Mardi 14 août 2018

af. Unique est ma colombe, ma parfaite,

info document - PNG - 749 ko

Soixante sont les reines, quatre-vingts, les compagnes, sans nombre, les jeunes filles.

La nature prit le deuil et se couvrit d’un voile/ Devant le mauvais œil qui fit régner le mal/ J’ai voulu connaître la vie sans ton regard/ Mais comment renaitre ? / Hors de toi tout est noir ! / Ton visage abattu se courbe vers la terre ! /

Pour édifier sa vie et y trouver un sens, il faut travailler. Dans le monde règne une si grande diversité de point de vue qu’il faut trouver son chemin. Le passage du monde de l’enfance au monde des adultes oblige à faire des choix. Le pèlerinage commence avec une vie sociale à construire. Du lieu de l’enfance pour aller vers l’inconnu est plein de risques à affronter pour entrer dans la vie. Ce fut les annonces dans le journal qui devinrent mon GPS : « Demande apprenti boulanger- pâtissier ! » Pourquoi pas ! L’apprentissage est offert avec son coté mercantile. Heureusement pour moi, Marie continue de veiller humblement avec tellement d’amour. Saint Michel veille aussi pour me faire sortir de l’exploitation d’un patron difficile et corrompu. Dans ces épreuves, la tentation est grande de baisser les bras. Mais le GPS reprend sa fonction : Cherche apprenti boucher charcutier ! Jésus est présent dans le silence de l’absence, mais je ne le connais pas encore. "Ton visage abattu se courbe vers la terre !" Affronter la dure réalité du travail, entrer dans les liens avec les autres ouvriers n’est pas toujours simple à mettre en œuvre. Une réalité nouvelle se profile, invisible, elle prendra Corps avec l’Evangile. Ce n’est pas encore l’heure de la conscience de l’œuvre de Dieu. L’Esprit Saint donne invisiblement dans la nuit ce qu’il faut pour faire face à cette nouvelle réalité. Comment renaitre ?

Il vient, comme roche brisée/ Touche du silence sur les eaux de la nuit. / Déversant sur monts et vallées/ Sa grâce en poussières d’étoiles/

Je portais une médaille de Marie sur ma chemise. C’était le signe d’une ouverture et d’une détermination, quelque chose pouvait advenir. Travaillant en ville, j’étais comme en exil, loin de la « nature, » des montagnes des Vosges. La Providence conduisait mon chemin. Pour être libéré plus tôt des obligations militaires prolongées par la guerre d’Algérie, je me suis retrouvé à Tübingen, en Allemagne comme engagé. Dans cette nouvelle situation qui me correspondait mieux par son ouverture, je pouvais trouver un espace et me faire de nouveaux amis. Tous les « milieux sociaux » étaient représentés dans la caserne. Je me sentais à l’aise comme militaire au service de la Patrie. L’espace qui m’était donné me permettait de mieux devenir moi-même. Le service militaire est un lieu d’ouverture et d’orientation. Les valeurs de Service, de Don de soi étaient à l’honneur, elles allaient me permettre de faire un choix que j’ai compris plus tard. Je reprenais dans mes temps libres des études dans lesquelles je me sentais plus à l’aise qu’à l’école.

L’écho fait cortège nuptial/ Et de la voix de mon amant/ Il chante et redit doucement : / Viens ma belle, ma tourterelle/ Lève-toi car l’amour t’appelle/ Vers toi-même va mon amie/ Révèle-moi ton désir enfoui/ A travers les feuilles du pommier/ Nos regards se sont rencontrés/ Je veillais à garder le lien avec mes copains, mais quand ils faisaient la « fête, » j’avais des raisons de rester à la caserne pour travailler ! Cela me convenait bien pour ne pas mettre en péril ce que je pressentais en moi de clarté par rapport aux valeurs de la vie. "Faire le bien et éviter le mal," était inscrit dans ma conscience. L’existence prenait un sens et les lectures diverses que je faisais situaient des personnages dans lesquels je pouvais m’identifier. Je prenais mieux conscience de ce qui se passait autour de moi. Ces études me permettaient d’entrer en contact avec l’histoire du monde, de la culture. J’affectionnais les sorties et je me suis retrouvé à Lourdes, avec le pèlerinage militaire. Ce qui se passait en moi à cette époque était très important car j’avais besoin de me sentir « libre, » dans un monde ou certaines valeurs me rejoignaient. C’est dans cette reconnaissance humaine et chrétienne que je pouvais prendre confiance en moi et trouver mon unité. Il me fallait en effet me déterminer selon des valeurs que je vivais à l’intérieur de moi sans en avoir ni conscience ni connaissance, et chercher à l’extérieur, ce que je ressentais à l’intérieur de moi pour en être confirmé !

Unique est ma colombe, ma parfaite, unique pour sa mère, merveille pour qui l’a mise au monde. Les jeunes filles l’ont vue, l’ont dite bienheureuse ; reines et compagnes ont chanté ses louanges :

L’avènement de la personne est une œuvre de la liberté. L’ouverture au monde met en évidence la dimension spirituelle de la personne humaine et son orientation vers l’au-delà. L’exercice des valeurs permet à la volonté de se déterminer avec justesse. Il s’agissait pour moi d’adopter une attitude intérieure de choix des valeurs qui me convenaient. J’étais de plus en plus libre. A 19 ans je fus sélectionné comme instructeur et proposé pour faire une école d’officier. Avec la base humaine qui se mettait en place, il me fallait découvrir la dimension chrétienne de mon être, son orientation vers Dieu que je ne connaissais pas ! Je rends grâce à Dieu de s’être révélé à moi progressivement ! La phrase qui m’a fait basculer dans le choix de l’Evangile était la Parole de Dieu dans Jérémie : « Et je mettrai ma loi dans leur cœur. » Je ressentais un sentiment de n’être pas à la « hauteur » des autres dans ce monde. J’éprouve encore ce manque d’assurance qui s’est enraciné en moi dans mon enfance !

info document info document

Vos témoignages