Samedi de la 29e semaine, année paire

« En ce temps–là, quelques personnes vinrent raconter à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs sacrifices. »
Vendredi 23 octobre 2020 — Dernier ajout jeudi 25 octobre 2018

Ep. 4, 7-16 Ps. 121 Lc. 13, 1-9

  • Le samedi 24 octobre 2020 iCal
    semaine 29  : Samedi de la 29e semaine, année paire

« Jésus leur répondit : Pensez–vous que ces Galiléens aient été de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte ? »

Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas radicalement, vous disparaîtrez tous de même." Jésus réagit à une mauvaise nouvelle qu’on lui annonce, et il pose lui-même la question : « Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que les autres Galiléens, pour avoir subi pareil sort ? » La réponse de Jésus est en deux temps : d’une part personne ne peut dire : telle souffrance, telle mort a été pour tel homme un châtiment ; d’autre part Dieu donne le pouvoir à chacun de vivre selon ses œuvres. Jésus renchérit lui-même en rappelant la catastrophe de Siloé, et l’enseignement est le même : Leur dette n’était pas plus grande. Ne voyez pas dans leur mort un châtiment, dit-il, mais vous, acceptez la conversion en l’amour infini de Dieu. Changez radicalement nous demande de revenir à la racine de notre être ! Il y a en nous des "capacités" d’amour mystérieuses à développer pour nous convertir. Plus notre cœur est libre, plus notre appel se précise à faire ce qui est bien. Jésus est le vigneron qui est venu lui-même au travail de notre conversion. C’est le don qu’il fait de lui-même qui régénère l’humanité, alors commence à rayonner la communion du cœur de Jésus et de Marie dans notre vie.

« Jésus disait aussi cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et n’en trouva pas. » Alors il dit au vigneron : « Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe–le donc : pourquoi occuperait–il la terre inutilement Le vigneron lui répondit : « Maître, laisse–le encore cette année, le temps que je creuse tout autour et que j’y mette du fumier. Peut–être produira–t–il du fruit à l’avenir ; sinon, tu le couperas ! » La parabole du figuier ne fait état ni d’une cruauté ni d’une catastrophe ; elle décrit nos lenteurs à certains moments de notre vie. Nous occupons le sol, nous épuisons la terre, mais pour quelle fécondité ? Le maître, de temps à autre, vient chercher les fruits d’une charité active ou les fruits du vrai silence. La question de Jésus est à la fois douce et radicale. Si radicale que nous ne cesserons jamais de l’entendre jusqu’au moment de la grande rencontre et quelles que soient la vigueur et l’authenticité de notre réponse quotidienne. Dans cette exigence Jésus nous révèle toutes les ressources de sa douceur. Découvrir ce que Dieu nous demande pour servir le Royaume de Dieu nous situe à l’origine de notre vie. Dieu s’est penché sur sa petite servante, Jésus vient prendre « cœur » en elle. La beauté de Marie est d’avoir reconnu cet amour, de s’être laissée aimer par son Dieu, elle s’est laissée former par l’Amour. La transformation de l’humanité est commencée.

Jésus dit encore : « Ces dix–huit sur qui est tombée la tour de Siloam et qu’elle a tués, pensez–vous qu’ils aient été plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? » Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas radicalement, vous disparaîtrez tous pareillement." Nous sommes en sursis tout au long de notre vie, en vue d’un sursaut de vigueur, d’un renouveau de fécondité, parce que Dieu ne se résigne jamais à la mort et nous prépare à sa rencontre. Nous nous situons dans la fécondité de l’origine pour y être régénérés. Demandons à la Vierge toute sainte, l’aide de sa prière, en vue de ce travail de vérité et de conversion de notre vie. En elle « la grâce de Dieu n’a pas été stérile. » Jésus a commencé son pèlerinage sur la terre dans le sein de Marie qui lui a formé un cœur ! Le cœur est le premier organe « qui prend corps » dans la conception, c’est le cœur de Jésus qui a été formé le premier par Marie. Il nous faut donc revenir à l’origine du Corps du Christ pour connaître et vivre en profondeur de l’Amour de Dieu. Que Marie nous aide à dire oui, le oui qui rend nos vies porteuses de Dieu, fécondes pour Dieu, et qui se prolonge dans nos vies et trouve son sommet à la Croix. Malgré nos faiblesses et notre petitesse, le don de Dieu peut se donner, nous en avons besoin pour vivre. Le corps Eucharistique du Christ et son sang nous sont offerts dans cet Amour, alors se donne la conversion dont nous avons tous besoin.

Nous demandons la grâce d’être trouvés fidèles.

Vos témoignages

  • pierre 24 octobre 2020 10:55

    Du scandale de la répression romaine jusque dans le temple, en passant par le drame de l’effondrement d’une tour qui entraîne une mort collective, jusqu’au figuier stérile planté dans une vigne qui épuise la terre tandis que le vigneron demande un sursis au Maître, Jésus parle au peuple de Dieu de l’urgence d’une véritable conversion collective, en annonçant les périls à venir, selon des thèmes bibliques récurrents dans l’histoire d’Israël.

    La lutte fratricide opposant les païens et les partisans du sanctuaire signifiant la présence de Dieu parmi les hommes est la trame de l’exil d’Abraham qui a vécu dans la Confiance en Dieu parmi les peuples idolâtres.

    La chute de la tour fait implicitement référence aux bâtisseurs ambitieux qui se projettent au delà de leur conscience humaine dans une vision idéalisée de leur achèvement matériel, sans fondement spirituel : l’amour entre les êtres est la seule œuvre qui demeure .

    L’enracinement collectif dans la sagesse biblique n’est pas suffisante si elle ne produit aucun fruit qui révèle la bonté divine et ne permet de grandir ensemble dans l’amour cultivé et partagé.

    L’infidélité est le péril de tous face à Jésus qui vient réveiller les consciences là où elles sont demeurées repliées sur elle même.

    L’absence de fidélité bienveillante entre conscience et manière de vivre est le symptôme d’un déchirement intérieur qui ne peut que mener à l’indifférence les uns pour les autres, puis à la rivalité fratricide et finalement à la destruction de l’humanité.

    Jésus par son exemple relève Israël et se souvient de son Amour ( Magnificat de Marie ). Il appelle tous les humains par l’ardeur du Saint Amour à vivre intensément dans la conscience des dons reçus, afin d’œuvrer à faire fructifier la vie commune pour la Gloire de Dieu et le Salut d’un monde qui ne peut que dépérir sans Lui.

    Par Lui, avec Lui, en Lui nous trouvons sens à notre vie qu’il mène à la Joie Divine en accomplissant pour nous l’Amour de l’Humanité sans état d’âme et l’Amour Divin incarné en vérité.

  • Philomène 26 octobre 2018 23:00

    Ce que vous dites sur la Sainte Vierge Marie et le Cœur de Jésus me touche beaucoup. Merci, Père, pour vos méditations qui rendent vivantel l’Evangile.

  • Marie-Françoise 21 octobre 2016 21:06

    Cela me touche lorsque vous faites allusion à la régénération de l’humanité en Dieu. Le monde a tant besoin de cette espérance. Merci, Père.

  • 25 octobre 2014 13:21

    Bonjour frère Gilbert.

    Sans repentance il n’y a pas de vie chrétienne.

    Merci pour cette belle homélie.

    Gilbert.

  • Odile 25 octobre 2014 10:33

    ce commentaire me fait du bien. J’aime bien comment tu introduis le mystère de la vie de Marie dans cette évangile, et comment tu mets en lumière notre fécondité liée au cœur de Marie et de Jésus crucifié. C’est très profond, merci. et je trouve joli , l’expression des « fleurs de paix » je n’avais jamais entendu cela. Bravo ! de Od. Maison Lazare

    • Samedi de la 29e semaine, année paire 25 octobre 2014 10:58, par Père Gilbert Adam

      Merci Odile,

      Tu as raison !

      La beauté de Marie est d’avoir reconnu l’amour infini de Dieu, de s’être laissée aimer par son Dieu, elle s’est laissée former par l’Amour.

      Maintenant c’est à nous d’honorer cet Amour

      La transformation de l’humanité a commencé à partir de ce moment-là.