Mercredi 15 février 2017

Jeudi de la 6e semaine, année impaire

« Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? »

Gn. 9, 1-13
Ps. 101
Mc. 8, 27-33

  • Le jeudi 16 février 2017 iCal
    semaine 6 : Jeudi de la 6e semaine, année impaire

"Jésus s’en alla, ainsi que ses disciples, vers les villages situés aux environs de Césarée-de-Philippe. Chemin faisant, il interrogeait ses disciples : « Au dire des gens, qui suis-je ? »

Ils lui répondirent : « Jean le Baptiste ; pour d’autres, Élie ; pour d’autres, un des prophètes. » Et lui les interrogeait : « Et vous, que dites-vous ? Pour vous, qui suis-je ? » Pierre, prenant la parole, lui dit : « Tu es le Christ. » Alors, il leur défendit vivement de parler de lui à personne.Les réponses fusent alors : « C’est Jean-Baptiste qui est ressuscité, disent les uns. » Hérode se souvient de ses méfaits ! « C’est Jean Baptiste, dit-il qui est ressuscité, ou Jérémie, ou encore un des prophètes disent les autres. » Jésus se fait encore plus proche de ses Apôtres, sa question devient plus pressante : « Et pour vous dit-il qui suis-je ? » Il s’agit du rapport entre l’humanité et la divinité. Mais il s’agit aussi de moi, de ma relation à Jésus. La réponse des gens est évasive ! L’Evangile nous offre un véritable tournant, une voie nouvelle dans la suite de Jésus. Une deuxième étape s’annonce ainsi dans sa vie. Jusqu’alors il faisait des miracles et des guérisons, Jésus manifestait la force de Dieu. Le passage entre le fils de l’homme et le fils de Dieu se dessine. Nous sommes concernés par cette réponse. Chacun de nous n’est pas seulement l’enfant de sa famille, nous sommes aussi l’enfant de Dieu. Chacun mérite un respect et une considération unique ! En effet chaque personne humaine prend sa dignité du fait qu’elle est « enfant du Père. » Etre enfants du Père, nous encourage à « enlever nos chaussures, » et à nous mettre en adoration devant l’autre. Le Père n’est pas loin de nous et son Esprit Saint nous anime comme « enfant du Père. » Dieu est présent, nous croyons qu’il est avec nous, notre réponse est enthousiaste ! Mais si nous nous réveillons avec des angoisses, que le temps est gris, nous avons alors l’impression que Dieu nous a abandonné !

"Il commença à leur enseigner qu’il fallait que le Fils de l’homme souffre beaucoup, qu’il soit rejeté par les anciens, les grands prêtres et les scribes, qu’il soit tué, et que, trois jours après, il ressuscite. Jésus annonce qu’il va être rejeté, qu’il va souffrir beaucoup, et qu’il sera tué mais que le troisième jour, il ressuscite ! Que veut dire la résurrection pour les disciples ? Jésus, pour la première fois, leur enseigne le silence car il lui faudra passer par la souffrance ! Ce passage obligé par la Passion de Jésus est toujours à l’œuvre dans le monde ! C’est ouvertement que Jésus disait ces choses. Les disciples ne comprennent pas comment Jésus peut-être traité de la sorte, beaucoup souffrir, être rejeté par les anciens ! Pierre le dit à Jésus. La réponse est immédiate : Tes pensées ne sont pas les pensées de Dieu, ce sont les pensées des hommes. Maintenant Jésus va annoncer un chemin d’humiliation et de douleur. En effet, ni sa parole, ni ses miracles et ses guérisons n’ont suffis pour convertir le Peuple de Dieu. Les gens ne les comprennent pas. Ce qui va convertir l’humanité vers Dieu, ce sera la Passion et la Résurrection de Jésus. Nous « butons » tous devant la souffrance, ce qui l’augmente encore. Nous avons besoin d’une conversion pour reconnaître que Jésus est le Sauveur qui porte la Croix et qui nous sauve vraiment. Le reconnaître devient une urgence pour aujourd’hui. Le fils de l’homme annonce des merveilles qu’Il réalise déjà.

"Jésus disait cette parole ouvertement. Pierre, le prenant à part, se mit à lui faire de vifs reproches. Mais Jésus se retourna et, voyant ses disciples, il interpella vivement Pierre : « Passe derrière moi, Satan ! Tes pensées ne sont pas celles de Dieu, mais celles des hommes. » « Pierre, devant la Passion, dit à Jésus : Certainement pas Seigneur ! » Il a une réaction toute naturelle. Jésus réagit vivement pour enlever les peurs devant les souffrances de sa Passion. « Passe derrière moi, Satan ! » lui dit-il alors. Le menteur est intervenu auprès de Pierre. Il veut que nous soyons toujours les premiers dans le succès. Quand nous marchons avec Jésus pour accomplir la volonté de notre Père des cieux, nous sommes très vite face à la Croix de Jésus. Pascal disait déjà : « Le Christ est en agonie jusqu’à la fin du monde. » Jésus dit à Pierre : Passe derrière moi, c’est à dire mets toi à mon école, fais-toi mon disciple dans la douceur et l’humilité. Prends ta croix chaque jour, jusqu’à ce que je revienne. La réalité de la suite de Jésus est le partage de la victoire de son Amour sur tout mal. Ainsi est vaincue l’humiliation, le rejet et la souffrance par l’Amour. La conversion est de croire que ce chemin est royal, que là se trouve un trône royal, le trône de la croix d’où Jésus continue, par son humanité, à sauver le monde. Nous demandons à Dieu de nous convertir pour reconnaitre Jésus dans tous les aspects de notre vie, y compris les plus difficiles ! Nous demandons la grâce d’entrer dans cette nouvelle perspective offerte par Jésus : « Tu es le Fils de Dieu. »

Nous demandons la grâce d’être convertis, et d’entendre cette parole de Dieu.

Vos témoignages

  • pierre 16 février 2017 11:32

    Dans la relation entre Simon-Pierre et Jesus-Christ il y a passage difficile de la confiance selon la sensibilité ( l’humain- mortel) à la confiance selon l’Esprit ( Saint - Divin - Puissance d’Amour du Dieu Vivant)

    L’affection de Simon est bienveillante, mais la confiance de Pierre est défaillante.

    C’est sur ce point que Jésus-Christ, relève par avance la tentation du disciple qui ne peut encore accepter le sacrifice volontaire et non suicidaire de Jésus. Sur la croix, il sera là pour vaincre définitivement le pouvoir de la mort, sur Lui, sur ses disciples, et sur toute l’humanité.

    Tant que le disciple de Jésus n’a pas éprouvé la vérité de l’amour du Christ sur la croix (don absolu du corps martyrisé, et pourtant demeuré dans la confiance en Dieu, qui fait vivre et jamais mourir) il est comme un étranger.

    Peut être comme ce romain chargé de percer le cœur de Jésus d’un coup de lance pour s’assurer ( légalement ) de sa mort, et qui a ainsi ( en obéissant à l’autorité romaine ) finit par percer le secret du mystère de cet Homme-Dieu, qui a donné sa vie à tous, et interpelle ceux qui ont dans leur cœur un désir d’aimer plus fort que la violence et la mort.

    Mais Bon Dieu que c’est dur de rester bon, de tenir bon, quand nous souffrons injustement, et sans le secours de la grâce divine qui nous associe à la victoire au nom de Jésus- Christ.

    C’est là probablement que résiste en nous, comme pour Simon-Pierre, un reste d’humanisme païen. Simon écoute le Maître d’Israël, mais Pierre croit encore à son bon sens, au lieu de croire « au-delà des limites de de l’humanité », à la parole qui le sauve : Jésus j’ai confiance en toi