Dimanche 19 octobre 2014

Célébrer l’Eucharistie dans la joie.

Célébrer l’Eucharistie dans la joie. Dans la vie courante, comme prêtre, je suis amené souvent à rencontrer les personnes handicapées de l’Arche. Immanqua- blement toutes vont me parler de la messe. Ce n’est pas seulement par amitié, parce qu’elles savent mon amour de l’Eucharistie. C’est beaucoup plus profond. Elles se reconnaissent là, invitées d’une manière vraiment spéciale. Par l’Eucharistie nous sommes introduits dans le mystère de l’Amour de Celui qui fait tout ce que fait le Père. Avec Marie, je peux entrer dans cette contemplation du don de Jésus à jamais ouverte. Je peux me laisser transformer par elle. Je reçois le Corps Eucharistique du Christ qui s’est livré pour moi par Amour, pour que je l’aime. Celui qui est le Pain du Père devient mon Pain de vie. Celui qui est la Contemplation éternelle du Père devient ma contemplation. Je peux demeurer dans cette contemplation qui me transforme et qui m’unit à Lui.

“Celui qui me mange ne mourra jamais mais il aura la vie qui demeure” [132]. Cette vie, est cachée dans le Sein du Père et elle rayonne désormais à partir de ma vie offerte, pour qu’elle soit communiquée au monde. Quelle action de grâce (Eucharistie) est désormais sur nos lèvres et dans nos cœurs. Jésus a revêtu notre humanité. C’est en lui, le Christ, que désormais notre humanité retrouve sa finalité : « Viens vers le Père » disait une voix au cœur de St Ignace d’Antioche. L’Esprit-Saint nous est donné dans chaque sacrement reçu en Eglise. Ainsi un « admirable échange » s’accomplit. Nous pouvons offrir ce que nous sommes, ce que nous avons reçu de Dieu. Quand nous recevons le Corps et le Sang du Christ, c’est Lui-meme qui nous donne de vivre de la vie même de Dieu. La vie de Jésus nous renouvelle, nous orientant sans cesse vers notre Père d’où nous venons et où nous allons.

Le Oui de Jésus se donne à notre oui pour que nous devenions de plus en plus ce que nous sommes : L’enfant de Dieu. Marie n‘est pas étrangère à cette communication de la vie. Elle en est la mère comme elle est la mère de Jésus. Nous pouvons ainsi entrer dans la volonté du Père qui est Amour. L’Eucharistie, le mystère Pascal, nous est donné pour que soit possible cette transformation si profonde et si heureuse de notre vie. Je peux demander à la « Femme », celle qui enfante une humanité nouvelle, de suppléer à la faiblesse de mon oui quotidien imparfait. La reconnaissant comme mère, je peux lui demander d’intercéder auprès de l’Esprit-Saint pour qu’il refasse en moi l’œuvre de réception d’Amour qu’il a accomplie en elle. Cela se réalise concrètement à chaque communion eucharistique : Marie recevant divinement son Fils, Il pourra ainsi mieux me transformer en lui. Cette contemplation du mystère du Fils et ce nouvel Amour vivant dans mon cœur peuvent me garder vivant en Dieu.

Tout comme le Fils qui s’offre cloué au bois de la Croix, les pauvres du monde entier participent dans l’Esprit-Saint à ce mystère de Salut. Ils sont de « petits Rédempteurs » disait Marthe Robin. Dans le dénuement extrême qui peut être le nôtre, avec la pauvre veuve de l’Evangile, chacun peut encore donner à Dieu tout ce qu’il a, tout ce qu’il a pour vivre. Alors se réalise ce mystère de Jésus jusqu’à ce qu’il revienne. l’Esprit-Saint est là, jaillissant de la source divine du cœur blssé de Jésus comme au Calvaire. Il se répand sur toute humanité ». [133]. II parlait de l’Esprit-Saint.. . que devaient recevoir ceux qui croiront en Lui.