Vendredi 7 octobre 2016 — Dernier ajout vendredi 4 décembre 2015

2e dimanche de l’Avent, année C

Jean, fils de Zacharie parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés,

Ba. 5, 1-9
Ps. 125
Ph. 1,4-6, 8-11
Lc. 3, 1-6

  • Le dimanche 6 décembre 2015 iCal
    Semaine Avent 2 : 2e dimanche de l’Avent, année C

L’an quinze du règne de l’empereur Tibère, Ponce Pilate étant gouverneur de la Judée, Hérode prince de Galilée, son frère Philippe prince du pays d’Iturée et de Traconitide, Lysanias prince d’Abilène, les grands prêtres étant Anne et Caïphe, la parole de Dieu fut adressée dans le désert à Jean, fils de Zacharie.

Luc nous donne des précisions qui nous permettent de comprendre le sens profond des événements dont il va parler, nous sommes en 27 ou 28 de notre ère. Depuis plus de vingt ans la Judée n’est plus qu’une province de l’empire romain. Tibère, l’empereur, est loin, mais le préfet Ponce Pilate administre le pays d’une main de fer. Quant au grand prêtre, Caïphe, qui est en place depuis dix ans déjà, c’est à sa diplomatie et à son astuce qu’il doit d’avoir gardé sa position, plus politique que religieuse. Les flambées de nationalisme sont sévèrement réprimées, et les fils d’Israël, humiliés par l’occupant, ne peuvent mettre leur espérance qu’en Dieu. Des communautés presque monastiques, regroupant des hommes, des femmes et des jeunes se sont créées çà et là non loin de la Mer Morte, et gardent les traditions ascétiques des Esséniens. C’est alors que « la parole de Dieu fut sur Jean, fils de Zacharie », dans le désert où l’Esprit Saint l’avait poussé. Les foules viennent à lui pour se faire baptiser. La naissance de Jésus n’est pas un petit événement que Jean le Baptiste nous raconte, la région du Jourdain est comme le centre de l’empire romain : « Préparez le chemin du Seigneur ! crie Jean le Baptiste. » Dieu ne peut pas faire notre salut sans nous. Librement il nous a créés, avec notre liberté nous pouvons coopérer à son action. Nous entrons ainsi dans cette visitation de Dieu qui a si bien commencé son travail chez nous,et va le continuer jusqu’à ce que se reproduise, sur notre visage, le visage de Jésus Christ. Ainsi la gloire de Dieu sera répandue parmi les nations. Le signe visible que ce mystère est réalisé, c’est que nous nous aimons les uns les autres, et nous nous accueillons les uns les autres, nous acceptant tel que nous sommes, dans son amour.

« Jean, parcourut toute la région du Jourdain ; il proclamait un baptême de conversion pour le pardon des péchés, comme il est écrit dans le livre du prophète Isaïe : A travers le désert, une voix crie : Préparez le chemin du Seigneur, aplanissez sa route. » Le baptême du Jourdain était donné par le jeune prophète lui-même, au nom de Dieu qui l’avait envoyé. La conversion était le présupposé indispensable : les disciples ne devaient pas se contenter de proclamer leur idéal, il leur fallait se détourner de leur vie pécheresse, s’orienter résolument vers Dieu pour accomplir sa volonté, et se préparer au pardon des péchés qui ne manquerait pas de venir dès que le Règne de Dieu ferait irruption dans le monde : « Frayez dans le désert la route du Seigneur. Tracez droit dans la steppe une chaussée pour notre Dieu ! » Ce n’est pas quelques petites existences qui vont être changées, mais cela concerne toutes les vallées, toutes les montagnes, toutes les collines, c’est tout le paysage qui va être bouleversé. Que les routes soient vraiment droites, ce pourrait être que les structures de la société ne soient plus tordues, qu’il n’y ait plus d’oppression, mais l’espérance du messie qui vient. Nous aussi, nous sommes exilés dans notre demeure, chez nous. Nous avons conscience des limites de nos familles et de nos communautés ! Mais il nous faut participer à son œuvre : « Jérusalem revêts la parure de la gloire de Dieu pour toujours ! » Jérusalem, ce sont chacune de nos vies passées par l’épreuve.

Tout ravin sera comblé, toute montagne et toute colline seront abaissées ; les passages tortueux deviendront droits, les routes déformées seront aplanies ; et tout homme verra le salut de Dieu. Cette route dont parle le prophète qu’il faut niveler, aplanir, nous mène vers Jérusalem, c’est une chaussée que Dieu va emprunter lui-même avec ses pauvres, Dieu avec eux va traverser le désert ; Dieu avec eux va rentrer au pays, et sa gloire se révèlera. En frayant dans le désert la route de Dieu, les pauvres d’Israël trouveront la route de leur propre liberté. Jean le Baptiste annonce : « Convertissez-vous car Il vient. » C’est sûr, c’est imminent, et il faut se mettre en route avec lui. C’est bien aussi le sens de cet Avent que nous vivons avec toute l’Eglise. Accueillir Jésus, le Messie de Dieu à Noel, c’est accepter de partir avec lui, c’est prendre avec lui le chemin du retour, car s’il vient parmi nous, c’est pour nous conduire au pays de la gloire, c’est-à-dire à l’amour du Père qui est le but du monde et de l’histoire des hommes. Cela commence par chacun de nous, par une suite de petits changements. Dieu, en Jésus, est venu dans la chair humaine. La gloire de Dieu rayonne sur le visage de Jésus et chacun de nous peut désormais se laisser former par lui pour glorifier de Dieu. Le chemin de Jésus est notre chemin, nous voulons accueillir le mystère de Dieu, le faire entrer dans notre vie, toutes nos exaltations seront abaissées, les vallées de nos dépressions seront comblées, Dieu veut libérer notre vie.

Nous demandons à Dieu la grâce de la vraie connaissance de Dieu, que sur notre visage rayonne le visage du Christ.

Vos témoignages

  • 6 décembre 2015 07:06

    Merci, Père Gilbert, pour cette homélie, qui me dit combien Dieu veut nous rejoindre, en s’abaissant jusqu’à moi, et qu’ il est possible de Le rejoindre à travers de petits changements..
    Avançons tous ensemble vers la crèche pour pouvoir accueillir Son message pour nous et le monde d’aujourd’hui.
    Bon temps de l’Avent, Père Gilbert !