Mardi de la 26e semaine, année impaire

Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.
Lundi 27 septembre 2021

Jb. 3, 1-23 Ps. 87 Lc. 9, 51-56

  • Le mardi 28 septembre 2021 iCal
    semaine 26 : Mardi de la 26e semaine, année impaire

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.

Jésus avance vers Jérusalem, c’est le voyage qui le mène à sa passion et à sa mort. Il sait ce qui l’attend, et pourtant il quitte sa Galilée natale, et « résolument » prend la route de Jérusalem, qui traverse la Samarie. Il envoye des disciples pour préparer l’hébergement, mais les gens de Samarie ne veulent pas le recevoir. Cela leur demanderait une grande conversion, celle d’être les enfants bien aimés du Père. Jésus contourne l’obstacle. La toute puissance de son Amour est au service de la miséricorde. Nous le contemplons sortant les fils du tonnerre Jacques et Jean de l’illusion. Nous en sommes souvent les victimes en préférant le langage de pouvoir, de la force, plutôt que la détermination, sous la conduite de l’Esprit Saint qui est patience, douceur, et humilité. Nous perdons du temps à tempêter contre nos "Samaritains" plutôt que de nous hâter avec Jésus, prenant résolument le chemin vers Jérusa­lem, c’est là que le salut va s’accomplir. Sauver le monde, c’est révéler quel est le visage du Père meurtri quand ils voient ses enfants dans la détresse. Comment parler de l’amour de Dieu, sinon en prenant la détresse de nos frères à bras le corps pour leur montrer le visage du Père tendre et miséricordieux.

Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Jésus ne prend pas un chemin de violence, il ne forcera pas l’entrée au village, il décide de partir pour un autre bourg. Cette école de douceur et d’humilité est si importante ! La moindre contrariété, une parole non comprise, peut nous mobiliser et bientôt nous choisissons tous les tonnerres du ciel pour prendre Dieu à témoin de notre bon droit. Nous savons que la pire des pauvretés est d’être rejeté de son peuple et de Dieu même. Jésus vient sauver notre humanité dans sa détresse. Il prend sur lui la détresse du monde. C’est à partir de ce lieu du Salut qu’il nous faut nous examiner en vérité. Jésus va revêtir le sort des plus pauvres, il en sera le Libérateur.

Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village. Jacques et Jean réagissent immédiatement au refus des Samaritains. Ils y voient un manque d’égard pour Jésus et veulent passer en force. La terre de Samarie qui refuse d’accueillir Jésus ressemble beaucoup à notre terre, aujourd’hui. Jésus rencontre encore dans notre monde un mur d’indifférence, de mal-croyance, voire d’hostilité. Pour suivre Jésus, il nous faut du courage, une ferme détermination et un refus de toute violence. Suivre Jésus, c’est libérer ceux qui sont enchainés dans la spirale de la haine. C’est réchauffer les cœurs même quand tout espoir s’en est allé. Avec grande délicatesse, Jésus nous indique que le suivre et lui préparer sa venue, commence par tuer la haine dans nos cœurs pour ne pas tuer l’autre. C’est possible en accueillant en nous le feu de l’Esprit Saint qu’il est venu apporter sur la terre. Ce feu détruit tout ce qui s’oppose à la vie fraternelle, au royaume de Dieu. Le feu de la charité, de la compassion et de la solidarité sont vainqueurs du feu homicide de ceux qui font violence. Il n’y a pas d’autres chemins de célébrer la Pâques que le chemin de nous réconcilier entre nous. L’Eucharistie nous donne par quel chemin il nous faut passer pour suivre Jésus.

Nous demandons à Dieu que cette Parole soit vivante en nous.

Vos témoignages

  • pierre 28 septembre 2021 06:44

    Dans l’unité de Vie du Saint Esprit il n’y a pas de division : Dieu est Amour pour tous et pour chacun.

    L’icone de la Sainte Trinité ou de la Sainte Famille nous permettent de contempler ce mystère.

    Quand Dieu est avec nous, l’abondance de la Grâce Divine se déverse et se partage sur chacun au point que cela déborde toujours nos pauvretés.

    Les récits d’évangile en témoignent de Cana à la Cène, de la Passion à la Ressurection, de l’Ascension à la Pentecôte.

    A contrario quand nous contrarions les inspirations de l’Esprit Saint, la misère ressurgit parce qu’il n’y a plus la relation mutuelle et fraternelle nécessaire à chacun.

    Cependant la vie de Jesus aborde et déborde nos misères par le Don de Sa Vie, qui ne dévie pas de l’Amour Divin et Humain.

    En plénitude de la Grâce Divine hier aujourd’hui et demain, Jesus est comme Joseph dans l’abondance pour ses frères après avoir été obligé de passer injustement par "le dénuement d’amour total "

    En refusant de recevoir la vie Divine de Celui qui réalise l’unité de nos vies, nous manifestons un "manque de conversion du cœur", comme les samaritains pourtant plus accueillant que les autorités du temple de Jérusalem.

    Notre faiblesse est parfois de prendre les obstacles et les contrariétés, qui obligent nos vies à partager le sort des plus démunis, comme une dévaluation de notre "bonne foi" ou de la confiance que nous avons mis en Jesus.

    L’indice d’un dérapage "hors piste de l’Esprit Saint" nous est donné dans l’Evangile de ce jour :

    si la douceur reste dans notre cœur nous sommes avec Dieu dans notre cœur.

    si la rancœur nous fait râler comme Jean en invocant un châtiment sur l’obstacle plutôt qu’une Bénédiction, nous sommes dans la tentation "de l’imprécation".

    Notre cœur est alors privé des bienfaits de la prédication - annonce et témoignage - de l’Amour de Jesus pour tout le peuple de Dieu qu’il réalise en entrant dans "Jérusalem" pour la renouveler de Sa présence Divine et l’ouvrir à toutes les nations.

    « Nous voulons aller avec vous, car nous avons appris que Dieu est avec vous. »

    l’Esprit atteste à notre esprit que nous sommes enfants de Dieu quand nous acceptons de nous laisser conduire par Jesus en toute circonstance, "parce qu’Il nous aime en toute circonstance", même quand nous nous laissons emporter par un défaut personnel.

  • pierre 3 octobre 2017 10:34

    Merci Père Gilbert pour cette homélie qui soutient notre progression dans la vie selon Jésus en nous invitant à élaguer ce qui reste de régression dans la vie selon nos préjugés.

    l’Enfant de Dieu révélé en moi par le baptême et la rencontre avec Jésus-Eucharistie, proclame son entoushiasme dans la Foi, comme les disciples suivant Jésus vers Jérusalem, pour l’acclamation de celui qui nous guide vers le Royaume de Dieu.

    Mais l’enfant des hommes qui demeure blessé par le pêché (commit ou subit) dont les manques d’amour ne sont pas encore tous remis et guéris n’hésite pas vitupérer contre les vissicitudes infligées par la vie sociale dans un monde de brute.

    Tant que ces manques d’amour ne sont pas remis totalement dans l’immensité de la Passion de Jésus à Jérusalem pour sauver tout le monde (hier aujourd’hui et demain) je ronchonne sur le chemin de la vie comme Jonas.

    Comme Jean et Jacques, Fils du tonnerre face aux samaritains, je désire inconsciemment que le feu du ciel détruise l’infamie…chez les autres, sans voir l’égarement de mon cœur et de mes pensées, qui m’éloignent de la vie de Jésus et la tentation qui me rapproche de Ponce Pilate et de Jupiter.

    À force de véhémenter pour attirer l’attention sur les manques d’amour, et pendant ce temps, j’oublie et j’occulte pour les autres le témoignage de Jésus Ressuscité, le bon samaritain.

    Merci pour ce recentrage salutaire sur les vertus inépuisables de del’Esprit Saint, (la détermination, sous la conduite de la patience, la douceur, et de humilité) don de Jésus pour le rejoindre dans la Paix Éternelle qu’il donne à ses amis au jour de la Résurrection.

  • Etienne 3 octobre 2017 08:09

    Que je marche auprès de Toi, Jésus, sur le chemin de cette vie, mettant mes pas dans es tiens, dans la confiance et abandon d’un tout petit du Père