Jeudi 1er septembre 2016

Vendredi de la 22e semaine, année paire

Il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves,

1 Co. 4, 1-5
Ps. 36
Lc. 5, 33-39

  • Le vendredi 2 septembre 2016 iCal
    semaine 22 : Vendredi de la 22e semaine, année paire

« On disait un jour à Jésus : « Les disciples de Jean jeûnent souvent et font des prières ; de même ceux des pharisiens. Au contraire, tes disciples mangent et boivent ! »

Jésus leur dit : « Est-ce que vous pouvez faire jeûner les invités de la noce, pendant que l’Époux est avec eux ? Mais un temps viendra où l’Époux leur sera enlevé : ces jours-là, ils jeûneront. » Pour le peuple élu, l’Epoux était représenté comme l’Amour de Dieu pour son épouse. Cette analogie exprime la qualité « sponsale, » de l’amour de Dieu : « Ton époux c’est ton créateur, » disait Isaïe. Pour Jésus, le jeûne est la traduction de l’absence du Bien-Aimé, de l’Époux. C’est quand Jésus sera enlevé aux disciples, par la Passion et l’ensevelissement, par son Ascension auprès du Père, que nous aurons l’expérience du véritable jeune. Dans le temps de l’Église que nous vivons, l’enseignement de Jésus a des conséquences importantes pour notre vie. Jésus est invisible, nous sommes dans l’attente de son retour. Nous sommes dans l’attente de la rencontre finale ou nous pourrons le voir face à face. Pendant ce temps où Jésus est absent, il se manifeste à nous dans la foi. Le jeûne a son sens et sa place. Jésus donne ainsi la seule raison du jeûne : « Les compagnons de l’Époux jeûneront quand l’Époux leur sera enlevé. »

Et Jésus dit pour eux une parabole : « Personne ne déchire un morceau à un vêtement neuf pour le coudre sur un vieux vêtement. Autrement, on aura déchiré le neuf, et le morceau ajouté, qui vient du neuf, ne s’accordera pas avec le vieux. Jésus utilise deux paraboles qui manifestent la réalité de l’esprit nouveau qu’il apporte. Il est difficile d’entrer dans le nouvel Amour que Jésus est venu apporter. Ce nouvel Amour n’est pas au goût de tout le monde. Souvent nous en ignorons l’existence. Ainsi nous ne voyons pas la différence avec le vieux vin. Ceux qui sont mal disposés à accueillir le vin nouveau de Jésus, ne reconnaissent pas la partie sensible de leur être qui est désir, attente de Dieu. Il nous faut creuser ce désir du cœur de Jésus et de Marie. Il y a en notre corps et en notre âme une profonde correspondance à l’Amour infini de Dieu. Le mystère des noces de l’Agneau est annoncé. Jésus nous invite à rejoindre ce niveau secret de notre personne humaine. C’est un lieu où il n’y a pas de limites, hors celle de l’Amour, là, c’est le cœur qui compte. Nous pouvons être paralysé de toutes manières, être limité de toutes parts, le cœur spirituel ne sera jamais limité. Dans l’adversité, le cœur peut se développer d’une manière étonnante. La Croix de Jésus est l’annonce du plus grand amour. Dieu est le Bien-aimé, et nous attendons son retour.

Et personne ne met du vin nouveau dans de vieilles outres ; autrement, le vin nouveau fera éclater les outres, il se répandra et les outres seront perdues. Mais il faut mettre le vin nouveau dans des outres neuves. Jamais celui qui a bu du vieux ne désire du nouveau. Car il dit : ’C’est le vieux qui est bon.’ » Jeûner, devrait être d’abord pour nous de prendre conscience de l’absence du Christ Jésus. Souffrir de l’impossibilité sur la terre de pouvoir l’étreindre, le voir, le contempler de nos yeux de chair. Vivre dans la foi est une richesse extraordinaire, mais c’est une richesse obscure. La foi nous renvoie au désir, à l’attente, à l’espérance de la vision. L’amour qui nous lie à Jésus est l’amour de l’Époux de l’humanité. C’est l’Époux de chacun de nous. Il y a entre Lui et nous une intimité si profonde, qu’elle suscite en nous un désir, une attente, un émerveillement. Cet Amour nouveau ne peut être vécu que dans un être renouvelé ! Notre cœur retentit constamment du désir du Christ-Jésus dans notre esprit et dans notre corps. C’est la raison pour laquelle Jésus parle d’outres neuves. Si notre cœur est dans le désir, dans l’appel, dans l’attente, il est normal que notre corps aussi participe à cette attente, à ce vide, à cette aspiration. « Se livrer » à cet Amour signifie devenir un don désintéressé de nous même, de la manière la plus entière et la plus radicale possible.

Nous demandons la grâce de demeurer dans cet amour de Dieu, de vivre au rythme de cet amour-là et d’y demeurer.

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