Vendredi 21 octobre 2016

Samedi de la 29e semaine, année paire

« En ce temps–là, quelques personnes vinrent raconter à Jésus ce qui était arrivé à des Galiléens dont Pilate avait mêlé le sang à celui de leurs sacrifices. »

Ep. 4, 7-16
Ps. 121
Lc. 13, 1-9

  • Le samedi 22 octobre 2016 iCal
    semaine 29  : Samedi de la 29e semaine, année paire

« Jésus leur répondit : Pensez–vous que ces Galiléens aient été de plus grands pécheurs que tous les autres Galiléens, parce qu’ils ont souffert de la sorte ? »

Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas radicalement, vous disparaîtrez tous de même." Jésus réagit à une mauvaise nouvelle qu’on lui annonce, et il pose lui-même la question : « Croyez-vous que ces Galiléens fussent de plus grands pécheurs que les autres Galiléens, pour avoir subi pareil sort ? » La réponse de Jésus est en deux temps : d’une part personne ne peut dire : telle souffrance, telle mort a été pour tel homme un châtiment ; d’autre part Dieu donne le pouvoir à chacun de vivre selon ses œuvres. Jésus renchérit lui-même en rappelant la catastrophe de Siloé ; et l’enseignement est le même : leur dette n’était pas plus grande ; ne voyez pas dans leur mort un châtiment, mais vous, acceptez la conversion en l’amour infini de Dieu. Quant à la parabole du figuier, elle ne fait état ni d’une cruauté ni d’une catastrophe ; elle décrit nos lenteurs à certains moments de notre vie. Changez radicalement nous demande de revenir à la racine de notre être ! Il y a en nous des « capacités » d’amour mystérieuses à développer pour nous convertir. Plus notre cœur est libre plus notre appel se précise à faire ce qui est bien. Jésus a commencé son pèlerinage sur la terre dans le sein de Marie qui lui a formé un cœur ! Le cœur est le premier organe « qui prend corps » dans la conception, c’est le cœur de Jésus qui a été formé le premier par Marie. Il nous faut donc revenir à l’origine du Corps du Christ pour connaître et vivre en profondeur de l’Amour de Dieu.

« Jésus disait aussi cette parabole : Un homme avait un figuier planté dans sa vigne. Il vint y chercher du fruit et n’en trouva pas. » Alors il dit au vigneron : « Voilà trois ans que je viens chercher du fruit sur ce figuier, et je n’en trouve pas. Coupe–le donc : pourquoi occuperait–il la terre inutilement Le vigneron lui répondit : « Maître, laisse–le encore cette année, le temps que je creuse tout autour et que j’y mette du fumier. Peut–être produira–t–il du fruit à l’avenir ; sinon, tu le couperas ! » Nous occupons le sol, nous épuisons la terre, pour quelle fécondité ? Le maître, de temps à autre, vient chercher des fruits pour son Église, les fruits de la charité active ou les fruits du vrai silence, et qu’avons-nous à lui donner ? Nous profitons du terreau de l’Église, des sacrements de la foi, des richesses de la vie fraternelle et du dévouement des frères et des sœurs ; pour quelles fleurs de paix, pour quels fruits de joie ? La question de Jésus est à la fois douce et radicale. Si radicale que nous ne cesserons jamais de l’entendre jusqu’au moment de la grande rencontre et quelles que soient la vigueur et l’authenticité de notre réponse quotidienne. Mais dans cette exigence même Jésus nous révèle toutes les ressources de sa douceur. Découvrir ce que Dieu nous demande pour servir le Royaume de Dieu nous situe à l’origine de notre vie. Dieu s’est penché sur sa petite servante, Jésus vient prendre « cœur » en elle. La beauté de Marie est d’avoir reconnu cet amour, de s’être laissée aimer par son Dieu, elle s’est laissée former par l’Amour. La transformation de l’humanité est commencée.

Jésus dit encore : « Ces dix–huit sur qui est tombée la tour de Siloam et qu’elle a tués, pensez–vous qu’ils aient été plus coupables que tous les autres habitants de Jérusalem ? » Non, je vous le dis. Mais si vous ne changez pas radicalement, vous disparaîtrez tous pareillement." Nous sommes en sursis tout au long de notre vie, en vue d’un sursaut de vigueur, d’un renouveau de fécondité, parce que Dieu ne se résigne jamais à la mort et nous prépare à sa rencontre. Nous nous situons dans la fécondité de l’origine pour y être régénérés. Jésus est le vigneron qui est venu lui-même au travail de notre conversion : il bêche sa vigne, et il ajoute quelque poignées d’un engrais dont il a le secret, un engrais spirituel à base d’humilité, de simplicité et de courage, avec une bonne dose de confiance. C’est le don de la « mère » pour son enfant, le don de « l’épouse » pour son époux qui régénère l’humanité, alors commence à rayonner la communion du cœur de Jésus et de Marie dans notre vie. Demandons à la Vierge toute sainte, l’aide de sa prière, en vue de ce travail de vérité et de conversion de notre vie. En elle « la grâce de Dieu n’a pas été stérile. » Qu’elle nous aide à dire oui, le oui qui rend nos vies porteuses de Dieu, fécondes pour Dieu et qui se prolonge dans nos vies et trouve son sommet à la Croix. Nous sommes la petite créature cachée dans le cœur crucifié de Jésus son bien-aimé. Le corps de l’Eglise se construit dans l’amour : « Si vous ne changez pas radicalement, » dit Jésus ! Malgré nos faiblesses et notre petitesse, le don de Dieu peut se donner, nous en avons besoin pour vivre. Le corps Eucharistique du Christ et son sang nous sont offerts dans cet Amour, alors se donne la conversion dont nous avons tous besoin.

Nous demandons la grâce d’être trouvés fidèles.

Vos témoignages

  • Marie-Françoise 21 octobre 2016 21:06

    Cela me touche lorsque vous faites allusion à la régénération de l’humanité en Dieu. Le monde a tant besoin de cette espérance. Merci, Père.

  • 25 octobre 2014 13:21

    Bonjour frère Gilbert.

    Sans repentance il n’y a pas de vie chrétienne.

    Merci pour cette belle homélie.

    Gilbert.

  • Odile 25 octobre 2014 10:33

    ce commentaire me fait du bien. J’aime bien comment tu introduis le mystère de la vie de Marie dans cette évangile, et comment tu mets en lumière notre fécondité liée au cœur de Marie et de Jésus crucifié. C’est très profond, merci. et je trouve joli , l’expression des « fleurs de paix » je n’avais jamais entendu cela. Bravo ! de Od. Maison Lazare

    • Samedi de la 29e semaine, année paire 25 octobre 2014 10:58, par Père Gilbert Adam

      Merci Odile,

      Tu as raison !

      La beauté de Marie est d’avoir reconnu l’amour infini de Dieu, de s’être laissée aimer par son Dieu, elle s’est laissée former par l’Amour.

      Maintenant c’est à nous d’honorer cet Amour

      La transformation de l’humanité a commencé à partir de ce moment-là.