Mercredi 30 août 2017

Mardi de la 30e semaine, année impaire

À quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer 

Rm. 8, 18-25 Ps. 125 Lc. 13, 18-21

  • Le mardi 31 octobre 2017 iCal
    semaine 30 : Mardi de la 30e semaine, année impaire

« Jésus disait donc : « À quoi le règne de Dieu est-il comparable, à quoi vais-je le comparer ?

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Le règne de Dieu passe toujours par un autre, par ce qui ne vient pas de moi, en ce sens, le règne de Dieu est bien de l’ordre du Don à recevoir. Un Amour m’est donné. Quelqu’un sème en moi cet Amour qui est bon. Le Royaume est comparé par Jésus à de multiples don-événements capables de nous transformer. C’est un Amour dynamique qui est un processus de création, de transformation, un mouvement en devenir. Vivre en fonction du Règne, c’est vivre dans un renouvellement dans l’Amour. C’est être au bénéfice de cet Amour qui agit en nous pour nous faire grandir et nous élever, pour nous conduire vers la Vie en plénitude. La Parole de Dieu retentit jusqu’aux extrémités du monde, elle fortifie notre espérance. Jésus annonce la gloire de Dieu, c’est à dire l’amour qui nous est communiqué et qui se révèle. La gloire de Dieu, c’est l’épanouissement de cet amour en nous, dès que notre terre est défrichée. Dés qu’il y a de l’amitié entre nous, le Seigneur Jésus établit en nous sa demeure, et la vie triomphe de la mort. Jésus, le plus petit des enfants des hommes, sera « jeté en terre » à partir du jardin des Oliviers, mais à partir de sa mort et de sa Résurrection le mystère de l’Église s’étendra aux quatre coins du monde pour annoncer une humanité nouvelle. Au départ, rien d’apparent, sinon le rejet par l’humanité de ce mystère de petitesse et de pauvreté de Jésus : « Il n’avait aucune apparence humaine, » disait déjà Isaïe !

« Il est comparable à une graine de moutarde qu’un homme a prise et jetée dans son jardin. Elle a poussé, elle est devenue un arbre, et les oiseaux du ciel ont fait leur nid dans ses branches. » Un homme a pris une graine de moutarde, et il l’a jetée dans le jardin. Ce qui nous éveille, c’est la plus « petite » de toutes les semences, le Verbe de Dieu qui a pris chair de la Vierge Marie ! L’Esprit Saint transforme notre humanité qui est ainsi régénérée. Le premier geste à accomplir pour entrer dans la dynamique du règne, c’est d’accepter et de recevoir le Don de Dieu. Ce n’est pas évident d’accepter et de recevoir d’un autre, car pour nous, donner est beaucoup plus valorisant que recevoir. Nous sommes fondamentalement incomplets, et nous voudrions nous suffire à nous-même. Laisser place en soi à ce manque, c’est laisser place en soi à l’altérité, c’est rendre possible le fait qu’il nous soit donné ce qui me permettra de vivre en plénitude. Le mystère de l’Annonciation faite à Marie nous éclaire pour que nous comprenions que le règne de Dieu est arrivé jusqu’à nous. L’Esprit Saint, en effet, se joint à notre esprit pour l’éclairer, pour que notre humanité soit transformée. Dans le mystère de Marie, toute l’humanité est bénie, elle est renouvelée. Le jour où nous sentons combien Dieu nous aime, la grâce a complètement transformé notre nature, le règne de Dieu est arrivé jusqu’à nous, nous sommes mis en route sur un chemin de joie et de bonheur.

« Il dit encore : « À quoi pourrai-je comparer le règne de Dieu ? » Il est comparable au levain qu’une femme a pris et enfoui dans trois mesures de farine, jusqu’à ce que toute la pâte ait levé. » Ici encore, sans un apport extérieur, sans un geste accompli par un autre, rien ne pousserait, ni ne lèverait. Livrée à elle-même, dans un retour sur soi asphyxiant, notre vie peut devenir un jardin d’épines ! Un travail « souterrain » se fait, grâce au levain enfoui dans la pâte, à la manière de la graine jetée en terre. Il suffit que la graine soit « jetée » en terre ou que le levain soit « enfoui » dans la pâte pour que le travail de Dieu se fasse en nous. « La création aspire de toutes ses forces à voir la révélation des enfants de Dieu. Elle crie sa souffrance, elle passe par les douleurs d’un enfantement qui dure encore. Elle n’est pas seule, nous aussi, nous crions en nous-mêmes notre souffrance ; nous avons commencé par recevoir le Saint-Esprit mais nous attendons notre adoption et la délivrance de notre corps. » C’est ainsi que s’exprime l’Apôtre Paul pour décrire le travail de Dieu en chacun de nous. Le jardin de notre vie, remis à Dieu, sera bien cultivé, rempli de fleurs. Tous les oiseaux du ciel viendront s’y nicher et rendre gloire à Dieu. Vivre en plénitude n’est pas immédiat, cela nous demande du temps, ce n’est pas « tout, tout de suite, » mais c’est grandir, mûrir, croître en rendant grâce pour ce qui nous est donné. Entrer dans la dynamique du règne de Dieu, c’est entrer dans une durée, dans une histoire, dans une temporalité.

Nous demandons à Dieu la grâce de la persévérance et de l’endurance pour que la Vie nouvelle donnée par l’Esprit Saint travaille en nous.