Vendredi 5 juin 2015

Vendredi de la 9e semaine, année impaire

Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !”

Tb. 11, 5-17 Ps. 145 Mc. 12, 35-37

  • Le vendredi 5 juin 2015 iCal
    Semaine 9 : Vendredi de la 9e semaine, année impaire

Alors qu’il enseignait dans le Temple, Jésus, prenant la parole, déclarait : « Comment les scribes peuvent-ils dire que le Messie est le fils de David ?

Jésus, à la suite d’une série de controverses, rencontre un docteur de la Loi qui fait son éloge et de la sagesse qu’il a manifestée. Jésus fait alors surgir la question sous-jacente : « Qui est-il vraiment, quel est le cœur de sa personnalité, d’où vient-il ? Le Messie était bien plus qu’un prophète, celui qui, mandaté par Dieu, parlait et agissait en son nom. Le Christ, l’Oint du Seigneur, devait incarner l’intervention suprême, finale et définitive de Dieu, pour conduire à son sommet l’histoire de son peuple. Il est normal d’imaginer un personnage qui viendra nous libérer sous les traits d’un héros du passé, tout en espérant qu’il le dépasse. Notre imagination ne peut s’inspirer que des expériences que nous avons déjà vécues. Moïse était la figure en qui se concentrait la naissance merveilleuse du peuple élu. David, plus tard, avait réalisé l’unité des tribus du nord et du sud, tout en les sauvant de tous les ennemis qui les entouraient. Son règne illustre demeurait dans la mémoire du peuple comme le sommet atteint par leur nation. Fidèle à cette longue tradition, l’État d’Israël a choisi, de nos jours, l’Étoile de David pour son drapeau, comme signe distinctif. Pour les gens de Nazareth, Jésus est le « fils de l’homme. » Pour Marie, il est le « Fils de Dieu ». Nous le disons « vrai Dieu et vrai homme » dans le Credo. Pour nous faire pénétrer plus avant dans ce mystère, Jésus interroge le psaume.

David lui-même a dit, inspiré par l’Esprit Saint : Le Seigneur a dit à mon Seigneur : “Siège à ma droite jusqu’à ce que j’aie placé tes ennemis sous tes pieds !” Inspiré par les promesses des prophètes, le peuple juif se représentait le Messie sous les traits de David, dont il serait le descendant. Jésus se base sur cette espérance pour poser une question à propos de ce « Fils de David. » La citation que Jésus met en relief, pour en demander l’explication aux scribes, provient du psaume 110,1, qu’on attribuait traditionnellement au roi David : « Le Seigneur (Dieu) a dit à mon Seigneur (le Messie) ». Selon les coutumes juives, jamais un père n’aurait honoré son fils par le titre de « Seigneur », à moins qu’il soit d’origine mystérieuse ou divine. Nous sommes devant le mystère de Dieu qui s’est fait homme en Jésus et qui « domine » toutes choses dans son Amour. Il est le créateur, il est le sauveur, Dieu maître du monde. Il est le maître du monde par son amour, petit enfant de Noël. Les pensées du cœur de Dieu sont amour. Jésus nous manifeste combien le mystère de Dieu et le mystère de l’homme sont étroitement liés

David lui-même le nomme Seigneur. D’où vient alors qu’il est son fils ? » Et la foule nombreuse l’écoutait avec plaisir. Tout ce qui concerne le Messie, cette figure centrale de l’espérance en Israël, est fondamental. Si les scribes ne peuvent répondre à la difficulté que leur pose Jésus au sujet de la filiation davidique du Messie, ils sont incompétents. Ils prétendent pourtant être le magistère en Israël et veulent régenter le peuple élu. Celui-ci ne doit pas écouter ces docteurs, qui se prétendent des maîtres. S’ils étaient lucides, ils devraient percevoir dans la personne de Jésus une dimension mystérieuse, qui relève de sa filiation à l’égard de Dieu. Jésus exhorte ses disciples à être prudents à l’égard des faux prophètes, qui veulent exercer leur influence sur les gens et diriger leur existence. La personne de Jésus déconcerte, il ne suffit pas d’admirer Jésus comme un grand personnage de l’histoire seuls ceux qui croient au mystère du Christ, dans son union unique avec Dieu, et qui engagent leur personne à la suite de leur Seigneur, peuvent comprendre qui est le Christ. C’est l’adoration qui marque à la fois la distance et la proximité, distance de la solitude d’une intimité avec Dieu qui doit se creuser, en même temps que nous sommes appelés à la plus grande communion d’amour.

Nous demandons la grâce d’entrer dans cette patience de Dieu. Il est le Sauveur qui sans cesse agit dans notre vie.