Jeudi 24 novembre 2016

aa) Lumière sans déclin, Roi de la création/

Chercher le Dieu d’Amour, autrement, par la poésie !

a)Touche du silence sur les eaux de la nuit/ Le verbe s’élance et la beauté jaillit/ Lumière sans déclin, Roi de la création/ Le monde est un jardin qui célèbre son Nom/ Arbres et verdures, montagnes et ruisseaux/ Toute créature est signée par le Sceau/ Pélican du désert, bêtes et monstres marins/ Chaque jour ils espèrent que Dieu ouvre sa main/ Mais pour les gouverner, Il offrit son image/ Et l’homme d’un baiser reçu l’humble visage/ Libre de partager son cœur comme son âme/ Dieu fit de son côté le soutien d’une femme/ Mais sa chair, son amie, succomba à la haine/ Du menteur, l’Ennemi de la race humaine/ Ne voulant plus servir le projet de l’amour/ Ils eurent peur et s’enfuirent de la Brise du jour/ « O dis-moi, ou es-tu ? D’où vient ce cœur de pierre ?/ Ton visage abattu se courbe vers la terre ! »/ La nature prit le deuil et se couvrit d’un voile/ Devant le mauvais œil qui fit régner le mal/ « J’ai voulu connaître la vie sans ton regard/ Mais comment renaitre ? Hors de toi tout est noir ! »/

b) Touche du silence sur les eaux de la nuit/ Le verbe s’élance et la beauté jaillit/ Lumière sans déclin, Roi de la création/ Le monde est un jardin qui célèbre son Nom/

c)Il vient, comme roche brisée/ Déversant sur monts et vallées/ Sa grâce en poussières d’étoiles/ L’écho fait cortège nuptial/ et de la voix de mon amant/ Il chante et redit doucement :/

Viens ma belle, ma tourterelle/ Lève-toi car l’amour t’appelle/ Vers toi-même va mon amie/ Révèle-moi ton désir enfoui/

A travers les feuilles du pommier/ Nos regards se sont rencontrés/ Mon amant a pris son envol et l’ombre se meurt sur le sol/ O dérobe-moi mon amant/ Ou fais de mon corps ton froment/

c) Mon âme est à jamais meurtrie/ De ce cœur que tu as ravi/ Plus rien ne me tient désormais/ Ni cavernes ni roseraie…/

Par la nuit dévêtue d’étoiles/ Et d’une splendeur sans égale/ J’irai sur les places, dans les rues/ Plus loin que ma vie suspendue :/ Que les gardes prennent garde !/

d) Je ne crains plus leurs échardes/ A travers la cité, j’irai/ Plus loin que les lieux désolés/ J’irai par-delà les déserts/ Les sables brulants des vipères/ Les sommets de solitude/ Les fourrés d’incertitude/ J’irai lâcher tous mes oiseaux/ Et balancer mes idéaux./

e) Mais le scolyte m’a piqué/ Et malade je suis ronger/ Car elle a beau scruter le ciel/ La lourde branche reste sans ailes/

f) O mon amant, mon absolu/ C’est ton amour qui m’a conçu/ Vois en ton ciel, je m’abandonne/ Sous ton regard qui me façonne/ Si tu savais, ma fiancée/ Mon âme en toi s’est liquéfiée/ Demeure en moi, nous porterons/ Les fruits qui de nous deux naitront/

g) Mon amant est toute ma force/ Et ses bourgeons percent l’écorce/ Mon amant est toute ma vie / Et en lui ma chair a fleuri/

h) Fleche élancée de grues cendrées/ Aiguisées par les traversées/ Ne déchire pas l’horizon/ Tant que dure la migration/ i) Qu’est-ce là qui s’élève au loin/ Comme l’étendard d’un palanquin ?/ Voici le roi tout empourpré/ j) Que son amour a couronné/ Sortez le glaive du fourreau/ Ouvrez au Temple le rideau/ k) Venez contempler en Sion/ Le fruit murit de la passion/

l) Mes entrailles sont bouleversées/ Mon cœur en moi s’est retourné/ Viens gouter au rocher mon miel/ Et pénètre la citadelle/

m) Que tu es belle ma désirée/ En tes yeux le ciel s’est noyé/ Et la terre et sa parure/ Dévalent ta chevelure/ Tes dents, les glaciers d’océans/ Cristallisent le sel du temps / Tes lèvres, gardes d’un palais/ En assurent le jardin secret/ Un cœur de rose dans ses pétales/

n) Telle est ta joue derrière ton voile/ Et ton cou, une tour sans faille/ Un donjon à haute muraille/ Tient prisonnier en son fossé,/ Les yeux de ton Roi extasié/ Penché sur le col, il s’étend/ Comme une lave d’un volcan/ Tes deux seins aux vallées fertiles/ Rassasient le pauvre en exil/

Mon amant pour moi, moi pour lui/ Loin de nous les ombres s’enfuient/

o) Ma toute belle, ma bien aimée/ Avec moi je t’ai fiancée/ Descend ton regard des cimes/ Viens au profond de l’abime/ Là où se perdent tous les sens/ Ivres des plus rares essences/ Nard, safran, roseau odorant, / Cinnamone et arbres à encens,/ Fins aromates, myrrhe, aloès/ Embaument mon cœur tout en liesse/ Sous ta langue, ma bien aimée/ S’écoulent le miel et le lait/

p) Que ton cœur est délicieux !/ Mon cœur se nourrit de tes yeux/ Que ton amour a de charme !/ Il m’a noyé d’une larme/

q) Emporte-moi ma fiancée/ Du jet de ta source scellée/ Mon puit caché au verger clos/ En ta crypte l’ai mon repos/

r) Voix silencieuse dans la nuit/ En lui mes entrailles ont frémi/ Souffle aquilon, répond au loin/ La caresse de mon jardin/ Et toi antan, viens du désert/ Que son Nom féconde la terre/ Une ombre glisse sur les eaux/ L’olivier étend ses rameaux/

s) Un glaive a percé l’absence/ Sous les draps de la conscience/

…Genèse ! Genèse ! C’est moi/ Ouvre ta lumière sera là !/ Ne crains pas d’accueillir celui/ Sur qui s’est déversé la nuit/

t) J’ai pour ta lampe mon huile/ Et mes yeux pour ta vigile/ u) Genèse ! Ma sœur, réponds moi !/ v) Donne-moi d’entendre ta voix/

w) les branches ont craqué sous tes pas/ Et la peur ma saisie d’effroi/ Le nymphéa se tient ferme/ Tant que le jour ne s’est pas levé/

x) Mon amant a plongé sa main/ Otant le sommeil du bassin/ Puis tournant le dos il s’enfuit/ Mais seul son reflet le suivit/

y) Ce n’était pas un mirage/ Il oscille le marécage !/ Revient mon amant, mon frère/ Prends en pitié ma misère/ Le feu dans l’eau, la terre au vent/ Ne firent écumé qu’un instant/ Attends ! Toute ma vie suivra/ Le sillon que tracent tes pas/

Sur le sol pourpre de roses/ L’amour en gouttes se pose/

z) Voici les soldats, tous armés !/ Ils m’ont frappée, emprisonnée/ Au tribunal de la raison/ Je n’ai pour moi que l’intuition/ Mais, ignorante de l’amour,/ Que puis-je répondre en retour ?/

aa) Malade et pauvre, je le suis/ Et qu’importe ma vie ici !/ Plus rien ne me lie à la terre/ Sinon mon limon de misère/
- Ne craindras-tu donc plus la mort ?/ Qui, sinon elle, jette un tel sort !/

bb) -Mon amant, il est l’Unique/ Sa beauté est sans réplique/ Tout homme est un portrait sans vie/ Si je le comparais à lui/ Sa vie dépasse tout éclat/ Mais sa lumière n’éblouit pas/ Paisible et infuse splendeur/ Comme est la suave blancheur/ Des boucles de sa chevelure/ Une laine mêlée d’or pur/ Dans le lait de ses yeux baignent/ Les colombes qui s’étreignent/ Elles éclaboussent de cyan/ Rivières, fleuves et océans/ Ses joues, des massifs parfumés/ Avec des fruits sous leur feuillée/

cc) Ses lèvres, un parterre de lis/ Ou neiges et flammes s’étourdissent/ Ses mains sont ornées de rubis/ Et sur son ventre loge un puits/ Source féconde des jardins/ Sous le velours du baldaquin/ Dont le drapé trace collines/ Et tout ce qu’amour imagine/

dd) Juges et soldats au souffle court/ Voici mon amant, mon amour/ Voici l’étoile du matin :/ Une colombe a dit : il vient !/

ee) -tout ton discours n’est que folie/ Vierge errante dans la nuit/ Que l’amant soit ineffable/ Toi, tu n’es qu’un grain de sable !/ Prenons bien grade d’écouter/ Ce que l’ivresse fait chanter !/

**En mon amant échappée (ajouté) Je veux rester dans l’oubli Suspendue, abandonnée En ses mains plus de soucis

**En Lui jouissons désormais Dans le secret, sans aucun bruit Dans la lumière de, notre nuit Il nous enveloppe de paix

ff) Moi pour mon amant, lui pour moi/ Dans le désir, l’absent est là…/

…Que tu es belle, ma bien aimée/ Je me perds à te contempler/ Détourne de moi tes regards/ Tels une levée d’étendards/ Voici l’armure me fait défaut/

gg) Je l’ignorais, la ida’ ti…/ Que l’aube décoche sans bruit/ O…merveilleuse beauté !/ Elle embrase sans consumer/ Les étoiles qui chantent et veillent/ Sous l’enveloppe du soleil/

ii) Il n’est plus aucune rigueur,/ Ni défaillance, ni lâcheté,/ Plus de distance à contre cœur,/ Ou de sentiment déréglé/ La chair demeure sans saveur/ Mais une flamme a pénétré/ Au plus profond de ma demeure/ Au plus secret de mon palais./

jj) Langue de feu, viens ranimer/ Mon désir trop longtemps enfoui/ Viens fortifier ma liberté/ De n’être en toi qu’un seul esprit/ et si mes yeux restent aveugles/ que mon cœur s’irradie/ pour vivre l’éternel baiser/ des maintenant en Jésus Christ/

(Saint Jean de la Croix, maxime 175, dit à sa manière le désir de l’aimée :) Oh ! Combien douce me sera ta présence Toi le bien suprême Je m’approcherai silencieusement de toi Et je te découvrirai les pieds pour que Tu daignes m’unir à toi en mariage Et je refuserai toute joie jusqu’à Ce que je sois heureuse dans tes bras Et maintenant je t’en prie, Seigneur, Ne me laisse jamais plus dans mon isolement, Car je ne puis que gaspiller mon âme

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