Samedi 31 janvier 2015

Samedi de la 3e semaine, année impaire

Ce jour-là, le soir venu, Jésus leur dit : « Passons sur l’autre rive. »

He. 11, 1-2. 8-19 Ct. Lc. 1 Mc. 4, 35-41

  • Le samedi 31 janvier 2015 iCal
    Semaine 3 : Samedi de la 3e semaine, année impaire

"Et laissant la foule, ils l’emmènent, comme il était, dans la barque ; et il y avait d’autres barques avec lui.

"Passons sur l’autre rive," dit Jésus ! Nous sommes encore dans cette période de découvertes par les disciples de la personnalité de Jésus, ils devront abandonner la manière humaine de connaître Jésus pour poser l’acte de foi en celui qui vient nous sauver. Jésus est normal, et les apôtres s’interrogent : ils le voient fatigué comme un homme, ils vivent quotidiennement avec lui, ils le considèrent comme un maître et ils lui voient faire de nombreux miracles. Et voici que maintenant Jésus commande aux éléments, au vent et à la mer, ils sont dans l’interrogation, ils essayent de comprendre. Mais sans la foi, qui sera le fruit du matin de Pâques, peut-on aller plus loin que l’interrogation ? De la barque de l’Église qui vogue sur la mer du monde nous passons à la rive du ciel. C’est le passage de ce monde à l’Église que nous effectuons d’abord en entrant dans un combat spirituel inattendu, c’est un changement fondamental de perspective. Nous sommes saisi par un « nouvel amour » qui anime notre vie. Ce nouvel amour nécessite un « passage » dans une grande confiance ! Il se vit dans la foi ou nous ne pouvons nous appuyer que sur Dieu seul. Nous suivons les disciples de Jésus qui étaient des pêcheurs habitués au lac de leur territoire. Ils savaient le vaincre car avaient essuyé de nombreuses tempêtes sur ce lac ! A la suite de Jésus qui nous ouvre le chemin ou nous passons de ce monde vers le Royaume, c’est autre chose ! Jésus nous apprend à passer de ce monde au Père, sur l’autre rive, le premier, il nous ouvre le chemin !

"Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : « Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? » S’étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence ! Tais-toi ! » Et le vent tomba et il se fit un grand calme." Le Jésus faible, fatigué et dormant sur le coussin, et le Jésus fort, qui calme la tempête, sont la même personne, l’unique Jésus, vrai Dieu est vrai homme. Notre méditation peut nous conduire à nous arrêter plus à l’un ou l’autre aspect, mais notre foi nous fait tenir les deux, dans l’unique personne de Jésus, Verbe incarné. Et c’est de cette foi dont Jésus veut nous parler dans cet Évangile de façon à nous en donner le véritable sens. Cette foi qui est capable de faire le saut entre le Jésus de l’histoire et le Christ Sauveur. Jésus, oppose à la foi quelque chose d’inattendu : la lâcheté, la peur, le manque de courage. L’arrivée de cette mystérieuse bourrasque met les disciples dans une grande frayeur, ils sont dépassés. Il ne leur reste plus qu’à crier vers Jésus qui dort dans la barque ! C’est alors que se vérifie l’attachement à Dieu, dans une immense confiance dans la Providence. Nous comprenons alors que c’est Dieu seul qui peut vaincre nos tempêtes, qui nous aide à faire ce passage ! En lui nous ne sommes pas seulement unis à Jésus, mais encore les uns aux les autres d’une manière indéfectible. C’est dans une même foi en Dieu et les uns dans les autres que se solidifie alors le lien d’amour qui unit notre cœur au cœur de Dieu.

"Puis Jésus leur dit : « Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N’avez-vous pas encore de foi ? » Alors ils furent saisis d’une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : « Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? » Jésus reproche aux disciples leur affolement, ils n’ont pas encore une confiance éperdue ! Ce « n’ayez pas peur » est un fil rouge dans l’évangile, il est bon de le laisser résonner en nous pour nous donner du courage. Si nous avions un peu de courage, nous saurions faire confiance ; et si nous sachions faire confiance, nous trouverions le courage de demeurer au côté de Jésus dans la barque de l’Eglise. Dans cette violente tempête qui désormais est vécue dans notre cœur, il faut tenir bon dans sa foi, envers et contre tout nous crions vers Jésus : « Maître, nous sommes perdus, cela ne te fait rien ? » Nous nous apercevons alors que la question : "Pourquoi Jésus dort-il prend du sens. Nous avons besoin de lui, s’il « dort » c’est parce qu’il veut que ses disciples aient la même vie que lui, qu’ils puissent à sa suite affronter les mêmes épreuves que lui-même va affronter : « Hommes de peu de foi, pourquoi avez-vous douté ? Ainsi s’opère le passage à l’Église qui est une »œuvre" de foi dans l’amour infini de Dieu pour l’humanité. C’est la foi qui nous fait comprendre de l’intérieur la personne de Jésus, comme c’est l’amour qui permet de comprendre véritablement un être humain. Et cette foi naîtra de la résurrection qui, comme elle illumine le corps de Jésus, illumine aussi sa vie et nous permet de comprendre la vérité et la justesse des actes qu’il a posés.

Nous demandons la foi pour la route devant nous qui est longue afin de garder le regard fixé sur le Christ.