Mercredi 12 octobre 2016 — Dernier ajout jeudi 10 décembre 2015

3e dimanche de l’Avent, année C

Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie.

So. 3, 14-18a Is. 12 Ph. 4, 4-7 Lc. 3, 10-18

Les foules lui demandaient : « Que devons-nous faire ? » Jean leur répondait : « Celui qui a deux vêtements, qu’il partage avec celui qui n’en a pas ; et celui qui a de quoi manger, qu’il fasse de même ! »

Le Baptiste, grand témoin de la venue du Seigneur Jésus, nous prépare et réchauffe notre espérance et notre enthousiasme. Aux gens ordinaires, Jean répond simplement : « partagez ! » ; Aux collecteurs d’impôts, le Baptiste n’impose pas de quitter leur travail, mais ils ne doivent pas chercher à s’enrichir. Les soldats non plus n’auront pas à renoncer à leur métier. Cet appel, comme une visitation, nous est adressé pour entrer dans la fête de Noël. Élisabeth, la mère de Jean-Baptiste, fut visitée par Marie, la Mère de Jésus. Elle a tressailli de joie : « Comment m’est-il donné que la mère de mon Seigneur vienne jusqu’à moi ? Vois-tu quand tes paroles ont frappé mes oreilles, l’enfant a tressailli de joie dans mon sein ! Bienheureuse toi qui a cru s’est écriée Élisabeth ! » La joie de Dieu est dans l’humilité, dans la reconnaissance que l’autre est plus grand que moi ; « Lui, dit Jean le Baptiste, vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. » C’est l’humilité de celui qui est mû par l’Esprit de Dieu, il sait combien l’autre est plus grand que lui. Jean-Baptiste, mû par un grand amour, annonce le Christ. C’est cet amour que l’Evangile nous propose et qu’il nous faut demander. Il est en attente dans notre cœur pour que la joie dans notre vie soit plus grande et plus merveilleuse encore.

Des publicains (collecteurs d’impôts) vinrent aussi se faire baptiser et lui dirent : « Maître, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « N’exigez rien de plus que ce qui vous est fixé. » A leur tour, des soldats lui demandaient : « Et nous, que devons-nous faire ? » Il leur répondit : « Ne faites ni violence ni tort à personne ; et contentez-vous de votre solde. » Or, le peuple était en attente, et tous se demandaient en eux-mêmes si Jean n’était pas le Messie. La grandeur d’âme du Baptiste sera de garder cette humilité et ce réflexe d’effacement même quand il verra Jésus choisir un style d’action tout différent du sien. Pour l’instant il se représente le Messie un peu à sa propre image : vannant le blé à la grande pelle et brûlant la menue paille dans un feu jamais éteint. En réalité ce Messie « plus fort que lui » mettra tous ses disciples à l’école de sa douceur. Le feu qui anime le prophète est encore bien peu par rapport au feu de l’amour qui doit advenir. C’est pour recevoir cet amour que nous nous préparons à accueillir Jésus, celui qui nous a tellement aimés qu’il a pris notre humanité. Jésus s’est fait « petit enfant » pour se mettre à notre service. Cet immense amour est donné à Marie lorsque le Saint Esprit la recouvre de son ombre. Dans son cœur rayonne la joie de Dieu qui met ainsi une vie nouvelle au monde, la joie de son Amour. Nous voulons entrer et demeurer dans cette vie pour que notre joie soit parfaite. Jean le Baptiste est témoin de cette Joie, il est brûlé par le feu de l’amour de Dieu. Il est celui qui aime son Dieu d’une manière surprenante.

Jean s’adressa alors à tous : « Moi, je vous baptise avec de l’eau ; mais il vient, celui qui est plus puissant que moi. Je ne suis pas digne de défaire la courroie de ses sandales. Lui vous baptisera dans l’Esprit Saint et dans le feu. Il tient à la main la pelle à vanner pour nettoyer son aire à battre le blé, et il amassera le grain dans son grenier ; quant à la paille, il la brûlera dans un feu qui ne s’éteint pas. » Le Précurseur, dans une humilité radicale est devant le plan de Dieu et devant Celui qui va le mettre en œuvre : « lui vous plongera dans l’Esprit Saint ». La toute première ascèse du Baptiste est de rester à sa place dans le dessein de Dieu, à sa place de précurseur du Messie ; mais pour lui, nous le savons, c’était beaucoup plus une joie qu’un effort : « il faut qu’Il croisse, et que moi je diminue ! » Pour notre cœur inquiet et trop souvent triste, il nous faut laisser venir la paix de Dieu, le Seigneur est proche, le Seigneur vient, déjà il nous a choisis, déjà il nous a appelés. La joie de Dieu contient tout l’univers, personne n’est exclu de cette joie. Dans l’excès de sa joie, celui qui aime partage tout. Dans l’excès de l’amour, il est impossible de voir son frère dans le froid et de ne pas chercher à le vêtir ! Mus par ce grand amour, il est impossible de voir quelqu’un avoir faim et ne pas lui donner à manger. Quand l’Esprit Saint a pris possession de notre cœur il est libre pour aimer chacun et reconnaître la beauté et la grâce de tous. Alors éclatent les cris de joie ! « Soyez toujours dans la joie du Seigneur ! Laissez-moi vous le redire : soyez dans la joie ! »

Nous demandons la grâce de cette joie pour nos familles, nos communautés, notre village.