Jeudi de la 2e semaine de Carême

“S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.” »
Mercredi 20 mars 2019

Jr. 17, 5-10 Ps. 1 Lc. 16, 19-31

« Il y avait un homme riche, vêtu de pourpre et de lin fin, qui faisait chaque jour des festins somptueux. Devant son portail gisait un pauvre nommé Lazare, qui était couvert d’ulcères. »

Jésus fait allusion à une histoire connue, celle du pauvre scribe et du riche publicain Bar Mayan. Il s’agit d’un riche qui ne se préoccupe ni des hommes ni de Dieu. Ce riche, qui n’a pas de Nom, n’est pas "établi" dans son être intérieur et spirituel. Jésus donne un nom au pauvre Lazare, « Dieu est venu en aide. » Cette parabole du riche sans nom et de Lazare nous fait réaliser les personnages qui se jouent en nous. Il y a en effet deux chemins qui sont entrelacés en nous, l’un de lumière et l’autre de ténèbres. Il nous faut sortir de cette confusion et de cet enfermement. La Parole de Jésus nous demande de faire que notre vie soit plus belle. A partir de la Parole de Jésus ou de la vie d’un ami de ses amis, s’opère une conversion qui nous éclaire. « Le cœur de l’homme est compliqué et malade. » Nous nous faisons le centre de tout et nous faisons tourner le monde autour de nous. Nous sommes véritablement enfermés en nous-mêmes. Par les pauvres, Dieu nous ouvre un chemin qui peut nous conduire à une voie de lumière et de bonheur.

"Or le pauvre mourut, et les anges l’emportèrent auprès d’Abraham. Le riche mourut aussi, et on l’enterra. » …Mon enfant, répondit Abraham, rappelle-toi : tu as reçu le bonheur pendant ta vie, et Lazare le malheur pendant la sienne. Maintenant, lui, il trouve ici la consolation, et toi, la souffrance.” La mort est une limite absolue. Que l’on ait vécu dans le lin et la pourpre ou couvert d’ulcères, mendiant à la porte des autres, à la mort, les choses prennent leur vraie valeur. La mort totalise toutes les fidélités d’une existence, elle fixe aussi l’homme dans ses choix. Ce moment doit éclairer toute la vie. C’est donc avant de mourir qu’il faut choisir et ouvrir les yeux, qu’il faut se convertir. Le riche n’a pas vu le besoin qu’il avait de Dieu et de son pardon ; Il n’a pas vu Lazare. Lazare meurt, dans l’oubli général. Le riche meurt à son tour et toute la ville est là pour le porter en terre. Mais au-delà tout change. Dieu est l’infiniment bon. Sur les lèvres d’Abraham, il nous donne de sortir de l’enfermement de notre "moi égoïste dominateur et jouisseur" qui s’enferme dans un monde sans issue.

« …Le riche répliqua : “Eh bien ! père, je te prie d’envoyer Lazare dans la maison de mon père. En effet, j’ai cinq frères : qu’il leur porte son témoignage, de peur qu’eux aussi ne viennent dans ce lieu de torture ! » Abraham lui dit : “Ils ont Moïse et les Prophètes : qu’ils les écoutent ! ” » L’allusion aux frères nous rappelle l’exigence de la conversion. S’il est trop tard pour le frère mort il est encore temps pour les cinq survivants. Ce qui nous convertit, c’est la décision d’accueillir la Parole de l’Envoyé de Dieu. Nous croyons que Jésus nous ouvre la route de la conversion, et que son Évangile donne du sens à notre vie. Les pauvres sont les envoyés de Dieu qui deviennent pour nous un chemin qui nous libère. Dans la prière nous mettons ensemble notre espérance en Dieu pour nous ouvrir à la vie qu’il nous donne. Jésus nous invite à sa table pour un avant-goût du banquet de l’au-delà. Nous demandons la grâce d’être attentifs aux "Lazare" affligés qui demeurent à notre porte, dans notre entourage.

Nous demandons à Dieu la grâce de nous guérir pour accueillir nos frères.

…Il aurait bien voulu se rassasier de ce qui tombait de la table du riche ; mais les chiens, eux, venaient lécher ses ulcères.

…Au séjour des morts, il était en proie à la torture ; levant les yeux, il vit Abraham de loin et Lazare tout près de lui. Alors il cria : “Père Abraham, prends pitié de moi et envoie Lazare tremper le bout de son doigt dans l’eau pour me rafraîchir la langue, car je souffre terriblement dans cette fournaise….Et en plus de tout cela, un grand abîme a été établi entre vous et nous, pour que ceux qui voudraient passer vers vous ne le puissent pas, et que, de là-bas non plus, on ne traverse pas vers nous….Non, père Abraham, dit-il, mais si quelqu’un de chez les morts vient les trouver, ils se convertiront.” Abraham répondit : “S’ils n’écoutent pas Moïse ni les Prophètes, quelqu’un pourra bien ressusciter d’entre les morts : ils ne seront pas convaincus.

  • Le jeudi 21 mars 2019 iCal
    Deuxième semaine de Carême : Jeudi de la 2e semaine de Carême

Vos témoignages

  • 21 mars 2019 15:51

    Une richesse à la portée de toutes les bourses, mais avec un cœur ouvert aux autres, c’est le trésor de l’Amour Divin gratuit révélé en Jésus-Christ.

    L’humanité a tendance à s’enrichir et spéculer sur une accumulation de richesses par son intelligence qui lui fait entrevoir la totalité à partir d’un commencement.

    L’évangile du mauvais riche et du pauvre Lazare déstabilise cette logique, à juste titre, en restituant la vie humaine non pas dans la proximité de celui qui s’enferme dans son égocentrisme ; mais dans l’accueil de celui qui attend la Miséricorde Divine pour le combler de Joie et de Bonheur sans fin.

    Cet évangile toujours râpeux au premier abord, parce que nous préférons l’aisance à la misère, se révèle au fond plus bénéfique que critique en ressuscitant des personnages « oubliés » comme Abraham, Lazare et « l’homme satisfait de sa vie » avant que l’échéance de la mort commune à tous les humains ne vienne renverser la situation.

    Dans la lecture courante on risque de passer trop vite sur « les anges emportèrent Lazare auprès d’Abraham. » Abraham représente le premier homme qui a crut que la Vie est un don de Dieu « avant tout » et les anges « les serviteurs de Dieu » au delà de la condition humaine.

    Heureux est l’homme 
qui met sa foi dans le Seigneur (et non pas dans un pauvre mortel) Jésus-Christ nous donne ce que nous ne pouvons obtenir de la condition humaine : avoir part à l’Esprit Saint qui fait de nous des enfants de Dieu, assurés de Sa Miséricorde.

    Voilà un motif de réjouissance que rien ne peut nous arracher.

    Saint Paul nous le dit - J’en ai la certitude : ni la mort ni la vie, ni les esprits ni les puissances, ni le présent ni l’avenir, ni les astres, ni les cieux, ni les abîmes, ni aucune autre créature, rien ne pourra nous séparer de l’amour de Dieu qui est en Jésus Christ notre Seigneur.

  • pierre 28 février 2018 23:30

    Vu du ciel, l’humanité est comme une grande famille des familles. Vu d’en bas, on ne voit plus que son propre horizon et la tronche des autres, que l’on voudrait voir moins proches de notre égocentrisme.

    La Grâce de Dieu nous aide à faire Confiance en Dieu, d’abord pour lâcher prise, comme on lève la tête du guidon de vélo pour regarder plus loin sur la route, au lieu de s’enfermer dans l’effort pour avancer contre le vent.

    Puis, via cette Grâce de Dieu, la Vie redevient liberté offerte à nos yeux et non plus vision du but à conquérir par nos efforts, en avalant du paysage.

    En (re)gardant la Vie que Dieu nous donne, nous sommes déjà guérit du mal qu’on se donne à faire comme si Dieu n’existait pas, et on retrouve une présence de Dieu en soi pour raviver la Joie d’en vivre de proche en proche.

    Et cerise sur le gâteau, nous sommes alors en bonne condition d’esprit pour vivre ensemble, dans la Joie d’une vie perdue de vue et retrouvée à portée de main ! La main qui fait le geste attendu de part et d’autre, et le sourire rendu au premier signe d’empathie.

    La perle rare, c’est l’autre qui était aussi un prisonnier de sa bulle solitaire et qui par un accueil, redevient un semblable, pour revivre un temps de fraternité, et non plus un temps d’humanité crispée sur sa routine faute de mieux.

    Merci Jésus de me rappeler qu’en me sortant de mon univers personnel, par ta Parole, je gagne déjà la possibilité d’une rencontre avec le monde que tu aimes, celui où chacun est appelé à l’entre-aide fraternelle, où la Vie vaut infiniment plus dans le partage que dans la limite particulière de chacun.

    "Béni soit l’homme qui met sa foi dans le Seigneur »

    Toi Jésus tu es riche de ta Vie dans l’Esprit Saint qui ne dépend pas des hommes, tu es venu nous la donner en partageant le sort des pauvres pêcheurs, pour nous délivrer des affres de la vie sans amour, et de la mort par ta Passion et ta Ressurection qui proclament ton Amour Divin, pour toute l’humanité, plus fort que tout. Aide moi à partager cette Bonne Nouvelle avec ceux qui n’ont pas reçu cette grâce.