Lundi 7 septembre 2009

7e dimanche du temps ordinaire, année C

Donner sa vie pour recevoir la Vie.

1 Sm. 26, 2.7-9.12-13.22-23 Ps. 102 1 Co. 15, 45-49 Lc. 6, 27-38

Donner sa vie pour recevoir la Vie.

La première lecture nous donne un très bel exemple où les passions humaines vont être dominées par l’amour infini de Dieu. Arriver à cet héroïsme est déjà très beau. Saul, Roi d’Israël, s’est mis en route avec trois mille hommes pour traquer David. Celui-ci repère Saul et toute son armée qui dorment. Dieu a fait tomber un sommeil sur toute l’armée de Saul. La lance de Saul est plantée dans le sol à côté de sa tête. Le compagnon de David lui dit : « C’est la victoire ». David ne va pas réagir de cette manière, il prendra la décision de ne pas ôter la vie du roi car elle ne lui appartient pas. David prend l’épée de Saul ainsi que sa gourde. Il se postera en face de ce lieu et criera : Saul, viens chercher ta lance, je ne t’ai pas tué, pourquoi veux-tu me tuer ? Nous avons là un effort surhumain, David a réussi à déconnecter les passions.

Il peut nous en coûter tellement d’être simplement humain ! C’est déjà très grand, Jésus nous demande de devenir ce que nous sommes : L’image du fils bien-aimé de Dieu. Dans la liturgie de la Parole, le psaume nous est donné comme reprise, pour notre propre compte, de cette parole. « Bénis le Seigneur, ô mon âme, bénis son nom très saint, tout mon être ! Bénis le Seigneur, ô mon âme, n’oublie aucun de ses bienfaits ». Nous rendons grâce à Dieu quand nous voyons l’amour qui nous a fait parvenir à la vie. Nous sommes venus à la vie dans un monde si merveilleux. Il nous faut contempler de quel amour nous sommes aimés, et ressituer toute douleur à l’intérieur de cet amour. Mais Jésus nous entraîne plus loin encore. « Je vous le dis, à vous qui m’écoutez, aimez vos ennemis ». Jésus a accompli cette Parole dans sa passion, Il a aimé ses ennemis et donné sa vie pour eux. Nous avons alors commencé à saisir où est la fécondité de l’amour. Nous pourrions rester une source scellée ! Mais c’est un bouillonnement d’amour intérieur qui donne vie et qui va rafraîchir le cœur de l’autre. « Aimez vos ennemis, faites du bien à ceux qui vous haïssent ». Oser avancer vers quelqu’un qui a de la haine contre vous demande un grand effort ! Nous ne pouvons pas le faire seul.

« Souhaitez du bien à ceux qui vous maudissent ». Quand des personnes disent du mal de vous, dire du bien d’elles mêmes, donne le moyen d’avancer dans la vie, d’être des donneurs de vie. Donner la vie est à ce prix. « À celui qui te frappe sur une joue, tend l’autre ». Il n’y a rien de meilleur pour désarmer celui qui vous frappe sur une joue. A l’origine, quelqu’un qui était frappé de la sorte, portait le mépris de celui qui le frappait ; La seule maniere de ne pas céder à ce mépris, était de tendre l’autre joue pour montrer son désaccord. « À celui qui te prend ton manteau, donne aussi ta tunique » ; Dans la Passion de Jésus l’Ecriture dira : Ils se sont partagés mes vêtements ! « À celui qui te vole, ne réclame pas ton bien ».

Ce texte d’Evangile est d’une force de conversion spirituelle incroyable. C’est véritablement Dieu avec nous en acte. Jésus continue : « Soyez miséricordieux comme votre Père céleste est miséricordieux ». Notre Père des cieux est une surabondance d’amour incroyable, il nous faut devenir comme lui. Marie, la Mère de Jésus est celle qui grâce à Lui et dans son mystère, a fait comme le Père. Elle a offert Jésus à la Croix et elle s’est offerte elle-même avec lui. Elle a donné sa vie. Nous pouvons, nous aussi, donner notre vie pour nos frères.

Demandons de comprendre et d’adhérer à cette Parole. Si nous n’y adhérons pas, nous ne pouvons pas la comprendre. La comprendre, y adhérer, est impossible humainement, mais rien n’est impossible à Dieu ! Demandons à Dieu de faire l’impossible dans nos vies car cet Amour vient de Lui seul.