Mercredi 25 octobre 2017

t Un miel pur coule de tes lèvres, ô fiancée, le miel et le lait, sous ta langue ; l’odeur de tes vêtements est comme l’odeur du Liban.

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h) Langue de feu, viens ranimer, Mon désir trop longtemps enfoui

Langue de feu, viens ranimer/
Mon désir trop longtemps enfoui/
Viens fortifier ma liberté/
De n’être en toi qu’un seul esprit/
Et si mes yeux restent aveugles/
Que mon cœur s’irradie/
Pour vivre l’éternel baiser/
Des maintenant en Jésus Christ/

L’Epouse s’est faite belle dans son Assomption, elle prépare maintenant chacun à la Beauté de l’Esprit. C’est un désir qui ne s’éteindra pas : « Viens, oh oui, viens Seigneur Jésus. » ‘Langue de feu, viens ranimer, mon désir trop longtemps enfoui’. La merveille entre toutes, c’est Marie à la Pentecôte. Les éblouissements de l’Annonciation sont encore à l’œuvre ! C’est une régénération de l’humanité qui s’accomplit depuis que Marie et Jean sont accordés par Jésus : « Voici ton Fils, voici ta Mère. » C’est l’Incarnation de Jésus qui porte ses fruits : Il est le Premier né d’une multitude. Comme Marie a tout donné sous le souffle de l’Esprit, l’Esprit poursuit son œuvre. Jésus fait le don de Tout lui-même à l’Eucharistie, ainsi l’Eglise, dans le don d’elle-même.

Le soleil n’était pas levé/
quand la brise glissait ces mots :/
Marie, ne craint pas le tombeau/
car les ombres fuient sa clarté !/

Marie, dans le bonheur du ciel, n’abandonne pas les enfants que Jésus continuent à sauver. Elle demeure avec les Saints du ciel à protéger ceux qui sont dans le combat. Les Anges eux-mêmes prêtent mains fortes devant le menteur adversaire dont les jours sont comptés. La semence de l’amour se fraie un chemin, elle grandit dans l’aimée. Toujours plus affamée, elle réclame chaque jour la lumière et la présence qui fortifie son amour. Mais le ciel est chargé de gros nuages qui voudraient l’asphyxier ! Mon âme, tel un fruit suspendu à une branche se désole d’une pluie qui ne cesse de tomber…
Pluie bien nécessaire pourtant ! pour la fortifier dans la patience et l’espérance. La légère tribulation réserve des délices que seul Jésus peut donner. La demande de l’aimée ravit son cœur, il veut l’enivrer d’amour. Ainsi la souffrance de l’attente décuple le désir de l’aimée, comment ne pas désirer le ciel nouveau, le lieu de la rencontre éternelle du véritable banquet d’amour.

Jean est le « bien aimé » de Jésus, il est l’aimé de Marie.
Son Amour parcourt le monde, Jésus caché, parcourt ainsi l’humanité, il recherche la bien aimée, fille de Marie. L’Amour est désormais aimé, dans la Passion de Jésus, dans la compassion de Marie, c’est le lieu de l’ami, c’est celui de l’aimée. L’Ami est devenu l’ami, le pain devient le Pain de Vie, l’Esprit Saint régénère tout, le tout de la Création, le tout de l’humanité, qui, en Lui, est cachée, Secret d’Amour. Marie elle-même est cachée, elle l’est à elle-même, elle l’est dans le cœur de la Trinité Sainte, elle l’est dans le Foyer d’Amour qui brule à tout jamais. Elle parcourt la terre, par le reflet d’elle-même. Elle est là dans les yeux des « voyants », visible comme la pupille de l’œil, elle est là invisible, dans le cœur de l’aimée. Garder Marie, c’est ouvrir à jamais à Jésus, la porte de l’amour répandu.

Viens fortifier ma liberté, de n’être en toi qu’un seul esprit
L’aimée de Marie épie son chemin, elle lui a tout offert. Sa vie comme la sienne est désormais à l’Unique Bien Aimé. L’Esprit Saint est devenu sa seule Lumière. « Sans autre lumière que celle qui brille dans mon cœur, » dit le poète. Il lui faut maintenant demeurer au profond du mystère. N’ayant pour seule guide que la nuit. Mais la nuit de la foi éclaire plus que le jour. Ajuster sa vie sur la vie de sa mère, c’est un bonheur nouveau qui ne trompe pas. Blottie sur son cœur, elle retrouve l’Epoux. L’Unique va se donner dans le plus pauvre déjà rencontré ! C’est son bonheur à jamais, dans la nuit du repos, il se donne.
Marie sera là, il suffit de l’écouter, chanter encore son magnificat. Alors se réalise la merveille, dans les bras de Marie l’aimé repose, la petite fille de l’aimée trouve son bonheur, comme sa mère, elle aime de tout son amour. L’Esprit est la mesure de son cœur. C’est l’amour qui est la mesure de son amour, plongée en lui, elle est libre d’aimer. Viens fortifier ma liberté, de n’être en toi qu’un seul esprit. Mon unique désir, c’est d’aimer ! Aimer d’Amour le Véritable qui n’est pas aimé, dans le secret du cœur raisonne la Parole, « Que chacun de vous ne soit pas préoccupé par lui-même, » c’est possible en regardant la Croix, l’expression de l’Amour, le Véritable.

Penche-toi au creux du rocher/
ma colombe, je t’attendais/
n’aie plus de larmes désormais/
l’ancien monde s’en est allé/

Oui, l’Amour a tué la mort/
à jamais s’éveille la vie/
la graine est donnée dans le fruit/
que mon cops devienne ton corps/

mon amie, tu portes la paix/
va semer la Bonne Nouvelle/
sois semblable à une gazelle/
sur les montagnes embaumées !

Mon Royaume n’est pas au-delà/
d’un ciel voilé par les nuages/
mais caché en chaque visage/
ou ma gloire brille déjà !/

Et si mes yeux restent aveugles, Que mon cœur s’irradie
Regardant la Croix, je commence à comprendre ! C’est le décentrement de soi qui guérit, et qui donne à comprendre ‘Dame pauvreté’. Les lueurs de la nuit apparaissent maintenant. Il vient, le Véritable, toujours porté par l’Amour. L’aimé peut prendre place, porté par l’Aimée. Dans une foi éprouvée, il peut laisser maintenant l’aimée, se rassasier des fruits de l’amour de son Bien Aimé. C’est Marie qui écarte les traquenards car elle est désormais au sommet de l’amour. Origène dit d’elle des choses si belles : « De l’Evangile de Jean, personne ne peut saisir le sens s’il n’a reposé sur le cœur de Jésus et s’il n’a reçu de lui Marie comme mère. Or, pour être un autre Jean, il faut comme Jean, devenir tel que l’on soit désigné par Jésus comme étant Jésus lui-même… : Jésus dit à sa mère : Voici ton fils, et non voici que lui aussi est ton fils, c’est comme s’il lui disait : « Voici, cet homme est Jésus que tu as enfanté ».
En effet, celui dont la perfection est accomplie ne vit plus, mais le Christ vit en lui. » Marie en effet continue son œuvre d’enfantement. L’enfant de Marie sera formée par elle, son fils deviendra ce berger qui aime ses brebis, qui donnera sa vie pour elle. Garder Marie à ses côtés, laisser l’aimée vivre de son Amour nouveau. Ce nouveau lien d’Amour se donne sans arrêt. C’est le jaillissement de l’Amour éternel. Comme Jésus dans l’Evangile, il a pris l’aimée par la main, il l’a serrée sur son cœur, comme au cellier l’amie s’est enivrée, elle a gouté au banquet du Roi.

Alors mon cœur me lâchera/
Et en Jésus il s’embrasera/
Mourir à soi, c’est vivre enfin/
De l’amour que rien ne retient/

La Parole de l’Aimé résonne dans le cœur de l’aimée.
Comprendre si bien ce que Dieu seul peut comprendre ! Oui nous vivons dans la ressemblance, portant partout celui en qui nous demeurons. Nous goûtons alors aux délices du bien aimé. Cautère délectable le Cœur blessé de l’Agneau, rempli de délices le cœur de la bien aimée. Seul il guérit l’épouse au cœur affamé. Dans la souffrance le mystère coule jusqu’à fleur de peau. Marie enveloppe son aimé qui fait renaître. La confiance retrouvée est remède à la faiblesse, nous ne pouvons faire plus grand plaisir au Roi qu’un abandon total. L’humilité est vertu de l’Amour, elle supporte tout parce qu’elle est désencombrée et désintéressée. Elle sait attendre dans la confiance, la tête penchée simplement parce qu’elle a soif de Dieu, son Dieu de vie.