Dimanche 16 avril 2017

Saint-Sacrement. Année A

De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi.

Dt 8, 2… 16 Ps 147 1Co 10, 16-17 Jn 6, 51-58

  • Le dimanche 18 juin 2017 iCal
    Fêtes du Seigneur. 1 : Saint-Sacrement. Année A

"Moi, je suis le pain vivant, qui est descendu du ciel : si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Le pain que je donnerai, c’est ma chair, donnée pour la vie du monde. »

Le pain et le vin sont des images de la nourriture spirituelle dans le livre des Proverbes. C’était une image qui annonçait le pain de l’intelligence, le pain de la foi, la parole qui nous entrouvre le plan d’amour de Dieu. Jésus prononce dans la synagogue de Capharnaüm : « Le pain de Dieu, c’est celui qui descend du ciel et donne la vie au monde. » L’audace de Jésus suscite des murmures dans l’auditoire. L’étonnement des gens de la synagogue frise le scandale et le murmure s’amplifie. Nous avons la grâce de connaître la vraie réponse donnée par Jésus le soir du Jeudi Saint, quand, prenant le pain, puis la coupe, il dira : "Prenez et mangez ; ceci est mon corps livré pour vous. Buvez-en tous, ceci est mon sang." A Capharnaüm, au lendemain de la multiplication des pains, Jésus développe sa catéchèse eucharistique. Aujourd’hui, nous comprenons que l’Eucharistie est nécessaire pour nous. Comme est indispensable la nourriture du corps humain, il nous faut développer une autre vie que l’on commence à vivre ici-bas. La vie éternelle est inaugurée dès maintenant dans le quotidien de notre existence par une relation intense, profonde, invisible, avec Jésus.

"Les Juifs se querellaient entre eux : « Comment celui-là peut-il nous donner sa chair à manger ?" Jésus leur dit alors : « Amen, amen, je vous le dis : si vous ne mangez pas la chair du Fils de l’homme, et si vous ne buvez pas son sang, vous n’avez pas la vie en vous. Celui qui mange ma chair et boit mon sang a la vie éternelle ; et moi, je le ressusciterai au dernier jour. En effet, ma chair est la vraie nourriture, et mon sang est la vraie boisson. Celui qui mange ma chair et boit mon sang demeure en moi, et moi, je demeure en lui. Demeurer en Jésus est le défi de notre vie. Nous marchons dans le désert comme nos pères au désert du Sinaï. La Parole de Dieu donne le sens de notre marche et la nourriture pour le chemin !Cette marche révèle ce que nous avons dans le cœur. Dieu met au cœur de son peuple le désir de s’approfondir pour découvrir ce qu’il a dans le cœur. Il le prépare à une nourriture qui donne la vie. Déjà, Dieu veut faire découvrir à l’homme qu’il ne vit pas « seulement de pain mais de toute parole qui sort de la bouche de Dieu. » Si nous avons fondamentalement besoin d’une nourriture pour notre corps, il est une autre nourriture encore bien plus nécessaire, celle de notre cœur. C’est Jésus le « Pain vivant, » la Parole faite chair qui rassasie notre cœur. Il est « la vraie nourriture et la vraie boisson » qui donnent la vie éternelle.

"De même que le Père, qui est vivant, m’a envoyé, et que moi je vis par le Père, de même celui qui me mange, lui aussi vivra par moi." Tel est le pain qui est descendu du ciel : il n’est pas comme celui que les pères ont mangé. Eux, ils sont morts ; celui qui mange ce pain vivra éternellement. » Demeurer dans le mystère de Jésus, c’est trouver en lui la lumière, la paix et le pardon. C’est puiser à sa vie la force de vivre dans l’épreuve en essayant de voir les choses, les événements et chaque personne comme lui les voit. Demeurer en lui, c’est lui apporter dans la prière, tout notre cœur en laissant résonner sa Parole au plus profond de notre liberté pour nous imprégner de sa miséricorde. Le partage de cette intimité, Jésus le résume en disant : « Celui qui me mange vivra par moi. » Toute communion à son Corps et à son Sang sera donc une communion à sa vie de Fils de Dieu, d’Envoyé du Père. L’Eucharistie est pour nous le pain du voyage car en mangeant le Corps du Christ, nous venons nous ressourcer à sa vie, comme lui-même, voyageur parmi nous, se ressourçait constamment à l’amour de son Père. Nous vivrons par lui, car l’Eucharistie est en nous un gage de victoire sur les forces du refus, de l’agressivité et de l’isolement, et même sur celles de la maladie et de la mort. Nous vivrons, car Jésus veut éterniser son amitié avec nous, son partage de vie avec tous ceux qui croient en lui, au-delà de la mort qui nous emportera, et dont l’ombre inquiète parfois les êtres fragiles que nous sommes : « Si quelqu’un mange de ce pain, il vivra éternellement. Moi, je le ressusciterai au dernier jour. » C’est ce Don de Dieu, cette présence révélée par Jésus que nous contemplons dans cette grande fête du Saint-Sacrement. Ce pain de vie nous rappelle combien Dieu nous aime : il se fait « hostie », offrande, pour être accessible à tous ! Mais Il veut aussi nous rassembler comme les grains d’une même colline. « Puisqu’il y a un seul pain, la multitude que nous sommes est un seul corps. » Jésus, présence d’Amour, nous unit à Lui et nous unit les uns aux autres. Il se fait nourriture pour que nous puissions communier à son corps et à son sang et devenir ainsi un seul Corps. En Lui nous formons un corps parfaitement uni ! La Parole nous dit encore aujourd’hui que l’eucharistie fait l’Église, et l’Église fait l’eucharistie.

Nous demandons la grâce d’être enracinés dans l’Église pour recevoir Jésus Pain de vie, « pain vivant descendu du ciel, » et devenir son Corps.