Jeudi 18 août 2016

Vendredi de la 20e semaine, année paire

Jésus répondit : Tu aimeras le Seigneur, ton Dieu, de tout ton cœur, de toute ton âme et de toute ton intelligence. Tu aimeras ton prochain comme toi–même.

Ez. 37, 1-14 Ps. 106 Mt. 22, 34-40

  • Le vendredi 19 août 2016 iCal
    semaine 20 : Vendredi de la 20e semaine, année paire

"Les foules qui l’avaient entendu étaient frappées par son enseignement. Les pharisiens, apprenant qu’il avait fermé la bouche aux sadducéens, se réunirent, et l’un d’entre eux, un docteur de la Loi, posa une question à Jésus pour le mettre à l’épreuve."

L’atmosphère est à la suspicion et Jésus parle en fonction de ce qui est important pour chacun, il rend hommage à la vérité. Il condense la foi d’Israël, en joignant l’amour de Dieu et l’amour du prochain, une attitude qui doit aider chacun à cheminer dans le sens de la vraie vie. Un amour de Dieu qui ne débouche pas en un amour des frères n’atteint pas sa véritable dimension. Un amour des frères qui se couperait de l’amour de Dieu ne tiendra pas. Suivre Jésus demande cette double et radicale ouverture à Dieu le Père, et à nos frères humains. Il nous faut une vie pour concilier les deux. Jésus va son chemin, il donne son amitié et son amour par une vérité qui ouvre et qui nourri la recherche. La vérité ne peut aller sans la recherche et l’échange, elle nous donne de nous tenir dans l’ouverture qui cherche à devenir réelle. Si Dieu fait alliance avec l’homme il lui dévoile sa volonté à travers des préceptes de la loi. La mise à l’épreuve de Jésus se situe, non seulement au plan d’une discussion de principe, mais encore au niveau du témoignage de vie. C’est par l’engagement de toute son existence que Jésus fait la preuve de la vérité de sa réponse.

« Maître, dans la Loi, quel est le grand commandement ? » Jésus lui répondit : « Tu aimeras le Seigneur ton Dieu de tout ton cœur, de toute ton âme et de tout ton esprit. Voilà le grand, le premier commandement. Jésus est interrogé par les pharisiens, les hérodiens et les sadducéens, en qualité de Rabbi, comme un maître dont on veut vérifier l’autorité. La question du "grand commandement" dans le judaïsme revêt une grande importance, on ne compte pas moins de 613 préceptes de la loi, répartis en 365 défenses, le nombre des jours d’une année, et en 248 commandements, selon le nombre des composants du corps humain. Nous comprenons la nécessité de dégager l’essentiel de l’accessoire. Par ses réponses, Jésus mène ses interlocuteurs à une interrogation de plus en plus radicale sur la vérité de leur attachement à Dieu et sur le mystère de sa personne humaine. C’est toujours en grande humilité que Jésus se situe face à eux. Il revient une fois de plus à l’essentiel : aimer. C’est en fait ce qui manque le plus. L’amour de Dieu lui-même est "vérifié" par l’amour concret du prochain, celui-là ne trompe pas.

"Et le second lui est semblable : Tu aimeras ton prochain comme toi-même. De ces deux commandements dépend toute la Loi, ainsi que les Prophètes." La pédagogie de Jésus est tout à l’amour de l’autre, ce qu’il énonce est en vérité ce qu’il vit ! Jésus lie l’amour du prochain et l’amour de Dieu, tout en mettant l’amour de Dieu en premier. Le terme de semblable attire notre attention car il établit une relation étroite entre les deux qui ne peut être commentée de manière simpliste. L’amour de Dieu qui est bon, miséricordieux, parfait, et l’amour du prochain avec lequel nous entretenons une relation marquée par le péché réciproque n’est pas équivalent ! Jésus nous invite à ne pas opposer l’amour de Dieu et celui des hommes, les deux commandements sont semblables : Aimer Dieu, le créateur et le rédempteur de l’homme, et aimer l’homme, image et ressemblance de Dieu. Ces amours sont complémentaires : « Bien-aimés, aimons-nous les uns les autres, puisque l’amour est de Dieu, et que quiconque aime est né de Dieu et connaît Dieu. Celui qui n’aime pas n’a pas connu Dieu, car Dieu est amour, » dit Saint-Jean. Le disciple de Jésus s’ouvre à une recherche qui vise les deux réalités : un amour du prochain prolongeant l’intimité personnelle avec lui, et un amour de Dieu dont l’authenticité se vérifie dans la rencontre fraternelle avec autrui.

Nous demandons la grâce d’être vrai vis à vis de Dieu et vis à vis de nos frères.