Jeudi 2 mars 2017

Vendredi après les Cendres

Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ?

Is.58.1-9 Ps.50 Mt.9.14-15

  • Le vendredi 3 mars 2017 de 13:57 à 14:57 iCal
    Semaine des Cendres 00 : Vendredi après les Cendres

"Alors les disciples de Jean le Baptiste s’approchent de Jésus en disant : « Pourquoi, alors que nous et les pharisiens, nous jeûnons, tes disciples ne jeûnent-ils pas ? "

Les disciples de Jean le Baptiste n’imaginent pas que Dieu puisse attendre autre chose de ses fidèles que l’offrande et le sacrifice. C’est ainsi qu’ils aiment le Dieu Souverain du ciel et de la terre. Dans la première Alliance, le peuple de Dieu est considéré comme l’épouse, et Yahvé vient à lui comme l’Epoux. Dieu a dit : C’est la miséricorde que j’aime, l’amour sincère, et non les sacrifices. Jésus, le Fils de Dieu, est venu parmi les hommes comme le Bien Aimé. L’amour de Dieu provoque l’ouverture du cœur pour les frères. Le Fils de Dieu venu parmi les hommes vit dans l’Amour de Dieu et le souci des frères. Le Peuple de Dieu est aimé par lui d’un amour véritable. Il ne peut comprendre cet Amour qu’en se mettant dans une attitude d’adoration. Jésus est l’Époux de son Peuple, il éveille en lui des capacités d’amour qui sont cachées dans son cœur. Il touche ainsi et guérit l’humanité blessée. Le cœur humain est porteur de souffrances, de blocages et de brisures qui doivent être libérés pour entrer dans le mystère des noces de l’Agneau. En voyant notre Dieu, nous lui serons semblables, dit l’apôtre Jean.

"Jésus leur répondit : « Les invités de la noce pourraient-ils donc être en deuil pendant le temps où l’Époux est avec eux ?" Jésus se présente comme l’Epoux. Par lui, la tendresse de Dieu nous enveloppe. Jésus manifeste combien Dieu est bon, il fait refleurir notre visage. Nous avons encore besoin d’être purifiés. Il est bon d’être proche de Jésus qui fait surgir de notre être, la tendresse. « Un temps viendra ou l’époux leur sera enlevé, dit Jésus. » Cet « Enlèvement » de l’époux, du bien aimé, a des expressions très variées dans l’Evangile : Quand Lazare est malade, ses sœurs le pleurent et vont le prévenir : « Celui que tu aimes est malade. » Mais Jésus demeure au dehors pour former ses apôtres à la vraie vie. Ces femmes, avec son absence, vont entrer dans un vrai « jeune ! » Jésus les achemine dans la perspective de la résurrection des morts ! Marthe et Marie diront combien elles ont souffert de l’absence de Jésus : « Seigneur si tu avais été là mon frère ne serait pas mort. » Dans la résurrection de Lazare, elles vont s’apercevoir de la véritable action de Jésus, de la raison de son retard : Il est la Résurrection et la vie !

"Mais des jours viendront où l’Époux leur sera enlevé ; alors ils jeûneront. " Nous sommes sur la terre. L’époux est enlevé au ciel par sa Passion et son Ascension. Le temps du jeûne annoncé est bien là ! Mais les pauvres sont toujours avec nous, ils nous révèlent que nous pourrons toujours servir Jésus dans ses plus petits : « Tout ce que vous aurez fait au plus petit des miens, c’est à moi que vous l’aurez fait. » Le jeûne est totalement transformé. Il est d’une grande fécondité ! Nous le retrouverons dans la nuit de la foi, à la suite de Jésus, en attendant le ciel ! La femme qui a touché le manteau de Jésus a été guérie, avant que Jésus ne lui ait adressé une parole libératrice ! Quand elle verra Jésus vivre sa Passion, elle comprendra la source de cette vie nouvelle qui lui fut donnée. Lors de la résurrection de la fillette du centurion, Jésus n’a pas montrer son pouvoir souverain de Fils de Dieu, il est demeuré dans l’humilité. Nous demeurons dans l’humilité nous aussi, en mettant à profit les temps d’illumination et de joie qui annoncent les noces ! Ce nouveau jeûne se révèle d’une grande fécondité spirituelle. Dans l’amour de Dieu, vécu dans la nuit de la foi, nous nous mettons au service des autres. L’amour des frères est le signe de l’amour de Dieu qui agit en nous.

Nous demandons la grâce d’entendre la Parole de Dieu et d’être renouvelés dans la tendresse de notre Dieu.

Vos témoignages

  • Stephane 3 mars 2017 07:53

    Merci Père Gilbert

    la nature humane n’aime pas le vide, et avec Jésus nous apprenons à l’accueillir, sachant que Lui Seul peut nous combler, Lui l’Epoux des noces éternelles auxquelles nous sommes tous convives. la patience donc trouve tout son sens…

  • Nous sommes en attente (par H.H.) 12 février 2016 08:46

    Nous sommes en attente en effet de l’entrée dans la Vie plei ement participante de la Vie de Jésus Vivant. C’est vrai que c est un jeûne que les obsacles que nous trouvons dans notre exil pour y parvenir. Jésus nous révèle son amour infini en prenant tout sur lui.Immense souffrance de sa passion…Immense consolation de sa Résurrection. Merci de la nourriture que procure cette homélie.

  • Angèle 20 février 2015 13:34

    Mère Teresa avait considéré que la foi était sa lumière et aussi l’amour envers des « pauvres » ; cela lui donnait la vie même si elle ne sentait rien, comme si elle n’était pas objet de l’Amour. Merci d nous rappeler d’elle et la puissance de la foi chez un être faible tel que nous sommes.

    je veux bien croire que la Sainte Vierge Marie est notre mère et éducatrice dans ce domaine, encore plus que les Saints, si grands qu’ils soient.

    Merci pour cette belle homélie.