qui nous éblouirait si nous le voyions face à face".

Habitée d’une « présence » celle qui luit au cœur du silence, Chaque coup dur était une élévation nouvelle qui chaque fois, quand notre cœur commence à être habitué, adapté au coup précédent, est une nouvelle question d’amour ». (Cité par Zundel) C’est dans la foi, dans l’espérance que se révèle au monde un si grand mystère : ”Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné le Fils unique.” [89]. Les pauvres habitent cette Présence du Christ d’une manière surprenante. “Celui qui le reçoit devient alors semblable à Lui.” “Je te bénis, Père,” [90] dira Jésus, “d’avoir caché cela aux sages et aux savants et de le révéler aux tout-petits. Oui, Père, personne ne connaît le Père sinon le Fils et personne ne connaît le Fils sinon le Père et celui à qui le Père veut bien le révéler.” [91].

Le Père révèle ce mystère à Marie parce qu’elle n’a qu’un désir, le connaître Lui son Dieu. Elle n’est qu’un Désir : cette ouverture de tout son être à son Dieu pour qu’il s’y révèle. « Faites tout ce qu’il vous dira » [92] dit-elle à Cana aux serviteurs. « Comme je vous ai aimés, aimez-vous les uns les autres » [93] nous dit Jésus. C’est cet amour nouveau qui nous sauve et qui réalise déjà la civilisation de l’Amour