Mercredi 8 novembre 2017

Dédicace de la basilique du Latran

« Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. »

1 Co. 3, 9b-11.16-17
Ps. 45
Jn. 2, 13-22

  • Le jeudi 9 novembre 2017 iCal
    Fêtes liturgiques : Dédicace de la basilique du Latran

"Comme la Pâque juive était proche, Jésus monta à Jérusalem. Dans le Temple, il trouva installés les marchands de bœufs, de brebis et de colombes, et les changeurs. »

Il fit un fouet avec des cordes, et les chassa tous du Temple, ainsi que les brebis et les bœufs ; il jeta par terre la monnaie des changeurs, renversa leurs comptoirs, et dit aux marchands de colombes : « Enlevez cela d’ici. Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce. Nous fêtons aujourd’hui la dédicace de la basilique de saint Jean de Latran, la Cathédrale de l’évêque de Rome, successeur de Pierre. Un temple est un lieu de beauté où l’on rencontre Dieu, un lieu où Dieu se fait proche, et où nous acceptons de nous approcher de lui. Le temple de Salomon à Jérusalem avait été rebâti pour la communauté de pauvres, au retour d’un exil de quarante ans. L’Évangile de la purification du Temple est toujours très actuel : Cessez de faire de la maison de mon Père une maison de commerce ! Le commerce des hommes gêne la rencontre avec le Seigneur Dieu dans le Temple. Trop d’intermédiaires veulent servir à la fois Dieu et Mamôn. Durant les siècles qui ont suivi la Mort et la Résurrection de Jésus, à Rome les chrétiens étaient persécutés. C’était le temps des premiers Martyrs. Dans cette épreuve, ils se sont réfugié dans les « caves, » les Catacombes. Les saints Mystères étaient célébrés dans ces lieux secrets, l’annonce de la Bonne Nouvelle se faisait ainsi en Secret. Dans ce contexte, le « Mystère » et « l’intériorité » étaient favorisés.

Ses disciples se rappelèrent qu’il est écrit : L’amour de ta maison fera mon tourment. » Sous le règne de Constantin, l’Église reçoit des bâtiments, une cathédrale, avec la possibilité de célébrer les Saints Mystères à ciel ouvert ! Quand le Culte chrétien devient public, reconnu, ouvert au monde. Il lui faut une intériorité plus grande car la tentation sera de faire en Église ce qui se fait dans le monde. La nouvelle épreuve sera que « l’esprit du monde », en matière de pouvoir, de savoir, d’avoir, entre dans les mœurs de l’Église. Nous supplions Jésus que le Père nous trouve chaque jour ouverts à cette rencontre, en attente de ce dialogue où il va nous promouvoir dans notre liberté filiale. Quand nous nous approchons de Dieu pour la prière, notre cœur demeure encombré de marchandises et de calculs, comme un temple profané. Mais nous désirons sincèrement les rendez-vous d’alliance avec notre Père qui nous appelle. Nous sommes avec le Christ, le temple où habite l’Esprit de Dieu. Tous nous entrons, comme autant de pierres vivantes, dans la construction d’une vivante maison de Dieu, l’Église sainte. Jésus nous donne de vivre Dieu, déjà sur la terre, dans des relations d’amour toutes nouvelles : « Voyez comme ils s’aiment, » disait-on des premiers chrétiens.

Des Juifs l’interpellèrent : « Quel signe peux-tu nous donner pour agir ainsi ? » Jésus leur répondit : « Détruisez ce sanctuaire, et en trois jours je le relèverai. » Les Juifs lui répliquèrent : « Il a fallu quarante-six ans pour bâtir ce sanctuaire, et toi, en trois jours tu le relèverais ! » Mais lui parlait du sanctuaire de son corps. Aussi, quand il se réveilla d’entre les morts, ses disciples se rappelèrent qu’il avait dit cela ; ils crurent à l’Écriture et à la parole que Jésus avait dite. Jésus, pour toute justification, renvoie ces Juifs à l’œuvre suprême de Dieu. Jésus répond cette phrase qui pèsera si lourd dans son procès : « Détruisez ce temple, et en trois jours je le relèverai. » Jean commente : « Mais lui parlait du temple de son corps. » Le corps de Jésus, c’est sa Personne vivante, le seul lieu de la rencontre entre Dieu et les hommes, entre Dieu et ceux qui l’adorent en vérité. Jésus est en effet pour nous le Temple de la nouvelle alliance. C’est par lui et en lui que nous avons accès auprès du Père. C’est lui qui, conjointement avec le Père, nous envoie chaque jour l’Esprit Saint qui fait vivre. L’Église a reçu la possibilité de célébrer les Mystères du Christ en public. Le Mystère du Dieu vivant est célébré au milieu des hommes, alors qu’il était jusqu’alors célébré dans le Secret. Mais c’est aussi l’ouverture à des possibilités de dérives !

Nous demandons la grâce d’édifier l’Église de Dieu, de vivre de sa Bonne Nouvelle.

Vos témoignages

  • Isabelle 8 novembre 2017 19:40

    Cher Père Gilbert, merci pour les homélies , les méditations sur l’Evangile ; à l’approche de l’hiver, avec le froid et moins de lumière, elles apportent chaleur et soleil pour le cœur.

  • Denise Brouillette 9 novembre 2016 12:34

    C’ets une joie ’’espérante’’ que je ressens quand vous me partagez vos commentaires sur la Bonne Nouvelle. J’aime la justesse de vos propos pris dans votre expérience de vie, c’est une joie reconnaissante.
    Denise.

    P.S.M est-il possible de transférer vos écrits. Je n’y arrive pas.Merci.

  • Abbé Victor KAMANO 8 novembre 2016 16:57

    effectivement nous sommes renés de cette Eglise qui nous purifie depuis la naissance par l’eau du baptême. nos corps doivent être alors ce temple comme le souligne Saint Césaire D’Arles : « Dieu n’habite pas seulement dans des Césarisme faits de la main de l’homme, ni dans une demeure de bois et de pierres, mais principalement dans l’âme créée à l’image de Dieu, par le Créateur lui-même ». quant à Paul, il va droit au but : le temple de Dieu est saint, et ce temple c’est vous. St. Césaire