Vendredi 9 mars 2018 — Dernier ajout vendredi 29 décembre 2017

Samedi de la 3e semaine de Carême

Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé.

Os. 6, 1-6 Ps. 50 Lc. 18, 9-14

  • Le samedi 10 mars 2018 iCal
    Troisième semaine de Carême : Samedi de la 3e semaine de Carême

« À l’adresse de certains qui étaient convaincus d’être justes et qui méprisaient les autres, Jésus dit la parabole que voici :

« Deux hommes montèrent au Temple pour prier. L’un était pharisien, et l’autre, publicain (c’est-à-dire un collecteur d’impôts). Le voyage de la prière n’est pas toujours facile, mais il est toujours passionnant. Dieu nous accompagne, il aime que nous fassions le premier pas, que nous marchions vers lui pour nous retrouver nous-mêmes. Ce chemin de la priere, nous le parcourons à l’aide de Jésus. Seule la prière du Pauvre ouvre un chemin de la paix. Elle nous situe devant Dieu dans notre vérité de créature, dans notre responsabilité de pécheurs. La certitude de la victoire du Christ nous prépare à l’espérance. Nous pouvons nous retrouver dans les deux personnages évoqués par Jésus dans l’Evangile. Conscients à l’excès de notre misère, nous pouvons nous traduire vers Dieu en lamentations. Or Dieu nous propose une relation plus profonde avec lui. Le Pharisien, supérieur aux autres, demeure bien masqué en nous-même : La brume du matin est cette auto-suffisance qui fait disparaître bien vite le don de Dieu : "Ton amour est fugitif comme la brume du matin," dit la Parole.

« Le pharisien se tenait debout et priait en lui-même : “Mon Dieu, je te rends grâce parce que je ne suis pas comme les autres hommes – ils sont voleurs, injustes, adultères –, ou encore comme ce publicain. Je jeûne deux fois par semaine et je verse le dixième de tout ce que je gagne.” Pour ce pharisien, la prière va vers un moi satisfait et sécurisé. Cet homme est à ses yeux, le seul qui est intact, le seul qui est digne. Il est content de ne pas être comme les voleurs, les injustes, les adultères. Les autres sont affreux, lui, dit-il, est génial. Il est l’artisan de sa propre perfection. « Les autres » se laissent compromettre avec l’argent, les aventures, tandis que lui, le « séparé, » l’homme à part, est demeuré inattaquable. Il n’a jamais su « être-avec » les autres, devant Dieu. Pour se sentir vivre, il lui faut se percevoir comme en dehors de la destinée commune. Il a mis Dieu à son service. Il dit toujours « je. » Je rend grâce, je ne suis pas comme les autres humains, je jeûne, je paie la dîme. Il ne regardent les autres que pour les juger, en dire du mal et revenir à lui-même afin de pouvoir à nouveau se remplir de lui-même. Toute l’assurance du Pharisien repose sur ses œuvres. Ses comptes pour le Temple sont en règle, et, une fois la dîme versée, il se sent tranquille pour user de tout le reste comme bon lui semble.

« Le publicain, lui, se tenait à distance et n’osait même pas lever les yeux vers le ciel ; mais il se frappait la poitrine, en disant : “Mon Dieu, montre-toi favorable au pécheur que je suis !” Je vous le déclare : quand ce dernier redescendit dans sa maison, c’est lui qui était devenu un homme juste, plutôt que l’autre. Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. » Nous nous retrouvons aussi dans cet autre personnage de l’Evangile ! Comme lui, conscients de notre misère, nous nous tournons vers Dieu avec des lamentations. Dieu nous invite à une relation plus profonde avec lui. Ce publicain prie en ne s’inquiètant pas du regard des autres. Il prie devant Dieu dans la preoccupation et dans l’inquiètude. Il n’ose pas même le regarder et il n’ose pas lever les yeux vers le ciel. Il fait une demande à Dieu dans son cœur. Il reconnaît qu’il doit avancer, il en a besoin, c’est un pécheur, le mensonge s’est installé dans sa vie. Il reconnaît avec une sorte d’évidence qu’il a perdu la hâte du Royaume. C’est alors que peut monter la vraie prière qui exprime la conversion, l’authentique retournement vers Dieu : « Mon Dieu, aie pitié du pécheur que je suis ! »

Nous demandons à Dieu la grâce d’unifier en nous la prière de supplication et d’action de grâce pour qu’un reflet de son amour resplendisse dans notre cœur.

Vos témoignages

  • Denise Brouillette 10 mars 2018 15:19

    Nous ne pouvons aller vers Dieu sans Dieu. L’Esprit de Jésus nous y mène. Beaucoup de langages différents dans la prière. Le Pharisien va à Dieu avec ses œuvres et sa suffisance, le publicain s’incline avec sa pauvreté, uniquement sa pauvreté. L’un sera abaissé, l’autre relevé, non pas aux yeux des hommes mais dans le regard de Dieu. Regard de paix qui illumine le pauvre pécheur de tout son être. Voilà donc une autre petite brebis sur l’épaule du Maître tout joyeux.

  • Justine 10 mars 2018 11:19

    Merci pour cette homelie si vraie

  • pierre 10 mars 2018 05:34

    La prière qui rapproche de Jésus Fils de Dieu est très simple : "Aie pitié de moi pécheur"

    Le bavardage éloigne très vite de Jésus Fils de Dieu, car il cache l’essentiel : "Qui s’élève sera abaissé ; qui s’abaisse sera élevé. »

    L’enseignement de la prière par Jésus à ses disciples est solide (et solidaire de nos difficultés à prier quand nous sommes empêtrés dans nos tentations) : "Notre Père qui est au cieux … délivre nous du Mal".

    Ce qui inclut tout ce dont nous avons besoin, y compris le don de l’Esprit Saint de Jésus qui accompagne notre prière pour nous remettre en Confiance (par Lui, avec Lui, en Lui) en usant de paroles simples, comme celles qu’un Père échange avec Son Enfant pour relancer le dialogue dans l’amour mutuel.

  • Angélina 5 mars 2016 06:18

    Cette prière ’Seigneur Jésus, aie pitié de moi, pauvre pécheur que je suis ’ nous est donné pour nous sauver de l’orgueil Votre homélie m’y fait penser. Pendant ce temps de carême en l’ année de la Miséricorde, j’espère faire disparaître ce ’je, ce ’moi’ qui me met au centre du monde au lieu de Jésus Sauveur. En communion de prière, Père Gilbert, et merci.