Samedi de la 3e semaine, année impaire

Ce jour-là, le soir venu, Jésus leur dit : « Passons sur l’autre rive. »
Mardi 20 novembre 2018 — Dernier ajout mercredi 21 novembre 2018

He. 11, 1-2. 8-19 Ct. Lc. 1 Mc. 4, 35-41

"Et laissant la foule, ils l’emmènent, comme il était, dans la barque ; et il y avait d’autres barques avec lui.

"Passons sur l’autre rive," dit Jésus ! Nous sommes saisis par le "nouvel amour" qui anime la vie de Jésus. Ce nouvel amour nécessite un "passage" dans une grande confiance ! Il se vit dans la foi en ne pouvons-nous appuyer que sur Dieu seul. Nous suivons les disciples de Jésus qui étaient des pêcheurs habitués au lac et à ses tempêtes. Ils savent les vaincre. A la suite de Jésus qui ouvre le chemin vers le Royaume, c’est autre chose ! Jésus nous apprend à passer de ce monde au Père, sur l’autre rive. Les disciples découvrent la personnalité de Jésus qui ouvre le chemin ! Dans cette période, ils devront abandonner la manière humaine de connaître Jésus pour poser un acte de foi en celui qui vient nous sauver. Jésus est fatigué et voici qu’il commande aux éléments, au vent et à la mer. C’est la foi du matin de Pâques qui éclairera leur interrogation. Le passage de ce monde à l’Église que nous effectuons d’abord nous fait entrer dans un combat spirituel inattendu. C’est de la barque de l’Église qui vogue sur la mer du monde que nous passerons à la rive du ciel.

"Survient alors une forte bourrasque, et les vagues se jetaient dans la barque, de sorte que déjà elle se remplissait. Et lui était à la poupe, dormant sur le coussin. Ils le réveillent et lui disent : « Maître, tu ne te soucies pas de ce que nous périssons ? » S’étant réveillé, il menaça le vent et dit à la mer : « Silence ! Tais-toi ! » Et le vent tomba et il se fit un grand calme." Jésus faible et fatigué, dormant sur le coussin, calme la tempête. Nous comprenons que Dieu seul peut vaincre la tempête. Jésus nous aide à faire le passage de la foi en lui, le Sauveur du monde. C’est de cette foi qu’il nous parle dans cet Évangile. Cette foi nous fait faire le saut entre le Jésus de l’histoire et le Christ Sauveur. Jésus, dans cette experience, oppose à la foi quelque chose d’inattendu : la lâcheté, la peur, le manque de courage. L’arrivée de cette mystérieuse bourrasque met les disciples dans une grande frayeur, ils sont dépassés. Il ne leur reste plus qu’à crier vers Jésus qui dort dans la barque ! C’est alors que se vérifie l’attachement à Dieu, dans une immense confiance dans la Providence. En Jésus, nous ne sommes pas seulement unis à Dieu, mais encore les uns aux les autres. C’est dans une même foi en Dieu et les uns dans les autres que se solidifie le lien d’amour qui unit notre cœur au cœur de Dieu.

"Puis Jésus leur dit : « Pourquoi avez-vous peur ainsi ? N’avez-vous pas encore de foi ? » Alors ils furent saisis d’une grande crainte et ils se disaient les uns aux autres : « Qui est-il donc celui-là, que même le vent et la mer lui obéissent ? » Jésus questionne les disciples sur leur affolement. Ce « Pourquoi avez-vous peur ainsi ? » est un fil rouge dans l’Evangile. Si nous avions plus de courage, nous saurions faire confiance pour demeurer au côté de Jésus dans la barque de l’Eglise. Dans cette violente tempête qui désormais est vécue dans notre cœur, il faut tenir bon dans sa foi, envers et contre tout et nous crions vers Jésus : "Maître, nous sommes perdus, " Nous nous apercevons alors que la question : "Pourquoi Jésus dort-il prend du sens. Nous avons besoin de lui, s’il "dort" c’est parce qu’il veut que ses disciples aient la même vie que lui, qu’ils puissent à sa suite affronter les mêmes épreuves que lui-même va affronter. Ainsi s’opère le passage à l’Église qui est une "œuvre" de foi dans l’amour infini de Dieu pour l’humanité. C’est la foi qui nous fait comprendre de l’intérieur la personne de Jésus, comme c’est l’amour qui permet de comprendre véritablement un être humain. Et cette foi naîtra de la résurrection qui, comme elle illumine le corps de Jésus, illumine aussi sa vie et nous permet de comprendre la vérité et la justesse des actes qu’il a posés.

Nous demandons la foi pour la route devant nous qui est longue afin de garder le regard fixé sur le Christ.