Vendredi 18 novembre 2016

Samedi de la 33e semaine, année paire

« Que les morts ressuscitent, Moïse l’a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. »

Ap. 11, 4-12
Ps. 143
Lc. 20, 27-40

  • Le samedi 19 novembre 2016 iCal
    semaine 33 : Samedi de la 33e semaine, année paire

"S’approchant alors, quelques Sadducéens, ceux qui nient qu’il y ait une résurrection, l’interrogèrent en disant :

« Maître, Moïse a écrit pour nous : Si quelqu’un a un frère marié qui meurt sans avoir d’enfant, que son frère prenne la femme et suscite une postérité à son frère." La résurrection est au cœur de la foi chrétienne car la résurrection de Jésus est le fondement de notre espérance face à la réalité universelle de la mort. Cette réalité de la fin de notre vie terrestre a été au cours des âges le point de départ de nombreuses réflexions. De la réponse que l’on donne au sens de la mort, on déterminera aussi le sens de la vie. L’Evangile nous fait entrer dans une perspective toute nouvelle de la vie humaine. Il nous apprend que la Vierge Marie a formé le corps de Jésus avec Amour, qu’elle nous donne Jésus, le Fils du Père qui est ainsi révélé. Déjà la résurrection de Jésus est à l’œuvre, elle est constamment célébrée dans le mystère Pascal qui nourrit maintenant notre pèlerinage terrestre parsemé d’embûches. Marie continue à former le corps du Christ qui est l’église, elle rassemble les enfants bien-aimés du Père. « La chair est précieuse aux yeux de Dieu, il la préfère entre toutes ses œuvres, donc ce serait normal qu’il la sauve… Ne serait-ce pas absurde que ce qui a été créé avec tant de soin, ce que le Créateur considère comme plus précieux que tout le reste, cela retourne au néant ? » dit saint Justin.

"Jésus dit aux Sadducéens : « Les fils de ce monde-ci prennent femme ou mari ; mais ceux qui auront été jugés dignes d’avoir part à ce monde-là et à la résurrection d’entre les morts ne prennent ni femme ni mari ; aussi bien ne peuvent-ils plus mourir, car ils sont pareils aux anges, et ils sont fils de Dieu, étant fils de la résurrection." La réponse de Jésus souligne l’étroitesse de vue de ses interlocuteurs qui imaginent l’au-delà sur un mode trop terrestre, ils réduisent la vie éternelle à un simple prolongement de la vie terrestre. Jésus commence par démontrer que les sadducéens méconnaissent les Écritures : « Dieu n’est pas le Dieu des morts mais des vivants » ce qui implique que le Seigneur « ne peut abandonner son ami à la mort, ni lui laisser voir la corruption. » Avec Marie, la femme dans sa beauté et dans sa noblesse, a relevé le défi d’une humanité pervertie. Elle a accueilli le don de Dieu, elle est le prototype du mystère de l’Église, le mystère d’une nouvelle humanité. Chaque fois que Dieu se donne, il se donne d’une manière personnelle, Il nous personnalise dans la réception du don de ce qu’il est. Notre corps est un corps d’amour, c’est un corps d’humilité et de douceur semblable à celui de notre Roi qui est un roi d’amour, un Prince de paix et de douceur. Il chasse toute peine, toute peur, toute haine, pour faire en sorte que le Règne de Dieu, s’édifie en en chacun de nous, c’est la Résurrection du Christ qui est à l’œuvre et qui prend Corps en nous.

"Et que les morts ressuscitent, Moïse aussi l’a donné à entendre dans le passage du Buisson quand il appelle le Seigneur le Dieu d’Abraham, le Dieu d’Isaac et le Dieu de Jacob. Or il n’est pas un Dieu de morts, mais de vivants ; tous en effet vivent pour lui. » Prenant alors la parole, quelques scribes dirent : « Maître, tu as bien parlé. » Car ils n’osaient plus l’interroger sur rien." La foi en notre résurrection se fonde sur sa Parole de Jésus, confirmée par le Père et attestée par l’Esprit. L’objet de notre espérance n’est pas une simple survie, mais une action divine déconcertante, apparentée à une nouvelle création, qui réalisera pour nous « ce que personne n’avait vu de ses yeux, ni entendu de ses oreilles, ce que le cœur de l’homme n’avait pas imaginé, ce qui avait été préparé pour ceux qui aiment Dieu. » L’état de l’humanité glorifiée, nous la vivons déjà dans notre condition terrestre. L’homme et la femme s’aimeront en Dieu qui leur donnera part dans l’Esprit à la fécondité de son amour divin. Forts de cette promesse, « tendons vers les réalités d’en haut, » et non pas vers celles de la terre. Quand paraîtra le Christ notre vie, alors nous aussi, nous paraîtrons avec lui en pleine gloire. Notre vie actuelle est le lieu où nous pouvons nous préparer à accueillir l’amour éternel de Dieu. Croire à la résurrection, c’est croire à la valeur unique de la personne humaine. Jésus est venu chez nous, il reviendra dans la gloire. Chacun de nous à sa suite prend la même voie, la voie de l’Amour. C’est le chemin d’une adhésion profonde, d’un choix profond, certes, il y a des chemins différents dans le mystère de Jésus qui nous sauve, tous, nous sommes déjà victorieux car Jésus nous donne sa Vie.

Nous demandons la grâce d’entrer dans l’Amour infini de Dieu.

Vos témoignages

  • pierre 19 novembre 2016 07:05

    C’est un amour infini qui se donne tous les jours…et cela n’est pas facile à croire quand on se heurte tous les jours à des faits mortifiants et évidents qui soulignent notre finitude.

    Merci pour ce temps d’arrêt sur le dialogue avec les sadduceéns. Comme eux je suis tenté de faire une projection de l’amour humain, qui se reproduit selon un amour limité, alors que Jésus est celui là qui me témoigne d’un amour infini avec sa présence divine.

    Merci pour cette mise en relation avec la bonne parole de Jésus qui entre dans cette logique d’une humanité qui rumine son amour limité ( par le péché s’opposant au sens de la vie) pour la faire grandir par Sa Divinité.

    C’est lui qui nous infuse alors les vertus divines d’ espérance, de charité et de foi et qui nous reconduit tous ensembles dans la perspective des dons infinis de son Esprit Saint.

    • La vie éternelle 20 novembre 2016 08:11, par Hervé-Yves

      Merci à Pierre pour son beau commentaire !
      et merci, Père Gilbert, pour cette homélie dense et fortifiante.
      Oui, la vie éternelle est déjà commencée et ces partages nous en donnent une petite idée, attaquée par l’incrédulité et la violence ambiantes et les tentations du mauvais…

      Mais Dieu nous aime d’une manière infinie et parfaite ; Le don de Jésus en est la manifestation parfaite, l’Eucharistie le signe et le remède dans la Foi et l’espérance ! Prions ensemble dans le Mystère !