Jeudi 10 décembre 2015 — Dernier ajout mercredi 9 décembre 2015

Jeudi de la 2e semaine de l’Avent

« Le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que Jean le Baptiste. »

Is. 41, 13-20 Ps. 144 Mt. 11, 11-15

  • Le jeudi 10 décembre 2015 iCal
    Semaine Avent 2 : Jeudi de la 2e semaine de l’Avent

"Amen, je vous le dis, parmi ceux qui sont nés de femmes, il ne s’en est pas levé de plus grand que Jean le Baptiseur."

Les différents groupes religieux s’acharnent les uns contre les autres, hier c’étaient les Sadducéens, les Pharisiens les Hérodiens, les Scribes, aujourd’hui ce sont des alliances étranges qui se forment encore pour prendre le Christ au piège, pour le mettre en défaut car le Christ est mort sous le coup des bien-pensants. Elle est là cette violence que nous déplorons, il nous faut la reconnaître et ne pas nous enfoncer dans l’impasse de la rejeter vers l’extérieur. Nous pouvons asservir Dieu à nos volontés de puissance toutes humaines. Car depuis le temps de Jean jusqu’à présent, le royaume de Dieu subit la violence. Jésus affirme qu’Elie est revenu, il l’indique comme étant Jean-Baptiste, Jean-Baptiste a annoncé la parole, il est mis en prison. Jésus dira de lui : « Le plus petit dans le Royaume des cieux est plus grand que lui. » Le Prophète, dans la prison, annonce la Passion de Jésus : « Il faut qu’il grandisse et que moi je diminue. » C’est sa conversion, c’est la conversion chrétienne, Jésus vient transformer fondamentalement la terreur en civilisation de l’Amour. On ne peut pas « coudre une pièce de vêtement neuf sur un vieux vêtement, ni de mettre du vin nouveau dans de vieilles outres ! »

"Depuis les jours de Jean le Baptiseur jusqu’à présent, le royaume des cieux est soumis à la violence, et ce sont les violents qui s’en emparent." Jésus est le Fils de Dieu, il est libre par rapport à la puissance et il peut naître dans la fragilité. Parce qu’il est le Fils du Tout-puissant, il peut nous donner sa puissance elle-même, qui est Amour. La puissance de Dieu part de Noël et passe par la foi, elle change tout dans notre manière d’imaginer Dieu. Jean le Baptiseur a souffert la persécution, il a été condamné à mort, il a été tué. Cette violence est aujourd’hui présente dans tellement de royaumes ! Et nous ne pouvons pas faire l’impasse sur la violence interne et externe à la vie religieuse elle même, là ou des croyants sont source de violence. Les amis de Jésus, comme leur Maitre, doivent être des artisans de Paix : être avec ce qu’il y a de plus petit chez les humains, de plus pauvre, de plus faible, de plus humilié. C’est ainsi qu’ils travaillent le monde en profondeur pour le changer, le transformer en semant la justice et la Paix. C’est par la petitesse et l’abandon, par l’humiliation et une confiance infinie en Dieu son Père que Jésus sauve le monde. C’est son immense amour sur la croix qui transforme le monde.

"Car tous les prophètes et la loi ont parlé en prophètes jusqu’à Jean ; et, si vous voulez l’admettre, l’Elie qui devait venir, c’est lui. Que celui qui a des oreilles entende !" Nous demandons la grâce d’être au clair avec notre violence. Comment ne pas projeter nos idées, nos représentations de Dieu sur Dieu, et nous faire notre place par la violence ! Or il nous faut reconnaître Dieu dans l’enfant misérable et abandonné de Noël, naître à la fragilité qui change tout dans notre manière d’imaginer Dieu ! « Ayant aimé les siens qui étaient dans le monde, Jésus les aima jusqu’au bout » ! C’est par la petitesse, l’abandon et une confiance infinie en son Père que Jésus sauve le monde. Nous comprenons que Jésus, le tout petit de Marie, nous est encore donné Pain de vie, pour que nous prenions le même chemin que lui. C’est le « vermisseau » du livre Isaïe qui est l’image de la pauvreté du prophète, qui par l’amour, mine dans ses soubassements, l’orgueil de l’homme pour bâtir un monde de Paix. Cela nous demande une grande foi et un amour incroyable ! Se faire à violence à soi-même, pour oser, dans la petitesse, la douceur et l’humilité sauver le monde avec Jésus. Jésus, en chacun de nous, revit sa Passion dans son corps qui est l’Église. Seule la violence de l’amour est permise. Il nous faut tenir dans l’amour, dans la contradiction, dans l’adversité, dans le rejet et l’abandon, cela jusque dans la mort. Voilà ce qui sauve le monde de la violence.

Nous demandons la grâce de demeurer dans l’amour comme l’enfant dans le cœur de son Père bien aimé.