Jacques et l’absolu.

Dimanche 19 octobre 2014

Jacques et l’absolu.

Jacques, homme épileptique, était très attiré par la célébration de l’Eucharistie. C’était pour lui comme sa vie. Dans sa maladie, il connaissait une certaine rigidité dont il souffrait, mais il ne pouvait que peu réagir. Il se contentait de dire : C’est le Bon Dieu qui décide ! Il n’y avait plus rien à ajouter. Avec un air dépassé, il haussait les épaules. C’est un peu le contexte dans lequel il est mort de manière dramatique. « c’est Dieu qui décide. » l’homme ne peut pas tout comprendre : « Marie, elle, a sûrement tout compris ! » étaient des phrases souvent dites par lui. Pour Jacques dont la psychologie n’était pas harmonieuse, la désappropriation de soi-même n’est pas facile à réaliser. La vie était bien difficile. Il revenait toujours à la volonté de Dieu. Elle était son grand désir, mais elle était son épreuve.

C’est difficile de se soumettre à Dieu, dans la nuit de la foi. Unir sa volonté à la Volonté du Père quand l’obscurité est épaisse est une épreuve. Jacques a toujours fait de son mieux. Il aimait Marie, elle faisait toujours la volonté de Dieu. Il se confiait souvent à elle, sachant qu’elle le protégeait. Elle manifeste l’Amour sans limites de Dieu révélé au monde. “Voyez quel grand Amour vous a donné le Père, II a voulu que vous soyez enfants de Dieu et nous le sommes.”[104]. En elle est révélé désormais le Don de Dieu. En consentant à l’Amour, elle participe à l’œuvre de Dieu. Devenue mère de Dieu, elle est transformée par le Sauveur donné au monde. En offrant son consentement : “Qu’il me soit fait selon ta Parole,” [105] le cœur de Marie est tout donné au Cœur de Jésus.

Cet Amour qui s’incarne en elle, s’imprime en même temps en elle. Elle est à jamais marquée de l’Esprit de Dieu. “Sois marqué de l’Esprit Saint le Don de Dieu,” dit la liturgie du sacrement de confirmation. Marie est vraiment la mère du Fils éternel du Père en qui sont contenues toutes les créatures qu’elle enfantera en son temps avec Lui. Cette Vie divine est mystérieuse, elle s’écoule désormais dans nos veines. “C’est mon Corps livré pour vous ; C’est mon sang versé pour vous” [106], dit Jésus. Ce rayonnement de l’Amour de Jésus, cette ouverture sur l’au-delà, s’exprime chez les pauvres dans la délicatesse d’un regard. Leur rencontre transforme celui qui l’effectue. II ne repart pas comme il était arrivé. On parlera ainsi du “sacrement du pauvre”. N’est-ce pas là la plus belle expression du “travail” de Jésus Eucharistie ? Progressivement, c’est l’expérience qu’il m’a été donnée de faire, j’avais toujours eu un grand Amour de Jésus Eucharistie, il s’est encore approfondi au contact des pauvres.