Vendredi de la 22e semaine, année paire

Il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves,
Jeudi 3 septembre 2020

1 Co. 4, 1-5 Ps. 36 Lc. 5, 33-39

  • Le vendredi 4 septembre 2020 iCal
    semaine 22 : Vendredi de la 22e semaine, année paire

« On disait un jour à Jésus : « Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent ! »

Jésus leur dit : « Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé : ces jours-là, ils jeûneront. » Pour le peuple élu, l’Epoux était représenté comme l’Amour de Dieu pour son épouse. Cette analogie exprime la qualité « sponsale » de l’amour de Dieu : « Ton époux c’est ton créateur, » disait Isaïe. Pour Jésus, le jeûne est la traduction de l’absence du Bien-Aimé, de l’Époux. C’est quand Jésus sera enlevé aux disciples, par la Passion et l’ensevelissement, par son Ascension auprès du Père, que nous aurons l’expérience du véritable jeune. Dans le temps de l’Église que nous vivons, l’enseignement de Jésus a des conséquences importantes pour notre vie. Jésus est invisible, nous sommes dans l’attente de son retour. Nous sommes dans l’attente de la rencontre finale ou nous pourrons le voir face à face. Pendant ce temps où Jésus est absent, il se manifeste à nous dans la foi. Le jeûne a son sens et sa place. Jésus donne ainsi la seule raison du jeûne : "Les compagnons de l’Époux jeûneront quand l’Époux leur sera enlevé."

Et Jésus dit pour eux une parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s’accordera pas avec le vieux. Il est difficile d’entrer dans le nouvel Amour que Jésus est venu apporter. Jésus utilise deux paraboles qui manifestent la réalité de l’esprit nouveau qu’il apporte. Ce nouvel Amour n’est pas au goût de tout le monde. Souvent nous en ignorons l’existence. Ainsi nous ne voyons pas la différence avec le vieux vin. Ceux qui sont mal disposés à accueillir le vin nouveau de Jésus, ne reconnaissent pas la partie sensible de leur être qui est désir, attente de Dieu. Il nous faut creuser ce désir du cœur de Jésus et de Marie. Il y a en notre corps et en notre âme une profonde correspondance à l’Amour infini de Dieu. Le mystère des noces de l’Agneau est annoncé. Jésus nous invite à rejoindre ce niveau secret de notre personne humaine. C’est un lieu où il n’y a pas de limites, hors celle de l’Amour, là, c’est le cœur qui compte. Nous pouvons être paralysés de toutes manières, être limités de toutes parts, le cœur spirituel ne sera jamais limité. Dans l’adversité, le cœur peut se développer d’une manière étonnante. La Croix de Jésus est l’annonce du plus grand amour. Dieu est le Bien-aimé, et nous attendons son retour.

Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : ’C’est le vieux qui est bon.’ » Jeûner, c’est prendre conscience de l’absence du Christ Jésus. C’est souffrir de l’impossibilité sur la terre de pouvoir l’étreindre, de le voir, de le contempler de nos yeux de chair. Vivre dans la foi est une richesse extraordinaire, mais c’est une richesse obscure. La foi nous renvoie au désir, à l’attente, à l’espérance de la vision. L’amour qui nous lie à Jésus est l’amour de l’Époux de l’humanité. C’est l’Époux de chacun de nous. Il y a entre Lui et nous une intimité si profonde qu’elle suscite en nous un désir, une attente, un émerveillement. Cet Amour nouveau ne peut être vécu que dans un être renouvelé ! Notre cœur retentit constamment du désir du Christ-Jésus dans notre esprit et dans notre corps. C’est la raison pour laquelle Jésus parle d’outres neuves. Si notre cœur est dans le désir, dans l’appel et dans l’attente, il est normal que notre corps participe à cette attente, à ce vide, à cette aspiration. « Se livrer » à cet Amour signifie devenir un don désintéressé de nous même, de la manière la plus entière et la plus radicale possible.

Nous demandons la grâce de demeurer dans cet amour de Dieu, de vivre au rythme de cet amour-là et d’y demeurer.

Vos témoignages

  • Clothilde 4 septembre 2020 12:19

    Nous sommes dans l’attente du retour de l’Epoux, toujours et toujours, jusqu’ à ce qu’Il vienne.

    Ce sera le Bonheur sans fin.

    Merci Père.

  • pierre 4 septembre 2020 09:39

    Nous expérimentons dans nos vies les 4 saisons de la nature, de la vie et de l’amour ; ainsi que les temps différents de l’esprit humain dans lequel nous les traversons.

    Le temps de la présence.

    Le temps de la veille qui est l’attente de la présence,

    Le temps de l’absence.

    Le temps du lendemain qui le regret de l’absent.

    En ces 4 temps notre cœur est ému par l’existence de l’être que nous aimons et qui nous aime.

    Jésus connaît mieux que nous le cœur de l’être humain, car il est fait pour aimer et être aimé, et supporte difficilement la vie entre les tensions affective et effective des rendez vous manqués et des attentes déçues.

    Jésus nous donne un enseignement sur la grâce de l’Esprit Saint qui vient au secours de notre esprit, car nous ne savons par prier « comme il faut prier ».

    Notre désir de relation dans la priere peut être teinté [ou tenté] d’opportunisme de faveur ou d’extrémisme de la dernière chance, mais la confiance dans la vie et de l’amour de Jésus n’est pas seulement de ces moment là, où la réalisme exalté ou le fatalisme semblent prendre le dessus.

    Jésus ouvre la route à tous les cœurs humains par Sa Passion qui nous sauve de tous les périls, à la seule condition que nous vivions en cœur à Cœur avec Lui, à tout instant de la vie, ce qui requiert la grâce de l’Esprit Saint, qu’il nous donne, car lui est fidèle en tout ce qu’il fait en tout temps et tous lieux.

    À l’expérience humaine des 4 saisons qui passent, il nous faut recevoir de Jésus l’enseignement de l’Esprit Saint-Divin qui demeure au delà des 4 saisons et qui contient tout : le temps prophétique d’avant la présence de Jésus, le temps messianique de l’accomplissement de la Vie en Jésus , et le temps apostolique des témoins de cet accomplissement qui donne sens à leur vie jusqu’aux extrémités du monde.

    C’est cette grâce qu’il nous est donné de puiser sans l’épuiser et sans nous épuiser en vanité, en pratiquant humblement la Lectio Divina, dans les 3 textes de lecture proposés en liturgie (AELF) chaque jour et en particulier le dimanche.

  • David 3 septembre 2020 23:23

    C est si beau et vrai ce que vous dites, Père. En quelque sorte, tout est dit. Merci. Paix dans le Christ.

  • Anne Marie Rigaux 7 septembre 2018 09:35

    Après bien des combats, la souffrance fait jaillir du cœur des lumières nouvelles et insoupçonnées : Dieu n’abandonne pas les siens.

  • Pierre 2 septembre 2016 07:37

    Comme c’est beau, ce que Dieu tisse dans le secret du cœur de l’homme spirituel.