Jeudi 11 juin 2015 — Dernier ajout dimanche 14 août 2016

Les pauvres deviennent les envoyés de Jésus.

repris dans « 200 reprise de l’ensemble du pauvre qui guérit » (Avec le pauvre, bâtir la civilisation de l’amour. )
Les pauvres deviennent les envoyés de Jésus. Il nous faut découvrir la vocation des personnes handicapées. Quand nous échangeons sur les dons de ces personnes, nous sommes émerveillés de l’œuvre de Dieu en chacune d’elles. « Dieu a choisi ce qui est fou dans le monde pour confondre les sages. Il a choisi ce qui est faible pour confondre les forts, ce qui est sans naissance. » [173] C’est par manque de liberté que Pilate fait fouetter Jésus. Il croit apitoyer les juifs par l’aspect tragique de Jésus manifesté ainsi avec sa couronne d’épines et son manteau rouge. « Voilà, je vous l’amène dehors, pour que vous connaissiez que je ne trouve aucun motif de condamnation en lui. » [174] Il leur dit ensuite : « Voici l’homme ». Jésus est en effet « l’homme » le plus libre que la terre n’ait jamais porté. C’est lui redonne la liberté à tous les malmenés du monde.

Pilate ne sait pas ce qu’est la vérité. Or Jésus dit : « La vérité vous rendra libres » [175]. Il est cette vérité au milieu des chefs des prêtres et des anciens qui le condamnent injustement. Ils sont mus par la peur de perdre leur pouvoir. Le Fils de l’homme aborde sa « descente » dans la souffrance humaine. Se pourrait-il que Jésus entraîne dans son amour infini, ceux qu’il choisit comme « remède » à l’orgueil du monde ? « Ce qu’il y a de fou dans le monde voilà ce que Dieu a choisi pour confondre les sages »…"ce qui n’est pas pour confondre ce qui est" dit l’apôtre Paul. Le même combat, la même agonie va ainsi se retrouver au cœur de l’humanité. « Je ne suis pas venu dans le monde apporter la Paix mais la guerre, » [176] dira Jésus dans sa marche vers Jérusalem, on se divisera à cause de lui. L’humanité est en effet divisée devant l’aide à fournir aux personnes portant un lourd handicap. La question de Jésus : « Pour vous qui suis-je » ? se déplace. Pour toi qui suis-je ? pourrait dire le pauvre, l’handicapé, l’humilié.

Se pourrait-il que le mystère pascal de Jésus, enveloppé de l’Amour infini du Père, de l’amour de Marie sa mère, se revive encore dans la vie des petits et des pauvres que nous rencontrons ? « François rebâtis mon Eglise » disait Jésus à Assise. C’était plus facile d’aller chercher des pierres pour refaire les murs délabrés. « Payer » de soi, même de sa vie est beaucoup plus délicat. François le comprendra sur le mont Alverne quand il recevra en lui les plaies du crucifié. Les pauvres reçoivent dans l’Amour que Jésus leur porte, cette part de vie dans sa descente au milieu de nous. C’est la découverte de la vocation de ceux dont la vie « humainement » n’a pas de sens. Marie sa mère, sait que Jésus est innocent. Debout au pied de la Croix, elle est libre. Cette liberté intérieure rend l’homme à lui-même. Elle sera donnée à Jean. Ainsi il pourra accompagner Marie dans la nuit du Samedi Saint, il pourra, à coté de Pierre, assurer son ministère de l’Amour. L’Amour seul rend libre. Jésus en nous aimant de la sorte, c’est à dire « jusqu’au bout », nous redonne cette liberté que le péché avait abimée.

L’Apôtre Paul, après la « rage meurtrière » qui l’habitait, a retrouvé sa liberté intérieure. Il pourra dire aux Galates : « Jadis, il est vrai, quand vous ne connaissiez pas Dieu, vous avez été asservis à des dieux qui, de nature, ne le sont pas … Devenez comme moi, puisque je suis devenu comme vous, frères je vous en prie… Mes enfants, pour qui j’endure à nouveau les douleurs de l’enfantement jusqu’à ce que Christ soit formé en vous, je voudrais être en ce moment près de vous ! » [177]. Libérés par le Christ, nous devenons libérateurs avec le Christ. Paul dira encore : « Ce n’est plus moi qui vis, mais le Christ qui vit en moi » [178]. Les pauvres, les petits, les méprisés du monde, à cause de leur pauvreté, leur petitesse, connaissent le rejet du monde qui ne les reconnaît pas. Ils sont habités par le Christ et l’Esprit-Saint en eux peut faire des merveilles. Ceux que Jésus a sauvés deviennent « Sauveurs » avec lui. Maxime, reprend régulièrement cette phrase de Paul : « Ce n’est plus moi qui vis, c’est le Christ ». C’est la Parole de Dieu qui le touche et qui lui fait dire : « Ah, si j’avais été prêtre ! » Maxime aurait aimé être prêtre mais il est épileptique, hémiplégique et cumule encore d’autres handicaps ! Il ne sait pas la vie qu’il donne ! Nous savons combien Maxime peut engendrer à la vie divine, celles et ceux qu’il prend dans son cœur et dans sa prière. Il aime beaucoup Thérèse de Lisieux, en elle il se reconnaît.