Jour de Pâques

C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut.
Samedi 20 avril 2019

Ac. 10, 34a.37-43 Ps. 117 Col. 3-4 ou 1 Co. 5, 6b-8 Jn. 20, 1-9

Le premier jour de la semaine, Marie Madeleine se rend au tombeau de grand matin ; c’était encore les ténèbres. Elle s’aperçoit que la pierre a été enlevée du tombeau.

Elle court donc trouver Simon-Pierre et l’autre disciple, celui que Jésus aimait, et elle leur dit : « On a enlevé le Seigneur de son tombeau, et nous ne savons pas où on l’a déposé. » Pierre partit donc avec l’autre disciple pour se rendre au tombeau. Nous sommes le premier jour de la semaine, Marie Madeleine va poser les gestes du respect religieux envers celui qu’elle aimait après l’attente due au Sabbat. Mais elle perçoit de loin l’anormal de la réalité, elle voit que la pierre a été enlevée du tombeau. Elle part informer Pierre et Jean pour qu’ils constatent la situation. Marie Madeleine est là avec cette surprise qui la rejoint dans son cœur de femme. La Résurrection n’est pas seulement celle de Jésus, c’est déjà la nôtre. Croire au Christ ressuscité, c’est aussi croire que je ressuscite avec Lui. Ce grand matin est le germe d’une immense espérance qui prend corps dans l’humanité. L’Evangile nous enseigne à regarder le tombeau comme une présence et une plénitude en ce jour de Résurrection, c’est le passage permanent de la mort à la vie, de la tristesse à la joie, du vide à l’espérance et de la solitude à la présence paisible de Dieu. C’est le Christ mort et vivant, « pour nous les hommes et pour notre salut, » qui commence son œuvre de rassemblement.

Ils couraient tous les deux ensemble, mais l’autre disciple courut plus vite que Pierre et arriva le premier au tombeau. En se penchant, il s’aperçoit que les linges sont posés à plat ; cependant il n’entre pas. Simon-Pierre, qui le suivait, arrive à son tour. Il entre dans le tombeau ; il aperçoit les linges, posés à plat, ainsi que le suaire qui avait entouré la tête de Jésus, non pas posé avec les linges, mais roulé à part à sa place. « Simon-Pierre » va selon son rythme intérieur, il se fait distancer par Jean. Arrivé au tombeau, il entre d’autorité dans le tombeau ouvert et vide. Il ne voit pas plus que ce spectacle affligeant, il ne comprend pas. Jean a encore dans les yeux les scènes tragiques du vendredi, ces images de souffrance et de mort se mêlent aux souvenirs des trois années vécues avec le Maître, partageant ses repas, ses fatigues, sa mission. Chaque événement s’est gravé dans ses yeux et dans son cœur. La joie de Pâques nous attend, là où nous sommes, dans la pesanteur de nos existences, avec les mensonges de notre cœur, avec nos lassitudes et avec la petite flamme de notre espérance. Un temps nouveau s’implante dans l’humanité. La Vie se donne et se laisse trouver, toucher. Elle entraine déjà avant même d’être reconnue. Nous avons, ici, les faits et gestes des tout premiers témoins. A leur suite, un jour ou l’autre, nous aurons à faire ce saut dans la nouveauté qui nous attend.

C’est alors qu’entra l’autre disciple, lui qui était arrivé le premier au tombeau. Il vit, et il crut. Jusque-là, en effet, les disciples n’avaient pas compris que, selon l’Écriture, il fallait que Jésus ressuscite d’entre les morts. Pâques, c’est la fête de la foi ! Jean accepte de recevoir cette nouveauté inouïe. « L’autre disciple » qui a attendu au seuil du tombeau, voit les linges, roulés d’une certaine manière, et il croit. Il relie ce qui est arrivé à ce qui était annoncé. Leur exemple est précieux pour guider notre propre chemin pour découvrir et suivre Jésus qui est la Vie. Le disciple bien-aimé, à la suite de l’Unique "Bien-Aimé," passe de la mort à la vie avec lui. Jésus n’a jamais été aussi présent pour Jean dont la foi jaillit comme un cri de triomphe au plus profond de son cœur : « Le Seigneur est ressuscité ! » La joie qui l’envahit agrandit son cœur, il découvre sa mission, au cœur de la communauté, il sera le témoin de sa présence. La joie du Ressuscité nous est promise, mais c’est lui qui la donne. C’est Jésus qui nous l’offre et c’est pourquoi elle peut tout envahir. Le tombeau vide de Jésus est plein à nouveau, il ne désemplira pas. Pierre et l’autre disciple viennent d’accomplir un geste qu’une parole va bientôt accompagner : l’annonce du Christ mort et ressuscité. C’est par la foi que nous allons annoncer le passage de la mort à la vie.

Nous demandons la grâce d’être renouvelés au matin de Pâques, pour avancer joyeux vers Jésus ressuscité.

  • Le dimanche 21 avril 2019 iCal
    Pâques : Jour de Pâques

Vos témoignages

  • pierre 1er avril 2018 17:13

    Le jour de Pâques, est un autre jour que celui que les hommes peuvent découvrir par eux même.

    Comme tous les matins le jour s’est levé à l’approche du soleil qui fait reculer les ombres de la nuit.

    Mais ces ombres ne sont pas que la projection de la lumière sur le sol, ce sont aussi les zones obscures de la psychologie humaine, ces comportements où le manque d’amour est effrayant, déformant la raison, dans la peine du passé, ou la peur de l’avenir.

    La Lumière de la Fête de Pâques aujourd’hui peut éclater au grand jour parce qu’un Juif nommé Jésus à changé l’humanité, en lui donnant une Vie Nouvelle : l’Amour Eternel.

    Cette Lumière Divine, présence de Dieu parmi son peuple, qui était l’héritage du culte juif, est passée du temple aux disciples de Jésus-Christ, par l’annonce et la réalisation de la Résurrection.

    Ils ont découvert en Lui la plénitude de l’Esprit Saint, révélant à tous ceux qui le suive que Son Amour Divin et Miséricordieux, ne connaît pas de limite, engendrant un peuple nouveau, imprégné et confirmé (christianisé et sanctifié) par cet Esprit d’Amour de Dieu.

    Sachant cela, nous avons malgré tout, encore du chemin à faire à travers les joies et les peines, les passions et les conflits humains.

    Comme Sainte Marie Madeleine, libérée de la peur d’être mal aimée, ne s’attachant plus aux humains en manque d’amour, mais instruisant les autres par sa (re) découverte de l’Amour Divin du Christ-Ressuscité.

    Comme Saint Pierre, libéré de la culpabilité du pauvre qui a renié son meilleur ami, mais affermissant la Confiance des autres par sa (re) découverte de l’Amitié Divine du Christ-Ressuscité

    Comme Saint Jean, libéré du manque d’amour familial, et (re)découvrant l’Amour Théologal et Ecclésial du Christ-Ressucité

    Chacun des disciples nous fait avancer vers l’Amour infini de celui qui a tout donné pour nous faire vivre selon Son Esprit d’Amour qui nous redit « Aimez vous les uns les autres comme je vous ai aimés ! »

  • Marie-Solange 27 mars 2016 14:15

    Merci Pere de parler de la fragilite dans l Eglise et a travers cela celle de Dieu pour nous rejoindre dans la notre.En ce jour Saint que l Amour de Jesus et sa Sainte Mere nous enveloppe et sanctifie notre propre fragilite.Bonne fete de Paques cher Pere Gilbert.

  • Magnifique est le Seigneur 27 mars 2016 08:52, par Hervé H.

    La fête de la vie, lumineuse, est exaltée et magnifiée pour cacun de nous, aujourd’hui et maintenant , par ce beau commentaire. Comme Jean et Pierre, entrons, voyons, et croyons… Merci Père Gilbert !

  • Estelle 26 mars 2016 22:26

    Ce que vous dites sur le tombeau plein de Presence me plait beaucoup.Merci Pere dans la grace du Ressucite.

    • Jour de Pâques 16 avril 2017 13:12, par Denise Brouillette

      Paix et joie pascales père Gilbert ! Paix et joies pascales à vous tous mes frères mes soeurs ! Comme tu es grand mon Dieu est Père, toi, seul source unique de vie ! Alléluia ! Amen !