Vendredi 7 avril 2017

8 - Les femmes de Jérusalem pleurent sur Jésus

8 - Les femmes de Jérusalem pleurent sur Jésus

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Je répandrai sur la maison de David et sur Jérusalem un esprit de grâce et de supplication. Et ils regarderont vers moi ; celui qu’ils ont transpercé, ils se lamenteront sur lui comme on se lamente sur un fils unique ; ils le pleureront comme on pleure un premier-né. Zacharie 12, 10

C’est dans le mystère de la Croix de Jésus et dans celui de la compassion de Marie qui lui est associée, que nous pouvons lire la souffrance des femmes de Jérusalem. La Parole retentit à partir du cri de tant de pauvres anéantis par la douleur ! Les pauvres de Dieu, à leur manière, éclairent pour nous ce mystère de la Passion de Jésus et de la compassion de Marie. Le petit Van, qui mourra battu et abandonné l’été 1959 dans un goulag du nord Vietnam, est un compagnon de douleur de Jésus qui actualise pour nous la Passion de Jésus vécue aujourd’hui par tant de frères dans toutes les régions du monde. Les femmes de Jérusalem sont un signe de soutien et de lumière pour les pauvres qui ne savent plus parler. Jésus est la Parole des petits, des humiliés du monde, Van écrivait à son père spirituel : « Mon Père ! entré dans une nuit ténébreuse, je ne vois plus où se trouve la vérité. Mon âme est plongée dans l’affliction et la sécheresse… tout ce que je puis encore savoir, c’est qu’à l’heure actuelle, j’ai un ardent désir de mener une vie fervente. Aussi tout ce que je demande à Dieu, c’est une grâce de lumière, qui me fasse connaître que je l’aime toujours d’un cœur sincère, lui, mon Dieu. Mais…non ! C’est un silence de mort ; je ne vois aucun signe qui me fasse connaître que mon âme vit encore en Dieu."

Pleurez sur vous et sur vos enfants dit Jésus, car si on traite ainsi le bois vert, qu’arrivera-t-il au bois sec ! Avec le petit Van, nous voulons tenir bon dans la tempête. "Au cours de chacune de mes journées, toute mon attention se porte sur Dieu, et il est très facile pour mon cœur de rester habituellement tendu vers lui. Mais je ne sais pourquoi, je ressens toujours de la froideur, comme si mon esprit ne tendait vers Dieu que par habitude, sans éprouver vraiment aucune émotion sensible. Hélas ! Je souffre beaucoup, mais je ne sais pas si Jésus, pourtant présent en moi, est conscient de ma souffrance. Je ne suis pas certain qu’il me sera donné d’être uni à lui dans le ciel, car j’ai l’impression de vivre comme si je n’avais pas la foi, quelle mort douloureuse ! Je souffrirai à partir de maintenant, en attendant la venue de cette heure cruelle… Jésus ! je suis loin d’être un homme sans espérance, mais de fait, mon espérance en toi est devenue chez moi comme le désespoir du pécheur en enfer, c’est à dire que je suis certain de m’accrocher à toi, mais cette certitude, il n’y a que toi qui la connaisse, quant à moi, tout ce que je sais, c’est que je suis désespéré en toi. »

Cette réflexion du petit Van, dans la nuit de sa foi, se révèle d’une grande importance quand nous cherchons à entrer dans le mystère de ceux qui sont aux prises avec la souffrance. S’unir à Jésus crucifié est le seul remède. Dieu en son mystère trinitaire nous permet d’entrer dans son Amour pour l’humanité dans la détresse. « J’ai vu la misère de mon Peuple » dit- il à Moïse. C’était une annonce du Sauveur. En Jésus crucifié, nous pouvons comprendre le sort de tant de pauvres auxquels Jésus s’est identifié. En lui s’est ouverte une espérance nouvelle : La Croix de Jésus est sagesse pour ceux qui aiment Dieu dans la nuit de la foi. Marie, la créature la plus proche du Sauveur, participe d’une manière unique à ce mystère de notre Rédemption. Première en chemin, elle ouvre pour nous la Voie : « Faites tout ce qu’il vous dira. » Comme à Cana, ce nouveau « faire » est situé dans le Christ : « Sans moi vous ne pouvez rien faire. » Comme la vie de Jésus s’est déroulée dans la volonté du Père, notre vie s’accomplit en Jésus. A la demande de Jacques et de Jean d’être assis, l’un à la droite et l’autre à la gauche de Jésus, Il répond : « Pouvez-vous boire la coupe que moi je bois, ou être baptisés du baptême dont moi je suis baptisé ? »

La souffrance des femmes de Jérusalem, à la suite de Marie, est le partage de la « coupe de Jésus » que nous sommes invités à boire. C’est une prise de conscience que nous avons à faire dans la foi : cette coupe, c’est la Coupe du Seigneur. Plus près de nous, Bernadette de Lourdes nous permet d’entrer dans cette compréhension. Elle soignait une sœur malade particulièrement affligée. Une autre sœur qui la visite lui dit sa répugnance devant cette personne. Bernadette répondra : « Plus la vie les a humiliés, plus il faut nous montrer humble devant eux. » Elle remontait jusqu’à la source de toute lumière : « Jésus et Jésus crucifié. » Il y a toujours un écart infranchissable pour notre raison, si nous voulons entrer dans la compréhension du mystère de la Croix. Jésus, dans son humanité souffrante, nous introduit dans cet « être avec lui, » à sa suite. Il nous a manifesté l’Amour du Père, dans le salut qu’il nous donne par sa Croix. Le disciple de Jésus manifestera, par sa compassion, l’Amour de Jésus qui nous sauve. Ainsi, pour toute notre vie, les femmes de Jérusalem nous manifeste l’Amour infini de Dieu. L’Esprit Saint fait vivre en elle le témoignage de Jésus. Un nouvel Amour de compassion naît ainsi dans notre cœur et nous pouvons aller au secours de l’humanité.

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