Vendredi 3 août 2018 — Dernier ajout mercredi 1er août 2018

Vendredi de la 17e semaine, année paire

« Jésus ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi. »

Jr 26, 1-9 Ps 68 Mt 13, 54-58

  • Le vendredi 3 août 2018 iCal
    semaine17 : Vendredi de la 17e semaine, année paire

"Jésus se rendit dans son lieu d’origine, et il enseignait les gens dans leur synagogue, de telle manière qu’ils étaient frappés d’étonnement et disaient : « D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ?"

N’est-il pas le fils du charpentier ? Sa mère ne s’appelle-t-elle pas Marie, et ses frères : Jacques, Joseph, Simon et Jude ? Et ses sœurs ne sont-elles pas toutes chez nous ? Alors, d’où lui vient tout cela ? » Jésus revient chez lui dans sa nouvelle manière d’être : il enseigne, il fait des miracles. Les gens de son village constatent cette évolution, ils ne voient pas comment assimiler cette nouveauté dont Jésus est porteur. L’origine de Jésus qu’ils connaissent leur paraît incapable de rendre compte de ce que Jésus est devenu ! Cela est violent pour eux. Ils sont choqués. Ils savent l’origine de sa vie, sa manière d’être, et il est devenu comme un étranger pour eux. Cette incompréhension reprend le prologue de St. Jean : "Il est venu chez les siens et les siens ne l’ont pas reconnu !" C’est dans "leur" synagogue qu’il enseigne ! Les compatriotes de Jésus pourraient etre flattés et heureux de sa renommée, mais ils sont ébahis, les gens se questionnent et se demandent : D’où lui viennent cette sagesse et ces miracles ? Nous ne partons plus du même lieu ! Dieu n’a plus sa demeure chez les siens ! Il est regardé comme un étranger, un hôte de passage, Jésus leur échappe parce qu’ils sont incapables de voir plus loin que les appartenances humaines !

"Et ils étaient profondément choqués à son sujet. Jésus leur dit : « Un prophète n’est méprisé que dans son pays et dans sa propre maison. »" Notre identité n’est pas seulement celle de nos origines extérieures. Elle est aussi celle de notre promesse qui nous appelle à un au-delà. Nos origines extérieures laissent des traces intangibles qui risquent de s’imposer à nous et de nous enfermer. Cette origine est partagée avec d’autres, elle est saturée de sens et de reconnaissance. Notre origine intérieure est secrète, elle nous ouvre sur un appel à demeurer ouvert. C’est à partir de ce qu’ils connaissent de lui, Jésus, l’enfant de Nazareth, que ses concitoyens le jugent. "Sa mère ne s’appelle–t–elle pas Marie." Ils se rassurent à partir de leur propre jugement, selon un "extérieur" qui les sécurisent ! La parenté de Jésus, les cousins et cousines sont évoqués comme pour avoir la preuve qu’ils sont dans la vérité. Ses sœurs ne sont–elles pas toutes parmi nous ? D’où lui vient donc tout cela ?" Une question demeure : D’où lui vient donc tout cela ? La familiarité humaine n’est pas l’intimité de la foi qui nous donne une ouverture et une intimité avec le Dieu vivant.

Et il ne fit pas beaucoup de miracles à cet endroit-là, à cause de leur manque de foi. La foi est cette grâce de ne pas se limiter à ses origines repérables mais de faire confiance à ce qui surgit. Croire à ce possible en nous est ce qui nous aide à nous ouvrir à l’autre, à le rencontrer. Entrer dans la foi, c’est accepter d’être d’une autre origine, de ne plus faire partie uniquement de ce que nous avons reçu, mais de partir vers une promesse à laquelle nous consentons. Que Dieu fasse grandir notre foi, en toutes ses dimensions. Nous ne renonçons pas à cette partie de nous-mêmes, qui nous entraine vers un au-delà. Pour que l’Évangile soit Bonne Nouvelle, il nous faut le laisser nous rejoindre et nous entrainer dans un au-dela. Nous voulons nous ouvrir à ce qui est vrai et juste dans le plan de Dieu plutot que de nous enfermer dans ce que nous connaissons ! Dieu se présente ainsi comme le "tout autre." C’est dans la foi que nous pouvons discerner sa Présence. La disposition qui nous est demandée est une ouverture renouvelée ! Croire que Dieu nous rejoint et qu’il et toujours plus grand que ce que nous concevions de lui !

Nous demandons la grâce de nous laisser surprendre par Dieu comme Marie la mère de Jésus.

Vos témoignages

  • pierre 3 août 2018 11:02

    Le miracle c’est ce qui fait naître l’étonnement, l’admiration, l’émerveillement devant ce qui dépasse notre capacité humaine.

    En « réduisant » Jésus au Fils du charpentier, les habitants de Nazareth ont perdu la faculté de s’émerveiller de la présence de Dieu parmi son peuple.

    Jésus souligne à l’occasion que cette attitude est symptôme de mépris et de jalousie contre celui qui porte la fonction prophétique.

    Cette mission implique par essence d’être envoyé par l’Esprit Saint plutôt qu’un installé dans des préjugés et certitudes trop humaines.

    La fonction de bâtisseur et de Foi du charpentier est aussi en résonance avec l’accueil par St Joseph d’une communauté de Vie fondée dans l’Esprit Saint et non plus seulement dans l’esprit de l’humanité.