Jeudi 6 novembre 2014

Jeudi de la 31e semaine, année paire

« Lequel d’entre vous, s’il a cent brebis et vient à en perdre une, n’abandonne les quatre-vingt-dix-neuf autres dans le désert pour s’en aller après celle qui est perdue, jusqu’à ce qu’il l’ait retrouvée ? »

Ph. 3, 3-8 Ps. 104 Lc. 15, 1-10

  • Le jeudi 6 novembre 2014 iCal
    semaine 31 : Jeudi de la 31e semaine, année paire

"Tous les publicains et les pécheurs s’approchaient de Jésus pour l’entendre. Et les Pharisiens et les scribes de murmurer : « Cet homme, disaient-ils, fait bon accueil aux pécheurs et mange avec eux !"

Les paraboles de Jésus sont de petites histoires concrètes destinées à faire comprendre une réalité encore plus concrète : nous-mêmes, notre vie de chaque jour. Elles jettent la lumière inhabituelle de Dieu sur nos expériences habituelles. Quand nous pensons vivre dans la banalité, dans la fatalité, laissons venir sur nos situations l’éclairage des paraboles ; elles montrent toujours du neuf. Des gens qui ont mauvaise réputation viennent vers Jésus et désirent l’écouter. Ce sont des pécheurs de toutes sortes et des publicains, ces percepteurs d’impôts mal vus par tout le monde. Les pharisiens et les scribes font savoir leur mécontentement. Ils s’en prennent à Jésus : un maître religieux qui vit entouré de pécheurs, ils s’en prennent à Jésus sans s’adresser à lui : « Cet homme accueille les pécheurs, » ce n’est pas bon signe de faire connaître ses reproches à tout le monde, sauf à la personne concernée. Jésus répond par les deux paraboles : la brebis et la pièce d’argent. Dieu est un Père infiniment tendre qui veille sur chacun de ses enfants et en particulier ceux qui souffrent, qui sont mis de côté à cause à cause des difficultés de la nature, ou de la méchanceté des hommes. Pour accomplir l’œuvre de Dieu et les rejoindre, Jésus s’est fait pauvre et il se sert aujourd’hui encore des pauvres pour chercher la brebis qui s’est égarée. Les petits et les pauvres subissent le rejet de leur voisinage, contrecoup de leur position, non-accueil lié à leur situation douloureuse. Combien de gens que nous appelons des pécheurs, sont des pauvres, des rejetés qui ont vécu la souffrance et le rejet de leur entourage, des « brebis qui se sont égarées. » Si nous apprenions ce qu’ils ont eu à subir à un moment de leur existence, nous reviendrions sur nos positions et nos jugements, mais malheureusement cette lumiere arrive bien souvent trop tard. « Ne jugez pas, » dit Jésus !

"C’est ainsi, dit Jésus, qu’il y aura plus de joie dans le ciel pour un seul pécheur qui se repent que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n’ont pas besoin de repentir." Les paraboles de Jésus retournent la situation ; elles la présentent dans une lumière, une logique nouvelles. Voilà des gens qui portent peut-être le poids de fautes, mais qui au plus profond d’eux-mêmes sont en bonne santé. Ils ont perçu qui était Jésus, ils viennent à lui, ils veulent l’entendre parce que sa parole les relève, ils ont envie de nouveauté dans leur vie, d’une nouvelle chance. C’est beau ! Il est question de brebis qu’il faut retrouver, de pièce perdue qu’il est nécessaire de découvrir. Jésus semble désigner là les pharisiens et les scribes et tous ceux qui leur ressemblent, Saul était de ceux-là : ces gens qui ne laissent vers eux-mêmes aucune voie d’accès. Les quatre-vingt-dix-neuf brebis que Jésus laisse, ce sont les pécheurs et les publicains qui sont venus de leur propre mouvement vers lui. Pour eux, pas de problème : ils sont venus jusqu’au Christ, de tout leur cœur. Quelles que soient les conditions de notre conception, de notre naissance, quelles que soient la couleur de notre peau, ou notre rang social, nous sommes tous appelés par Jésus à devenir enfants de Dieu. Jésus est plein de tendresse et d’amour pour toute sa création et cet Amour s’adresse en particulier à l’homme et à la femme créés à l’image et à la ressemblance de Dieu. A la suite de Jésus, nous demandons ce regard de tendresse car il nous faut aussi chercher la brebis perdue de notre famille, de notre communauté ! Il nous faut regarder où sont les brebis perdues, demander à Jésus de nous donner un cœur plein d’amour comme le sien pour les reconnaitre. Ceux dont la vie s’est passée à soigner les pauvres font partie des amis de Jésus qui sans cesse cherchent la brebis perdue.

"Et, quand il l’a retrouvée, il la met, tout joyeux, sur ses épaules et, de retour chez lui, il assemble amis et voisins et leur dit : « Réjouissez-vous avec moi, car je l’ai retrouvée, ma brebis qui était perdue ! » C’est pour eux que le Christ vient, il ressemble à ce berger qui va chercher la brebis récalcitrante. Les scribes et les pharisiens et tous ceux qui leur ressemblent sont cette brebis et cette pièce. Et si, finalement, ils acceptent d’être accostés, de baisser les armes de leur bouderie, de leur rage, alors oui : on appelle cela conversion. le Christ Jésus dit à ses contradicteurs que, malgré leur colère, leurs reproches, il vient pour les chercher et il n’abandonne pas sa tâche, il y a des gens pour bondir vers lui et d’autres qui se terrent et récriminent. Bien souvent, ni les uns ni les autres ne sont ceux que l’on croirait à première vue, il veut tous les trouver, les rassembler, leur donner sa vie en plénitude, son corps et son sang. Depuis que Dieu en Jésus a pris la nature humaine, toute chair verra le salut de Dieu. Jésus est à la recherche de la brebis égarée, de l’humanité qui a perdu le sens de son origine et de sa finalité. Chercher la brebis la plus pauvre, regarder où sont les brebis perdues c’est suivre Jésus avec un cœur plein d’amour comme lui, c’est redonner du sens à l’humanité. La brebis perdue, celle qui a été éjectée ou celle qui s’est éloignée est désormais sauvée par Jésus, Dieu vient à son secours aujourd’hui encore. Les marginaux souffrent du rejet, du manque d’appartenance à la communauté des hommes ! Tout humain est précieux aux yeux de Dieu, Il est présent en chacun, Il est au cœur de la petite brebis perdue, c’est la, dans ce cœur de Dieu que les plus petits et les plus pauvres peuvent se retrouver. C’est ainsi qu’il naît de la joie devant les anges de Dieu pour un seul pécheur qui se repent plus que pour quatre-vingt-dix-neuf justes, qui n’ont pas besoin de repentir.

Nous demandons à Dieu la grâce d’être soucieux de tous nos frères qui sont en dehors de la maison.