Jeudi 11 août 2016

Vendredi de la 19e semaine, année paire

« Des pharisiens vinrent mettre Jésus à l’épreuve »

Ez. 16, 1-15 Is. 12 Mt. 19, 3-12

  • Le vendredi 12 août 2016 iCal
    semaine 19 : Vendredi de la 19e semaine, année paire

"Des pharisiens s’approchèrent de lui pour le mettre à l’épreuve ; ils lui demandèrent : « Est-il permis à un homme de renvoyer sa femme pour n’importe quel motif ? »

Il répondit : « N’avez-vous pas lu ceci ? Dès le commencement, le Créateur les fit homme et femme, et dit : À cause de cela, l’homme quittera son père et sa mère, il s’attachera à sa femme, et tous deux deviendront une seule chair. Ainsi, ils ne sont plus deux, mais une seule chair. Donc, ce que Dieu a uni, que l’homme ne le sépare pas ! » Au temps de Jésus il y avait plusieurs écoles d’interprétation sur les raisons qui permettaient de divorcer. Jésus invite ceux qui l’écoutent à revenir au plan de l’amour originel de Dieu. S’il est difficile d’aimer, nous nous approchons de la source de l’amour pour y puiser des forces dans la grâce de Dieu. Jésus répond sur le devenir de l’homme et de la femme, en redonnant le sens du commencement. Il met ses adversaire sur le terrain de leur connaissance pour les sécuriser, mais il leur dit : « C’est à cause de votre obstination que Moïse vous a permis de répudier vos femmes ; » Jésus fait alors apparaître une vraie difficulté dans laquelle ils sont prisonniers : la dureté du cœur, « au commencement, il n’en était pas ainsi. » C’est dans l’union entre nous qu’il nous est donné de façonner notre existence comme signe de la vie de Dieu. Jésus, mis à l’épreuve, est un modèle d’humilité ! Il sait ce qu’il y a dans l’homme, il voit que son cœur est malade, il est venu pour le guérir. Sa pédagogie est pour nous très éclairante.

Les pharisiens lui répliquent : « Pourquoi donc Moïse a-t-il prescrit la remise d’un acte de divorce avant la répudiation ? » Jésus leur répond : « C’est en raison de la dureté de votre cœur que Moïse vous a permis de renvoyer vos femmes. Mais au commencement, il n’en était pas ainsi. Or je vous le dis : si quelqu’un renvoie sa femme, sauf en cas d’union illégitime, et qu’il en épouse une autre, il est adultère. » La perspective de Jésus prend en compte les aléas de la vie et les situations de vie qui sont les conséquences de l’endurcissement des cœurs, de la violence des hommes entre eux, des blessures reçues. Aimer n’est pas facile. La charité est exigeante parce qu’elle ne cherche pas sa propre satisfaction mais d’abord le bien de l’autre. Chaque vie, en s’associant à d’autres de diverses manières, manifeste à sa manière, notre filiation commune. Elle accueille en creux toutes les difficultés de nos vies, tous les dérèglements de nos situations. Notre vie est appelée à signifier le secret qu’elle porte, que nous sommes tous enfants de Dieu. Notre manière d’être atteste ce que nous sommes, elle en témoigne, et constitue ainsi la communauté humaine en son ensemble comme expression de son mystère. La communauté humaine est faite pour partager l’unité parfaite de la Sainte Trinité, à laquelle nous aurons une part au ciel. Notre vocation de chrétien est de permettre à la parole et la grâce du Christ de pénétrer nos cœurs et nos esprits afin de ne pas permettre à cette ambiance de discorde d’affecter nos vies.

Ses disciples lui disent : « Si telle est la situation de l’homme par rapport à sa femme, mieux vaut ne pas se marier. » Il leur répondit : « Tous ne comprennent pas cette parole, mais seulement ceux à qui cela est donné. Il y a des gens qui ne se marient pas car, de naissance, ils en sont incapables ; il y en a qui ne peuvent pas se marier car ils ont été mutilés par les hommes ; il y en a qui ont choisi de ne pas se marier à cause du royaume des Cieux. Celui qui peut comprendre, qu’il comprenne ! » L’ouverture de Jésus est étonnante ! De la question du mariage qui lui est posée, il reprend la question du sens de la vie et de sa fécondité dernière. Si la réalité du mariage est une alliance voulue par le Créateur, une autre réalité annonce aussi l’amour infini de Dieu. "Car il y a des eunuques qui le sont depuis le ventre de leur mère, il y en a qui le sont devenus par le fait des gens, et il y en a qui se sont rendus eux–mêmes eunuques à cause du règne des cieux. Quelque soit notre situation, ce qui nous est demandé est d’aimer, d’être ouvert à nos frères et de marcher humblement avec eux, à la suite du Christ Jésus, vers la vie. Exprimer dans notre quotidien le mystère dont nous vivons, inventer cette vie que nous recevons de Dieu Notre Père. Au soir de notre vie, nous serons jugés sur l’amour. Le Christ a souffert et il est mort pour que nous puissions avoir dès à présent ce que nous aurons au ciel : l’unité.

Nous demandons la grâce d’être à l’écoute de la Parole et de Jésus qui l’exprime.