Mardi 13 décembre 2016

Mardi de la 7e semaine, année impaire

« Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »

Si. 2, 1-11 Ps. 36 Mc. 9, 30-37

  • Le mardi 21 février 2017 iCal
    semaine 7 : Mardi de la 7e semaine, année impaire

"Partis de là, ils traversaient la Galilée, et Jésus ne voulait pas qu’on le sache, car il enseignait ses disciples en leur disant : « Le Fils de l’homme est livré aux mains des hommes ; ils le tueront et, trois jours après sa mort, il ressuscitera. »

Cette Parole résume le mystère de la pâque, et notre façon d’y entrer à la suite de Jésus. L’annonce de la Passion-Résurrection de Jésus provoque la dispute des disciples en route pour savoir qui étaient le plus grand. Jésus adresse un reproche à ses disciples : « si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et de serviteurs de tous ». Ce que Jésus demande à ceux qui veulent suivre, il l’a d’abord vécu lui-même. Cette attitude est fondamentale : « voici que je me tiens au milieu de vous comme celui qui sert. » Jésus annonce aussi : « Vous me laisserez seul. Mais je ne suis pas seul, le Père est toujours avec moi. » Jésus est un homme traqué qui connaît ce qu’il y a dans l’homme. La vérité chasse les ombres, mais cela est insupportable pour ceux qui n’acceptent pas la lumière. Il est la Parole faite chair, il est la vérité qui dérange. Lui qui a déjà parlé de sa souffrance, emploie aujourd’hui une nouvelle expression : « Le « Fils de l’homme » est livré aux mains des hommes. » Il sera livré par Judas pour trente pièces d’argent. Livré aux Juifs, ils le livreront aux Romains, qui le livreront de nouveau aux Juifs. Jésus en prenant le pain qui deviendra « Eucharistie », se livrera lui-même pour que nous ayons la vie.

"Mais les disciples ne comprenaient pas ces paroles et ils avaient peur de l’interroger. Ils arrivèrent à Capharnaüm, et, une fois à la maison, Jésus leur demanda : « De quoi discutiez-vous en chemin ? » Ils se taisaient, car, en chemin, ils avaient discuté entre eux pour savoir qui était le plus grand. S’étant assis, Jésus appela les Douze et leur dit : « Si quelqu’un veut être le premier, qu’il soit le dernier de tous et le serviteur de tous. » Le serviteur est à la disposition des autres, il s’efface, s’abaisse, se donne sans compter. Dans la bouche de Jésus, l’image évoque le serviteur souffrant d’Isaïe qui se donne tout entier en rançon pour le peuple. Marc rapproche l’image du serviteur de celle du crucifié : Le fils de l’homme sera livré aux mains des pêcheurs pour être bafoué et mis à mort, puis ressusciter. Celui qui s’humilie, et qui sera exalté ; celui qui s’abaisse, et qui sera élevé. Nous voici au cœur du mystère de Pâques devant son double mouvement essentiel, abaissement-élévation. Jésus est seul, cependant sa Parole va prendre corps, elle va devenir chair en chacun de nous. Ce mystère de Jésus qui habite en nous prendra beaucoup de temps pour se réaliser. Notre vie, donnée au Seigneur Jésus livré, va progresser encore jusqu’à ce quelle arrive à son but : « L’or est vérifié par le feu. » Cette image du feu de l’Amour qui enveloppe tout ce qu’il touche, évoque la Passion de Jésus. Il va tout transformer et tout conformer à lui-même, il faut que nous devenions le Christ au milieu du monde.

« Prenant alors un enfant, il le plaça au milieu d’eux, l’embrassa, et leur dit : « Quiconque accueille en mon nom un enfant comme celui-ci, c’est moi qu’il accueille. Et celui qui m’accueille, ce n’est pas moi qu’il accueille, mais Celui qui m’a envoyé. » Jésus évoque l’humilité et la pauvreté qui s’exprime chez l’enfant. L’abaissement de Jésus est celui du Fils que le Père va transformer en gloire. Nous demandons la grâce d’imiter Jésus pour entrer avec lui dans le mouvement pascal. Bienheureux abaissement qui est encore au cœur de l’Eglise, il n’y a rien de plus urgent ni de plus fécond. Cet abaissement répète le geste de Jésus qui a triomphé de la mort et qui à sauver le monde. L’abaissement doit être comme celui de Jésus, vrai et effectif. Il reproduit l’extraordinaire descente de Jésus du ciel jusqu’au milieu de nous, et, plus bas encore, jusque dans la mort et les enfers. Abaissement devant Dieu au cœur de toute épreuve. Abaissement devant nos frères comme serviteur de tous et à la dernière place, abaissement à nos propres yeux dans nos échecs et nos faiblesses. Seul l’Esprit Saint peut l’opérer en nous. Il nous donne ce grand amour de Jésus qui nous presse à le rejoindre par l’humiliation, par où lui-même est passé. Vivre cet abaissement dans la foi, l’espérance et la charité, en attendant de Dieu seul le relèvement, c’est devenir chrétien et entrer dans l’action de grâces de Jésus.

Nous demandons à Jésus la grâce d’être enveloppé de tendresse pour bâtir la civilisation de l’amour.