Lundi 18 janvier 2016

Veillée Pascale, année B

« Un jeune homme vêtu de blanc… leur dit : « N’ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité »

Gn. 1,1–2,2 + ps 103 ; Ex. 14,15–15,1 + Ct. Ex. 15 ; Is. 55, 1-11) ; Is. 54, 5-14 + ps. 29 ; Éz. 36, 16-17a.18-2 Mc. 16, 1-8

"Le sabbat terminé, Marie Madeleine, Marie, mère de Jacques, et Salomé achetèrent des parfums pour aller embaumer le corps de Jésus."

De grand matin, le premier jour de la semaine, elles se rendent au sépulcre au lever du soleil. Elles se disaient entre elles : « Qui nous roulera la pierre pour dégager l’entrée du tombeau ? » Lorsque les femmes arrivent au tombeau de grand matin, le tombeau est ouvert, il est vide. Il y a là un mystérieux jeune homme vêtu de blanc, qui leur annonce une nouvelle inouïe : « Jésus est ressuscité. » La nouvelle est tellement incroyable, que les femmes sont saisies, bouleversées. Jésus a choisi de ressusciter dans ce tombeau fermé, qui symbolise notre cœur enfermé dans le péché, qui est comme un tombeau vide, cœur de pierre d’où la lumière de la Vie s’est éteinte. Ces femmes se demandaient comment elles allaient rouler la pierre pour embaumer le corps mort de Jésus. Non seulement on n’a pas respecté Jésus dans son message d’amour, mais qu’on ne l’a pas respecté dans son tombeau. Nous avons un itinéraire de foi à refaire ! Dans la veillée de la Résurrection de Jésus, la Parole de Dieu restitue tout le mystère : Dieu a envoyé son Fils pour qu’il soit notre Rédempteur, la puissance de l’amour infini de Dieu délivre son peuple annonce une vie nouvelle : « Je mettrai en vous un cœur nouveau, je mettrai un esprit nouveau en vous ». La Parole de Dieu ne descend pas sur la terre sans y faire son travail : Ton Époux, dit Dieu, c’est ton Créateur. Marie-Madeleine était témoin de cette régénération !

"Au premier regard, Marie-Madeleine avec les femmes qui sont présentes s’aperçoivent qu’on a roulé la pierre, qui était pourtant très grande." En entrant dans le tombeau, elles virent, assis à droite, un jeune homme vêtu de blanc. Elles furent saisies de peur. Mais il leur dit : « N’ayez pas peur ! Vous cherchez Jésus de Nazareth, le Crucifié ? Il est ressuscité : il n’est pas ici. Voici l’endroit où on l’avait déposé." Le ciel témoigne de l’événement le plus extraordinaire de l’humanité ! Marie, la mère de Jésus, qui n’a pas quitté celui que son cœur aime a mis en lui toute son espérance. C’est elle qui nous ouvre le chemin. Du moment où Jésus est venu dans son sein jusqu’à celui où il est plongé dans la mort, dans son cœur, elle ne le quitte pas. Elle l’a suivi à la croix, elle a su que l’amour dépassait la souffrance en lui, que la souffrance en lui décuplait l’amour. En lui elle a compris la parole du Cantique des cantiques : « L’amour est plus fort que la mort ». Certes cela n’a supprimé sa souffrance, quand il est descendu aux enfers elle a vécu véritablement l’agonie de la séparation d’avec Jésus. Mais elle l’a vécue en lui, par lui et pour lui. C’est l’itinéraire de la femme qui n’a jamais cessé de croire et dont le fruit de la foi est la résurrection qui s’est engouffrée dans son cœur avec une explosion de vie que nous voulons vivre. En accueillant la Résurrection de Jésus, le pardon de notre Père du Ciel, nous accueillons à nouveau la Lumière de la Vie au plus profond de notre être. Nous sommes renouvelés comme au premier jour de notre baptême. Nous entrons toujours plus dans la joie des enfants de Dieu réconciliés.

"Et maintenant, allez dire à ses disciples et à Pierre : ’Il vous précède en Galilée. Là vous le verrez, comme il vous l’a dit.’ » Elles sortirent et s’enfuirent du tombeau, parce qu’elles étaient toutes tremblantes et hors d’elles-mêmes. Elles ne dirent rien à personne, car elles avaient peur." Nous traversons une crise d’une ampleur sans précédent dans l’histoire de l’humanité, à la fois par son étendue, et sa complexité. Et nous constatons tous les jours l’incapacité de nos dirigeants à reprendre le contrôle du navire. La cause principale du malheur des hommes est le refus de Dieu qui nous fait entrer dans une présomption qui s’obstine à croire qu’on s’en sortira seul, et la désespérance d’un monde qui n’à plus qu’à proposer de profiter du peu de vie qu’il nous reste à vivre. Face à cette culture de mort et de désespérance, la seule annonce véritablement « révolutionnaire », c’est celle que l’Eglise ne cesse d’annoncer contre vents et marées depuis deux milles ans. La résurrection du Christ prendra corps lentement en elle car c’est d’abord un mystère personnel tout intérieur. Le chemin de foi de Marie, la mère de Jésus, deviendra notre chemin de foi offert dans la nuit de Pâques. Quand Jean arrive au tombeau, « Il vit et il crut. » Jean a reçu Marie à la croix, il l’a pris en lui, il est témoin de son agonie, de sa plongée dans la mort, mais il est témoin, d’une manière étonnante, du réchauffement de son cœur, dans la nuit de la foi la plus grande et dans le secret de l’amour, quelque chose est changé en elle. Nous pouvons, aujourd’hui encore faire de même, laisser notre cœur se gonfler de l’Amour infini de Dieu. Marie, la femme qui n’a jamais cessé de croire, a reçu une explosion de vie, le fruit de sa foi en la résurrection de Jésus.

En cette nuit de Pâques, nous demandons la grâce d’être renouvelé dans notre chemin de foi.