Lundi 25 mai 2015

Jeudi de la 8e semaine, année impaire

"Quand le mendiant aveugle apprit que c’était Jésus le Nazaréen, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! »

Si. 42, 15-25
Ps. 32
Mc. 10, 46-52

  • Le jeudi 28 mai 2015 iCal
    semaine 8 : Jeudi de la 8e semaine, année impaire

"Ils arrivèrent à Jéricho. Et comme Jésus sortait de Jéricho avec ses disciples et une foule considérable, un mendiant aveugle, était assis au bord du chemin.

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La guérison de l’aveugle par Jésus nous dit la détresse de l’humanité sauvée par Jésus, cet homme est aveugle, il est assis au bord du chemin et il est en train de mendier. C’est vraiment l’exemple même de la marginalité. Il est là, au bord de la route, et le cortège de Jésus et de ses disciples, sortant de Jéricho, passe. A la fin de ce passage d’Evangile, tout va se renverser, tout va basculer pour lui dans le bon sens, il sera réintégré dans la communauté. Cet homme aveugle crie : « Jésus, fils de David, aie pitié de moi, » c’est le cri des pauvres, c’est le cri de monde. Il suffirait que le soleil resplendisse dans son cœur, et immédiatement formes et couleurs reprendraient vie dans son cœur ! C’est le miracle du soleil levant, Jésus est pour cet homme comme le soleil levant. Le soleil, non seulement donne le resplendissement à toutes choses, mais toute chose resplendit la gloire de Dieu. Quand Jésus vient, il est vraiment ce soleil qui donne à chaque personne le resplendissement de sa gloire. La nuit est en attente du soleil comme chaque personne est en attente du resplendissement infini de l’amour du cœur de Dieu.

Quand le mendiant aveugle apprit que c’était Jésus le Nazaréen, il se mit à crier : « Fils de David, Jésus, aie pitié de moi ! » Et beaucoup le rabrouaient pour lui imposer silence, mais lui criait de plus belle : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Ce cri prépare le dialogue entre Jésus et cet homme souffrant. Ce dialogue a de la peine à se nouer parce qu’il crie, il appelle Jésus qui est en train de passer sur le chemin avec un groupe de disciples et quelques personnes qui font du bruit et qui veulent le faire taire, il dérange, on lui dit de rester sur le côté. Mais lui s’obstine : « Fils de David, aie pitié de moi ! » Ce cri de l’humanité dérange. « Tais-toi, silence, » lui dit-on. Pour nous, le premier lieu de conversion est l’écoute, nous sommes installés dans un repli frileux, car nous avons l’expérience d’une nuit très noire où on ne voit rien, cette nuit extérieure est bien souvent le signe d’une nuit intérieure tellement plus douloureuse. La parole de Dieu suscite alors en nous une prière, un cri en écho à cet aveugle. Nous allons le porter à Jésus. Jésus s’arrêta et dit : « Appelez-le. » On appelle l’aveugle en lui disant : « Aie confiance ! Lève-toi, il t’appelle. » En effet, rien ne doit échappé à l’emprise du Soleil levant, il nous faut aller jusqu’au bout de l’amour comme Jésus. Jésus demande à cet homme : Que veux-tu ? Il demande à chacun de nous : « Que veux-tu ? » Jésus veut combler le désir de notre cœur mais il faut l’exprimer : « Seigneur, que je voie ! »

"Alors Jésus lui adressa la parole : « Que veux-tu que je fasse pour toi ? » L’aveugle lui répondit : « Rabbouni, que je recouvre la vue ! » Jésus lui dit : « Va, ta foi t’a sauvé. » L’aveugle a retrouvé la vue, il n’est plus aveugle, il n’est plus assis au bord du chemin. Il suit Jésus sur le chemin et il n’est plus nécessaire pour lui de mendier, il cheminait à la suite, dans ce groupe. C’est Jésus lui-même qui s’arrête, qui regarde et qui dit : Appelez-le. Il a entendu le cri, mais il veut que nous allions appeler les pauvres. Il veut que nous sortions de notre repli pour aller au cœur du monde. Nous connaissons le bonheur de ceux qui sont en marche avec Jésus, resplendissant de son amour. Jésus guérit, et il appelle l’humanité pour être avec lui pour annoncer au monde les merveilles de Dieu. Nos communautés écoutent le cri du monde, avec Jésus qui est là, au milieu de nous, lumière dans la nuit. Il nous dit encore : « Va, ta foi t’a sauvé. » Pour le rejoindre et nous rendre attentifs à nos frères du monde, il nous faut lui être présent. Ce miracle, n’est pas seulement que cet homme retrouve la vue, mais qu’il devient un homme capable d’être debout, capable de suivre Jésus sur le chemin, de devenir disciple, de devenir acteur de sa vie : « Appelez-le. » Si la foule le mettaient à distance, les disciples vont l’appeler et le faire venir vers Jésus.

Nous demandons la grâce d’être attentif au cri des pauvres, pour les conduire à l’amour infini du cœur de Dieu.