Lundi 1er août 2016

Lundi de la 29e semaine, année paire

Mais Dieu lui dit : ’Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l’aura ?’

Ep. 2, 1-10
Ps. 99
Lc. 12, 13-21

« Quelqu’un de la foule dit à Jésus : Maître, dis à mon frère de partager avec moi notre héritage. »

« Jésus lui répondit : Qui a fait de moi votre juge ou votre arbitre ? » Nous sommes devant notre rapport aux biens matériels, il nous faut respecter les nécessités humaines et honorer la dimension spirituelle de notre vie humaine. Une tension positive détermine notre manière de vivre entre ces deux réalités et la Parole de ce jour nous invite à entrer dans la cohérence entre ce que nous croyons et ce que nous vivons. La réalité spirituelle qui passe la mort : c’est l’amour, Dieu étant amour, la capacité d’aimer et d’être aimé seule peut accueillir l’Amour. Tout ce qui n’est pas amour en nous est étranger à Dieu, et ne peut donc subsister en sa présence. Il s’agit, durant notre vie terrestre, de travailler à augmenter notre capacité d’aimer, c’est elle qui nous fera franchir le cap de la mort. C’est pourquoi le critère de l’amour authentique est celui avec lequel nous pouvons juger notre manière d’utiliser les biens matériels. Jésus est venu nous apprendre des valeurs nouvelles, le partage, l’accueil de l’autre, du petit et du pauvre. L’œuvre de Dieu se fait dans la douceur la simplicité de l’amour. Ce n’est pas notre œuvre, c’est l’œuvre de Dieu, ce ne sont pas nos efforts, c’est Dieu qui fait son œuvre en nous et par nous. Jésus est le Sauveur de notre vie, il est la lumière qui nous éclaire sur l’essentiel. Tout ce que nous « possédons » vient de Dieu, tout est donné pour le partage. C’est ainsi que se bâtit le Royaume des cieux déjà sur la terre. Il nous faut tout faire « comme si tout dépendait de Dieu, et en même temps, faire tout comme si tout dépendait de nous, » en demeurant dans l’amour.

S’adressant à la foule Jésus leur dit : « Gardez-vous bien de toute âpreté au gain ; car la vie d’un homme, fût-il dans l’abondance, ne dépend pas de ses richesses. » La capacité d’aimer et d’être aimé donne du sens et de la valeur à notre vie, le reste est illusoire nous rappelle l’Ecclésiaste. Mais il y a dans notre cœur des peurs et des désirs qui nous poussent à rechercher les biens matériels pour y trouver une sécurité ! Nous cherchons dans la possession des biens une sécurité pour apaiser notre crainte de l’avenir, ou la satisfaction de notre désir de puissance ou de gloire. Dans l’invitation au détachement que nous recevons aujourd’hui de l’Evangile, il faut voir une mise en perspective de notre désir, désir de vivre, de croître, de jouir, de posséder, de dominer. Tout est au Christ, nous lui redisons sans cesse notre action de grâce et nous lui demandons qu’il prenne vraiment toute notre vie en lui, nous ne voulons pas nous appuyer sur nous-mêmes. Dieu est le seul le maitre de la vie et de la mort, l’homme qui est rempli de lui-même se fait illusion en croyant qu’il domine sa propre vie. En fait il en est seulement le dépositaire pour faire advenir en lui la vie du Royaume de Dieu, le mystère de l’Amour. C’est ainsi Jésus remet la finalité de notre vie sous nos yeux, nous préparons le Royaume en partageant les biens que Dieu nous donne et en veillant aux pauvres et aux petits.

Et Jésus leur dit cette parabole : « Il y avait un homme riche, dont les terres avaient beaucoup rapporté. Il se demandait : ’Que vais-je faire ? Je ne sais pas où mettre ma récolte.’ Puis il se dit : ’Voici ce que je vais faire : je vais démolir mes greniers, j’en construirai de plus grands et j’y entasserai tout mon blé et tout ce que je possède. Alors je me dirai à moi-même : Te voilà avec des réserves en abondance pour de nombreuses années. Repose-toi, mange, bois, jouis de l’existence.’ Mais Dieu lui dit : ’Tu es fou : cette nuit même, on te redemande ta vie. Et ce que tu auras mis de côté, qui l’aura ?’ Voilà ce qui arrive à celui qui amasse pour lui-même, au lieu d’être riche en vue de Dieu. » Pour entrer dans la dynamique du détachement par rapport aux biens matériels, il nous faut comprendre que notre finalité se trouve en Dieu et que nous y communions par l’amour. L’amour partagé et l’amour reçu est le lieu où nous réalisons notre véritable réussite humaine. Pour cela, nous quittons nos peurs et nos désirs de puissance pour trouver en Dieu et dans l’amour partagé notre bonheur. Jésus élève notre regard, il l’ouvre aux vraies valeurs et il nous entraine plus loin encore : En effet le but de notre passage sur la terre est le partage et le don au plus petit du Royaume, ainsi un trésor nous est préparé pour le ciel. Notre vie présente est le commencement de la vie éternelle, une préparation à la rencontre du Seigneur Jésus. Un jour, il nous faudra tout quitter pour la vie avec Dieu à laquelle nous sommes destinés. Notre vie éternelle est dès à présent commencée, il nous faut donc savoir tendre vers les réalités spirituelles qui seules passeront la mort. « Notre vie est désormais cachée en Dieu, nous sommes ressuscités avec le Christ, recherchons donc les réalités d’en haut. »

Nous demandons la grâce de faire la volonté de Dieu pour être disponibles à tout faire avec lui, pour lui et par lui.

Vos témoignages

  • Gilbert 20 octobre 2014 12:51

    Bonjour frère Gilbert,

    Très beau texte, qui donne la dimension spirituelle de l’homme en Dieu et par Dieu. Le royaume des cieux est une réalité qui commence dès que l’on se met à l’écoute du Seigneur.

    Merci frère Gilbert de nous rappeler à votre manière, que : « C`est l`Esprit qui vivifie ; la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. »

    Bonne journée frère Gilbert, dans la paix et la joie de Notre Seigneur Jésus Christ.

    Gilbert

    • Lundi de la 29e semaine, année paire 20 octobre 2014 17:31, par Père Gilbert Adam

      Oui, mon cher Gilbert,

      La réalité spirituelle qui passe la mort : c’est l’amour,

      Dieu étant amour, la capacité d’aimer et d’être aimé seule peut accueillir l’Amour.

      Voilà bien la vie dans l’Esprit Saint qui est Amour.

      Tout ce qui n’est pas amour en nous est étranger à Dieu, et ne peut donc subsister en sa présence.

      Voilà bien la réalité de la chair qui s’est éloignée de Dieu Amour, avec l’Incarnation de Jésus par Marie, elle doit participer à cet Amour pur

      Il s’agit, durant notre vie terrestre, de travailler à augmenter notre capacité d’aimer, c’est elle qui nous fera franchir le cap de la mort.

      C’est pourquoi le critère de l’amour authentique est celui avec lequel nous pouvons juger notre manière d’utiliser les biens matériels.