Jeudi 17 août 2017

Le don de la vie donnée et reçue

Le don de la vie donnée et reçue à l’Arche.
Quand Jean Vanier évoque la fonda- tion de I’Arche, il l’enracine dans le lien d’amitié, le « Don de Dieu », manifesté dans la rencontre du Père Thomas. L’expérience de la nouvelle découverte de Dieu dans le cœur du pauvre viendra par la suite. Il est alors invité à entrer dans cette "découverte" de « l’intolérable souffrance » des personnes handicapées mentales qui vivent le rejet des hommes. L’expérience de l’Amour de Dieu manifestée dans la rencontre avec des amis de Dieu ouvre le cœur en vue de la rencontre de l’autre. Nous sommes aussi invités à découvrir la richesse de cet inconnu qu’est l’Amour de Dieu et l’amour des autres. Une étincelle de lumière en jaillit. C’est une bonne nouvelle qui éclaire. Le Don de Dieu, son immense Amour répandu dans le cœur humain, que nous expérimentons dans la rencontre de l’autre est quelque chose de merveilleux.

Mais si nous faisons l’expérience dans notre cœur de cet Amour, il est aussi habité par le péché : c’est l’opposition à ce Don. Il y a en nous un combat bien difficile à supporter. Je pense au Père Kolbe dans le “bunker” de la mort. Ce saint va vers la souffrance extrême, l’expérience de l’inhumanité la plus terrible, mais il a au cœur l’Amour de l’Immaculée, l’Amour de Dieu. Jésus est vainqueur du péché et de la mort, et de toutes souffrances par son Amour. Nous pouvons être introduits dans son expérience de Vie divine dans notre nature humaine. Marthe Robin revivait la Passion de Jésus dans sa petite chambre de Chateauneuf de Galaure. Saisie par l’Amour infini de Dieu, elle avait aussi cette réflexion pour le Père Finet qui venait la visiter : « N’approchez pas, Père, je sens le péché ! ». Elle qui vivait si intensément avec Jésus dans le Don de son Amour infini portait en même temps le poids du péché du monde. Paul dira de Jésus : « Lui qui n’a pas péché, il a été fait péché pour nous » [1].

Un épisode de I’Évangile est éclairant pour nous : celui de la femme pécheresse. Simon invite Jésus à table. Une femme survint qui s’approche de Jésus. Elle le touche de ses larmes et de ses cheveux, répand son parfum sur ses pieds. Cela scandalise le pharisien.
« Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme, une pécheresse » [2]. Jésus répond : « A cause de son très grand Amour, ses péchés sont pardonnés » [2]. Se trouvaient en présence l’Amour infini de Dieu manifesté en Jésus et la détresse de cette femme qui était en attente d’Amour pur et qui souffrait de son péché. L’Amour limpide du Cœur de Jésus triomphe de « la ténèbre » douloureuse qui habitait le cœur de Madeleine. II fallait cette rencontre pour que jaillisse cette lumière. « Femme que ta foi est grande » [2], dira Jésus. Il y a en chacun de nous la difficulté manifestée par l’opposition du propre et du juste avec la brebis lépreuse. L’Amour de Jésus, le Don de Dieu, fait la réconciliation en chacun de nous. Il va redonner la vie.

Dans l’Évangile, la Bonne Nouvelle c’est que le Don de Dieu, c’est l’Amour vainqueur du péché et de la mort. Le malade ne sait pas ce dont il souffre. II se cache bien souvent sous des apparences de « bien-pensant ». La maladie du rejet de Dieu et de l’autre peut être cachée à lui-même, mais bien présente de façon inconsciente pour lui. L’important est le Don de Dieu qui se cache dans le cœur des pauvres et des petits. Paul s’exprimera de manière très juste en parlant de la hauteur, la longueur, la profondeur de l’Amour de Dieu. II saura aussi dépister le mal, la souffrance, l’œuvre de mort qu’il appelle « mystère d’iniquité » qui sévit dans le monde. Dans l’Apocalypse, face au « mystère d’iniquité » se dresse celui de la Femme « l’Immaculée ». Les « pauvres », nous sont offerts pour agir au niveau du cœur humain qui humanise notre nature humaine.

20-Introduction : Le don de la vie à l’Arche.
Quand Jean Vanier évoque la fondation de I’Arche, il met en lien le « Don de Dieu », manifesté dans la rencontre du Père Thomas, et l’expérience de la nouvelle découverte de Dieu dans le Cœur du pauvre. Nous sommes invités à entrer dans cette "découverte" de « l’intolérable souffrance » des personnes handicapées mentales qui vivent le rejet des hommes, et l’expérience de l’Amour de Dieu manifestée dans la rencontre de l’autre. Cette invitation nous donne de parvenir à quelque chose d’inconnu, un peu comparable à la friction de deux silex : Une étincelle de lumière en jaillit. C’est une bonne nouvelle qui éclaire. Le Don de Dieu, son immense Amour répandu dans le cœur humain,que nous experimentons dans la rencontre de l’autre est quelque chose de merveilleux.
La Vie divine dans notre nature humaine.
Mais nous faisons aussi l’expérience que dans notre pauvre cœur, habité aussi par le péché, c’est-à-dire l’opposition farouche à ce Don, il y a un combat bien difficile à vivre. Spontanément je pense au Père Kolbe et au “bunker” de la mort. Comment ce saint peut-il aller vers la souffrance extrême, l’expérience de l’inhumanité la plus terrible si ce n’est avec l’Amour de l’Immaculée, c’est-à-dire l’Amour de cette part de l’humanité en nous qui aime Dieu. II y a là quelque chose qu’il faut découvrir. Nous le savons, Jésus est vainqueur du péché et de la mort, et de toutes souffrances par son Amour. Nous sommes alors dans son expérience de vie, de Vie divine dans notre nature humaine. Marthe Robin qui revivait la Passion de Jésus dans sa petite chambre de Chateauneuf de Galaure avait cette réflexion pour le Père Finet qui venait la visiter : « N’approchez pas, Père, je sens le péché ! ». Comment est-ce possible que quelqu’un qui vivait si intensément avec Jésus dans le Don de son Amour infini ait pu en même temps et à partir de la même expérience dire : « Je sens le péché » ?Nous pensons à la réflexion de Paul qui dira de Jésus : « Lui qui n’a pas péché, il a été fait péché pour nous » [1]. Qu’est-ce que cela veut dire pour nous aujourd’hui ? Un épisode de I’Évangile peut - être éclairant : celui de la femme pécheresse. Simon invite Jésus à table. Une femme survint qui s’approche de Jésus. Elle le touche de ses larmes et de ses cheveux, répand son parfum sur ses pieds. Cela scandalise le pharisien.
A cause de son très grand Amour.
« Si cet homme était prophète, il saurait qui est cette femme, une pécheresse » [2]. Réponse de Jésus : « A cause de son très grand Amour, ses péchés sont pardonnés » [2]. Se trouvaient là, en présence, le Don de Dieu et la détresse de cette femme. L’Amour limpide du Cœur de Jésus avait triomphé de « la ténèbre » douloureuse qui habitait le cœur de Madeleine. II fallait cette rencontre pour que jaillisse cette lumière. « Femme que ta foi est grande » [2], dira Jésus en beaucoup de circonstances de son pèlerinage en humanité. Il y a en chacun de nous une difficulté manifestée par l’opposition du pharisien (le propre et le juste) avec la femme pécheresse (l’impure brebis lépreuse,) qui n’est pas inconciliable. L’Amour de Jésus, le Don de Dieu, fais la réconcilliation en chacun de nous. Il va redonner la vie à l’un et à l’autre.
Le Don de Dieu qui gagne toujours à etre creusé. Dans l’Évangile, Bonne Nouvelle, on dira que le malade n’est pas celui que l’on croit. II se cache bien souvent sous des apparences de « bien-pensant ». La maladie peut être cachée à lui-même, c’est-à-dire etre présente de façon inconsciente pour lui. L’important est le Don de Dieu qui gagne toujours à etre creusé. Paul s’exprimera de manière très juste en parlant de la hauteur, la longueur, la profondeur de l’Amour de Dieu. II nous dira beaucoup également en évoquant le mal, la souffrance, l’œuvre de mort qu’il appelle « mystère d’iniquité » qui sévit dans le monde. Face au « mystère d’iniquité » se dresse un autre mystère signalé déja dans l’Apocalypse : celui de la Femme que le Père Kolbe appelait « l’Immaculée ». Sans cesse « Jésus », « Marie », les « pauvres », nous sont offerts pour agir d’une manière surprenante, dans le « désordre » de notre nature humaine. C’est l’opacité de notre vie, dans le combat quotidien de la foi, qui peut me semble-t-il s’exprimer ainsi. Nous vivons dans la nuit de la foi.