Lundi 5 octobre 2009 — Dernier ajout jeudi 4 février 2010

Paroles en attente

Brouillons

1 Th. 5 Ps. 131 Lc. 13, 10-18 1 Co. 13, 1 Ps. 121 Rm. 10, 9-18 Is. 29, 17-24 Is. 41, 13-20 Lc. 1, 26-38 Ep. 1, 3-12 Mc. 2, 1-12 So. 3, 1…13 Gn 3, 9-15 Ct. 2, 8-14 1 Jn. 3, 22-24 1 Jn. 4, 1- 6 1 Jn 4, 7-10 Mc. 6, 45-52 Jn. 3, 4-10 Jn. 17, 24 1 R 8, 22-30

Confiance Brouillons

Avent Année A 1995-1996 L’instant infini du quotidien (suite) Semaine 1 lundi

Nous sommes frères et sœurs, dans cette attente et Jésus, Jésus que nous attendons sans cesse, son nom est Sauveur. Son nom est Sauveur, ça veut dire que si nous l’attendons en vérité, c’est parce que nous avons compris, discerné que nous avions quelque chose à lui demander. Que nous avions à lui demander d’être guéri de quelque chose, d’être sauvé pour quelque chose. C’est le nom de Jésus : Sauveur. Cela, c’est une première remarque : celui que nous attendons, il est notre Sauveur. Mais, qu’avons-nous à sauver ? Qu’avons-nous à lui demander ? Non seulement est Jésus est Sauveur, mais il est Sauveur pour moi. Je peux me dire que Jésus, il est sauveur pour le monde en général, il est sauveur pour les autres. Mais est-ce que je crois, est-ce que je crois de la manière dont Jésus loue cette foi, est-ce que je crois que vraiment, en vérité, il y a quelque chose à voir entre la venue de Jésus et le mal dont je souffre, la misère dont nous sommes ensemble atteint : le mal que vit notre pays ou que vit notre peuple. Est-ce que vraiment nous y croyons ? Alors, si oui, c’est la prière que nous pouvons dire parfois machinalement : « Seigneur, dis une parole, et je serai guéri ». Voilà, Jésus, la parole de Dieu, il est le geste d’amour qui vient jusqu’à nous pour nous guérir. Et quand nous le recevons chaque jour, chaque fois que nous le pouvons dans l’Eucharistie, il est vraiment ce sauveur à qui nous disons : « Seigneur, dis une parole et je serai guéri ». Il y a cette affection, il y a cette amitié, il y a cette. Mais il y a autre chose dans la parole qui nous est proposée. Conséquence centurion, c’est un païen, et il sait bien que Jésus fait partie de cette famille religieuse, des Juifs, et lui, il est un étranger ; et il dit : « Non, je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit ». Ça, c’est un deuxième aspect. Nous avons confiance en Dieu ; et souvent, quand Dieu s’est fait proche de nous, nous acquérons une certaine familiarité un jour avec lui. Et puis, nous le savons, à d’autres moments, ou un peu plus tard, quand la ténèbre commence à nous habiter, quand l’orage commence à gronder, nous pouvons nous dire : « C’est vrai, Jésus il est venu, il est sauveur, je le crois ; mais pas pour moi ! Je suis bien trop malheureux, je suis bien trop pécheur, je suis bien trop malade ». Et je crois que c’est vrai, reconnaître notre état. Jésus, créateur du monde. Et c’est toujours cette phrase de Jésus à Catherine de Sienne : « N’oublie pas que tu n’es rien et que je suis tout ». Avoir cette confiance infinie, en Jésus, en Jésus sauveur pour moi. Et en même temps, demander à Dieu cette crainte, cette crainte chaste, cette crainte de l’épouse qui, oui, est toute prête pour accueillir son bien-aimé, mais, en même temps, qui lui dit : « Tu sais, je ne suis pas digne ». Et ce mouvement de recul, ce mouvement fait que je resitue Dieu et moi comme créature, comme créature tellement misérable et pécheresse, c’est tellement important sinon, dans une confiance qui serait mal placée, nous finirions par abolir la distance entre Dieu et nous. Comme si finalement cela allait de soi, dans une familiarité malsaine ou mal placée. « Mais comment, c’est évident que Jésus va nous sauver, Jésus c’est le copain à qui l’on tape sur l’épaule, Jésus il est toujours avec nous ». Mais nous sommes sortis si nous n’avons pas cette crainte chaste de la réalité de ce qu’est Jésus et de la réalité de ce que nous sommes. Or, cet homme, xce centurion de l’armée romaine, il porte à la fois cette confiance infinie en ce Jésus qu’il a certainement entendu ou qu’il a peut-être vu à l’œuvre pour guérir ; et en même temps, il garde cette conscience, cette connaissance de sa propre misère. « Tu sais, tu n’as qu’à dire une parole ; dis-là de loin, même, cette parole – et il la demande pour son serviteur – et mon serviteur sera guéri ». Puisque dit-il : "Moi, j’ai l’expérience que ça marche. Moi j’ai des soldats sous mes ordres, si je dis à l’un : va, il va ; à un autre, viens, il vient. Donc j’ai l’expérience que ta parole à distance que ta parole, à distance peut sauver. Or, Jésus est dans l’admiration parce que cet homme unit en lui tout à la fois cette confiance invincible en Jésus le sauveur, et il unit en même temps cette humilité qui le reconnaît tellement loin de ce mystère. Et Jésus dit : Amen, oui, je le déclare : chez personne en Israël je n’ai trouvé une telle foi. Demandons, frères et sœurs, ce soir, à la fois de garder toujours ce respect, ce don de crainte en d’autres termes, c’est-à-dire cette distance. Le Dieu que nous avons est le Dieu infiniment grand, infiniment beau, infiniment petit, mais dans son amour, il y a toujours, entre lui et nous, une distance infranchissable qui lui faisait dire à Catherine : « N’oublie pas que tu n’est rien et que je suis tout ». Mais le tout que je suis peut prendre dans son cœur ce petit rien et l’aimer tendrement. Et, en même temps, cette foi, cette foi infinie qui nous fait regarder Jésus comme notre sauveur et l’appeler sans cesse à notre secours. Demandons, frères et sœurs, de joindre cette crainte de Dieu, cette chaste crainte et cette humilité et en même temps, cette confiance et cette ardeur des saints. Demandons cette grâce pour nous-mêmes et pour notre communauté. Ps 121 Ps. 121 : 1er lundi avent Comme il nous serait bon frères et sœurs si à notre propos Jésus était dans cette même admiration : Jean-François, Gilbert, Nancy, Françoise, que sais-je ? Ah ! je vous le déclare, chez personne en Israël je n’ai trouvé une telle foi ! Que nous serions heureux ! Et que nous aurions envie alors de continuer ! C’est bien, au début de cette année liturgique, ce que Dieu attend de nous, ce qu’il veut au plus profond de notre cœur : une foi à déplacer les montagnes, une foi en Lui le Sauveur du monde, malgré ces deux mille ans de christianisme, comme si c’était à l’origine ! Voilà ce que Dieu attend de nous : « Quelle joie quand on m’a dit allons à la maison du Seigneur ! » Quelle joie quand ensemble on peut célébrer l’Eucharistie ! Quelle joie quand on peut entendre sa Parole ! Quelle joie quand on peut recevoir son Corps et son Sang et nous laisser transformer en Lui ! « Appelez le bonheur sur Jérusalem : » Mystérieusement la joie qui vient de Dieu se traduit dans une écoute, dans un accueil fraternel. Mystérieusement l’accueil que nous faisons de notre Dieu se traduit dans un accueil les uns vis à vis des autres. « Que la paix règne dans tes murs ! » Que la paix règne dans ta famille ! Que la paix règne là où tu te trouves ! « A cause de mes frères, de mes amis je dirai paix sur toi » Mystérieusement cette foi en Dieu se traduit par une entente cordiale. Cela va plus loin encore. Nous avons entendu la première lecture…elle est tellement belle. « Venez, montons à la montagne du Seigneur ! » La montagne de Sion, c’est le nom de Marie. « De leurs épées ils forgeront des socs de charrue. » Tout ce qui est force de vie, on pourrait même dire agressivité en nous, pourquoi pas force de combat, nous allons le convertir et en faire des lieux où nous allons construire la communauté. Ce qui pourrait nous servir à forcer les uns contre les autres pour faire valoir notre droit, ou autre chose comme cela, non ! Finalement la conversion est là : « Et de leurs lances ils feront des faucilles pour la moisson. » Et nous voyons alors comment le peuple de Dieu se rassemble, mobilisé, capté, par le visage de Jésus le Sauveur du monde. Et nous avons l’évangile…et il est tellement beau cet évangile, il est tellement beau que depuis deux mille ans la phrase de ce païen (pardonnez l’expression, puisque c’était bien cela ce centurion romain à l’époque) cette phrase est devenue le gloire du peuple de Dieu, de tous les croyants : « Seigneur, disons-nous encore, en reprenant les paroles de sa bouche, de la bouche de cet homme, Seigneur je ne suis pas digne que tu viennes sous mon toit, mais dis seulement une parole ! » Parce que de la bouche de Jésus sortent des paroles de vie, des paroles d’amour, des paroles de construction, pour notre « être-ensemble » ! « Je ne suis pas digne que tu viennes sous mon toit, mais dis seulement une seule parole et mon serviteur sera guéri. » Alors peut-être que nous n’avons pas de serviteur, que nous ne sommes pas centurion romain, mais partout où nous sommes nous avons besoin que la communauté soit guérie de ses maux. Dans nos familles, dans notre village, dans notre Eglise, nous avons vraiment besoin que l’un ou l’autre soit guéri. Eh bien nous le demandons au Seigneur. « Jésus était entré à Capharnaüm »…C’est curieux, quand nous avons un endroit, le grenier, la cave, ou une pièce comme cela où vraiment on a mis toutes sortes de choses, on dit : C’est un Capharnaüm ! Eh bien, Jésus vient dans notre Capharnaüm. Qu’est-ce que nous aurions à dire à Jésus ce soir ? Ma communauté , elle va mal ! Mon foyer, ce n’est pas drôle ! Ma famille, c’est encore bien pire ! Moi-même, n’en parlons pas ! Eh bien, Seigneur, comme ça, je viens à Toi et je sais que tu feras quelque chose et je veux vraiment le croire. « Jamais, dit Jésus, je n’ai trouvé une telle foi en Israël ! » C’est là que nous voyons combien Jésus met à part sa Maman, Marie. Parce qu’il est bien évident qu’il y a une qualité de foi dans le cœur de cette femme unique dans lequel il nous faut puiser sans cesse ! « Jésus lui dit : ‘je vais aller le guérir’. Le centurion reprend : ‘ Seigneur je ne suis pas digne que tu entres sous mon toit, mais dis seulement une parole… » Nous la retrouvons très bien cette parole qui vient de Dieu. Nous savons déjà quand nous allons voir quelqu’un d’influent, nous savons très bien qu’il suffit d’une signature, il suffit simplement d’un accord de sa part…chez les grands de ce monde, qui ont l’autorité…et puis c’est tout cela passera ! C’est terrible cela ! Quelquefois vous allez dans un bureau, que ce soit à la Sécurité Sociale ou ailleurs ‘oui, ne vous inquiétez pas, votre dossier je le ferai avancer !Je vous en donne ma parole, il suffit que je signe !’ C’est terrible, et on sait très bien que c’est gagné ! que demain on aura la petite enveloppe disant tout va bien…Eh bien ce centurion, qui a cette expérience-là, vient à Jésus pour son serviteur malade, et repart confiant. En ce début d’Avent, il nous faut vraiment reprendre cette foi-là ! C’est la foi de Marie. Cette confiance-là que Dieu peut vraiment sauver la situation. Que Dieu peut faire pour nous ce que nous ne pouvons pas faire. « Ainsi, moi qui suis soumis à une autorité, j’ai des soldats : je dis à l’un va, il va ! A l’autre viens, il vient ! à mon esclave, fais cela, il le fait ! » A toi donc Dieu Tu peux le faire, je te le demande. « A ces mots Jésus fut dans l’admiration : Amen je vous le déclare, chez personne en Israël je n’ai trouvé une telle foi ! » C’est bien cette foi-là frères et sœurs que Dieu, Jésus, Marie, veulent voir en notre cœur, pour que nous passions de la lamentation à la glorification. Ah, Seigneur, nous avons eu confiance en toi, et tu as déjà fait cela ! Maintenant nous avons confiance, tu vas continuer ! Cela dépend de nous parce que de son côté c’est bien évident que c’est déjà acquis. C’est notre prière, c’est notre foi dans ce début d’année liturgique. Rm. 10, 9-18 foi Saint André 30 novembre 1996 Rm 10, 9-18 ps 18a Cassette 200 face 1 (début) Mt 4, 18-22 La foi, la parole, l’amour

Soit que nous fêtions que nous fêtions les 60 ans de Guy, soit que nous désirions de tout notre cœur que les deux poumons de l’Église, le côté oriental et le côté occidental ne fassent plus qu’un pour que l’Église respire à pleins poumons et puisse donner au monde la richesse qui l’habite ; soit que nous fêtions les 25 ans de la petite source en rendant grâce à Dieu parce qu’il continue son œuvre ; parce que nous pouvons rendre témoignage de Lui : toutes ces fêtes sont unies par la foi qui nous habite. C’est donc que la foi de ce qu’on entend, mystère de nos vies, mystère de la foi de nos vies, de nos vies chrétiennes. « comme il est beau de voir courir les messagers de la Bonne Nouvelle ». La foi est née de ce que l’on entend. Nous ne pouvons pas, quand nous parlons de la foi ne pas faire allusion à celle qui a cru et qui sera pour tous les temps, bienheureuse à cause de sa foi, justement : nous ne pouvons pas ne pas, avec elle ne pas contempler les tout petits pieds du tout petit Jésus. C’est peut-être ce qui est de plus merveilleux pour une maman, quand elle contemple les petits pieds, les petites mains de son enfant. C’est quelque chose de si beaux : qu’il sont beaux les pieds de ceux qui annoncent la Bonne Nouvelle. Mais tout cela n’est qu’un préparation, une préparation pour entrer plus avant encore dans le mystère de notre Dieu : « Si tu affirmes de ta bouche et si tu crois en ton cœur que Jésus l’a ressuscité des morts, alors, tu seras sauvé ». Mystère de cette foi, de cette foi dans le noyau dans son origine. Cette foi qui, en découvrant Jésus découvre le Père. Cette foi qui émue par un amour qui prévient encore et qui permet de l’aimer, et ce Fils et ce Père, d’une manière toute nouvelle. Foi qui fait nous tourner vers Jésus et au-delà de lui, arriver vers le Père. Ce quand même quelque chose d’étonnant ; ça, c’est notre foi chrétienne. Quand celle qui l’a conçu le reçoit, elle va jusqu’au Père. Et celle qui le conçoit, le conçoit dans l’amour de celui qui le conçoit éternellement. Notre foi chrétienne, c’est une foi trinitaire : c’est la foi en Jésus qui nous fait aller jusqu’au Père dans un amour qui nous est donné et qui s’appelle l’Esprit Saint et qui est une personne, personne qui nous donne vie et qui nous laisse ce que nous sommes. C’est quelque chose d’étonnant. Quand Jésus parlait, il pouvait dire : « Qui me voit, voit le Père ». Et Jésus, son seul bonheur, c’était de disparaître pour que le Père soit connu. Il disait même : ne croyez pas en moi si quelque chose de moi vous embêtes, mais croyez en celui qui m’a envoyé. C’est surprenant et pourtant, tout le mystère de l’Église est déjà contenu parce que Jésus dira comme le Père : « Comme le Père m’a envoyé, moi je vous envoie » ; allez, baptisez au nom de Père, et du Fils et du Saint-Esprit. Et tous ceux qui croiront seront sauvés. C’est le mystère de l’Église. Et quand les envoyés de Jésus parlent, c’est Jésus qui parle. Et quand Jésus aime par ceux qu’il a envoyés, c’est le Père qui est rejoint dans l’amour infini. Alors, nous commençons à comprendre en ce jour de fête combien il nous faut être transformés ; être transformés par cet amour pour qu’il nous habite et cet amour qui nous conforme en Jésus lui-même. si Jésus disait : « Qui me voit, voit le Père », le chrétien, la chrétienne, doit pouvoir dire : « qui me voit, voit Jésus ». Et la chrétienne, le chrétien que nous sommes est en effet, habité par le même amour : l’Esprit Saint qui a été répandu dans son cœur le jour de son baptême et qui ne demande qu’à prendre toute la place. Et notre bonheur le plus grand, c’est quand Jésus, quand l’Esprit Saint a pris en nous toute la place. ce n’est pas toute sa place, c’est toute la place. Et nous ne sommes jamais autant nous-mêmes comme Jésus que quand nous somme mûs pas l’Esprit Saint. parce que l’Esprit Saint est celui qui nous donne le visage qui est le nôtre et l’amour qui doit habiter notre cœur. Alors, nous commençons à comprendre : "comment invoquer le nom du Seigneur sans d’abord avoir cru en lui ? "Mais, comment avoir cru sans avoir entendu sa parole ? Et la parole, la parole de Dieu, la Bonne Nouvelle, elle est sur nos lèvres, elle transite, ce n’est pas la nôtre. C’est la parole de Dieu. Combien ce soir, frères et sœurs, il nous faut prier pour nos Églises, pour qu’elles soient fidèles. Si elles étaient toutes à ce niveau-là : l’unité serait faite, c’est bien évident parce que dans cet amour-là, toutes les oppositions sont brûlées ; il ne reste certes que des différences légitimes qui donnent à chacun d’être ce qu’il est dans la beauté de l’amour de Dieu qui prend tout. mais ce qui est valable pour nos Églises, est aussi valable pour nos communautés. Rivalisez dans l’amour, ça nous pouvons toujours. aimer plus, et encore plus, ça, nous le pouvons toujours parce que, cette rivalité dans l’amour est une bonne rivalité. Non pas que le Père, le Fils et l’Esprit Saint rivalisent dans l’amour, non. Mais nous, nous devons rivalisez jusqu’à leur cœur, et dans ce sens alors, avoir un cœur doux, un cœur humble, un cœur qui laisse toujours la place à l’autre d’abord. nous savons combien c’est difficile. Alors, frères et sœurs, dans cette Eucharistie, en cette fête de saint André, prions fort ; prions fort les uns pour les autres, pour nous foyers, nos familles, nos Églises. Saint André ANNEE PAIRE Semaine 34 samedi 2002 Si tu affirmes de ta bouche Rm 10, 9-18 30 novembre 2002 Ps 18 Cassette 335 (face 2 308… ) Mt 4, 18-22

En cet instant de l’offrande d’Emmanuella, de ses 70 années, et en prenant comme lumière la parole de Dieu en cette fête de saint André, nous trouvons une belle correspondance. Chaque fois que nous fêtons un apôtre, c’est le mystère de l’Église tout entier que nous fêtons. Dans ce sens, tu as tout à fait raison, André, c’est ta fête que nous fêtons, mais c’est aussi notre fête, c’est la fête d’Emmanuel, toute spéciale. Et chaque fois un aspect de l’Église est mis en lumière avec la parole de Dieu qui nous est proposé. D’abord ce qui me surprend toujours : à chaque fête des apôtres, nous avons ce psaume étonnant : Le ciel raconte la gloire de Dieu. Nous la chantions tout à l’heure : « Seigneur, mon Dieu, tu es grand, tu es bon, le firmament raconte l’ouvrage de tes mains ; la nuit à la nuit en donne connaissance ». Et entendons bien (j’aime beaucoup ce qui suit) : Pas de parole dans ce récit, pas de voix qui s’entende ; et cependant comme un feu sur la terre se répand, en paraît le message". Qu’est-ce que ça veut dire ? ça veut dire qu’avant d’ouvrir la bouche pour dire une parole, cette parole qui vient de Dieu a déjà travaillé toute notre vie, et nous parlons alors de l’abondance du cœur : nous ne pouvons pas ne pas parler, ça déborde ! En d’autres termes, voilà bien ce qui ce soir est notre méditation : Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur ; qu’est-ce que ça veut dire : celui qui de sa bouche affirme sa foi, qu’est-ce que ça veut dire ? On entend quelquefois dans le langage courant : « Il en a plein la bouche », voilà, nous sommes sur le chemin. Qu’est-ce qui se passe quand on dit de quelqu’un : « il ne peut parler que de ça », et de quoi s’agit-il ? Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur. Cette parole de Dieu, cette parole de Dieu qui a créé les mondes, cette parole de Dieu qui nous a fait advenir à la vie, cette parole de Dieu qui a touché chacune et chacun de nous pour nous tirer à l’existence, voilà bien ce qu’il nous faut entendre. Cette parole de Dieu est une parole d’amour ; cette parole de Dieu, dès le premier instant de la création puisque, à sa parole, quand il a dit, ce fut fait.voilà bien le premier point « si tu affirmes de ta bouche ». Cette parole de Dieu, elle est advenue comme un souffle quand à l’origine, il a soufflé sur nous une haleine de vie, bouche à bouche, comme le dirait le Cantique. Mais alors, si nous venons d’une telle source, il faut que nous en soyons remplis de cette parole qui vient de Dieu. Ce n’est pas rien. Cette parole qui se fait silence parce qu’elle est amour, Dieu dans ce sens est parole pour nous : une parole qui rassemble, une parole qui donne consistance, une parole qui donne naissance, une parole qui donne vie. « Si tu affirmes de ta bouche » : si ta bouche est encore remplie de ce baiser divin… Il va se passer quelque chose. En ce samedi, nous ne pouvons pas ne pas regarder celle qui demande que toute sa vie soit faite selon cette parole : « Qu’il me soit fait selon ta parole ». Celle dont le visage a été formé par ce premier souffle de Dieu ; celle dont la visage à été profondément bouleversé par cette annonce de l’ange, parole de Dieu ; elle va devenir mère de cette parole, de ce Verbe de Dieu. La voilà l’Église dans son origine : le oui ! Le oui, parce qu’il est un oui d’attente : « Oh oui, viens Seigneur Jésus ». En ce dernier jour de l’année liturgique, combien l’Église toute entière, demain déjà : « Oui, viens Sauveur, rythme notre cheminement pour arriver à ce dernier jour dans lequel nous sommes ; oh oui, viens, Seigneur, ne tarde plus, nous avons tellement besoin de toi ! » « Si tu affirmes de ta bouche » : il faut en être rempli pour que ça déborde et que nous puissions dire cette parole qui a faut d’abord tout un chemin de profonde transformation de tout notre être. « Qu’il me soit fait selon ta parole ». En ce samedi et en cette fête d’un apôtre qui nous remet dans la fête de chacune et chacun de nous, en Église, convoquée en assemblée, combien cette parole, elle est notre vie. Et je pense qu’Emmanuella a essayé, tant bien que mal, comme chacun de nous, à faire que cette parole, à l’école du Père de Foucauld devienne incarnation, venue dans la chair. Or, combien il nous faut demander aujourd’hui à Marie, de nous aider à devenir ce que nous recevons, cette parole, elle s’est fait pain de vie, j’allais dire pour que nous arrivions la bouche pleine, qu’elle nous transforme fondamentalement, radicalement et que nous formions une communauté qui soit formée par la parole qui vient de Dieu. Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur, le Verbe de Dieu, la parole de Dieu faite chair, le pain de vie qui vient nous transformer pour que, enfin, le mystère de ce Dieu qui est amour nous soit révélé. Et comment peut-il nous être révélé ? C’est là que nous rejoignons le psaume : pas de parole dans ce récit. C’est d’abord l’accueil d’une parole. Je pense que vous avez été surpris comme moi : comment peut-il se faire que deux hommes qui rencontrent un autre homme qui s’appelle Jésus, et qui, au déclic de la parole de Jésus « Venez derrière moi », quittent tout et le suivent ! quelle préparation ? On dit qu’ils étaient disciples de Jean-Baptiste ; quelle préparation pour qu’au déclic, immédiatement le feu brûle et qu’ils se mettent en route et que leur vie en soit complètement transformée. Or, nous savons bien : Pierre, André, Jacques, Jean (les fils du tonnerre), ils devront encore être transformés par cette parole, purifiés par elle, illuminés par elle, et surtout, dans cette parole crucifiée. « Si tu affirmes de ta bouche que Jésus est Seigneur » : aujourd’hui, dans cette fête, c’est vraiment le rôle de la parole dans notre vie. Et si tu crois dans ton cœur, cette parole parle de l’abondance du cœur. Quand cette parole a profondément transformé notre cœur, on peut dire avec l’apôtre : « À qui irions-nous, tu as les paroles de la vie éternelle ! » Nous savons que tu dis vrai. Demandons, frères et sœurs, dans cette fin d’année liturgique et déjà pour nous préparer à demain, premier dimanche de l’Avent, Demandons, frères et sœurs, que nous comprenions combien la parole de Dieu est une parole d’amour et que cette parole doit nous transformer profondément pour qu’alors, les pauvres soient rois. Pour que les pauvres soient rois, il faut que la parole de Dieu nous ait profondément transformés et que nous voyions rayonner sur leurs visages, le visage de ceux qui sont parole, et bien souvent parole silencieuse. C’est notre prière aujourd’hui : que de plus en plus, nous devenions ce que nous sommes. Esprit Saint Semaine 1 mardi Is 11, 1-10 2 décembre 1986 Ps 71 Cassette 20 face 1 Lc 10, 21-24

Pendant tout ce temps qui nous prépare à Noël, nous voulons nous mettre à l’école de la parole de Dieu, la recevoir chaque jour comme une nourriture pour notre vie. Heureux les yeux qui voient ce que vous voyez ! Il faut aujourd’hui rendre grâce à Dieu. Rendre grâce à Dieu parce que nous avons la chance de faire partie de ce peuple, de ce peuple animé par l’Esprit Saint depuis maintenant 2000 ans : l’Église du Seigneur. Déjà quand Isaïe prophétisait : Un rameau sortira de la souche de Jessé, père de David, un rejeton jaillira de ses racines, nous avions là une préfiguration de ce grand mystère de Noël. Dans cette vieille humanité à laquelle nous appartenons, cette vieille humanité reconduite depuis Abraham, depuis ce temps-là, un rejeton jaillira de ses racines. « Voici que je fais toutes choses nouvelles », dit Dieu. Et la manière dont Dieu fait toutes choses nouvelles, c’est de nous donner son Esprit Saint. Sur lui reposera l’esprit du Seigneur : esprit de sagesse et de discernement, esprit de conseil et de force, esprit de connaissance et de crainte du Seigneur qui lui inspirera la crainte du Seigneur. Non seulement aujourd’hui, avec ces textes qui nous sont offerts, il nous faut avec Jésus exulter de joie, rendre grâce à Dieu ; même si la situation où nous nous trouvons peut être une situation de détresse, de misère, que sais-je, il nous faut rendre grâce à Dieu parce que ça, c’est la volonté de Dieu sur nous. Il nous faut avec Jésus, exulter de joie, il nous faut croire que véritablement ce mystère d’une humanité nouvelle, d’une humanité nouvelle qui donne place à Dieu prend corps aujourd’hui, en nous. C’est la meilleur façon de rejoindre le mystère de Marie parce que c’est en elle que cette souche de Jessé a rejailli dans une vie nouvelle. La rejoindre, elle petite créature de Dieu si semblable à ses pères et en même temps, si jeune, si belle, si entièrement renouvelée par la grâce de Dieu. La rejoindre, la rejoindre d’abord en se laissant habiter par l’Esprit Saint en laissant l’Esprit Saint déloger en nous tout ce qui a vieilli, tout ce qui est vieux, tout ce qui est ridé, tout ce qui agacé par les soucis quotidiens, se laisser rajeunir. C’est bien tout le sens de l’Eucharistie ; c’est bien tout le sens de ce moment où nous voulons, près de Jésus, tout lui remettre de notre vie. Nous le savons bien : nous voulons tous passer un bon temps de l’Avent, et puis… tous les uns après les autres, nous courons vers tous les événements qui nous sont donnés. Et puis chaque soir, on est en train de se dire : « Mon Dieu, si ça continue comme ça, où est le temps pour notre sanctification ? » eh bien, nous sommes en plein dans le temps de notre sanctification si nous laissons l’Esprit Saint prendre corps en nous ; si nous laissons l’Esprit Saint exercer cette sagesse qui nous fait tout regarder d’abord dans le regard de Dieu. Qu’importe notre fatigue, qu’importent nos soucis, qu’importe tout notre travail, que sais-je ? Mais qu’importe tout cela puisque Dieu est là et Dieu veut reposer au milieu de son peuple. Il veut reposer lui, l’Esprit du Seigneur, esprit de sagesse, esprit de discernement ; qui fait que, bien sûr, nous sommes au service les uns des autres et nous sommes au travail, nous sommes en travail et nous enfantons le monde nouveau. L’essentiel c’est que nous ne tombions pas dans l’agitation. Esprit de discernement, esprit de conseil et de force. Ne pas se poser trop de questions quant à l’avenir : comment on va s’en sortir, comment on va s’en tirer ? Mais ça, c’est l’affaire de Dieu, ce n’est pas notre affaire. À nouveau, remettons les rênes de notre vie, remettons les rênes de nos responsabilités à notre Dieu et laissons-nous conduire par lui. Esprit de connaissance et de crainte de Dieu. Esprit de connaissance, « naître-avec » le mystère de Dieu, connaître, c’est entrer dans un mystère de naissance, c’est naître-avec ; or, entrer comme Marie à la vie de Dieu, à cette révélation de Jésus, qui lui sera donnée, qui nous est donnée ce soir encore dans l’Eucharistie, pour pouvoir rendre grâce à notre Père. Savoir que notre prière chrétienne, ce n’est pas tant nous qui la formulons. Nous ne savons pas, dira saint Paul, dire ce qu’il faut, mais l’Esprit Saint en nous dit : « Père ». Il nous faut laisser l’Esprit Saint exulter en nous. Jésus, exultant de joie sous l’action de l’Esprit Saint dit : « Père ». Et pouvoir nous abandonner à ce regard de notre Père qui refait toutes choses nouvelles. « Un germe sortira de la souche de Jessé ». Et de ce peuple, de l’humanité tout entière, l’Église du Seigneur, elle est là comme ce germe, pour faire en sorte que la pâte du monde puisse véritablement être transformée de l’intérieur grâce au Saint-Esprit qui nous habite, grâce au mystère de Jésus qui nous habite. « Tu l’as caché, ce mystère aux sages et aux savants ». Savoir redevenir sans cesse ces petits enfants mûs par l’Esprit Saint. Oui, Père, tu l’as voulu ainsi … tu l’as révélé aux tout-petits. Demander à Marie qu’elle nous enfante dans notre vie chrétienne, demander à Marie qu’elle nous enfante dans notre attente même. Elle est celle, Marie qui a su attendre le Sauveur, hâter son œuvre, faire une place à Dieu dans sa propre vie. Et quant à, dans la communauté, veiller à ce que l’agneau habite avec le loup, le léopard se couche près du chevreau. Autrement dit, être des artisans de paix. Sans cesse veiller à ce que nos différences, dans ce qu’elles d’agaçant, nos différences, dans ce qu’elles ont de critique et d’agressif, un petit peu comme avec le loup avec l’agneau, le léopard avec le chevreau, eh bien, que progressivement ce peuple qui est le nôtre, ce peuple qui nous est confié pousse cohabiter dans une bonne entente, puisse cohabiter dans l’Esprit Saint pour que véritablement ce peuple de Dieu, ce peuple que Dieu veut s’édifier pour glorifier son nom – parce que si Dieu nous a créés, si Dieu nous a mis sur cette terre, c’est bien pour que nous le louions éternellement, que nous lui rendions grâce et que nous le glorifions. Eh bien, ce soir, demandons à la Vierge Marie de nous aider. De nous aider d’abord à être fidèles à cet Esprit Saint, ce don de Dieu qui nous est donné. Demandons à Marie de nous enfanter à cette vie divine, de faire de nous des tout-petits. Pas des gens sérieux et importants, ceux-là, dit Jésus, le mystère de Dieu leur est caché, mais être ces tout-petits à qui Dieu révèle son mystère. Mais comment Dieu révèle-t-il son mystère aux tout-petits ? En nous faisant redevenir de tout-petits enfants. Mais comment redevenir de tout-petits enfants ? Sinon naître de nouveau. Or, nous sommes renés par le baptême, baptême de feu dans l’Esprit Saint et dans l’eau. mais, nous savons que nous avons à devenir ce que nous sommes. Et pour devenir ces petits enfant, abandonnés à la grâce de Dieu, nous savons que nous avons besoin d’une mère. C’est Marie qui nous est donnée. Demandons à Marie qu’elle nous aide ce soir et toujours, à nous préparer ; à nous préparer à recevoir ce don de Dieu, ce don de l’Esprit Saint, ce don de Jésus, pour que nous puissions être cette terre nouvelle, ce ciel nouveau déjà, pour glorifier notre Père. espérance Semaine 1 mercredi Is 25, 6-9 6 décembre 1995 Ps 22 Cassette 179 face 1 (275 …) Mt 15, 29-37

Le temps de l’Avent, frères et sœurs, si c’est un temps de foi, c’est un temps d’espérance. La foi, nous le savons, c’est quelque chose de très personnel, « nous croyons », « je crois ». Et le « nous croyons », il est fait de chacune de nous, dans la foi de l’Église, dans la foi des apôtres, dans la foi de Marie. Mais chacun de nous doit intensifier sa foi, être en bonne santé dans sa foi. L’espérance, c’est quelque chose de plus mystérieux, parce que je peux espérer pour un autre, je ne peux pas croire pour un autre. Max, tu as ta foi, j’ai la mienne, je ne peux pas t’imposer la mienne. Ta foi est ta foi, et nous avons la même foi, et nous ne pouvons pas imposer notre foi. Mais nous pouvons espérer les uns pour les autres. Tu vois, Max, si tu es dans la difficulté, je peux espérer de toute mon espérance que Dieu va faire quelque chose et éclairer ta vie, et toi, tu peux le faire aussi pour moi. L’espérance, c’est quelque chose d’étonnant parce que nous pouvons vraiment espérer pour un autre et changer en cela le cours de l’histoire ; parce que nous espérons, nous comptons sur Dieu, nous comptons sur Dieu plus que sur le hommes. Nous comptons sur Dieu en lui faisant une confiance infinie. C’est la parole de Thérèse qui revient toujours : « On obtient de Dieu autant qu’on en espère ». Cela montre combien notre espérance doit être grande et dans le temps de l’avent, le moment de l’attente, c’est vraiment un temps d’espérance. or, à quel moment nous faut-il espérer ? Est-ce que c’est quand tout va bien ? Mais, quand tout va bien, nous rendons grâce à Dieu et nous commençons à souffler. Et j’oserais presque dire, à nous détendre parce que dans le combat, nous sommes tendus vers le but. or, l’espérance, elle est surtout quand la situation est difficile et c’est à ces moments-là, dans ces situations difficiles, pas seulement pour nous-mêmes, mais pour les autres, pour notre peuple. C’est à ces moments-là que nous sommes véritablement tendus vers le Christ attendant de lui qu’il change quelque chose au cours de l’histoire . Et tous les saints ont vraiment été ces priants qui ont orienté l’humanité vers Dieu. Jamais ceux qui ont baissé les bras en disant : « Bof, c’est comme ça, après tout, on n’y peut pas grand chose ! » Non, certainement pas. Et le temps de l’avent est un temps où nous devons renouveler notre espérance, intensifier notre espérance. Alors, la parole aujourd’hui est étonnante. Quand le prophète se met à parler, ne croyons surtout pas que le peuple déjà est en train de fleurir. Non, le peuple, il est en exil, le peuple, il est dans la détresse. Eh bien, à ce moment-là, le prophète se lève : Le Seigneur, Dieu de l’univers préparera pour tous les peuples, sur sa montagne, un festin de viandes grasses et de vins capiteux, un festin de viandes succulentes et de vins décantés. Voilà, ce pauvres gens, dans les tranchées, que sais-je… à quoi rêvent-ils ? Au moment où ils pourront faire la fête avec leur femme, avec leur époux, leurs enfants, que sais-je ! Et à ce moment, bien oui, ce banquet humain, tout humain, il comporte déjà la joie de Dieu parce que Dieu nous a fait de telle manière, que nous pouvons nous réconforter. Alors le prophète est là : Ce à quoi vous aspirez, Dieu vous le donnera. Et il ajoute : _Oui, il enlèvera le voile de deuil qui enveloppait tous les peuples". L’humiliation de son peuple, le jour où nous aurons compris que Dieu souffre de nos humiliations bien plus que nous, Dieu est humilié quand son enfant est humilié. Et dans le mystère de la croix de Jésus, dans l’humiliation de Marie, la toute pure, sa mère, nous voyons combien Dieu véritablement prend corps dans nos propres détresses. Voilà notre espérance, voilà la raison de notre espérance. Oui, Dieu est présent dans son peuple pour toujours. La voix du prophète, mû par l’Esprit, dans la situation de la plus grande détresse, il reste debout, et parce que il reste debout, il soutient l’espérance de son peuple. Le Seigneur essuiera les larmes sut nous les visages, et pour toute la terre, il effacera l’humiliation de son peuple. Si nous avions cette foi-là que Dieu est en détresse partout où l’humanité est en détresse, combien inévitablement, nous aurions une plus grande espérance. Or, c’est cette espérance ce soir qu’il nous faut demander. Le psalmiste ne dit pas autre chose : Tu prépares la table pour moi. Où ? Devant mes ennemis. Ce n’est pas déconnecté du réel de la situation de lutte et de combat. Tu prépares la table pour moi devant mes ennemis. Tu répands le parfum sur ma tête, ma coupe m’emplit de joie. Ça, c’est l’espérance des chrétiens et plus le ciel est noir et plus les situations sont impossibles, plus nous devons nous tenir debout, face à Dieu, comptant sur lui bien plus que sur nous et sur nos moyens humains.

Alors l’évangile fait un pas de plus. L’évangile fait un pas de plus parce que Jésus, Dieu au milieu de nous, il est entouré de cette foule de boiteux, d’aveugles, de muets, d’estropiés, d’infirmes (lhôpital psychiatrique du coin où je ne sais quel hospice, avec toux ces pauvres), eh bien là, en signe du Royaume, il les remet debout. En signe du Royaume, nous savons bien que des boiteux, des aveugles, des estropiés, des muets, il y en a encore, et il y en aura encore ; et il y en aura jusqu’à ce qu’il revienne. Or, la foule est en admiration. Toujours la même chose, dans la joie de ces pauvres qui ont enfin retrouvé la vie. Alors, c’est la joie. Alors la foule était dans l’admiration en voyant ce que Dieu fait. Or, Dieu va plus loin encore. Jésus appelle ses disciples : J’ai pitié de cette foule : depuis trois jours déjà, ils sont avec moi et ’ont rien à manger. Non seulement Dieu est au cœur de nos détresses, non seulement Dieu veut nous sortir de nos handicaps mais, comme une mère, comme une épouse, comme le bien-aimé, il prend soin de nous. « Moi, je veux leur donner à manger ». Et alors, voilà où est notre espérance dans son maximum. "Où trouverons-nous, disent les disciples, dans un tel désert, un peu de pain pour une foule pareille : six mille hommes, et le reste ! et Jésus dit : « Combien avez-vous ? » L’obole de la pauvre veuve, elle a donné tout ce qu’elle avait, ce qu’elle avait pour vivre. Or, ils ont sept pains, quelques petits poissons, ça suffit. Or, avec ces sept pains et ces petits poissons, Jésus rend grâce. Il rend grâce à Dieu. Et dans cette action de grâce, la toute puissance de Dieu est à l’œuvre. parce que nous comptons sur Dieu, et si nous comptons sur lui, il agira. Dieu a vraiment besoin que nous comptions sur lui pour agir. Dieu, il est vraiment le tout puissant, mais c’est une toute puissance d’amour, et l’amour, cela se demande : « est-ce que tu m’aimes ? eh bien, oui ». Dieu aurais-tu oublié ton peuple ? Aimes-tu ton peuple ? Oui. Et par cet amour, par cet appel, nous faisons advenir l’amour de Dieu. Parce que Dieu qui est un tel amour, qui nous enveloppe d’une manière absolument impossible pour nous, nous allons lui dire : « Stop, stop, arrête, ça suffit, on n’arrive plus à vivre ». Or la prière, c’est cet apprivoisement. Pour que Dieu déverse ses ondes de tendresse, il nous faut le supplier ; et le supplier pour tous ceux qui dans le monde ne supplient pas ; croire avec tous ceux qui dans le monde espèrent un meilleur sort. "Combien de pains avez-vous ? Sept. Jésus rend grâce, rompt les pains, et les donne à ses disciples et ses disciples les donnent à la foule. Et là, nous retrouvons l’espérance. ce n’est pas Jésus qui donne le pain directement, ce sont ses disciples qui donne le pain qu’ils ont reçu de Jésus. Mystère de l’Eucharistie, le corps de Jésus. Le don de l’Époux, il veut que ce soit par son Église qu’il lui soit donné. Mystère de l’Époux qui se donne dans ce festin qui est préfiguré par chaque Eucharistie que nous célébrons chaque jour. Demandons, frères et sœurs, d’être ravivés dans notre espérance et plus nous sentons qu’il peut y avoir de la difficulté autour de nous, eh bien, plus espérer en ce Dieu qui attend véritablement notre prière pour combler de biens tous ceux qui en ont besoin. Is 29, 17-24 Alors, relisons cette parole. D’abord ce cri, ce cri des pauvres : « Aie pitié de nous Seigneur ». Et puis, et c’est là que j’attire notre attention : ce secret. Jésus agit dans le secret. Pourquoi ? Parce que tout ce qu’il va faire va être interprété et retourné contre lui. C’est ce qu’on appelle le « secret messianique » : Jésus ne peut pas agir ouvertement et en plein jour. Cela nous surprend beaucoup et on se dit : « Mais s’il fait la vérité et la lumière, qu’il agisse donc ! » Non. Cela va se retourner contre lui. Jésus leur dit sévèrement : "Attention ! que personne ne le sache ! Le secret messianique, il est important. Parce que, comme le mal agit dans l’anonymat, et ce sont toujours les petits et les pauvres qui en subissent les pires conséquences, de la même manière, mais cette fois, dans le secret d’amour – et c’est tout autre chose – il va falloir retisser de partout ces liens pour qu’enfin lumière et vérité se mettent en place. Encore un peu de temps, très peu de temps, et le Liban se changera en verger et le verger sera pareil à une grande forêt. Le Liban, nous savons bien, historiquement, et aujourd’hui encore ! En ce jour-là, les sourds entendront les paroles du livre. Combien de gens disent : mais où est la vérité dans tout ça : on entend des choses contradictoires. Où est la vérité ? « Alors, les sourds entendront les paroles du livre ». Quant aux aveugles, sortant de l’obscurité et des ténèbres, leurs yeux verront. On finit par ne plus rien voir et ne plus rien comprendre. Les humbles, ces pauvres gens qui toujours cherchent et essaient de faire le bien et qui se retrouvent bien souvent dans des situations tellement difficiles : Les humbles se réjouiront de plus en plus dans le Seigneur, les pauvres gens exulteront à cause du Dieu saint d’Israël. Alors, voilà les paroles clés : Car ce sera la fin des tyrans, ceux qui se moquent de Dieu disparaîtront. Quand on essaie de regarder : mais qu’est-ce qui peut faire un pareil mal qu’on met une bombe dans un (train ? ) et puis qu’on sait que des gens vont mourir. Et les gens qui vont mourir, ce seront des pauvres, immanquablement. Des gens vont être blessés, et ce seront des pauvres gens qui reviennent d’une journée de travail. Des gens vont souffrir, ce sont ceux qui attendaient leur époux ou leur épouse ou leurs enfants, et ce sera toujours des innocents.

Ce sera la fin des tyrans, ceux qui se moquent de Dieu disparaîtront et tous les gens empressés à mal faire seront exterminés. Alors, entendons bien : quelle est la manière de Dieu ? La manière de Dieu, c’est qu’enfin la lumière soit et que la vérité apparaisse au grand jour. Et nous savons bien que sur cette terre, nous sommes toujours dans ce grand combat. Et cependant ! Et cependant, nous devons édifier ce que les papes ne cessent de nous dire : une civilisation de l’amour. Et parce qu’elle est une civilisation de l’amour, elle est une civilisation de lumière. C’est pourquoi, ainsi parle le Seigneur, Dieu de la maison de Jacob, (…) : « Désormais, Jacob n’aura plus de honte et son visage ne pâlira plus ; car en voyant ce que j’ai fait au milieu d’eux, ils proclameront la sainteté de mon nom ». Demandons, frères et sœurs, de comprendre combien Jésus vient, pour nous sauver comme cet aveugle, mais il vient aussi pour sauver les famille ; Jésus vient aussi pour sauver nos communautés, comme Jésus vient aussi pour sauver nos nations. Et, si nous sommes dans ces situations de troubles et apparemment d’injustice, demandons au Sauveur de venir : c’est le temps de l’Avent, c’est le temps de l’attente. Et si nous sommes, comme ce premier texte d’Isaïe le signale : dans cette obscurité, dans cette surdité, dans tous ces lieux où nous ne comprenons rien, ne soyons pas étonnés que pour que l’œuvre de Dieu se fasse, cette création crie dans les douleurs de l’enfantement. Et cela peut être cette angoisse qui s’abat sur l’un, ça peut être cette souffrance qui s’abat sur l’autre, ça peut être encore autre chose. Surtout demandons que notre foi s’intensifie : Dieu est en train de travailler son peuple. Il travaille en chacun de nous, il travaille dans nos familles, il travaille dans nos communautés, il travaille dans nos peuples, et il veut, notre Dieu que justice et vérité se rencontrent, que miséricorde et tendresse se rencontrent ; que la paix germe. Alors, Demandons, frères et sœurs, de comprendre combien le sauveur, on en a besoin plus que jamais. Notre monde et notre Église, et nos Églises en ont besoin plus que jamais. Mais ayons, avec beaucoup d’attention, une vigilance dans la parole de Dieu et à lire dans la parole de Dieu, comme le dit Vatican II, les signes du temps. Nous l’avons entendu : « Ce jour-là, relevez la tête, votre salut est proche ». Demandons à Jésus qu’il vienne nous sauver. Consolation Mardi 11 décembre 2007 - 2e semaine Avent. P. Gilbert Adam

Consolez, consolez ! C’est bien ce que fait Benoît. Après nous avoir parlé de l’amour, il nous parle de cet amour en acte que l’on nomme espérance. Or, aujourd’hui, c’est réellement ce qui manque le plus, pas seulement dans le monde, mais dans l’Eglise. Consolez ! Quand on est sur le champ de bataille, qu’il ne reste plus que des cadavres, il faut consoler. Consoler, prendre par en dessous, pour remettre debout. Mais par en dessous. Consolez ! Une voix proclam. Que dois-je proclamer ? Proclamer que le peuple est comme l’herbe. Il se dessèche et la fleur se fane, et il ne reste plus rien. Consolez ! Parlez ! Elève la voix ! Dis à la fille de Sion. Nous le savons, Sion, c’est Marie. Toute la Parole est traversée par ce thème fondamental, Sion, c’est Marie, c’est une nouvelle humanité. Voici que je fais toutes choses nouvelles. Heureusement qu’elle est là ! Elle permet à Celui qui l’a créée, à Celui qui l’a rachetée de pouvoir venir consoler son peuple, parler au cour de Jérusalem. Comme un berger, il rassemble les agneaux et les porte sur son cour. Nous sommes l’agneau que Jésus porte sur son cour. Et chaque fois que nous célébrons l’eucharistie, nous le redisons d’une manière efficace, où le Consolateur s’est fait Pain de vie, Vin de noces. Il est venu, il a souffert, il est mort, il est ressuscité, il reviendra. Lui, qui est venu nous chercher, Lui qui est venu nous consoler, Lui qui est venu nous parler. Il est descendu chercher sa petite brebis perdue, nommée humanité. Il est venu la chercher jusque dans la mort, et il demeure là. Même la mort est morte ! Qu’est-ce que nous avons de la chance d’être chrétiennes et chrétiens ! Qu’est-ce que nous avons de la chance de savoir que notre Dieu, il nous a aimés jusqu’à se faire l’un de nous, l’un de nous pour nous habituer à vivre de l’Esprit Saint, l’un de nous pour vaincre en nous tout ce qui était douleur, angoisse, mort même ! Il est venu chercher sa petite brebis perdue humanité jusqu’au fond du trou ! . Et dans ce fond de trou, le menteur était embusqué ; il est débusqué, il vole en éclats. Oh  ! il fait des soubresauts aujourd’hui étonnants. C’est à croire qu’il est déchaîné. Il est mort ! Etonnant ! cette victoire de l’amour que nous célébrons dans chaque eucharistie. Plus que jamais, l’humanité a besoin aujourd’hui de rencontrer le Consolateur. Plus elle a besoin de rencontrer une Parole de vie et un geste d’amour. Et nous, nous sommes ceux qu’il console pour que nous devenions des consolateurs. Nous, nous sommes ceux à qui il parle pour que nous soyons une parole vivante. L’humanité se moque aujourd’hui de toutes ces paroles creuses, de toutes ces idéologies ! Elle s’en moque ! Seule une parole amour, une parole vivante les rejoint. C’est étonnant ! Nous sommes dans une période où il ne reste que le vrai, le pur, et le bon ! Et ça, les jeunes le regardent mais l’éprouvent, tellement formés par une culture de mort, qu’il faut savoir si cette parole est vraie ou non ! Dans ce sens, ils ont besoin d’être consolés par le véritable amour, l’amour pur ; ils ont besoin d’être éclairés par une parole de vie, et ils ont besoin de savoir que ce que nous célébrons est vrai ! Et pur, et beau ! Et que le Seigneur continue à chercher son petit agneau, à le prendre sur son cour. C’est le seul remède aux maux d’aujourd’hui, et cet évangile, il est on ne peut plus actuel. Alors demandons que cette parole soit vivante. Que pensez-vous de cela ? J’en pense que, Jésus, tu as raison ! que nous sommes au fond du trou et que c’est de cette nuit, de cette mort, de cette angoisse, par en-dessous, mieux encore que la plus tendre des mamans, tu viens nous remettre debout. C’est toi qui fais tout. Nous sommes perdus, incapables de nous rapprocher de toi, comme dit la parole eucharistique. Alors, demandons dans cette espérance que redit Benoît d’une façon forte, à notre monde, mais mettons-la d’abord dans notre vie. Laissons-nous d’abord sauver par lui, laissons-nous tendrement remettre debout par lui. Et puis, alors, consolés, nous deviendrons la consolation de notre peuple. Is. 41, 13-20 Avent Sem 2 jeudi 2002-2003

La violence de l’amour Is 41, 13-20 12 décembre 2002 Ps 144 Cassette 336 face 2 (569…) Mt 11, 11-15 337 face 1 début –> 128

… demander, frères et sœurs, un esprit de finesse pour pouvoir lire entendre cette parole de Dieu d’aujourd’hui correctement. Le Royaume de Dieu subit la violence, et des violents cherchent à s’en emparer. Cette parole, elle nous vient à quelques semaines de Noël, donc, cette violence. Nous savons, la première lecture nous en parle, nous savons le ravage que fait la violence. Quand Isaïe parle, Israël, est en train de pourrir, ravagé par les vers le long des routes et le prophète n’hésite pas de reprendre : faible vermisseau ! Il y a un réalisme dans l’hébreu qui est très surprenant. Eh bien, dit Dieu : « Devant les ravages de la violence, ne crains pas. Toi qui est soumis à la violence destructrice du monde, misérables mortels que nous sommes : Je viens à ton secours ». Et de ce vermisseau, dit Dieu, je ferai de toi une herse. Les images sont fortes : Je ferai de toi une herse à broyer la paille, toute neuve, hérissée de pointes : tu vas briser les montagnes, les broyer, et réduire les collines en menue paille. La parole est d’une force et d’un réalisme comme l’hébreu seul peut le donner. Et, en même temps, cette parole est choisie au moment où le Royaume des cieux subit la violence. Nous savons bien tous par expérience … Fin de la cassette 336 ; début de la cassette 337 … Je changerai le désert en lac, et la terre aride en fontaines. Je mettrai dans le désert le cèdre et l’acacia. Dieu est bien plus fort que toute la force des hommes. Parce que toujours, les prophètes ont dit cet état de choses : que la guerre n’engendre que la guerre, que l’épée n’engendre que l’épée. Et le prophète a toujours été celui qui a pris la situation à rebours : « Ne crains pas, ton Dieu vient à ton aide ». Mais aujourd’hui, il y a un pas en plus à faire et nous sommes tous très concernés. Jean-Baptiste, il est le plus grand des prophètes. Pourquoi ? Parce qu’il montre l’Agneau de Dieu. Et enfin, il accomplit tout le Premier Testament qui annonçait la venue du Sauveur. Il le montre, il le voit, c’est lui, l’Agneau de Dieu. Mais, que dit Jésus ? « Le plus petit dans le Royaume de Dieu est plus grand que lui ». Il y a donc une bascule. J’aime bien prendre l’image du sablier, c’est très parlant : nous voyons le sable qui coule, simplement par le poids, et puis qui, progressivement remplit le vase d’en bas. Alors, il y a un lieu où la violence écrase tout. Et puis, il y a un retournement du sablier. Changement de décor, on peut dire. Et cette fois, la voilà, cette Bonne Nouvelle : Depuis le temps de Jean-Baptiste, le Royaume des cieux subit la violence. Le plus petit, c’est Jésus, et le plus petit, ce sera ensuite, le disciple de Jésus. Or, que fait Jésus ? Il fait une œuvre absolument extraordinaire parce que il va être celui qui va recevoir toute la violence du monde. On peut dire que le croix, le lieu où la passion de Jésus est le lieu où est récapitulée toute la violence du monde. Et le même Isaïe le dira : « C’était nos souffrances qu’il portait, c’était de nos violences dont il était accablé, lui qui n’a jamais fait de mal ». Nous y voilà ; la revoilà, cette violence nouvelle . alors, il faut prendre le mot pour faire choc : cette violence nouvelle, c’est de demeurer dans l’amour. Or, demeurer dans l’amour, c’est le combat le plus dur à mener d’abord contre soi-même. Et j’allais presque dire : à la manière du combat de Jacob : avec Dieu. parce que ce sera vraiment le plus petit et le plus pauvre, c’est-à-dire nous, nous dirions le non-violent, mais ne nous payons pas de mots. Il y a des non violents qui portent en eux une violence cachée et inconsciente - qui peut-être les conduit à travailler pour la non-violence ; les intentions, c’est Dieu seul qui les juge. Mais imaginez, dans une journée, combien il faut nous faire violence pour garder le sourire, rester doux, rester humble et continuer patiemment la route. Or, ce Royaume de Dieu qui est amour et qui n’est qu’amour, ne souffre aucun mensonge, ne souffre aucune injustice. Il est de l’or pur – il faut bien prendre une image, or cet or, est un amour qui ne faiblit pas, un amour qui ne désarçonne jamais et que ne désamorce jamais. Ça, c’est la plus grande violence que nous pouvons exercer contre nous-mêmes pour demeurer dans cet amour infini, sans cesse. Nous le savons très bien : on est bon, on est gentil… jusqu’à une certaine mesure. Et à l’Arche, nous le savons très bien : si vous dépassez le mesure maintenant, vous allez voir ! Le sablier se renverse et alors, on entre dans la violence destructrice. Or, pour faire en sorte que notre vie soit amour, demeurer dans l’amour, veiller à ses paroles, veiller à ses gestes, veiller à ses actes pour que toujours, l’amour soit premier. Parce que le combat de Jésus, c’est un combat pour l’amour. Jésus ne fait pas autre chose et l’amour est la suprême vérité, l’amour est la suprême justice. Et chaque fois que je quitte le terrain de l’amour, je suis en danger. Parce que, pour le coup, je prends la spirale de la violence destructrice. Depuis le temps de Jean-Baptiste jusqu’à présent ; et le temps de Jean-Baptiste, c’est le temps où l’Agneau est présent. Or, l’agneau, et c’est en ça qu’il nous sauve : l’agneau reste un agneau. Il ne se transformera pas en loup devant tous les loups qui sont face à lui. Et par ce fait même, je veux dire dans cette violence de l’amour, je peux prendre cette expression-là, il va nous sauver. Il va nous ouvrir une brèche à toutes nos violences. Alors, demandons aujourd’hui de le bien comprendre. Et si vous voulez bien comprendre le prophète Élie… Le prophète Élie, c’est une torche qui brûle, mais selon le premier mode. Il faut reprendre tous les actes d’Élie, ils sont étonnants, et encore il sait très bien discerner, Élie, que Dieu est dans la brise légère. Dieu n’est pas dans l’ouragan ni dans la tempête. Si nous pouvions convertir nos vies ; convertir nos vies pour que nous demeurions toujours au niveau de l’amour et que nous ne nous laissions jamais prendre par tout forme de violence qui va être destructrice, et nous savons très bien le masquer, nous le savons très bien par expérience : si ça prend des formes de ceci ou comme cela, nous savons très bien qu’au fond du cœur, il y a de la violence. Or, seul la violence de l’amour peut nous faire quitter cette violence. C’est cette conversion-là aujourd’hui, que le parole nous propose. Lc. 1, 26-38 Immaculée Conception 8 décembre 2006 Gn 3, 9-15.20 Cassette 429 face 1 (346 …) Ps 97 Eph 1, 3-6.11-12 Lc 1, 26-38 Marie, remède aux maux de notre temps. Si c’était vrai quand déjà le Père Thomas approfondissait le dernier dogme (1854) de Marie, c’est combien plus vrai aujourd’hui encore : Rien n’est impossible à Dieu. C’est important pour nous de la savoir, que rien n’est impossible à Dieu. mais, quand il s’agit de son amour, et quand il s’agit de la communication de son amour dans nos cœurs, il y faut notre consentement. Et même si rien n’est impossible à Dieu, il ne peut pas aller au-delà de notre oui. Il est créateur de notre liberté ; et comme créateur de notre liberté, notre liberté est très importante. Pourquoi ? Parce que Dieu est amour. « Celui qui voudrait acheter l’amour », dit le Cantique des cantiques, « n’obtiendrait que du mépris. Mystère de l’alliance entre Dieu amour et sa petite créature, l’humanité. Alors, nous avons rassemblés dans ces textes d’aujourd’hui, tout un parcours. Dieu amour veut communiquer son amour en tant que l’amour, comme la lumière, est diffusif de lui-même. Un amour, un véritable se répand. Alors pour communiquer son amour, Dieu crée l’humanité. Et au sommet de l’humanité, l’homme et la femme, »à son image et à sa ressemblance". C’est-à-dire, appelés à vivre du même amour. C’est ça, l’image et la ressemblance de Dieu : c’est la capacité d’aimer, qui peut s’épanouir à l’infini, étant entendu que tout amour se donne. Et nous avons, en célébrant la merveille entre toutes, c’est Marie, bien sûr, après Dieu, cela va de soi, nous avons la chute vertigineuse de l’origine. de quoi s’agit-il ? De notre liberté. Pour que notre oui puisse s’exprimer, il faut qu’il y ait un lieu où il va s’exprimer. Il est exprimé dans la Genèse, d’une manière très archaïque, avec des textes qui sont d’une puissance symbolique – on n’a pas le temps d’entre dans cette puissance symbolique. Toujours est-il que notre pauvre mère, nommé Ève, « la mère des vivants », s’est laissée prendre par l’antique serpent, le diable ou le Satan, celui qui régit ce monde encore et nos régions particulièrement pour renier le Christ, pourquoi pas. Toujours est-il que nous avons ce drame de l’origine, et la tristesse de Dieu : « Adam, où es-tu ? ». Lui qui cheminait avec sa petite créature au jardin de l’origine. « Je me suis caché. – Pourquoi ? – J’ai eu peur. – Pourquoi ? – Je suis nu. » Que se passe-t-il ? de cavalcade en cavalcade, la faute de l’origine fait plus de dégâts encore, dans une humanité qui ne veut pas de Dieu et qui ne sait plus ce qu’est l’amour. grand mystère et une solidarité puisque nous sommes tous ensemble. Comme la peste : tout le monde l’attrape ; personne n’y échappe. Tristesse de Dieu. devant sa petite créature qui s’est laissée influencer pour le frère aîné nommé Lucifer, porteur de la lumière. C’est toujours la même chose : qu’une maman peut souffrir quand on a fait du mal à sa petite fille. Tristesse de Dieu. Et pourtant : « rien n’est impossible à Dieu ». Et nous avons l’antidote. Il faudrait mettre ces deux textes en parallèle. Mais cette fois, c’est le grand archange Gabriel, auprès de la petite fille Marie. Et pour reconstituer, recomposer à fond et depuis la racine, une nouvelle humanité. Cette nouvelle humanité sauvée dans la passion de Jésus Christ ; car c’est là que va aboutir toutes la violence du menteur, tout le mensonge du menteur, le fruit de mort du menteur. Il va aboutir là, sous la croix. Mais encore fallait-il qu’il vienne, ce Jésus. Et comment pouvait-il venir dans une humanité quoi le rejette. Avec les greffes du cœur, nous savons ce qu’est le rejet : le corps ne supporte pas un élément étranger. Or, l’alliance était avec le menteur. Il fallait faire une alliance avec Dieu. Or, seul un cœur immaculé peut faire une alliance avec Dieu. Le tout-pur, entendons le tout aimant. Alors, rien n’est impossible à Dieu. Marie naît – et c’est ce mystère que nous célébrons – sans la tache, traduisez comme vous voulez ; sans la faute, c’est une autre manière, de ce qui rejette Dieu, et sinon, Dieu ne pouvait pas venir. Et elle va dire oui, elle va consentir. C’est tout cet Évangile qui est l’antidote du passage de la Genèse que nous venons de lire. Devant pareil mystère, nous retrouvons l’effroi de la créature devant son Dieu. c’était déjà comme ça pour Abraham et c’était pareil pour Moïse et pour tous les saints. « Je te salue, Comblée de grâce, le Seigneur est avec toi… Sois sans crainte, tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Comment cela va-t-il se faire ? » Et la merveilleuse histoire d’amour qui a commencé dès l’origine va reprendre et nous faisons partie de cette race, nous qui sommes baptisés dans le Christ. seule immaculée, sous son regard ; voilà le baptême qui nous réintroduit dans la grâce de l’Immaculée. C’est très mystérieux. Demandons aujourd’hui, que cette part d’humanité qui va régénérer le corps entier, elle soit soignée dans chacune de nos vies. Parce que, ce que fait Marie dans toute l’humanité, c’est la part humaine qui dit un oui total à Dieu. La voilà, notre liberté. Il faut qu’elle nous apprenne à faire de même : à dire oui à Dieu et non au mensonge. Encore faut-il maintenant, discerner le bien du mal, ce qui dans notre civilisation est pratiquement impossible aujourd’hui. Il faut lui apprendre, qu’elle nous éduque d’abord pour savoir ce qui est bien et ce qui n’est pas bien, où est la vérité et le mensonge et que la part de Dieu qui est en nous puisse s’intensifier pour que Dieu aie toute sa place en nus. Voilà ce que nus célébrons dans ce mystère de Marie dans son immaculée conception, c’est-à-dire dans son oui à Dieu, afin que nous soyons de plus en plus un oui pour Dieu. Qu’est-ce que ça veut dire ? C’est un oui à l’amour, et un amour régénérateur pour chacune et chacun de nous. Nous lui demandons, à Marie que nous soyons régénérés par la passion de Jésus ; et chaque Eucharistie nous la redonne de la même manière qui lui a été donnée à l’Annonciation. ce petit morceau de pain, c’est Jésus et c’est le Jésus qui a pris corps en elle, et cette fois qui nous devenons ce que nous recevons : le corps du Christ. rien n’est impossible à Dieu. Et la plus grande transformation, ce n’est pas d’abord celle du pain et du vin dans le corps et le sang de Jésus ; c’est la transformation de notre communauté, avec des liens d’amour pour son Dieu et pour ses frères et sœurs,. Il y a du travail. Demandons à Marie qu’elle nous accompagne. 8 décembre 1988 ps 97 Eph 1, 3-6.11-12 Cassette 34 face 2 (152) Lc 1, 26-38

L’Esprit Saint viendra sur toi par le consentement de ton amour et par Marie notre oui L’Église nous met, avec la parole de Dieu face à cette nouvelle création, nouvelle création à laquelle nous participons maintenant. Comment cela va-t-il se faire ? C’est vraiment la question de notre vie chrétienne ; c’est tellement la question de toutes nos décisions, c’est tellement la question de notre quotidien ici à l’Arche : Comment cela peut-il se faire ? Comment est-ce que ça peut se réaliser ? Et la réponse est : L’Esprit Saint viendra sur toi et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. À partir de là, véritablement Dieu fait toutes choses nouvelles. Mais pour que Dieu puisse faire toutes choses nouvelles dans notre univers, il lui faut le consentement, le consentement de notre amour. Or, quelle est la beauté de Marie ? La beauté de Marie, c’est qu’elle donne son consentement pour que l’œuvre de Dieu se fasse. Elle le donne à la fois, son consentement, en son nom personnel, mais elle le donne au nom de toute l’humanité. On peut dire qu’elle est notre oui. Elle est notre oui parce que nous, naturellement, nous disons non. Par le mensonge dont nous avons été tous inoculés, notre tendance naturelle est de dire non ; et non seulement de dire non mais de croire que dans ce non nous trouvons notre liberté. Le mensonge suprême, alors que notre liberté, nous la trouvons dans le oui justement. C’est dans notre oui que nous trouvons la liberté parce que notre oui dégage un espace d’amour, et seulement dans cet amour dégagé, il y a la possibilité d’être libres. Seul l’amour profondément est libre. Et nous, nous bâtissons les choses à l’envers, naturellement parlant, pécheurs que nous sommes. L’Esprit Saint viendra sur toi, et la puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre. Nous pourrions croire : mais alors si l’Esprit Saint est véritablement devenu ce confident si intime de Marie, elle est entrée dans une grande lumière et l’Immaculée Conception de Marie serait donc qu’elle serait lumineuse, qu’elle nous dépasserait de toutes parts. Non. « Il te couvrira, il te prendra sous son ombre ». Autrement dit, comme quelqu’un qui regarderait le soleil avec trop d’intensité, elle va être établie dans la nuit de la foi encore bien plus que nous ne pouvons l’imaginer. Et saint Jean de la croix n’hésite pas à parler du rôle de cette ombre dans notre vie chrétienne. Qu’est-ce que ça veut dire ? Cela veut dire qu’il nous faut retrouver à la suite de Marie, notre origine, c’est que nous soyons dans l’amour. L’épître aux Éphésiens, que nous venons de lire, le donne tellement. D’abord c’est Dieu qui non seulement est notre créateur, mais c’est lui qui nous a choisis. Nous n’y sommes pour rien ; encore faut-il que nous acceptions ce mystère : non seulement nous venons de Dieu, mais nous allons à Dieu qui a tout fait ; mais c’est lui qui nous a encore choisis. C’est le deuxième lieu pour lequel il nous faut dire oui, nous qui nous récupérons tellement. Et non seulement nous nous récupérons, mais nous prétextons notre misère et notre faiblesse et nos péchés et tout le reste pour, justement nous donner la dispense avec notre Dieu. ça, c’est encore un fruit de notre péché. Non : que nous soyons dans l’amour, saints et irréprochables sous son regard. Il nous a d’avance destinés à devenir pour lui des fils (bien-aimés) par Jésus Christ. Et cela réalise la louange de la gloire de Dieu. marie, elle est dans ce monde qui a fermé ses rideaux vis-à-vis de Dieu, il ne faut pas que nous l’oubliions, c’est le premier texte ; dans ce monde dans lequel Dieu n’a plus d’accès. Oh, bien sûr, il reste le créateur de ce monde et c’est seulement en lui que ce monde a l’être, le devenir et tout le reste, mais n’empêche quand même que puisque Dieu nous a faits pour aimer, si nous ne disons pas oui, il reste de l’autre côté de la porte : « Voici que je me tiens à la porte et que je frappe ». Alors, la beauté de Marie, par grâce de Dieu, elle a préparé pour lui, une demeure digne de lui ; par grâce de Dieu, elle s’est laissé introduire dans les secrets du roi d’une manière que nous ne pouvons même pas imaginer. Et par les mérites de Jésus Christ, Dieu l’a préservée de tout péché, c’est-à-dire de tout retour sur elle, c’est-à-dire de toute ombre, dans ce sens que nous, nous avons des ombres vis-à-vis de Dieu. Mais elle a été ombragée entièrement par l’Esprit Saint, inconnue totalement du mal et du mensonge. Voilà le mystère de l’immaculée conception. Hors de la lutte ? Non, au contraire : dans la lutte encore bien plus que tout le monde : chapitre 12 de l’Apocalypse ; mais elle est enveloppée du soleil. Elle est enveloppée de soleil et sa beauté et sa grandeur, c’est le consentement de son amour à tout ce que Dieu veut. Et le consentement de son amour, elle le donnera surtout là, dans ce mystère de la croix, là encore, d’une manière que nous ne pouvons même pas soupçonner ; elle donnera à ce mystère de la croix – Jean-Paul II l’a rappelé dans sa si belle lettre « Marie, mère du Rédempteur » – là encore, le consentement de son amour. Or, finalement, que nous faut-il retenir d’elle aujourd’hui ? Retenir qu’à sa suite, nous pouvons, nous aussi, dans l’appel de Dieu qui est le nôtre maintenant, donner le consentement de notre amour à l’œuvre que Dieu veut réaliser. Alors, que se passe-t-il si nous donnons le consentement de notre amour à l’œuvre que Dieu fait ? Immédiatement, Dieu prend corps en chacun de nous. Demandons aujourd’hui que Marie, elle qui a été si proche de l’Esprit Saint, demandons-lui que par les mérites de Jésus son enfant, l’Esprit Saint puisse véritablement prendre corps en nous pour que nous demeurions de l’amour ; saints et irréprochables. N’oublions pas que nous avons été baptisés et que dans ce baptême que nous avons reçu les uns et les autres, nous sommes devenus saints et irréprochables, pour que véritablement nous puissions donner le consentement de notre amour à l’œuvre de notre Dieu. À ces quelques jours de Noël, c’est la grâce que nous demandons par l’intermédiaire de Marie, de donner notre consentement de notre amour à tout ce que Dieu veut, mais surtout de demeurer dans cet amour. Ep. 1, 3-12 Immaculée Conception Lundi 9 décembre 1996 Gn 3, 9-15.20 ps 97 Cassette 200 face 2 (442) Ep. 1, 3-6.11-12 Lc 1, 26-38

Plus de grâce que toutes les créatures ensemble Immaculée Conception Sem 1 vendredi Gn 3, 9-20 8 décembre 1995 Ps 97 Cassette 179 face 1 (505 …) Eph 1, 3-12 Face 2 début Lc 1, 26-38

Cette fête de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, frères et sœurs, nous allons souhaiter une bonne fête au Val fleuri. En effet, mystérieusement, depuis l’origine bien avant l’Arche, le Val fleuri avait déjà été consacré à Marie. Et comme l’anniversaire du Val fleuri était avant l’Arche, on ne pouvait pas se mettre à fêter les 33 ans d’Arche et pas les 35 ans du Val fleuri ! Alors, on s’est dit : « quoi faire ? ». On ne fêtera pas l’anniversaire, mais on fera la fête. Et c’est la 8 décembre qui a été choisi puisque la Vierge Marie a toujours tenu une place particulière au Val fleuri. Et ça continue. Cette fête de Marie dans son immaculée conception, elle nous intéresse au premier plan. Le Concile Vatican II l’a rappelé : Marie, elle est le prototype de l’Église. Elle est modèle de l’Église, elle est le moule par lequel chacun de nous passe pour devenir l’enfant du Père. Le mystère par lequel le Père a voulu nous proposer un passage pour son Fils, l’Unique, le Bien-aimé, c’est le même mystère par lequel chacune et chacun de nous est enfant à la vie divine. Demandons la grâce de comprendre la parole qui nous est proposée aujourd’hui. Nous avons entendu, dans la première lecture. Dans la première lecture, dès l’origine, il y a un blocage ; il y a une fermeture : la femme et l’homme, créés dans la foi avant dans passer dans la vision de ce Dieu d’amour, ont dit non. Et ce non, mystérieusement fut communiqué à toute la génération humaine. Nous avons entendu ce texte. C’est aussi notre histoire à chacun : cette même peur qui nous tenaille dans nos entrailles, cette même peut de Dieu même, voilà où elle s’origine : ce refus. Cette façon de nous détourner de Dieu qui nous est tout à fait naturelle, voilà où elle s’origine. mais une espérance est déjà contenue dans ce premier des textes. Ayant tourné le dos à Dieu, devenu par là dans la détresse, Dieu pose déjà une espérance : Je mettrai une hostilité entre la femme et toi, dit-il au menteur, celui qui a perverti la parole, celui qui a perverti l e cœur de la petite création de Dieu. Je mettrai une hostilité entre la femme et toi, entre sa descendance et ta descendance ; sa descendance te meurtrira la tête. Jésus, dans cette première parole, est déjà annoncé. La femme, c’est Marie, sa descendance c’est Jésus. L’Orgueilleux, parce que c’est ça le menteur, l’accusateur des frères, l’orgueilleux qui veut avoir raison contre Dieu, il sera atteint dans la cœur de son mal, c’est-à-dire la tête, puisque l’orgueilleux, c’est sa tête qui est atteinte. Voilà, tout est annoncé dans cette première parle. Nous avons dans l’Évangile, un mot unique, il n’y en a qu’un dans toute l’Évangile et toute la parole de Dieu. C’est : « comblée de grâce ». Si on le disait en grec, cela ferait plus savant, je vous l’épargne. « Comblée de grâce », il n’y a pas deux mots dans la Bible semblables à celui-là. Il y a cependant dans la Bible, un autre mot qui vient de la même racine, vous l’avez entendu, il est dans la deuxième lecture : Voilà ce qu’il a voulu dans sa bienveillance, à la louange de sa gloire, de cette grâce dont il nous a comblés en son Fils bien-aimé. Alors, même racine, mais autre manière de dire autre chose. Mais c’est de la même réalité dont il s’agit, càl ’amour dont Dieu nous aime. Alors, quel est le mystère de Marie à partir de là ?Le mystère de Marie, ce pour quoi nous l’aimons : c’est parce qu’elle a cru. Nous sommes tous dans la foi et les épreuves s’abattent sur nous les unes après les autres ; allons-nous tenir dans ces épreuves ? Marie, elle est la fille de ce peuple d’Israël et ce peuple d’Israël, elle en connaît les échecs, elle en connaît les péchés, elle en connaît les misères, elle en connaît les épreuves. Et en ce temps où l’annonce lui est faite, c’est la domination romaine. Or, Marie a cru, elle a cru en quoi ? Elle a cru que Dieu était amour à l’avance, qu’il n’était qu’amour et qu’il ne serait toujours qu’amour et c’est de cet amour-là, grâce à sa foi, dont elle est comblée à elle toute seule – tenez-vous bien – dont elle est comblée à elle toute seule plus que toute la création réunie de tous les temps. Certes, Jésus, dans son mystère, il est la source de cet amour. Il n’y a donc pas de proportion possible en tre la créature, même si elle s’appelle Marie et le Fils de Dieu qui est Dieu lui-même, mais cependant, ce "comblée de grâce… Fin de la première face cassette 179 Deuxième face … recevoir plus qu’eux tous à elle toute seule, pour tous. Parce que chaque fois que Dieu comble un de ses enfants, il comble par le fait qu’il a comblé cet enfant, la multitude. Et chacun reçoit en proportion de son cœur, de son appel et de sa grâce, et de sa foi bien entendu puisque nous sommes toujours bien situés dans la foi. Or, cette grâce, cet amour incroyable qu’elle laisse déverser en elle, qu’elle va porter – il faut le porter cet amour-là – il nous est manifesté à l’avance. Or, cette avance, ce don de Dieu, il vient de la croix de Jésus. En cela, Marie est donc dégagée de cette tare, de cet avatar, de cette origine qui fait de nous de pauvres pécheurs. En vue de quoi ? En vue de porter Jésus le fils bien-aimé du Père. Alors, dans cet évangile, nous avons trois reprises de ce dialogue étonnant entre l’ange et Marie. Ce que je dis se traduit par une petitesse, par une pauvreté que nous ne pouvons pas imaginer. Dans ce sens-là, Marie est tout l’inverse d’une déesse qui se mettrait sur un piédestal et au premier rang : il a regardé la bassesse, il a regardé la pauvreté de sa servante. Plus de don de Dieu est grand, plus celui qui le reçoit connaît la disproportion entre le don de Dieu est sa petite créature. Alors, Marie, cette petite fille toute simple, ignorante d’elle-même parce que dégagée de ce retour maladif sur elle-même, qui nous habite tous – on dirait retour psychologique – elle ne se regarde pas : elle est émerveillée du don de Dieu et du don de ses sœurs et de ses frères. Elle entend cette phrase extraordinaire : « Réjouis-toi ». Or, ce « réjouis-toi », il a déjà retenti dans toute l’Ancien Testament. Réjouis-toi, comblée de grâce. Toi, celle qui contient plus de grâce que toute l’humanité en ??? Il y a un arrêt, bien évidemment après cette parole. À cette parole, elle fut toute bouleversée. En plus, il est ajouté : Le Seigneur est avec toi. Cela, c’est la mot de passe pour toutes les annonciations de l’Ancien Testament : « Ne crains pas, David, le Seigneur est avec toi » ; « Ne crains pas, un tel, le Seigneur est avec toi ». Marie, à cette parole est toute bouleversée, et en même temps que l’ange le lui dit, elle prend conscience de ce don absolument incompréhensible à son égard et de la disproportion pour que la petite créature, dans la faiblesse – dans la faiblesse pourquoi ? Parce que dans la virginité. Or, la virginité, comme la stérilité, pour la femme, et a fortiori à cette époque-là, c’était pas particulièrement favorable. Or, elle avait choisi, comme possible, ce chemin-là. À cette parole, elle fut toute bouleversée et se demandait ce que pouvait signifier cette salutation. Deuxième tableau : l’ange reprend, sur le même modèle : Marie, t as trouvé grâce. L’ange insiste. Or, quelle est l’épreuve de chacun de nous ? De croire que nous aussi, nous avons trouvé grâce, de croire que nous sommes enveloppés d’un tel amour, de croire que véritablement c’est possible de penser un monde meilleur, mais jamais sans Dieu. « Sans dieu », c’est la faute de l’origine. toujours avec Dieu. Ça, c’est véritablement l’épreuve majeure de chacun de nous. Et en cela, Marie, à l’avance reprend le défi pour une humanité nouvelle qui s’appuiera sur Dieu plus que sur elle. Tu as trouvé grâce auprès de Dieu. Voici que tu vas concevoir et enfantera un fils … Il sera appelé Fils du Très-Haut. Cette fois, c’est clair, tu deviendras enceinte et enceinte de celui qui est le fils de Dieu. Véritable difficulté ! Nouveau rebondissement : comment cela va-t-il se faire puisque je suis vierge ? Non seulement je suis vierge, mais je n’ai pas l’intention ; je dirais que l’annonce qui lui est faite ne va certainement pas changer d’avis pour elle. Et cependant, Dieu est le maître de l’impossible, même là. "Comment cela peut-il se faire ? Je suis dans cet état de pauvreté et de petitesse, telle que la femme stérile de l’Ancien Testament pouvait le savoir puisque le virginité n’existait pas, au moins comme état de vie. C’est simplement dire à Dieu : Je veux bien tout ce que tu veux mais il faut que tu me dises un petit peu plus. Alors, troisième tableau : L’Esprit Saint viendra sur toi. Cette grâce de Dieu, ce « comblée de grâce » qui t’enveloppe déjà et de toutes parts va encore être amplifié puisque c’est Dieu lui-même en personne qui va épouser tout ce que tu es dans ton être de femme pour faire naître celui qui deviendra l’enfant bien aimé du Père. La puissance du Très-Haut te prendra sous son ombre ; c’est pourquoi l’enfant qui naîtra sera saint et il sera appelé Fils de Dieu. Et cet archange est bon. Il est bon : il ajoute encore : « et tu sais, Élisabeth, la stérile de la famille, elle est au sixième mois ». Tu peux croire ! ça, c’est l’archange. Nouveau tableau. Si c’est ainsi, oui, d’accord, si c’est ainsi : Que tout se passe pour moi selon ta parole. À la fois, c’est d’une simplicité étonnante, et en même temps est en train de se vivre à ce moment-là la révolution la plus grande que l’humanité ne connaîtra plus jamais, hormis la résurrection de Jésus. Mais déjà ce texte est un texte de résurrection, résurrection de l’humanité. Demandons, frères et sœurs, en ce jour de fête, combien nous avons à dire oui à Dieu, un oui total, nous laisser totalement remplir de cet amour de Dieu et dans le regard de Dieu, de venir vraiment au secours les uns des autres et du monde.

Conversion : comme Elle, regarder vers Dieu seul

Pendant ces 3 ans qui nous préparent à ce jubilé, à cette fête de l’Église pour ces 2000 de christianisme et pour entrer dans ce troisième millénaire, l’Église, cette année veut que nous fêtions d’une manière particulière, Jésus. Mais l’Église souligne Jésus, dans son lien avec Marie. Et aujourd’hui, dans cette première fête, celle de l’Immaculée Conception de la Vierge Marie, il nous faut d’abord, avec la parole qui nous est donnée, demander la grâce d’un changement de regard ; cela s’appelle une conversion. Et quelle est cette conversion qu’il faut que nous demandions tous ensemble ce soir, frères et sœurs. Nous avons deux modes de nous regarder ou de regarder les autres. Soit selon la première lecture : « Adam, où es-tu donc ? – Je me suis caché, j’ai eu peur ». Et nous savons que ce mode de culpabilisation, ce mode psychologique de retour sur soi nous mène de ténèbres en ténèbres et d’angoisses en angoisses. Ça, c’était avant l’Immaculée Conception. l’Immaculée Conception de Marie vient opérer un virage total à cette manière de voir. L’autre manière de voir, et c’est la deuxième, est selon la grâce de Dieu. Il y a un mot dans cet évangile que l’on ne retrouve nulle part ailleurs dans l’Ancien Testament ; il est unique, et ce un mot chargé où les exégètes eux-mêmes ne savent pas bien, ils sont dépassées. C’est ce mot « comblée de grâce », en grec ? C’est un mot unique : comblée de grâce. Ça ne s’est jamais vu. Il y a la racine ? , le don de Dieu signalé par ce mot est un don qui contient tous les autres dons, pour l’univers entier et pour tous les temps. La bénédiction contenue, et les exégètes ne savent pas comment dire ce mot, la bénédiction contenue dans ce mot contient toutes les bénédictions de tous les temps et pour tous les peuples. « Comblée de grâce ». L’interrogation. Et c’est en Angleterre que ce mystère de l’Immaculée Conception a été creusé pour la première fois. Et l’église, de longs siècles après l’a mise en lumière. Ce mot contient une deuxième manière de se regarder, parce que toujours, dans les fêtes chrétiennes c’est pour nous, c’est pour les enfants. Béni soit Dieu, le Père (…) . Il nous a comblés de sa bénédiction. Cela s’adresse en premier lieu à Marie. En lui, il nous a choisis avant la création du monde pour que nous soyons, dans l’amour saints et immaculés : le voilà, sous son regard. Mais ça, c’est la bénédiction contenue dans l’annonce faite à Marie et dans ce mot très particulier : « comblée de grâce ». Elle est, en effet, comblée de grâce. C’est pour cela qu’elle ne sait pas ce que veut dire cette salutation ; elle est toute bouleversée. La parole de Dieu réalise, actualise, accentue ce qu’elle signifie dans le regard de l’ange, elle comprend ce qui arrive, et elle peut prendre peur : « Sois sans crainte, Marie » ; afin que nous soyons, dans l’amour, saints et irréprochables, sous son regard. Voilà le désir de notre cœur, et voilà ce qui est bien plus profond en nous ; ce que le Père Thomas appelle, la conscience d’amour et qui est bien plus important pour nous à regarder que tous les retours psychologiques sur nous-mêmes. Même si, par grâce de Dieu encore, il faut savoir donner à chacun son travail et aux psychologues le leur. D’avance : la voilà l’Immaculée Conception de Marie, c’est en Jésus qu’elle est pleine de grâce, comblée de grâce ; et c’est grâce aux mérites de Jésus, pour nous donner Jésus. Alors, il y a là pas seulement des subtilités de langage, une réalité excessivement profonde et qui est tellement importante pour nous : comment allons-nous nous regarder ? Comme est attardés de la grâce, de pauvres retournés sur eux-mêmes ? Ou bien, avec la simplicité, la limpidité du cœur d’un enfant, demeurer dans ce cœur de Dieu, si pécheurs, si limités, si souffrants que nous sommes, mais confiants sur la grâce de Dieu avant de compter sur ce que nous sommes et dont nous avons l’expérience psychologiquement et qui ne correspond pas à la racine profonde de notre être. Il nous a d’avance – elle la première – destinés à devenir pour lui des fils par Jésus Christ. Voilà ce que nous avons du mal à comprendre ; mais Dieu est au-delà de tout, au-delà du temps, dans son éternité. Et ce qu’il a prédestiné une fois pour toutes, il le réalise quand il veut et comme il veut. Ce mystère de retournement, de conversion, il est pour nous tellement important. Soit nous sommes les enfants d’Ève ; alors, nous allons de retournement psychologiques en retournements psychologiques, en nous tordant le cou pour savoir ce qui se passe. Soit nous sommes ceux de Marie et alors, nous sommes projetés dans cette grâce infinie du cœur de notre Père. « Oui, d’avance, il nous a destinés à être pour lui saints et irréprochables ». Saint Anselme dit quelque chose d’étonnant : « Dieu a tout créé et Marie a enfanté Dieu, Dieu a tout formé et s’est formé lui-même dans le sein de Marie, - écoutez bien, c’est saint Anselme qui le dit – et ainsi, il a refait tout ce qu’il avait fait ». Il s’agit bien de Jésus, il s’agit bien de l’œuvre de la grâce de Jésus ; il s’agit bien de la surabondance d’amour du cœur de Dieu. Mais il a pris un chemin et nous fait passer par ce chemin. Et nous devons avoir l’humilité de le reconnaître. C’est ce que nous allons demander, frères et sœurs, dans ce temps qui nous prépare à célébrer ces 2000 ans de Jésus : connaître je comme Marie l’a connu, ça, ce n’est pas rien. Nous n’y arriverons jamais : nous placer dans ce regard là, parce que ce regard-là, c’est le regard du Père, c’est son dessein d’amour infini sur l’humanité. par sa petite fille Marie, il a voulu tout, absolument tout reprendre dans le Christ. Comblée de grâce, mais le secret, il est livré un peu plus loin : c’est l’action du Saint-Esprit. C’est l’action du Saint-Esprit dans le cœur de sa petite créature. Ils sont désormais indissolublement unis et si fortement associés à la même œuvre, que ce qui vient de l’un et ce qui vient de l’autre – nouvel Adam et nouvelle Ève – sera confondu. Confondu dans une surabondance de grâce. Bien sûr que c’est Jésus qui nous sauve, qui dirait le contraire ! Mais Marie, dans sa compassion sera celle qui apportera le complément nécessaire parce que elle est la créature qui répond au don du créateur, elle est l’épouse qui répond au don de l’Époux. Et Dieu qui nous a créés d’une manière où nous pouvions, dans notre liberté, lui tourner le dos dans cette recréation, il veut que dans notre liberté, nous participions à ce don. Dans ce sens, la grâce nous enveloppe de toute manière. Mais la grâce prend corps dans cette fête que nous célébrons aujourd’hui ; l’Immaculée Conception est directement en lien à la maternité divine de Marie. Si un tel don lui est fait, c’est parce qu’elle va devenir la Mère de Dieu en devenant la Mère de Jésus. Elle aura le même Fils que le Père. C’est quelque chose qui nous dépasse complètement. Mais retenons ce soir, frères et sœurs, ce changement de regard, non pas en mettant la main sur notre pouls pour savoir comment, psychologiquement nous allons et ce que nous ressentons ou autre chose comme ça, Non. Déterminés, en regardant le cœur plein d’amour de Dieu, nous regarder dans cet amour et ne vivre que de cet amour. C’est la grâce que nous demandons en cette fête de Marie dans son Immaculée Conception.

Gn 3, 9-15 Immaculée Conception La dimension prophétique de nos vies Gn 3, 9-15.20 9 décembre 2002 Ps 97 Cassette 336 face 2 (167…) Ep 1, 3-6.11-12 Lc 1, 26-38

(Avec) la fête de l’Immaculée Conception, frères et sœurs, nous sommes au carrefour de deux mondes. Et selon notre consentement, nous pouvons appartenir à l’un ou à l’autre de ces deux mondes. Et comme vous savez, notre vie est mélangée, et que l’on a deux pieds, on est à cloche pied tantôt sur un monde, tantôt sur l’autre. Or, il nous faudrait de plus en plus arriver à n’appartenir qu’à ce monde de Marie, l’Immaculée. Il suffit simplement d’avoir compris que rien n’est impossible à Dieu. Si nous avons compris que le salut est possible, que rien n’est impossible à Dieu, nous basculons dans le monde de l’Immaculée Conception pourvu que nous puissions lui dire, à notre Dieu : « Voici, je suis là, mais que tout se passe selon ta parole ». tout est là. « Pas selon ce que je veux, dit Jésus dans l’agonie, mais ce que tu veux ». Or, nous savons que cette bascule, elle prend toute notre vie. Nous avons beau être baptisé dans le Christ, le chiendent, les orties et les ronces, cela tient bon. Et c’est vrai qu’il faut notre consentement. Le premier monde, on l’a bien entendu, c’est la première lecture. Il n’y a pas besoin de beaucoup de commentaires. Nous en avons une expérience quotidienne. C’est terrible ! C’est ce que saint Paul appelle « le vieil homme », ou bien encore, quand il dit : « Je ne fais pas ce que je veux, et ce que je ne veux pas, je le fais », je ne suis pas fier ! Et cependant, quelques petits repères, quand même : Qui donc t’a dit que tu étais nu ? Au départ, ça ne gênait pas du tout : "Merveille qui je suis, merveilles que tes œuvres ! O, Seigneur ! Admirable, la chair de ma chair, l’os de mes os ! "Tout était en harmonie avec l’Esprit Saint, dans le rapport avec Dieu, dans la rapport avec les autres. Et tout allait bien ! Oh, t’as pas vu comme je suis moche ! Oh, t’as pas vu comme je suis con ! … Voilà, je suis nu ! La manière avec laquelle je vais me regarder, est la manière dont je vais après regarder les autres et regarder Dieu. l’autre petit signe : La femme que tu m’as donnée, c’est elle… voilà l’accusation qui commence, on n’en finit pas. Après, le serpent… On ne va pas en finir. C’est si fort que saint Jean dira : « l’accusateur des frères, celui qui les accuse jour et nuit ». Ça, c’est le vieux tableau. Il est mort depuis longtemps ce vieux tableau, et Dieu est mort pour le faire mourir. Mais il a la vie dure et il tient, tenace ; mais il ne faut pas insister.

La bascule dans le monde de l’immaculée, voilà l’important. mais, si nous n’en avons pas fait l’expérience, nous n’y croyons pas. Nous ne croyons pas que ce champ d’orties, ce champ de ronces, ce champ de tout ce que vous voulez et que nous connaissons trop bien, Dieu peut faire un paradis de roses, pour reprendre le langage du dernier docteur de l’Église. Et puis, on peut ajouter toutes sortes de lis, de violettes, ou de pâquerettes, pourquoi pas. Et notre vie peut vraiment devenir un chant d’amour, un champ de fleurs. Mais alors, il nous faut basculer à chaque instant de ce vieux monde dans ce monde nouveau. On peut dire que c’est cela que l’on appelle la conversion. Alors, ce monde nouveau, on l’a chanté cet après-midi, cette salle était comble ; et on a chanté les merveilles de Daniel, or, il a basculé. Je ne dis pas que c’était tous les jours facile. Comme disait Jean, d’une manière très belle : « On l’a embauché pour réparer les tuyaux, et en fait, il a réparé la communauté ! » C’est beau cela, j’aime beaucoup parce que je crois que c’est profondément vrai. Et je me disais tout à l’heure, en fait, il était un bon berger pour la communauté : partout où il était, il faisait la paix. Il essayait, en tous les cas. Et à partir de là, il appartenant à ce monde nouveau. Or, c’est une décision, devant Dieu et la Vierge Marie, de basculer dans le monde nouveau et de ne pas revenir à l’ancien. Il reviendra tout seul, et il faudra le rechasser encore. Alors, c’est toute la deuxième lecture que nous avons entendue : Béni soit Dieu ! Alors, c’est la bénédiction, l’action de grâces, parce que tant qu’on n’y est pas, c’est raté : un saint triste est un triste saint. Et cela restera jusqu’à ce qu’il revienne. Il nous a comblés de sa bénédiction spirituelle. Il faut arriver à gratter la terre – comme Bernadette à Lourdes jusqu’à ce que l’eau vive sorte. Et Dieu sait si l’eau boueuse qu’elle a bue, n’était pas facile à boire. Ça, c’est un combat quotidien. Quel combat pour faire vivre en nous la vie. C’est un combat qui prend toutes nos énergies mais qu’importe ! C’est Dieu et l’Esprit Saint qui viendra sur nous aussi et qui fera en chacune et chacun de nous l’homme nouveau, la femme nouvelle. « Il nous a bénis, il nous a choisis » ; voilà : c’est ce monde-là qu’il nous faut faire advenir. Il est au plus profond de nous, ce monde-là, il est là, sinon, nous réduirions la passion de Jésus à rien du tout. Voilà l’enjeu. L’enjeu n’est pas moins que la passion du Christ. Et chaque fois que nous basculons dans le vieux monde, nous faisons mentir la passion du Christ, et ça, c’est grave ; cela fait pleurer sa mère. Il nous a choisis (…) pour que nous soyons dans l’amour. Ça, c’est un choix pas facile à faire, vraiment pas facile ; que ce soit dans le mariage, que ce soit dans le célibat, que ce soit dans la situation dans laquelle nous sommes, il n’y a pas mieux : tous les tableaux sont les tableaux de la grande lutte, l’Apocalypse. eh bien, avec son aide, nous sommes vainqueur. …à devenir pour lui des fils par Jésus Christ : voilà ce qu’il a voulu dans sa bienveillance, pour que soit chantée la merveille du don gratuit. Et l’enjeu, il est là : pour que soit chantée à jamais la merveille du don de Dieu : sortir à jamais de ce vieux monde pour vivre du nouveau ; voilà l’Immaculée Conception. Ce n’est pas hors de notre portée, il faut simplement : « Jérusalem, Jérusalem, quitte ta robe de tristesse » qui nous colle à la peau. Et il faut l’arracher, cette vieille peau pour laisser la peau d’enfant de Dieu. En lui, Dieu nous a d’avance destinés à devenir son peuple, c’est ce peuple de l’Église. Alors demandons, demandons que nous basculions vraiment, Marie l’attend avec grand amour, que nous basculions de son côté ; que nous soyons vraiment des enfants choisis, bénis, comme elle. C’est ce qu’elle veut. So. 3, 1…13 Parole du Seigneur à Jérusalem : Malheureuse la rebelle. Malheureuse cette ville – c’est la ville du roi, Jérusalem – malheureuse quand elle se prend véritablement à son propre jeu, à son propre orgueil, à son cinéma, en d’autres termes. Malheureuse parce qu’elle ne voit pas, elle ne voit plus qu’il lui faut se convertir, qu’il lui faut humblement reprendre le chemin du retour vers son Dieu. Qu’il lui faut se resituer pauvre, démunie, pécheresse, suppliant que son Dieu vienne vraiment pour la sauver. Il faut nous tourner vraiment vers Marie. Vers Marie pour qu’elle exerce sur nous son regard de tendresse et de compassion. Marie l’Immaculée connaît bien notre détresse et notre misère. Elle la connaît bien mieux que nous. Elle est heureuse, Marie, quand nous nous situons pauvrement, petitement parce que alors, elle peut nous prendre par la main. Elle peut faire de nous ses enfants. Mais dès qu’elle sent dans notre cœur cet orgueil, cette suffisance, ce sentiment que finalement ce n’est pas si mal chez et que ce sont surtout les autres qui devraient nous regarder pour savoir comment il faut faire. Là, véritablement, elle est très démunie parce que notre main lui échappe : nous ne sommes pas dans un état de conversion, nous ne sommes pas sur le chemin de pénitence, nous ne sommes pas sur le bon chemin. Malheureuse, la rebelle, la ville tyrannique ! Ça veut dire quoi la ville tyrannique ? Cela veut dire qu’en dehors de sa façon de voir, c’est-à-dire de ses propres lunettes, il n’y a pas de bonne vision ; en dehors de sa façon de regarder les choses, il n’y en a pas d’autres : tout doit passer par le prisme de ses lunettes ; donc, elle exerce une tyrannie, elle veut ramener tout à elle-même et à sa façon de voir. Malheureuse est-elle parce que alors, elle se prive véritablement d’admirer tout ce que Dieu fait, toute l’œuvre de Dieu, la merveille de l’œuvre de Dieu dans le cœur de tous les autres aussi. Parce que Dieu travaille dans le cœur de tout homme, si pauvre soit-il, si misérable soit-il, si pécheur soit-il. Elle n’a écouté la voix de personne, elle n’a pas accepté de leçon, elle n’a pas fait confiance au Seigneur en n’écoutant pas les autres, en ramenant tout à elle, se prenant presque pour le Seigneur. Elle ne s’est pas présentée pour servir son Dieu. Alors dit Dieu, je vais prendre les grands moyens et je vais la purifier, je vais la mettre dans l’épreuve et je vais ébranler ses fondements, je vais lui apprendre que elle et son Dieu, c’est autre chose. Il ne faut pas qu’elle se prenne pour son Dieu ; il faut simplement, pauvrement, humblement, doucement, qu’elle se mette à l’école de son Dieu. Mais, dit Dieu, mes adorateurs, tous mes enfants dispersés, ceux-là reviendront vers moi. Car il veut que nous, petit peuple de pauvres, petit peuple de l’Arche, nous soyons vraiment ses enfants dispersés, pauvres, faisant l’expérience à chaque heure de chaque journée de sa misère, de sa détresse, se remettant debout chaque jour et humblement, pauvrement, demandant le secours de Dieu. Ce petit reste, bien sûr d’un point de vue sociologique, social, politique, que sais-je… mais surtout ce petit reste au fond de nous ; parce que, quand nous nous sommes regardés dans la lumière de Dieu, que reste-t-il ? Pas grand-chose. Une petite bonne volonté : « j’essayerai de faire mieux », comme un enfant pris en faute, prenant conscience de sa misère et suppliant d’avoir encore un petit peu de temps pour essayer de faire mieux. Demandant encore miséricorde pour essayer d’ajuster son cœur et son regard à celui de Dieu. Alors, ce petit reste d’Israël, il ne commettra plus l’iniquité. Il aura rejoint l’humilité de Marie, il ne se prendra pas trop au sérieux, il saura que sous le soleil de Dieu, il y a place pour tout le monde, il renoncera au mensonge, au père du mensonge ; il renoncera aux tromperies, il ne voudra pas en mettre plein la vue. Non, Dieu n’en a jamais mis plein la vue à personne. Il pourra paître et se reposer sans que personne ne puisse l’effrayer. Ct. 2, 8-14

Visitation : un petit air de jeunesse 21 décembre 2002 Ct. 2, 8-14 Cassette 337 face 2 (374…) Ps 32 Lc 1, 39-45

C’est un petit air de jeunesse qui nous est proposé ce soir dans cette préparation de Noël. Un petit air de jeunesse dans ce vieux monde ; un petit air de jeunesse dans cet hiver froid ; un petit air de jeunesse dans cette violence intolérable ; un petit de jeunesse à travers de nos rides, de nos lourdeurs, de notre arthrose… que sais-je ? C’est difficile pour nous : simplement mettre un sourire sur notre visage serait un effort. Et pourtant, c’est drôlement important. Voici mon bien-aimé qui vient ! il escalade les montagnes, il franchit les collines, il accourt comme la gazelle, comme le petit d’une biche. Voilà ce climat de printemps après un hiver rude, après des gelées profondes, après un moment où il n’y a vraiment plus rien qui reste : l’oiseau chante, le soleil réchauffe la terre, les petites plantes commencent à sortir, avec toutes les fleurs et la gaieté se met sur les visages. Voilà Noël ! Le voici qui se tient derrière notre mur, il regarde par la fenêtre, il guette à travers le treillage. Nous avons tellement besoin de ce monde, nous avons tellement besoin de nous rajeunir. Or, Jésus à Noël vient rajeunir notre humanité. Parce que le passage au ciel sera quand même l’éternel rajeunissement, ne l’oublions jamais. Entrer dans l’éternelle jeunesse, ce sera notre passage au ciel. Lève-toi, mon amie, viens ma toute belle. Dieu sait le poids de nos jours. Dieu sait la lourdeur de nos chemins, sa croix manifeste combien il a porté cette vieille humanité pour la rajeunir fondamentalement. Voici que l’hiver est passé, la saison des pluies est finie, elle s’est est allée. Dans la campagne les fleurs apparaissent. Le temps des chansons arrive. Combien nous avons besoin – et aujourd’hui, la liturgie nous y invite – de renouveler, de nous laisser renouveler fondamentalement dans nos vies. Ça c’est le passage, la brise légère de l’Esprit Saint. Le roucoulement de la tourterelle se fait entendre dans nos campagnes, (…). lève-toi mon amie. Alors, voilà comment l’Église situe la visitation de Marie à sa vieille cousine Élisabeth : la rencontre de deux mondes, rencontre de l’Ancien Testament , cette fois, il ne faut pas dire le « premier », il faut dire l’ancien avec tout ce que ça peut avoir de lourdeur, de rides ; le pauvre Zacharie est muet, il a peur, il se cache et a honte. Et la petite Marie arrive. Rajeunissement et naissance d’un tout autre monde : « Lève-toi, mon amie, viens ma toute belle, ma colombe blottie dans le rocher, cachée dans la falaise ». Mystère de cette petite fille d’Israël qui porte en elle le plus petit des enfants des hommes que l’Esprit Saint anime. Et ce duo, cette avancée invisible aux hommes, va se révéler à la vieille Élisabeth. Montre-moi ton visage, fais-moi entendre ta voix ; car ta voix est douce et ton visage est beau. Mystère de Marie, je dirais dans toute sa splendeur, dans toute sa jeunesse, peut-être qu’elle chante des cantiques. Elle les chante certainement en hébreu, et ça résonne vrai, ça sonne juste : les paroles de Dieu, d’une éternelle jeunesse, ont pris corps. « Ma colombe blottie dans le rocher » : ce n’est pas de l’inconscience, ce n’est pas du passager. À la résurrection, quand elle est debout, c’est toujours la même ardeur à être debout. La colombe blottie aux creux du rocher, on le sait très bien, c’est Marie au pied de la croix, cachée au creux de cette blessure dans laquelle elle prend naissance. Voilà la Visitation telle qu’elle est donnée dans l’Évangile. Marie se mit en route rapidement, c’est-à-dire avec légèreté, rapide, en hâte, avec allégresse, avec joie. C’est tout le Cantique. Elle entra dans la maison de Zacharie ; voilà le Royaume qui prend cœur, qui prend corps, qui prend vie dans chacune de nos existences, de nos familles, de nos communautés. Combien un Noël doit rénover tout fondamentalement, doit remettre une espérance. Alors, la vieille Élisabeth, toute ridée, toute honteuse puisqu’elle se cache, elle reprend une jeunesse. ¬Quand Élisabeth entendit la salutation de Marie : affrontement de deux mondes qui cohabitent à l’intérieur de nous. Il y a en un qui est en gémissement, celui qui doit être en naissance. Et puis, il y en a un vieux : la chape de plomb qu’il faut tous les matins déplacer à son réveil ; elle est là. C’est vraiment en chacune et chacun de nous ; c’est là que ça se passe, c’est à l’intérieur. Quand Élisabeth entendit la salutation de Marie : c’est un mystère de Jésus, c’est un mystère d’enfant. Le premier qui a été à l’œuvre, c’est le petit Jésus, plus petit des enfants des hommes, vis-à-vis du petit Jean-Baptiste. Voilà où s’est faite la rencontre : mû par l’Esprit Saint, dans les profondeurs. Et déjà le fruit de cette rencontre se manifeste : Quand Élisabeth entendit la salutation de Marie, l’enfant tressaillit en elle. Et du tressaillement de l’enfant, elle fut remplie de l’Esprit Saint et s’écria d’une voix forte : « Tu es bénie entre toutes les femmes et le fruit de tes entrailles est béni ». La joie du « Je vous salue, Marie », c’est ce que Jean-Paul II a tellement redit dans sa dernière lettre où il propose les mystère lumineux, parce que notre vieux monde a besoin d’être revêtu de la lumière, de la splendeur qui vient de Dieu. Il est urgent que cette splendeur de Dieu se lise sur chacun de nos visages. « Tu es bénie entre les femmes », chaque fois que nous disons un « Je vous salue, Marie », nous sommes dans le Cantique des cantiques. Et chaque fois, nous annonçons un monde nouveau. « Et le fruit de tes entrailles est béni » : notre chair fait germer le Sauveur ; notre Dieu indicible, invisible arrive et prend visage humain. Comment ai-je ce bonheur que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Elle vient à nous sans cesse, si nous savons la demander, si nous savons l’accueillir. L’enfant a tressailli d’allégresse (…). heureuse celle qui a cru ! Demandons, dans cette Eucharistie, frères et sœurs,, ce petit air de jeunesse : les autres en ont besoin, et puis, nous aussi nous en avons besoin ! Mc. 2, 1-12 Amener au Sauveur la détresse du monde He 4, 1-5.11 Semaine de prières pour l’unité 17 janvier 2003 Ps 77 Cassette 339 face 2 (200…) Mc 2, 1-12

Un aspect de cet Évangile, frères et sœurs, est bien important pour nous qui avons, comme cette expérience intérieure que Jésus vraiment est le Sauveur. Rien que ces gens qui lui apportent un paralysé porté par quatre hommes. Ces quatre hommes, certains exégètes se demandent si ce ne sont pas les quatre premiers appelés dans cet Évangile de saint Marc, ce qui nous situerait, nous, venant participer à cette Eucharistie, apportant à Jésus toute cette détresse, cette misère, tout ce monde qui est le nôtre, bien sûr, pour chacune et chacun de nous ; mais tout ce monde apporté au sang qui nous sauve dans le mystère pascal, aujourd’hui comme il y a 2000 ans sur la Calvaire, apporté à Jésus tous celles et ceux qui, dans notre pauvre monde sont désorientés, sont défigurés, sont malmenés – quelles qu’en soient les causes et quelles qu’en soit le mal qui les ronge – amenés à Jésus. ça, c’est pas rien pour nous à l’Arche. Parce que, par expérience, beaucoup d’entre nous sont passés par des moments difficiles ; et nous avons la chance enfin d’avoir trouvé des sœurs et des frères ! Quel trésor. Et nous voulons bâtir la communauté autour de Jésus le Sauveur. Quelle grâce ! Mais, chaque fois que nous venons à l’Eucharistie, ce n’est pas d’abord pour nos pauvre petites dévotions personnelles, encore que ce soit aussi important ; c’est pour amener au Sauveur qui nous sauve aujourd’hui, la détresse du monde. Arrivent des gens qui lui amènent un paralysé porté par quatre hommes : voilà le rôle de L’Église : ce lieu de l’intercession. voilà le lieu de l’Eucharistie, ce lieu de la guérison. Pour combien de sœurs et de frères aujourd’hui ? Et ils sont tenaces : Comme ils ne peuvent l’approcher à cause de la foule, ils découvrent le toit au-dessus de Jésus, font une ouverture et descendent le brancard… maintenant il faudrait traduire : au pied de l’autel. Alors, nous avons dans un deuxième temps, cette contemplation du Sauveur. Nous ne sommes pas, nous, le Sauveur. Il faut bien se le dire, sinon on aura des déviations impossibles, ce qu’Adler a essayé de dire : « la toute-puissance », comme si on était les sauveurs les uns des autres. Non : il n’y a qu’un seul Sauveur, et c’est clair, c’est Jésus. Et nous devons toujours, toujours, lui amener tout ce que nous ne pouvons pas porter, parce qu’il faut bien le reconnaître : on est tous dépassés et déjà en communauté, quand on a pris la responsabilité les uns des autres, je dirai que le fardeau est lourd et, quelquefois même insupportable, mais c’est encore ce que nous remettons chaque jour sur l’autel pour que Jésus vienne libérer. Alors, nous avons dans un deuxième temps, cette libération. Comme il nous faut l’aimer, Jésus ! et cette libération, elle est dans le mystère pascal comme il y a 2000 ans : c’est le même et son action divine et guérissante, est la même, moyennant notre foi. C’est bien évident. Jésus va à l’essentiel : Tes péchés sont pardonnés. Mystère du Dieu fait homme qui connaît les paralysies les plus graves de nos vies, les angoisses les plus destructrices. Il libère de l’intérieur cet homme, et c’est si beau de le contempler. Mais cela ne suffit pas : Jésus, témoin des raisonnements autour de lui, va le libérer totalement, va le rendre à lui-même : avec ses mains, ses pieds, … « et rentre chez toi ! ». Et tout le monde est dans l’admiration, tout le monde rend gloire à Dieu. Voilà nos assemblées : action de grâces ! Nous n’avons jamais rien vu de pareil. Bénéficier, être témoin de l’action créatrice, rédemptrice du Dieu fait homme qui s’exerce aujourd’hui encore dans la divine Eucharistie. Et voilà notre seul repos ; et voilà notre seule sécurité : c’est que Jésus, qui est au milieu de nous, puisse continuer son œuvre parce que nous supplions comme Marie au pied de la croix, que véritablement le Sauveur reste sauveur aujourd’hui pour l’humanité. Voilà notre seul repos. Ce n’est pas nous qui allons sauver, non. C’est Jésus au milieu de nous. Mais, nous le savons bien. Et c’est la première lecture : Dieu a promis de nous faire entrer dans le lieu de son repos, et cette promesse demeure ; mais nous devons redouter… je note : le manque de foi ; nous devons redouter de ne pas rester comme Marie, dans une attitude de foi absolument invincible qui permet à Jésus de faire son travail. Et de ne pas, au lieu d’être ceux et celles qui amène à Jésus pour sa guérison ceux qui bouchent la porte et qui empêchent Jésus de faire son travail de Sauveur. Demandons à Marie dans cette Eucharistie, ce vendredi que nous soyons (passage abîmé) compris la douleur des pauvres, leur désarroi, leur angoisse, que nous ayons toujours à cœur d’amener à Jésus, discrètement, doucement, celles et ceux que Jésus veut sauver aujourd’hui encore.

1 Jn. 3, 22-24 1 Jn. 4, 1- 6 Noël-Epiphanie B 2002-2003 Lundi après l’Épiphanie année B 1 Jn. 3, 22-24 1 Jn. 4, 1- 6 6 janvier 2003 Ps 2 Cassette 339 face 1 (305…) Mt 4, 12-17.22-25

Nous voilà brusquement, frères et sœurs, passés du rapport au tout petit enfant de la crèche à Jésus qui sauve l’humanité. mais nous avons retenu la leçon : « À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné le pouvoir de devenir enfants de Dieu ». Noël, certes, nous fêtons Jésus, l’enfant de Marie et l’enfant du Père. Noël, c’est notre naissance. Autrement dit, Jésus, que l’Esprit Saint et Marie ont donné au monde ; ce même Jésus est formé, par l’Esprit Saint et la Vierge Marie en chacune et chacun de nous. Donc, c’est bien de nous dont il s’agit. Et quand Jésus paraît, il paraît pour travailler en chacune et chacun de nous cette nouvelle naissance. C’est un programme énorme. Mes bien-aimés, tout ce que nous demandons à Dieu, il nous l’accorde. Tout ce Jésus a demandé à son Père, il lui a accordé : « Le Père t moi, nous sommes un ». Nous entrons dans la même intimité et c’est le même mystère qui se vit maintenant en chacune et chacun de nous parce que nous sommes fidèles à ses commandements, et que nous faisons ce qui lui plaît. Désormais, notre vie est au ciel. certes, nous continuons dans le même quotidien, mais tout est changé : désormais nos repères sont divins. Nous ne fonctionnons plus selon le monde. Or, voici son, commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ. Jésus, Sauveur du monde, Jésus qui maintenant me sauve et nous sauve tous ensemble, mais à condition que nous demeurions dans ce lien vital, j’allais dire dans ce canal d’irrigation permanent, cette artère centrale qui est la foi. Foi en Jésus, objective bien sûr sinon ça n’aurait pas de sens ; mais la foi en Jésus qui me sauve. Il en moi, il est en toi, il est en nous et cela change tous nos rapports. Or, voici son, commandement : avoir foi en son Fils Jésus Christ, et nous aimer les uns les autres. Ça ne peut pas ne pas aller ensemble puisque c’est le même Père, la moi-même Vierge Marie, et c’est le même Esprit Saint qui, de ce Jésus, fait une multitude de frères et de sœurs qui s’aiment. Celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui. Le même mystère que celui de Jésus, mais par participation, cela va sans dire, se vit désormais en chacune et chacun de nous. Celui qui est fidèle à ses commandements demeure en Dieu et Dieu en lui, et nous reconnaissons qu’il demeure en nous puisqu’il nous a donné son Esprit. Le même Esprit Saint qui guidait Jésus sans cesse, lui donnant force, courage, lumière, le moi-même Esprit Saint nous est donné, et de la même manière, certes par participation. Et alors commence, et l’apôtre Jean est témoin de ce combat majeur. Et Dieu sait si aujourd’hui il est colossal. Nous sommes maintenant soumis pas seulement au combat des ténèbres tel qu’il a toujours existé dans la Bible, mais à un nouveau combat beaucoup plus perfide qui est celui de l’antichrist. C’est très mystérieux cet antichrist. C’est toujours le même aux multiples visage, mais il nous est donné, cette fois comme un affinement dans notre discernement. « Nous n’appartenons pas au monde », voilà la ligne de démarcation. Nous, nous appartenons à Dieu. Et nous ne sommes plus selon les mœurs du monde, sinon nous nions Jésus venu dans la chair. Dans la chair en soi bien sûr, mais venu dans la chair en chacune et chacun de nous. Si nous appartenons à Dieu, nous sommes fondamentalement changés, par la foi bien sûr, dans l’espérance, et cela se vit sans cesse ; mais dans une intimité, dans une relation à Dieu permanente. C’est ainsi, dit l’apôtre, que nous discernons l’esprit de la vérité et l’esprit de l’erreur. C’est donc dans cette communion à Dieu et dans cette communion qui nous unit les uns les autres que se trouve désormais la vérité. Alors, vous allez me dire : « C’est bien joli tout cela, mais moi, permets-moi de te dire que ce n’est pas comme ça ! ». Eh bien, c’est l’Évangile. où vient Jésus ? Voilà : c’est l’Évangile : il vient dans le capharnaüm ! Quand je dis qu’il habite en nous, eh bien, il vient sauver en nous tout ce qui s’y trouve. Et c’est bien lui qui fait le travail. Il n’est pas question d’aller d’abord nettoyer la maison et de lui dire : « Après tu pourras venir ». C’est lui qui travaille et qui nettoie la maison. C’est tout le sens de l’Évangile : Jean-Baptiste l’a annoncé, Jean-Baptiste est en prison, eh bien maintenant, c’est Jésus lui-même qui vient, et c’est lui qui fera le travail de nettoyage. C’est pas pour rien que la partie la plus embêtante de notre lieu… On dit « je vais t’emmener dans mon capharnaüm ! » Cela dit bien ce que cela veut dire : là, les rats, les poussières et tout le reste s’y trouve, et puis, c’est pas rangé, et c’est pas propre et ça sent pas bon ! Eh bien, c’est là qu’il vient, et c’est là que nous l’invitons ; et c’est là qu’il fait son trône royal. Cela nous donne beaucoup d’espérance mais cela nous demande de tenir cœur pour le laisser venir dans ce monde-là. Il y a encore de la violence, il y a encore du mensonge, il y a encore de la cupidité, il y a encore… que sais-je ? Tout ce que l’on connaît bien, et c’est là qu’il vient, et c’est là que nous l’invitons. Et il en viendra à bout parce qu’il est le Sauveur ; et il en viendra à bout à la condition que nous nous convertissions. Premier mot de cette Évangile : À partir de ce moment, Jésus se mit à proclamer : « Convertissez-vous ». Et quelle est cette conversion ? C’est une conversion d’amour. C’est, à nouveau, reconnaître que Dieu est venu dans la chair. Il est donc venu à moi, il est venu chez toi, il est venu au milieu de nous tous. Il nous donne son Esprit Saint, il transforme fondamentalement nos relations et il veut qu’enfin, nous proclamions que le Royaume de Dieu est tout proche. Il est là, le Royaume de Dieu. Et nous avons entendu la suite : il opère toutes les guérisons nécessaires ; et Dieu sait qu’il y en a, des guérisons à demander. Et c’est pour cette raison que nous avons choisi cette messe de « Jésus, Sauveur ». Puissions-nous, frères et sœurs, pour cette année qui vient, prendre au sérieux la parole du Seigneur. A chaque jour, elle vient nous chercher. Quelquefois, on n’en a pas très envie, mais elle vient nous chercher pour qu’en fait, nous soyons convertis et qu’il soit au milieu de nous et que nous contribuions à établir cette civilisation de l’amour, comme le saint Père ne cesse de le dire.

1 Jn 4, 7-10 Mardi après l’Épiphanie année B Puisque l’amour vient de Dieu 1 Jn 4, 7-10 Mardi 7 janvier 2003 Ps 71 Cassette 339 face 1 (406…) Mc 6, 33-44

« À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu », « et nous le sommes », dit saint Jean. Mais, nous savons que chaque jour, nous cherchons à le devenir davantage. Jean, qui est devenu un enfant du Père s’exprime de cette manière, nous venons de l’entendre : Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres puisque l’amour vient de Dieu. tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu. Et voilà ceux qui sont devenus enfants de Dieu, certes, nous le savons bien, par le baptême, par la confirmation, par la communion quotidienne, beaucoup d’entre nous ; mais nous savons que ça doit passer dans notre vie. Il doit avoir un lien entre ce que nous célébrons et ce que nous vivons, sinon… Tous ceux qui aiment Dieu sont enfants de Dieu, et ils connaissent Dieu. celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu, car Dieu est amour. Et l’apôtre continue : Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous : Dieu a envoyé son Fils unique dans le monde pour que nous vivions par lui. en d’autres termes, que nous devenions enfants de Dieu. Voici à quoi se reconnaît l’amour : ce n’est pas nous qui avons aimé Dieu ; ça, c’est très important pour nous. C’est lui qui nous a aimés. Donc, le commencement de l’amour c’est de reconnaître que nous sommes aimés. Ce n’est pas si facile et ce n’est pas si simple d’être profondément convaincus, j’allais dire, devenus inébranlables dans l’amour que Dieu nous porte. Voilà à quoi se reconnaît l’amour : ce n’est pas nous, c’est Dieu et il nous a aimés le premier ; et nous ayant plongés dans son amour, il nous transforme en amour. Et pour cela, nous célébrons tous les jours la sainte Eucharistie pour nous replonger dans le sang du Christ, dans le sang rédempteur, et nous sommes nourris de son corps, formé par la Vierge Marie et l’Esprit Saint pour devenir enfants de Dieu. l’enfant de Dieu, il est aussi disciple de Jésus. Et ce qu’il ne peut pas faire, Dieu, lui peut le faire, à la condition que nous devenions enfants de Dieu et que nous nous aimions les uns les autres et que Dieu, par nous certes, pas sans nous, que Dieu fasse son œuvre. Et là, nous avons beaucoup de mal, beaucoup de mal parce que nous, nous voulons bien faire l’œuvre de Dieu, et puis on marque notre petite signature au fond. Non : il n’y a pas de petite signature au fond. C’est Dieu qui fait son œuvre. Et c’est difficile pour nous, c’est un renoncement excessivement difficile. Imaginez : on vous confie quelque chose et vous en avez la responsabilité ; à partir de là, vous allez tout faire, les autres suivront ou ne suivront pas. Mais vous n’avez pas la responsabilité, et vous allez participez à l’œuvre, et ce n’est pas du tout facile et ce n’est pas du tout la même chose. Prenez dans un orchestre, si chef d’orchestre et que je dirige tout, ça va bien. Mais si je suis simplement un instrument qui doit jouer sa partition – et c’est tout ce qu’on lui demande - mais il doit la jouer avec grand amour et c’est sur cet amour-là que nous sommes jugés, ou non, enfant de Dieu.

là, c’est la première lecture que nous rejoignons, et mystérieusement, la parole de Dieu et une unité étonnante parce que, demeurer dans l’amour, c’est quoi ? C’est demeurer en lui : Mes bien-aimés, aimons-nous les uns les autres : parmi vous pas de disputes, parmi vous, par se querelles, parmi vous pas de jalousies, parmi pas de dissensions, parmi vous un cœur à cœur qui est le seul repos en fait. Il n’y a pas d’autre repos, il n’y a vraiment que celui-là. Le seul repos que nous puissions avoir, c’est de demeurer dans l’amour ; et dès que nous en sortons, nous sommes dans la fatigue. Tous ceux qui aiment sont enfants de Dieu. Ce n’est pas du côté de Dieu que cela va manquer : il est surabondant, son amour, et il est débordant de partout, c’est du côté de l’ouverture de notre cœur ; et l’ouverture de notre cœur, elle passe par l’ouverture à la sœur et au frère avec lesquels peut-être, j’ai le plus de difficultés. Parce qu’il y a un petit loquet, comme dans une porte qui bloque – et cela sont nos dissensions – et cela peut littéralement paralyser l’œuvre de Dieu. « il ne pouvait rien faire parce qu’ils ne croyaient pas en lui ». Si nous pouvions faire la relation entre la détresse que nous pouvons vivre et la fermeture de notre cœur, ah ! qu’est-ce que le bon Dieu pourrait faire son œuvre en nous. Celui qui n’aime pas ne connaît pas Dieu. Il pourra aller faire toutes les retraites qu’il veut, toutes les mises à l’écart possibles, cela ne marchera jamais. Pourquoi ? Parce qu’il a bloqué tout : comment voulez-vous que ça marche ! Voici comment Dieu a manifesté son amour parmi nous, et on revient toujours à la source, à l’origine : Dieu a envoyé son Fils unique. Il a permis à notre chair humaine de vivre Dieu, et comme Marie l’a reçu – voilà le prototype – nous le recevons, et c’est là que se trouve la communauté chrétienne ; et quand cela sera réalisé, Dieu pourvoira à tout. Mais si cela réalisé, Dieu ne peut pas pourvoir. Cette parole me paraît d’une actualité dans ce que je vis, c’est une évidence ; dans ce que nous vivons ensemble, c’est aussi une évidence. Demandons, frères et sœurs, de l’entendre. Mc. 6, 45-52 Mercredi après l’Épiphanie Donnez-leur vous-mêmes à manger 1 Jn 4, 11-18 8 janvier 2003 Ps 71 Cassette 339 face 1 (500…) Mc 6, 45-52 Face 2 (début) « À tous ceux qui l’ont reçu, il a donné pouvoir de devenir enfants de devenir enfants de Dieu ». Reconnaître ce pouvoir que Jésus nous a donné de devenir enfants de Dieu, parce que c’est encore à faire. Nous le voyons dans cet évangile encore : c’est une rude affaire, c’est un chemin terrible, difficile. Les apôtres sont partis annoncer la Bonne Nouvelle ; ils sont émerveillés de l’effet de leur parole. ils reviennent fatigués et Jésus leur dit : « Allez, on va se reposer un peu ». Vraiment tout va bien. Et puis, quand ils débarquent, une telle foule, que Jésus se met à leur parler longuement. C’était l’évangile d’hier. Et puis, les disciples voudraient tout de même bien retrouver de ce repos avec Jésus, ils lui proposent de renvoyer la foule, ils seront enfin tranquilles tous les deux. Non, leur répond Jésus : donnez-leur vous-mêmes à manger. Et on avait donc cette multiplication des pains. Et on le disait hier : il fallait comprendre que c’est Jésus qui agit même quand les pains passent par les mains des apôtres. Et après, nous entrons dans une crise comme il y en a peu dans l’évangile ; mystérieusement. La signification du miracle des pains, dit Marc, qui est le témoin de l’évangélisation de Pierre ; Pierre s’est bien souvenu de tous ces événements. La signification du miracle des pains, ils ne l’avaient pas comprise. Et à cause de cela, ils sont dans une panique noire. « À tous ceux qui l’ont reçu, qui croient en son nom, il a donné pouvoir de devenir enfants de Dieu ». Par quelles épreuves, il faut quelquefois passer. Entendons ces paroles : Jésus obligea ses disciples à monter dans la barque et à le précéder sur l’autre rive. Il y a de la colère dans l’être, c’est mystérieux. Pourtant, il lui a parlé longuement dans la tendresse et la miséricorde mais, Jean qui connaît le cœur des gens, dira : « ils le cherchent parce qu’ils ont mangé tout leur soûl ». Quelle rude épreuve ! On n’est pas au même niveau, on est au niveau des malentendus. D’autres diront : « Ils le cherchent pour le faire roi ». Plus besoin de travailler : une petite multiplication des pains et des poissons, et tout va bien ! « . Non. Ce n’est pas cela devenir enfants de Dieu. Et on voit là la tristesse du cœur de Jésus : quand il les eut congédiés, et le mot est très fort ; les traductions manquent toujours : Il s’en alla sur la montagne pour prier. Malentendu complet. Mais, eux sur la barque, tombent dans une tempête incroyable ; ils se débattent, le vent leur est contraire. Et vers la fin de la nuit - Mystère de notre enfantement comme enfants de Dieu – vers la fin de la nuit, Jésus revient en marchant sur les eaux. Mais quand ils le voient, ils croient que c’est un fantôme. Nous nous reconnaissons bien là dans certaines épreuves de notre vie, où vraiment nous ne comprenons plus rien du tout. ils l’avaient vu, ils se mettent à pousser des cris, ils croient que c’est un fantôme. Vraiment, changement de décor. Et Jésus leur parle : Confiance, c’est moi, n’ayez pas peur ! ». Il monte dans la barque, mais ils sont complètement bouleversés de stupeur. Et Marc continue, il donne la clé de lecture, la petite explication : Ils n’avaient pas compris la signification du miracle des pains : leur cœur était aveuglé. Nous le disions hier : devenir enfants de Dieu, c’est vraiment faire l’œuvre de Jésus et accepter vraiment que Jésus passe devant. Mais pour accepter que Jésus passe devant de cette manière, Jean nous éclaire : il y a un préalable. Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné le Fils unique. Il nous faut dans la foi et quelquefois une foi rude, une foi nue, j’allais presque dire une foi froide, envers et contre tout croire que Dieu a tant aimé le monde qu’il a donné le Fils unique. Et il ne l’a pas donné pour les autres, il l’a donné pour moi. Et comme il l’a donné pour moi, il l’a aussi donné pour toi, il l’a donné pour nous. Et puisque Dieu nous a tant aimés, puisque Dieu a un a priori favorable, une bienveillance, une bénédiction à notre égard, dans cette bénédiction de Dieu, nous devons avoir un a priori favorable avec nos sœurs et nos frères. Dans ce sens-là, l’accusateur vient du menteur, cela il faut le savoir toujours. mais, avoir un a priori favorable parce que nous sommes dans cet amour infini. Je crois qu’en dehors de cet amour infini, nous ne pouvons pas avoir cet a priori favorable. Puisque Dieu nous a tant aimés, nous devons aussi nous aimer les uns les autres. Et Jean continue : Dieu, personne ne l’a jamais vu. N’ayant pas été au diapason de Jésus dans son geste de tendresse et de miséricorde pour cette foule, alors qu’eux, ils auraient bien voulu être dans un petit cœur à cœur tranquille avec leur petit bon Dieu, ils ont loupé, ils ont manqué la rencontre. Et pire que ça, ils commençaient à utiliser Dieu, à utiliser Jésus à leur propre profit, à faire en sorte que Dieu se mette à leur école et non pas eux à l’école de Dieu. Fin de la face 1 cassette 339 Début face 2 … Et nous en avons tous l’expérience – et son amour en nous atteint sa perfection. Donc, devenir enfants de Dieu ; nous en avons bien le pouvoir, c’est en devenir. Mais il y a des règles du jeu. Et les règles du jeu, c’est d’abord savoir que nous sommes aimés d’un amour infini et de ne jamais en démordre. Et dans cet amour infini, nous aimer les uns les autres. Cela veut dire au moins avoir un a priori favorable les uns sur les autres. Jean continue : Nous reconnaissons que nous demeurons en lui, et lui en nous, à ce qu’il nous donne part à son Esprit. Ce rebondissement, cette intimité avec lui, ce n’est pas notre œuvre. Nous ne pouvons que nous y disposer. Et c’est dans la foi, l’espérance et la charité. Autrement dit, comme des mendiants, nous tendons la main pour que Dieu vienne nous saisir dans son amour, et nous, faire en sorte que nous demeurions en cet amour : « Il nous donne part à son Esprit ». C’est l’œuvre de l’Esprit Saint, de la Vierge Marie, qui enfante à nouveau, l’enfant de Dieu en chacune et chacun de nous. Demandons que cette parole de Dieu nous éclaire et que nous comprenions le mystère eucharistique que nous célébrons chaque jour, et que nous demeurions (…) Dieu a tellement aimé le monde qu’il a donné son Fils unique. Le Fils unique, il a tellement aimé les siens, il les a aimés jusqu’au bout, il a donné sa vie, son corps et son sang en nourriture. Et nous, nous reconnaissons cet amour, et nous demeurons dans cet amour. C’est vraiment la grâce que nous demandons pour grandir en enfants de Dieu.

Jn. 3, 4-10 Comment rentrer dans le sein de sa mère ? Semaine 2 lundi (1S 15, 16-23 ; ps 49 Mc 2, 18-22) 21 janvier (lectures de la semaine de prières pour l’unité des chrétiens) Cassette 315 face 2

Ce que nous vivons avec Jean-Pierre – puisque ça préoccupe beaucoup d’entre nous – ce que nous vivons avec notre petit frère Jean-Pierre, est éclairé par la parole d’aujourd’hui. quelle est l’expérience, que nous pouvons faire les uns et les autres ? C’est celle-ci : c’est expérience d’une vie, d’une vie qui se vit dans un corps et en même temps, c’est l’expérience d’une vie qui est en souffrance, en enfantement avec comme les mouvements de vagues. On a été à la mer quelquefois, on a la mer quui s’avance jusqu’à nous ou bien qui se recule, qui se recule, dans des profondeurs que nous ne connaissons. C’est très frappant, c’est très flagrant, chez Jean-Pierre, il suffit de lui rappeler un petit souvenir qu’il aime et immédiatement, vous voyez ses petits yeux qui se réallument et puis il est totalement présent et on sent en même temps que c’est avec une immense douleur. Et puis la vie repart, comme les vagues. Et à un moment, cette vie va rejoindre le mystère de Jésus ; elle ira à son origine, dans le corps même de Jésus, là où se trouve Marie, en corps et en âme dans le ciel. C’est un mystère pour nous. À un moment… quand tu te coupes les cheveux, tu n’en pas trop inquiet, quand tu te coupes les ongles, tu ne pas trop inquiet. Eh bien, il y a un moment où tout ce que nous sommes comme support matériel sera comme nos cheveux et sera comme nos ongles. Eh bien notre vie elle, sera en Dieu. Alors la parole d’aujourd’hui est particulièrement éclairante à ce propos et en même temps, dans cette grande semaine de prières pour l’unité des chrétiens, il nous est bon de nous remettre à nouveau devant l’essentiel, devant ce qui fait notre vie, elle qui est en Dieu ; et notre vie en Dieu est nécessairement une, dans le Christ. Thérèse de l’Enfant-Jésus disait tout à fait la même chose : « Je ne meurs pas, j’entre dans la vie ». Cela dépend du côté que l’on regarde : si on regarde du côté de Dieu, on entre dans la vie. La première lecture, on la connaît bien puisque c’est celle de l’arche de Noé. De quoi s’agit-il ? Cela touche tout à fait ce qu’on vient d’évoquer. Il n’y a plus aucune ressemblance dans cette humanité qui s’est dégradée, il faut bien le reconnaître, avec l’image vivante de Dieu. Alors Dieu choisit Noé, Dieu choisit un certain nombre qui entre dans l’arche et ce sera un renouveau. Renouveau qui est l’image déjà du très saint baptême. Or tous, chacun et chacune de nous je pense, nous avons été baptisés dans le Christ. C’est bien ce que ça veut dire, eh bien, c’est tout l’Évangile qui nous est donné. C’est aussi à sa manière, ce que dit l’apôtre Paul : Désormais, et c’est pour nous très important, je ne connais plus personne selon la chair, dit l’apôtre, je ne le connais plus que dans le Christ. Et, dans le Christ, changement de décor : tout est nouveau ; tout est fondamentalement nouveau, et cette nouveauté, elle est donnée dans cet Évangile que nous venons d’entendre : « En vérité, en vérité je vous le dis : à moins de naître d’en-haut, nul ne peut voir le Royaume de Dieu ». Or, notre vie sur la terre elle se vit déjà dans les cieux. C’est en ça que cette vie, elle prend des ailes, j’allais dire, pour qu’un jour cette vie soit dans le Christ, plénière, entière. Mais Jésus continue encore plus fort : « En vérité, en vérité, je te le dis à moins de naître d’eau et d’Esprit… » Alors il nous faut s’arrêter une petite seconde. L’eau, c’est le signe de quoi ? On va la reprendre tout à l’heure, et on dira : comme cette eau se mêle au vin pour le sacrement de l’alliance, puissions-nous être unis à la divinité de Celui qui a pris notre humanité. La voilà bien cette eau qui représente l’humanité par rapport à l’Esprit Saint qui représente, lui la vie qui vient de Dieu, la vie qui est Dieu lui-même, puisque l’Esprit Saint est Dieu. Alors, c’est très éclairant pour nous. Quelle est donc notre origine ? Notre origine est la même que celle de Jésus. L’eau c’est la petite créature, eh bien, cette petite créature qui a enfanté cette vie nouvelle, c’est Marie. Et c’est en elle désormais que nous trouvons naissance. Elle préfigure l’Église, l’Église qui nous donne le saint baptême qui nous la vie divine. La voilà la vie divine. Vie divine que nous devinons chez Jean-Pierre quand nous le visitons et quand nous voyons sa vie qui réapparaît, c’est cette vie divine qui un jour va nous quitter et va aller dans ce corps glorieux de Jésus, en attendant le jour où chacun retrouvera son corps, le sien ; par forcément cette cellule-là, mais son corps en vérité. « En vérité, en vérité je te le dis, à moins de naître de l’eau et de l’Esprit, nul ne peut entrer dans la Royaume de Dieu ». Là c’est clair, c’est vraiment très clair. Qu’est-ce que ça veut dire pour nous qui accompagnons Jean-Pierre en ce moment ? ça veut dire pour nous que cette vie divine, il nous faut l’alimenter sans cesse, il nous faut la nourrir, il nous faut la muscler, cette vie divine. Comme le disait l’apôtre à l’instant : « Je ne veux plus voir personne selon la chair, je ne veux le voir que dans le Christ ». Or, dans le Christ, nous sommes tous unis les uns les autres, nous ne formons même qu’un seul corps ; comme notre corps est fait de milliards de cellules, eh bien, le Royaume sera fait de milliards de milliards de milliards d’êtres humains. Un seul corps, le Christ. Mais il faut ajouter immédiatement le mystère de Marie, dans une relation d’amour étonnante vécue dans la chaîne humaine, puisqu’à l’origine il y a avait Adam et Ève ; et avec cette arche de Noé, nous voyons qu’il y a une épuration ; eh bien, dans le mystère de Jésus et de Marie, une nouvelle sanctification nous est donnée pour que désormais nous ne vivions plus que dans le Christ. Alors, nous avons en Église, en communauté à accompagner Jean-Pierre. Et comment pouvons-nous accompagner le mieux Jean-Pierre ? Eh bien d’abord, comme je le lui disais ce matin, en priant pour lui. Ensuite, en faisant en sorte que la vie divine qui nous anime, qui fait de nous le corps du Christ, appelle Jean-Pierre pour que Jean-Pierre rejoigne ce corps glorieux du Christ en attendant qu’il revienne, où il retrouvera cette fois le corps qui est le sien. C’est un grand mystère et Nicodème a du mal. « Comment, dit-il, il faudrait que je repasse dans le sein de ma mère pour renaître à nouveau ? ». Non, dit Jésus, c’est d’une autre mère qu’il s’agit. Et pour les gens de la Forestière, quand Jean-Pierre appelle « Maman », bien sûr que c’est sa maman de la terre, nous le savons bien, vu ce qu’il est. Derrière cette maman de la terre, se cache celle qui va l’accueillir au ciel. Alors demandons aujourd’hui, avec cette parole, qui nous puissions être nourris, éclairés, et que nous n’ayons pas peur, mais que nous prions les uns pour les autres et que nous prenions la mesure des événements que nous vivons maintenant : notre vie divine, elle est à alimenter, elle se vit dans le Christ, déjà sur la terre quand nous recevons son corps et son sang ; c’est bien pour former cette vie divine qui est en nous ; vie divine qui nous fait nous servir les uns les autres ; vie divine qui nous fait nous aimer les uns les autres ; vie divine qui nous unit les uns aux autres, de la manière dont Jésus et Marie ont été unis, il faut que nous soyons unis les uns les autres. Alors, prions fort pour que cette renaissance aujourd’hui, elle prenne vraiment corps, chair dans chacune de nos vies, dans chacun de nos cœurs. Jn. 17, 24 Semaine 2 mardi 22 janvier (lectures de la semaine de prières pour l’unité des chrétiens) Cassette 315 face 2

Plus nous avançons, frères et sœurs, dans cette grande semaine de prières pour l’unité des chrétiens, plus nous demandons au Seigneur de nous faire comprendre qu’il s’agit bien sûr, de l’unité entre nous. Mais que cette unité entre nous, elle dépend de notre unité avec notre Dieu. Et plus nous, chrétiennes et chrétiens de notre unité avec Jésus. C’est une évidence que si dans tous les temps, l’unité était parfaite, entre toutes les femmes et ces hommes qui sont derrière nous, il n’y aurait jamais eu de divisions dans l’Église, c’est évident. Nous demandons donc de nous convertir pour être vraiment unis à Jésus et par le fait même unis les uns aux autres. La parole nous donne comme un beau programme aujourd’hui. Nous voyons avec les Actes des apôtres, comment dans cette vie quotidienne, dans cette manière d’annoncer aussi l’Évangile, Dieu fait son travail de Dieu. Nous avons besoin de le croire, que Dieu fait son travail de Dieu, toujours envers et contre tout. « L’une d’elle, nommée Lydie nous écoutait. C’était une négociante. Le Seigneur lui ouvrit le cœur ». Voilà bien le travail de Dieu. « …de sorte qu’elle s’attacha aux paroles de Paul ». Mystère de cette unité : Paul est uni à Dieu, elle est unie à Dieu, donc ils sont unis et ensemble. « Après avoir été baptisée, elle nous dit : Maintenant, venez chez moi, et demeurez chez moi ». Et ils y vont. C’est ce que Ézékiel avait annoncé : « Je changerai votre cœur, je vous donnerai un cœur de chair ; je mettrai mon Esprit en vous ». Cette transformation, elle est fondamentale, elle et capitale. Mais la parole, aujourd’hui ne s’arrête pas là. Nous savons que si Jésus a pris chair de la Vierge Marie, a revêtu notre humanité, a épousé notre humanité ; nous savons que si Marie, l’Immaculée, elle, a répondu d’une manière parfaite, c’est pour que nous entrions cette fois, alors d’une manière surprenante dans cette unité avec Dieu. Alors Jésus nous donne ne modèle l’unité qu’il a avec son Père, demandant pour nous la même unité. Et je crois que quand nous sommes comme au sommet de cette semaine de prières pour l’unité des chrétiens, quand nous sommes à deux jours des rassemblements à Assise de toutes les religions du monde pour qu’à la face de la terre soit annoncé que notre Dieu est un Dieu de paix, de vie, d’amour, de joie, de lumière ; et qu’on ne peut jamais faire quelque chose de mal au nom de Dieu, il nous faut, nous, par notre prière, assurer à Dieu une possibilité de faire encore son œuvre dans le monde. Mais, comment le faire ? Alors, l’Évangile vient à notre aide. « Père », dit Jésus, et c’est très fort ! « Père, je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi ». Qu’est-ce que ça veut dire ? Au cœur de l’Eucharistie, chaque jour, où nous plongeons toute l’humanité dans le sang du Christ ; au cœur de l’Eucharistie, chaque jour, où Jésus continue à sauver le monde, que disons-nous ? « Il est venu ! » Alors, nous voilà, il est venu, et nous aussi. Mais être avec lui, c’est le rejoindre alors dans sa toute petitesse, c’est le rejoindre alors dans sa grande pauvreté, c’est le rejoindre dans son immense vulnérabilité. Et ça, nous n’aimons vraiment pas. Nous préférons tout faire par nous-mêmes. Or, quand Jésus dit : « Père, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi », la voilà cette unité qui commence pour nous, baptisés dans le Christ. Paul disait : « Pour moi, vivre c’est le Christ ». Mais cette unité, comment va-t-elle être encore ? Et là, nous avons besoin de la Vierge Marie, car comme Jésus a épousé notre humanité, elle a été, elle aussi assumée dans l’Esprit Saint pour créer avec Jésus un lien si fort que rien ne pourra jamais le détruire. Et s’il y en a une qui a été là où était Jésus, c’est bien elle. Et pour entrer progressivement dans cette toute petitesse, dans cette immense pauvreté, dans cette vulnérabilité incroyable, nous avons vraiment besoin d’elle ; nous avons besoin d’être pris dans cette relation d’amour puisque cette relation d’amour est à l’image de la relation du Père et du Fils. « Il est venu, il a souffert » et voilà le difficile, comme dirait la petite Thérèse. Oui, le voilà, le difficile. « Je veux que là où je suis… Seigneur, Père, éloigne cette coupe » Là où je suis « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? » Là où je suis : là où est Jésus dans sa passion aujourd’hui. « Je veux que là où je suis, je veux qu’ils soient, eux aussi ». Voilà le difficile et nous n’aimons pas ça. Et nous faisons tout ce que nous pouvons pour en sortir et pour aller nous débrouiller. Pourquoi pas ne pas faire encore une autre religion. Et quand Jean Vanier dit que l’Arche est fondue sur la souffrance, quand elle est ce lieu de la rencontre de cette intolérable souffrance et du don de Dieu, nous retrouvons le mystère de Jésus et de Marie qui sont à la fois joie incroyable et don de Dieu l’un pour l’autre, mais qui sont en même temps intolérable souffrance parce qu’ils portent le poids du monde, comme aujourd’hui, si nous sommes fidèles avec Jésus, nous achevons dans notre propre chair ce que manque aux souffrances du Christ pour son corps qui est l’Église. « Je veux que là où je suis, ils soient aussi avec moi ». Il est venu, il a souffert, il est mort même ! (dans l’assemblée : « Il est ressuscité ». Attend, Michel, il faut savoir aussi demeurer un petit peu dans la mort, et ce ne pas si facile. Cette mort à nous-mêmes, cette mort à nos projets, cette mort à nos idées propres, pour enfin être disponibles pour faire l’œuvre de Dieu). « Père, je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi ». Alors, effectivement « il est ressuscité ». Oui, Michel, mais on ne ressuscite pas si on n’est pas mort. Demandons, frères et sœurs, aujourd’hui d’entendre cette parole et cette semaine de l’unité, c’est d’abord l’unité avec notre Dieu, c’est d’abord l’unité avec Jésus et avec Marie ; : c’est d’abord vivre de cet immense amour de leurs deux cœurs pour rejoindre le cœur du Père. C’est l’unique chemin. Et puis, c’est en effet, attendre qu’il revienne pour être enfin unis avec lui et pour toujours. C’est notre prière aujourd’hui : que nous soyons trouvés fidèles à cette parole de Jésus : « Je veux que là où je suis, ils soient eux aussi avec moi ».

1 R 8, 22-30 Mardi 5 paire. (Fête de la communauté) 8 février 1994 1 R 8, 22…30 ps 83 Mc 7, 1-13

Combien cette parole de l’Évangile, frères et sœurs, est importante pour notre vie quotidienne, pour notre vie chrétienne ; il faut que nous demandions à Dieu que ce que disent nos lèvres, ce soit ce qui sort de notre cœur. Jésus, plusieurs fois revient sur ce si grand mystère de sa présence en nous. On peut dire que toute la vie de Jésus, jusqu’à le nouveau culte qu’il nous donne en Église, de célébrer le mystère de son Corps et de son Sang, afin que nous le recevions et que nous devenions le temple de Dieu ; toute la vie de Jésus, elle est de dire que lui, Jésus, il est désormais « le » temple, que dans ce temple, des fleuves d’eaux vives vont jaillir. Mais si Jésus fait cet itinéraire, c’est pour que nous nous rendions compte que nous sommes le temple de Dieu. Et que de nos vies doivent jaillir de fleuves d’eaux vives. Alors, si notre cœur est plein de Dieu, comment pourrait-il encore dire autre chose que les louanges de Dieu ou les merveilles de son amour, qu’il réalise chez nos sœurs et nos frères. Toute notre conversion, frères et sœurs, elle est là, mais c’est un long chemin. Un long chemin qui passe certainement par la reconnaissance du sacré dans la nature, mais comme un chemin. Le jour de la consécration du Temple, Salomon se plaça devant l’autel du Seigneur, en face de toute l’assemblée …"Seigneur, dit-il, il n’y a pas de Dieu comme toi". Et il continue sa prière : " Seigneur, serait-il donc possible que toi, le Dieu de l’univers, le Dieu du ciel et de la terre, est-ce que ce serait possible que tu puisses habiter une maison d’homme ? nous voyons progressivement, que l’homme – homme et femme, créés à l’image et à la ressemblance de Dieu – qui par son péché a éjecté la présence de Dieu, il sent un affreux vide, ( il sent qu’une peur, il sent qu’une blessure ? il sent comme en une peur, comme en une blessure ???) comment Dieu progressivement, comment Dieu créateur, Dieu sauveur revient inlassablement comme une mère, avec la tendresse d’un époux pour redire à sa petite créature ce qu’elle est. Alors, bien sûr, on commence par l’extérieur pour arriver à l’intérieur. Dans l’Évangile, les Pharisiens ont fait l’inverse : ils ont comme vidé l’intérieur du sens et ils croient qu’en lavant des cruches – ou des doigts de pieds – ça va suffire pour honorer Dieu. Et Jésus, là est terrible ! « Ce peuple, dit-il, m’honore des lèvres, mais son cœur est loin de moi ». Alors, nous avons tout le mouvement de conversion à faire qui est un mouvement inverse : Seigneur, mon Dieu, écoute la prière, le cri qu’aujourd’hui nous lançons vers toi : que tes yeux soient ouverts jour et nuit sur ce temple. Nous voyons progressivement comme une réintégration du sacré ; sous mode d’éducation, ne l’oublions jamais. « C’est ici que sera écouté ton nom ». Alors, progressivement, c’est comme si la divinité allait redescendre chez les hommes, que les hommes allaient d’une certaine manière, pouvoir se réchauffer à sa lumière, y découvrir que Dieu est amour. Alors, c’est le cri du psalmiste : Je désire les parvis du Seigneur, de toute mon âme ; mon cœur et ma chair sont un cri vers le Dieu vivant. Nous voyons comme un rassemblement, progressivement un réchauffement, jusqu’à ce que Jésus vienne. Or, que fait Jésus ? Jésus ira dans la temple, oui ; mais pour en chasser les vendeurs et les marchands. Et il dira : « le nouveau Temple, c’est moi. Détruisez ce temple, en trois jours, je le relèverai. » Jésus viendra aux différentes fêtes des Juifs, oui, pour y dire la parole d’Ézékiel : « Oui, Ézékiel l’a bien prophétisé : des fleuves d’eaux vives couleront du temple de Dieu, mais le temple, c’est moi. Et celui qui croit en moi, de son cœur couleront des fleuves d’eaux vives ». Et celui qui est présence de Dieu se fait pain de vie. C’est quelque chose de vraiment mystérieux, pour quen nous ayons vraiment l’expérience que nous sommes le temple de Dieu et que ce temple désormais c’est nous. Bien sûr, nous aurons toujours besoin pour notre éducation : « venez, adorons, prosternons nous, adorons le Seigneur qui nous a faits », nous aurons toujours à réalimenter profondément ce Dieu qui nous habite, mais désormais, c’est vraiment de notre cœur que doit partir tout louange, que doit partir toute supplication, que doit partir toute action de grâces. C’est un long chemin de conversion. Un long chemin de conversion où il nous faut nous mettre à l’école de cette parole de Dieu qui est une parole d’amour ; retrouver le sens intérieur à la fois de toute cette création à la fois si merveilleuse, qui est comme une approche pour réintégrer profondément ce que nous sommes : le temple de Dieu, l’enfant bien-aimé du Père. Et découvrir alors en Jésus que le lieu de Dieu désormais, c’est sa relation d’amour avec son Père : « Le Père et moi nous sommes Un ». Et aux moments les plus difficiles, même de sa passion, Jésus dira : "Le Père ne me laisse jamais seul. Et tout ce que Jésus vivra, il le vivra dans ce grand amour ; et aussi dans ce grand combat spirituel pour l’humanité puisque c’est en notre nom qu’il est là, jusqu’à dire : « Mon Dieu, mon Dieu, pourquoi m’as-tu abandonné ? », de manière à ce que cet abandon soit véritablement et définitivement abandonné, comme cette mort, qu’elle soit définitivement morte ! Demandons, frères et sœurs, dans cette Eucharistie, que cette parole de plus en plus fasse corps en nous. Et le résultat, si nous sommes ce temple de Dieu, puisque nous aimons la maison du Seigneur : De quel amour j’aime ta maison, Seigneur ! mais de quel amour je vais aimer celui qui est ainsi l’ostensoir, la tabernacle de Dieu. Ça coule de source : si j’aime ce Dieu qui m’habite, j’aime celui qui le porte. Alors, méditons une seconde : « de quel amour j’aime ta demeure, Seigneur ». Et si nous sommes la demeure de Dieu : "de quel amour, Seigneur, j’aime l’ostensoir qui te porte, j’aime le cœur qui te porte.