Lundi de la 5e semaine de Carême

« Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »
Vendredi 1er février 2019

Dn. 13, 1…62 Ps. 22 Jn. 8, 12-20

  • Le lundi 8 avril 2019 iCal
    Cinquième semaine de Carême : Lundi de la 5e semaine de Carême

De nouveau, Jésus parla aux Juifs : « Moi, je suis la lumière du monde. Celui qui me suit ne marchera pas dans les ténèbres, il aura la lumière de la vie. »

Les pharisiens lui dirent alors : « Tu te rends témoignage à toi-même, ce n’est donc pas un vrai témoignage. » Nous sommes pendant la fête de Soukkot c’est-à-dire la fête d’automne. C’est une fête de l’eau, une fête messianique. Jésus proclame : "Je suis la lumière du monde…” » Les « Je suis » de l’Evangile de saint Jean sont nombreux : « Je suis la vie », « Je suis la lumière », « Je suis le chemin », « Je suis la vérité », « Je suis le pain véritable. » De quelle lumière s’agit-il ? Jésus éternellement dans le sein du Père est né de Marie à Bethléem. C’est la raison pour laquelle il peut dire « Je suis la lumière. » Personne ne peut dire « Je suis la lumière. » Jésus se fait le serviteur des disciples. Son identité ? Elle se dit à partir d’où il vient et où il va. » Jésus est un "aller et venir," bien plus que quelqu’un qui va et qui vient : il est aller et venir. L’aborder en vérité implique un dépassement pour qu’il soit pensé à partir d’où est son identité profonde, c’est-à-dire à partir de la résurrection. Dieu n’est pas une idée, c’est quelqu’un, c’est une personne. Il est Autre, mais d’une altérité qui n’est pas à penser sur le mode habituel.

Jésus leur répondit : « Oui, moi, je me rends témoignage à moi-même, et pourtant c’est un vrai témoignage, car je sais d’où je suis venu, et où je m’en vais ; mais vous, vous ne savez ni d’où je viens, ni où je m’en vais. Vous, vous jugez de façon purement humaine. Moi, je ne juge personne. Et, s’il m’arrive de juger, mon jugement est vrai parce que je ne suis pas seul : j’ai avec moi le Père, qui m’a envoyé. Jésus est le juge véritable et pourtant il ne juge pas. « Vous, vous jugez selon la chair, moi je ne juge personne. » Cette expression « selon la chair, » purement humaine, est présente dans la tradition. Jésus dira « Si vous ne mangez la chair du Fils de l’Homme et ne buvez son sang, vous n’avez pas la vie en vous… et il reprendra ; L’esprit vivifie, la chair ne sert de rien. Les paroles que je vous ai dites sont esprit et vie. » Il fait donc la distinction “selon l’esprit” et “selon la chair.” Ce thème du témoignage est très important et il comporte d’apparentes difficultés. Je ne suis pas venu juger le monde mais sauver le monde. » Et par ailleurs « Le Père ne juge personne, il a remis tout jugement au Fils. » Les verbes "glorifier", "juger", "témoigner" sont éclairés ensemble, ils s’appellent mutuellement. Jésus dit : il faut deux témoins, je témoigne de moi-même mais pas à partir de moi, il y a le Père qui est celui qui m’a envoyé. Le témoignage du Père est invoqué : « Le Père qui m’a envoyé témoigne de moi. » Il s’agit du Baptême ou la voix du ciel dit « Tu es mon fils. »

Or, il est écrit dans votre Loi que, s’il y a deux témoins, c’est un vrai témoignage. Moi, je me rends témoignage à moi-même, et le Père, qui m’a envoyé, témoigne aussi pour moi. » Les pharisiens lui disaient : « Où est-il, ton père ? » Jésus répondit : « Vous ne connaissez ni moi ni mon Père ; si vous me connaissiez, vous connaîtriez aussi mon Père. » Il prononça ces paroles alors qu’il enseignait au Temple, du côté du Trésor. Et personne ne l’arrêta, parce que son heure n’était pas encore venue. Le témoignage de Jésus se trouve être d’ailleurs, dans la bénédiction paternelle. C’est une reconnaissance de paternité. Ce qui constitue la paternité c’est de recevoir l’enfant sur ses genoux et de dire « Tu es mon fils. » Donc le Père témoigne du Fils en lui disant « Tu es mon fils », mais le Père témoigne du Fils en le ressuscitant d’entre les morts. Saint Paul dit : « Déterminé Fils de Dieu de par la résurrection d’entre les morts. » Donc le Père témoigne du Fils sous deux formes qui ne sont qu’une seule chose : la parole « Tu es mon fils » et l’acte de le ressusciter. Le témoignage dit le rapport même du Père et du Fils. C’est le même mouvement qui fait connaître Jésus et le Père. Mais les pharisiens n’en sont pas là : « c’est en raison de votre endurcissement ! » dit Jésus. L’évangile nous protège contre l’air vicié de la pensée unique de ce temps qui gomme les différences. L’arme la plus puissante face aux combats contre le mal est la priere. Dans la lumière vue du cœur de notre Père, l’amour est toujours possible.

Nous demandons la grâce d’écouter la Parole vivante de Jésus.