Jeudi 16 avril 2015

3e dimanche de Pâques, année B

« Les disciples d’Emmaüs racontaient ce qui s’était passé sur la route, et comment ils l’avaient reconnu quand il avait rompu le pain. »

Ac. 3 13-15. 17-19
Ps. 4
1 Jn. 2, 1-5a
Lc. 24, 35-48

  • Le dimanche 19 avril 2015 iCal
    3e semaine de Pâques : 3e dimanche de Pâques, année B

"Comme ils en parlaient encore, lui-même était là au milieu d’eux, et il leur dit : « La paix soit avec vous ! »

Frappés de stupeur et de crainte, ils croyaient voir un esprit. Jésus leur dit : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? Voyez mes mains et mes pieds : c’est bien moi ! Touchez-moi, regardez : un esprit n’a pas de chair ni d’os, et vous constatez que j’en ai. » Après cette parole, il leur montra ses mains et ses pieds." Jésus ressuscité apparaît à ses amis pour les sortir de leurs peurs, de leur repliement, mais ils ont bien du mal à le reconnaître. Il lui faut beaucoup insister pour que les apôtres osent croire en la résurrection, c’est pour eux si difficile que leur premier mouvement est de croire qu’il s’agit d’un esprit ! Jésus appelle sur eux la paix, se laisser toucher, puis mange avec eux pour tenter de les convaincre, de leur faire dépasser leurs peurs. Mais ce n’est pas si facile de croire à la victoire de l’amour après avoir constaté son échec apparent sur la croix, c’est pourquoi, même après tout cela, l’Évangile nous dit encore que « dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement ». Jésus leur dit : « Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Cette mémoire biblique nous est donnée pour que nous en fassions mémoire sans cesse dans notre vie. Jésus nous donne d’exister en Lui, de le reconnaître par la foi au milieu de nous. Aujourd’hui, dans les difficultés, l’Église peut être frappée de stupeur et de crainte. Nous avions cru, « mais après tout ce qui est arrivé ! » Dans le combat spirituel il nous faut resserrer les liens qui nous unissent. « C’est bien ce qui était annoncé par l’écriture : les souffrances du Messie… »

"Dans leur joie, ils n’osaient pas encore y croire, et restaient saisis d’étonnement.Jésus leur dit : « Avez-vous ici quelque chose à manger ? » Ils lui offrirent un morceau de poisson grillé. Il le prit et le mangea devant eux." Ce long travail de persuasion aboutira à faire des apôtres les colonnes bien solides de l’Eglise sur lesquelles s’appuie depuis vingt siècles, la foi chrétienne. Notre foi s’appuie sur celle de ceux qui l’ont vu, qui l’ont touché, et qui ont mangé et bu avec lui après sa résurrection. Jésus demande de constater et de se laisser interpeller par sa Résurrection : « Pourquoi êtes-vous bouleversés ? Et pourquoi ces pensées qui surgissent en vous ? » Aujourd’hui encore, nous ne nous laissons pas scandaliser par les détresses et les misères du monde après celles de Jésus. Pascal disait : « Le Christ est en agonie jusqu’à la fin du monde. » Jésus est crucifié dans ses membres, il vit désormais dans la communauté des frères. Il se donne dans sa Parole, dans chacun de ses membres, il est présent dans les pauvres qui nous manifestent un visage crucifié de Jésus. Jésus est donné dans le pain partagé, la sainte liturgie nous donne le visage glorifié de Jésus, son amour, sa force et sa lumière : Jésus est venu, Il a souffert, Il est mort, Il est ressuscité et nous l’annonçons. C’est dans cet « être ensemble » que nous vivons déjà de sa résurrection. Il continue son œuvre dans l’Église. La présence de Jésus est discrète, remplie d’humilité et de douceur.

"Puis il déclara : « Rappelez-vous les paroles que je vous ai dites quand j’étais encore avec vous : Il fallait que s’accomplisse tout ce qui a été écrit de moi dans la loi de Moïse, les Prophètes et les Psaumes. » Alors il leur ouvrit l’esprit à l’intelligence des Écritures." Il conclut : « C’est bien ce qui était annoncé par l’Écriture : les souffrances du Messie, sa résurrection d’entre les morts le troisième jour, et la conversion proclamée en son nom pour le pardon des péchés à toutes les nations, en commençant par Jérusalem. C’est vous qui en êtes les témoins." À la suite des apôtres, nous sommes invités à retrouver Jésus vivant au milieu de nous, à le toucher à travers le corps eucharistique. Car ce même corps de Jésus ressuscité se rend présent parmi nous à chaque eucharistie et il nous est donné de le reconnaître en le recevant. Lui-même nous y invite : « Touchez mes mains et mes pieds, puis prenez et mangez en tous, regardez, c’est bien moi ! » En recevant le corps de Jésus, nous recevons le germe de notre propre résurrection, lui qui dès aujourd’hui enlève notre péché et veut transformer notre vie. Dès lors, affermi dans la même foi que les apôtres, nous pourrons devenir en Eglise les témoins du Christ, et continuer la transmission de la foi née en ce matin de Pâques.
Jésus nous est donné pour que nous puissions « prendre » vie, témoigner de sa vie. Témoignage qui est d’abord un témoignage personnel. Chacun de nous, grâce à la parole de Dieu, peut refaire un itinéraire semblable à celui des disciples d’Emmaüs, des Apôtres, de tous ceux qui ont été témoins avant nous. Chacun réalise la cohésion de la communauté, nous construisons le Corps du Christ qui est l’Église.

Nous demandons de vivre en vérité dans le Christ, de témoigner de Jésus comme Il a témoigné du Père avec humilité et douceur.