Vendredi 25 septembre 2009

8e dimanche du temps ordinaire, année C

Demeurer dans le Christ pour porter un bon fruit.

Si. 27, 4-7
Ps. 91
1 Co.15, 54-58
Lc. 6, 39-45

  • Du dimanche 23 mai 2010 à 00:00 au lundi 24 mai 2010 à 00:00 iCal
    Semaine 1 à 10 : 8e dimanche du temps ordinaire, année C

Demeurer dans le Christ pour porter un bon fruit.


« Le juste grandira comme un palmier, il poussera comme un cèdre du Liban, transplanté dans les parvis du Seigneur, il grandira dans la maison de notre Dieu ». Ce verset du Psaume 91 dit bien notre histoire sacrée. La parole, comme le tamis de Ben Sirac, nous secoue pour nous faire revenir à notre origine. Revenir à notre source pour porter de bons fruits. Nous avons été baptisés dans le Christ et nous avons reçu cette parole : « Vous êtes devenus une créature nouvelle ». Vous êtes devenus ce bon arbre qui porte de bons fruits. Cet arbre, c’est Jésus, qui « continue » sa Mission en chacune de nos vies. Le baptême nous a donné ce don très étonnant de la foi. Parce que nous vivons de la foi, nous sommes devenus une créature nouvelle.

Vivre de la foi, c’est être transformé fondamentalement. L’apôtre nous dit : « Frères bien-aimés, soyez fermes. Soyez inébranlables ». Quand il dit « soyez fermes », c’est soyez fermes dans la foi. Quand il nous dit "soyez inébranlables, c’est toujours dans la même foi. « Prenez une part toujours pus active à l’œuvre du Seigneur ». Notre pensée se tourne encore sur le visage de Marie qui a été transformé par la foi. Nous regardons à nouveau comment Marie a vécu de la foi, comment elle rejoint la parole aujourd’hui. Elle est cet arbre qui a donné le fruit le plus merveilleux qui soit : Jésus.
L’option de la foi dans notre vie va opérer un véritable processus d’intériorisation. Jésus a combattu une extériorité très puissante chez les Pharisiens menés par la Loi,. Il venait apporter la vérité qui transforme fondamentalement l’être qui la reçoit. « Qu’as-tu à juger ton frère » dit l’Evangile ! Tu dois te mettre dans le Christ. A partir de Lui, regarder comme Lui regarde. Tu découvriras alors la poutre de ton œil. Jésus ose dire à ses interlocuteurs : « Esprits faux » ! La vérité de notre vie est dans un « processus » d’intériorisation, de réception du don de Dieu.

Il me faut me laisser guider par Dieu qui chaque jour me rejoint. Cette vie d’intériorisation est à l’exemple de la Vierge Marie. Dieu se révèle sans cesse à nous. C’est à l’intérieur de cet événement qu’Il me donne de porter un bon fruit. Ce bon fruit de Marie, c’est Jésus. En chacun de nous Jésus qui va se révéler, Il continue son œuvre d’amour. Quand l’ange frappe aux oreilles de Marie, elle se laisse conduire simplement par Dieu. Ce qui lui a permis de dire oui, c’est sa foi. C’est parce qu’elle a cru qu’elle est devenue pour nous « bienheureuse ». Toutes les générations la diront bienheureuse, nous sommes ces générations qui la reconnaissent ainsi. Dans son acte de foi à l’annonciation, elle a balayé toutes les sécurités pour se laisser plonger dans un inconnu, un imprévisible total. Dans son oui, elle a vraiment révolutionné l’humanité. Elle a permis à Dieu de faire une avancée dans notre monde. Grâce à son oui, Dieu continue son œuvre de révélation de l ‘Amour en nous. Dieu est ce Père aimant qui a un Fils qui nous a permis de le connaître. Grâce à ce Fils du Père, qui nous est donné, nous entrons dans son amour. Marie a été la première qui a accueilli Jésus. Ce Jésus, nous le célébrons dans la foi. L’intériorisation que nous retrouvons dans l’Eucharistie, nous fait vivre de Dieu comme elle.

Toutes les capacités que Dieu avait mises dans sa petite créature, créée à son image et à sa ressemblance, pouvaient ainsi prendre corps grâce à la foi. Il n’y a plus aucune sécurité désormais, sinon ce lien d’amour vécu dans la foi et dans la foi nue. Marie est dans une disponibilité totale, elle n’a plus aucune prévision possible ; Elle est dans une pauvreté tout à fait radicale ; Elle ne peut plus s’appuyer que sur son Dieu. Un Dieu dont elle ne connaît pas les projets, mais un Dieu en qui elle fait confiance. Nous voyons bien, à partir de là, qu’une toute autre dynamique se développe si nous nous laissons menés par la foi. Ce n’est plus une dynamique extérieure où nous pouvons encore juger les autres, mais une dynamique intérieur où nous allons sans cesse nous retrouver dans le don actuel de Dieu. Ce don de Dieu, c’est Jésus. Il est le lieu de l’amour du Père, il est son Fils. Quand Marie reçoit Jésus dans sa foi, elle met en œuvre tout son être pour recevoir l’amour. C’est véritablement l’amour du cœur de Marie qui est pratiquement l’option, le déclenchement de sa foi. C’est parce que Marie aime Dieu qu’elle peut mettre toute sa foi en lui. Et mettant toute sa foi en lui, elle va le recevoir dans cet amour, cet amour dans lequel s’enracine sa foi. À partir de ce moment, c’est sa Foi qui va devenir la lumière qui va éclairer sa vie.

A partir de cet instant, elle sera suspendue à son acte de foi, acte de foi à l’intérieur duquel Dieu va se révéler. Jésus nous dit : « Un aveugle peut-il guider un autre aveugle » ? Nous sommes aveugles dans la mesure où nous n’avons pas les yeux fixés sur Jésus qui est le chef de notre foi. Nous sommes aveugles dans la mesure où nous n’avons pas les yeux fixés sur Marie qui est celle qui l’a accueilli l’objet dans sa foi. C’est à l’intérieur de cette relation qu’à notre tour, nous portons un bon fruit, celui de l’amour. C’est Jésus accueilli par Marie, accueilli par l’Église. C’est Jésus proclamé au monde dans un acte de foi, un acte de foi qui fait confiance en l’autre jusqu’à le croire capable de recevoir ce don. Qui fait confiance en l’autre comme Dieu lui-même a fait confiance en Marie. Il donne son Fils unique, c’est-à-dire ce qu’il a de plus cher.

Demandons la grâce d’entrer dans ce mystère de Jésus reçu par Marie. Et pour devenir ce bon arbre dont les racines sont immergées dans les Sources d’eau vives, nous demandons cette disponibilité de cœur de Marie.