Samedi 5 août 2017

Mardi de la 26e semaine, année impaire

Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.

Jb. 3, 1-23 Ps. 87 Lc. 9, 51-56

  • Le mardi 3 octobre 2017 iCal
    semaine 26 : Mardi de la 26e semaine, année impaire

Comme s’accomplissait le temps où il allait être enlevé au ciel, Jésus, le visage déterminé, prit la route de Jérusalem.

Jésus avance vers Jérusalem, c’est le voyage qui le mène à sa passion et à sa mort. Il sait ce qui l’attend, et pourtant il quitte sa Galilée natale, et « résolument » prend la route de Jérusalem, qui traverse la Samarie. Il envoye des disciples pour préparer l’hébergement, mais les gens de Samarie ne veulent pas le recevoir. Cela leur demanderait une grande conversion, celle d’être les enfants bien aimés du Père. Jésus s’aperçoit que cette hostilité ne le concerne pas vraiment, il contourne l’obstacle. La toute puissance de son Amour est au service de la miséricorde. Nous contemplons Jésus qui sort les fils du tonnerre Jacques et Jean, d’une illusion dont nous sommes souvent les victimes en préférant le langage de pouvoir, de la force, plutôt que la détermination, sous la conduite de l’Esprit Saint qui est patience, douceur, et humilité. Nous perdons du temps à tempêter contre nos Samaritains plutôt que de nous hâter avec Jésus, prenant résolument le chemin vers Jérusa­lem : c’est là que le salut va s’accomplir. Comment parler de l’amour de Dieu sinon en prenant la détresse de nos frères à bras le corps pour leur montrer le visage du Père tendre et miséricordieux. Sauver le monde, c’est révéler quel est le visage du Père meurtri quand ils voient ses enfants dans la détresse.

Il envoya, en avant de lui, des messagers ; ceux-ci se mirent en route et entrèrent dans un village de Samaritains pour préparer sa venue. Mais on refusa de le recevoir, parce qu’il se dirigeait vers Jérusalem. Jésus ne prend pas un chemin de violence, il ne forcera pas l’entrée au village, il décide de partir pour un autre bourg. Cette école de douceur et d’humilité est si importante ! La moindre contrariété, une parole non comprise, peut nous mobiliser et bientôt nous choisissons tous les tonnerres du ciel pour prendre Dieu à témoin de notre bon droit. Nous savons que la pire des pauvretés est d’être rejeté de son peuple et de Dieu même. Jésus vient sauver l’humanité dans sa détresse. Il prend sur lui la détresse du monde. C’est le lieu à partir duquel il nous faut nous examiner en vérité. Jésus va jusqu’à revêtir le sort des plus pauvres, il en sera le Libérateur.

Voyant cela, les disciples Jacques et Jean dirent : « Seigneur, veux-tu que nous ordonnions qu’un feu tombe du ciel et les détruise ? » Mais Jésus, se retournant, les réprimanda. Puis ils partirent pour un autre village. Jacques et Jean réagissent immédiatement au refus des Samaritains. Ils y voient un manque d’égard pour Jésus et veulent passer en force. La terre de Samarie qui refuse d’accueillir Jésus ressemble beaucoup à notre terre aujourd’hui. Jésus rencontre encore dans notre monde un mur d’indifférence, de mal-croyance, voire l’hostilité. Pour suivre Jésus, il nous faut du courage, une ferme détermination et un refus de la violence. Suivre Jésus, c’est libérer ceux qui sont enchainés dans la spirale de la haine. C’est réchauffer les cœurs même quand tout espoir s’en est allé. Avec grande délicatesse, Jésus nous indique que le suivre et lui préparer sa venue, commence par tuer la haine dans nos cœurs pour ne pas tuer l’autre. C’est possible en accueillant en nous le feu de l’Esprit Saint qu’il est venu apporter sur la terre. Ce feu-là détruit tout ce qui s’oppose à la vie fraternelle, au royaume de Dieu. Le feu de la charité, de la compassion et de la solidarité sont vainqueurs du feu homicide de ceux qui font violence. Il n’y a pas d’autres chemins de célébrer la Pâques que le chemin de nous réconcilier entre nous. L’Eucharistie nous donne par quel chemin il nous faut passer pour suivre Jésus.

Nous demandons à Dieu que cette parole soit vivante e nous, qu’avec Saint Vincent de Paul nous rejoignons profondément notre vocation. C’est la vocation de ceux qui savent trouver Dieu dans les pauvres.