Notre-Dame du Mont Carmel

"Jésus dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui."
Dimanche 15 juillet 2018

1R 18,42b_45a Ps. 14,1,2-3a3b-4 Jn.19.25-27

  • Le lundi 16 juillet 2018 iCal
    Fêtes de Notre-Dame. 2 : Notre-Dame du Mont Carmel

"Or, près de la croix de Jésus se tenait sa mère, avec la sœur de sa mère, Marie femme de Cléophas, et Marie Madeleine."

L’Évangile, en cette fête de Notre-Dame du Mont Carmel, nous livre l’Alliance avec Marie, dans la prolongation du mystère de l’Incarnation de Jésus. Jésus git sur une croix où il est inscrit en hébreu, en latin et en grec : « Jésus le Nazaréen, le roi des Juifs. » La croix est le lieu de l’élévation et de la glorification du Fils de Dieu. Il souffre le martyre, il est rompu par le châtiment réservé aux esclaves, aux humiliés. Il est abaissé à l’extrême. La mission de Jésus n’est pas dans l’échec, au contraire, c’est le lieu de la proclamation de sa royauté. Dépouillé de tout, nu et humilié, Jésus le Nazaréen est le roi divin qui règne sur l’ensemble du monde civilisé. Jésus garde l’initiative et le contrôle de la situation, il livre sa dernière volonté, il prend soin de sa mère et du disciple bien-aimé. Du haut de sa croix, Jésus adresse son testament, à ses proches, à ses intimes. Lui qui part vers son Père, lui qui sera désormais absent, il ne les laisse pas dans le désarroi, démunis. Il prend soin d’eux jusqu’au bout. Nous pouvons entendre avec force la souffrance de cette mère qui assiste au supplice et à l’agonie de son fils, Marie ne dit aucune parole. Elle est démunie, sans prise sur ce qui se passe, bouleversée au plus profond d’elle même au point de ne plus pouvoir exprimer le moindre mot même à l’égard de celui qui est l’unique de sa pensée.

"Jésus, voyant sa mère, et près d’elle le disciple qu’il aimait, dit à sa mère : « Femme, voici ton fils. » Jésus, clairement, confie Jean à Marie et Marie à Jean. La nouvelle relation instaurée par Jésus entre sa mère et le disciple bien-aimé ne se limite pas à l’affection filiale. Jésus, du haut de sa croix, fonde quelque chose de foncièrement nouveau, la famille de Dieu, l’Église. Le disciple bien-aimé devient « le fils, » le remplaçant humain de Jésus, et donc, pour elle le successeur de Jésus sur terre. Dans la famille nouvellement constituée et qui perdurera après le départ de Jésus, le disciple bien-aimé a ce rôle spécifique de fils à jouer. Jean est le témoin oculaire et de tous ces événements, il repose sur le sein de Jésus quand celui-ci annonce qui va le trahir. Il est là lors de l’interrogatoire chez Anne. Il est présent lors de la crucifixion. Il sera l’un des tout premiers à se rendre au tombeau vide de Jésus et à croire que Jésus est ressuscité. Marie, à la croix, vit ce que nous-mêmes connaissons, lorsqu’en totale incapacité de changer quoi que ce soit à la situation de l’aimé souffrant, nous ne pouvons qu’être là, immobile. Mais ce vécu de Marie est une parole inespérée qui lui est adressée de la part même de celui pour lequel elle est en souffrance : « Femme, voici ton fils. »

"Puis il dit au disciple : « Voici ta mère. » Et à partir de cette heure-là, le disciple la prit chez lui." Ce mystère de Marie était annoncé par Élie et les ermites du Mont Carmel. Élie monte sur le sommet du Carmel à ce moment difficile car c’est la sécheresse, et dans le désert il n’y a plus d’eau. Seule l’immensité de la mer s’étend au loin. Le symbolisme de la mer est celui des ténèbres et de toutes les forces du mal qui y sommeillent. Marie est préfigurée par un petit nuage dans le ciel. Désormais la vie de l’humanité va refleurir avec Marie et le prêtre Jean. A Pierre, Jésus dira : "Toi, suis moi." Le désert va reverdir, c’est le mystère d’une humanité qui sait lire les signes de Dieu, c’est le mystère de l’Église qui reconnaît ses lieux de fondation. Marie est femme comme toute femme, Marie est mère comme toute mère, malgré les prétentions de la mort, elle ne se résigne pas à ne plus être aimée et encore moins de ne plus aimer. « Voici, ta mère ; » « Voici, ton fils, » sont des Paroles de vie pour elle, paroles qui viennent à la rencontre d’un ressenti submergé par sa souffrance. Ces paroles qui donnent à entendre que Marie vivra encore de l’amour reçu et donné. Ce qui se réalise à la Croix est un salut à vivre. Pour Marie se font entendre des paroles qui l’invitent à s’ouvrir à des lendemains où les enfants de l’amour partagé ne manqueront pas de germer et fleurir. Le Cœur de Jésus et le Cœur de Marie sont le lieu où se vit le plus grand Amour de Dieu envers l’humanité. Désormais les sources d’eau jaillissantes vont bondir. Jean, le disciple que Jésus aimait, regarde vers le ciel ! C’est le mystère de celui qui croit, envers et contre tout, que le ciel entend, Jésus opère son œuvre de délivrance.

Nous demandons la grâce de recevoir Marie pour que notre espérance soit vivifiée.

Vos témoignages

  • pierre 16 juillet 2018 08:15

    La perte d’un être cher dans les circonstances d’un drame où l’innocence est victime d’une faute ou d’une erreur collective « se reproduit » dans les jours où l’humanité se perd dans l’idolâtrie.

    La Croix de Jésus devient le lieu d’un enseignement pour les intimes de Jésus, ultime recours des 7 dernières paroles de Jésus, pour que l’Esprit Saint nous enseigne la fécondité des vertus théologales en ces moments si douloureux.

    Le lien d’amour personnel qui unissait le disciple à Jésus devient par sa Grâce, le lien d’une filiation nouvelle, où la Mère de Jésus porte l’Esperance d’une Nouvelle Vie dans l’Esprit Saint, faisant fructifier la Charité et la Foi, dans la Divine Miséricorde, anticipant le mystère de la Résurrection et reconnaissant, même dans l’obscurité de l’amour victime des idolâtres, le don de Dieu fidèle et glorieux en son Saint Amour Eternel.

  • Marie-Françoise 16 juillet 2016 09:32

    Que Notre Dame du Mont Carmel protège ses prêtres de manière puissante.

    Notre Dame du Mont Carmel a apparu à Fatima et à Lourdes, me semble-t-il.

    Marie, Reine et Mère des prêtres, priez pour notre Père Gilbert aujourd’hui et toujours ! Amen !

  • Helene 16 juillet 2016 05:23

    Quel SAINT HOMMERE GILBERT Un grand merci Père Gilbert pour le prêtre extraordinaire que vous êtes ! !! Très belle journée, très belle fête, pensons tous particulièrement à notre si bon Père gilbert aujourd’hui ! !!

  • Marie-Christine 16 juillet 2015 22:59

    Oui, Père Gilbert, votre homélie me rappelle combien Dieu est plus fort que nos ténèbres, combien il est vainqueur de tout mal et que nous pouvons tout lui confier de notre vie : tout, tout et encore tout. Pour cela, je rends grâce !

    Merci de votre homélie ! Que Dieu vous bénisse !

  • Pierre-Marie 16 juillet 2015 08:12

    Belle fête de notre mère, Notre Dame du Mont Carmel, Père Gilbert.

    Qu’Elle vous garde toujours sous son Manteau !

  • YAHEL 15 juillet 2015 11:21

    oui merci Père Gilbert pour cette belle homélie

    au 16 juillet… dans le Cœur de Marie

  • Marie-Françoise 15 juillet 2015 09:16

    Merci pour cette homélie Père Gilbert pour la fête de Notre Dame du Mont Carmel.

    Vous décrivez de manière très belle le rôle de Marie, St Jean au pied de la Croix.

    Merci aussi pour l’espérance que vous transmettez par cette homélie.